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Notice nécrologique [microforme]

L'impitoyable mort vient de frapper un vénérable prêtre dans la personne du Grand- Vicaire E, Crevier.

Ce regretté défunt est né au Cap de la Magdeleine le 5 Novembre 1799. |

Il fut baptisé sous le nom d'Edouard.

Dès l’âge le plus tendre, il donna des marques d’une piété angélique. C’était une nature à la fois énergique et douce, une âme profondément sensible, mais dans laquelle on voyait tout-à-coup se détendre un ressort de fermeté extraordinaire, si le cœur et l'affection étaient obligés de faire un sacrifice au devoir, comm sa Vie toute entière le démoltre.

Il commença bientôt ses études au collége de Nicolet.

Sa magnifique intelligence l’aida bientôt à dépasser ceux de sec condisciples qui se trouvalent avec lui sur les bancs du collége Jamais enfant, à l’heure de quitter sa famille, n’éprouva plus de chagrin réel, plus d'angoisses, et n’en triompha d'une manière plus héroïque par la résignation et par l’étude. |

Rien n'éga!ait son activité au travail, rien, si ce n’est sa piété et une aspiration vers l’état ecclésiastique qui se déclara chez lui dès le principe, et devint de jour en jour plus ardente.

Après avoir terminé un cours d'études durant lequel il fit l'admiration de ses professeurs et de ses condisciples,autant par sa docilité charmante que par sa prodigiense facilité, 1l reçut

là tonsure et les ordres mineurs à Québec, le 5 juin 1822 Il suivit les cours théolowiques à Nicolet pendant trois ans et en même temps, il professait aux élèves du Collége.

Là, ses idées de renoncement et de ferveur chrétienne ne firent que s’accroître. Son zèle ne tarda pas à lui obtenir la récompense qu'il ambitionrait ; on l’ordonna sous-diacre et quel ques mois plus tard, le 2 Octobre 1825 il fut promu au diaconat et au sacerdoce.

De suite, il vint prendre la direction du collége de St. Hvyacinthe qui avait encore alors beaucoupd'obstacles à surmonter. Deux ans après il devint procureur et économe de Ja méme maison.

L'année suivante il fut nommé curé de St. Luc, où il demeura jusqu'en septembre 1832

A cette époque il prit la direction de la paroisse de St.

Hyacinthe et il ne la quitta qu'en Novembre 1852.

Alors Ste Marie de Monnoir lui fut confiée. M. Crevier a de plus desservi Ste. Rosalie et St.

Dominique pendant qu'il était curé de St Hyacinthe. M. Crevier fut fait vicaire-général,lorsqu'il quitta St. Hyacinthe, en Novembre 1852 et devint membre du conseil diocésain lors de la formation de ce conseil en Août 1566. Il desservit encore Ste. Angèle depuis l'érection de cette paroisse en Août 1564 jusqu’en septembre 1868.

Durant cette longue carrière, le vénérable défunt s’écarta toujours du chemin qui mène aux hautes dignités eccléciastiques

Humble de cœur et cédant à l'héroisme de la charité, il sacribait ses revenus à soulager les paurres, à soutenir des or-

phelins dont ilalimenta le corps et l’âme et,à fonder des établis:

sements de charité et d’éducation. Il fonda d’abord l'Hotel- Dieu de St. Hyacinthe, et plus tard, le petit Séminaire de Ste.

Marie, l'Hospice Ste. Croix, à Ste. Marie et, le Couvent de la Présentation au même endroit.

Que d'obstacles il eut à surmonter, à aplanir. Cependant, l’ardeur de son zèle ne se démentit jamais et, malseré que son âme délicate ne chercha que le dévouement et la générosité, il y avait, comme on l’a déjà dit, dans cette nature calme, des ressorts énergiques, une volcnté ferme, une haine profonde de l'injustice et des élans de courage extraordinaires.

Il sut se concilier partout le respect, l'admiration et l’amitié de ses paroïissiens et de ses supérieurs, qui ont eu souvent re-

cours à sa droiture de jugement pour en obtenir des conseils.

‘Bien qu'indifférent pour tout ce qui avait trait à l'intérêt personnel, M. Crevier sut se montrer administrateur économe, habile et très chaleureux d'initiative lorsqu'il s'agissait de fonder et d’ériger une œuvre.

Doué d'une intellirence d’élite, M. Crevier avait aussi un physique agréable, De haute taille, le regarü limpide, une figure suave complétée par une expression ineffable de sérénité et de douceur qui est comme la jeunesse de l'âme. Sur son front le temps avait laissé l’empreinte de ses doigts qui, chrez ces hommes de travail et de prière font songer à des sillons fertiles plutôt qu’à des rides moroses. Mais les forces de l’homme ne peuvent dépasser, sans miracle certaines limites.

La fatigue et la vieillesse le fi-

rent démettre de ses fonctions curiales en Décembre 1877 et il se retira à l'Hospice Ste. Croix où on lui servait une pension sur la Cure et la Caisse ecclésiastique. Il tomba malade il y a ai, HS temps, et depuis plusieurs jours, on s'attendait à sa mort. Lui-même, rressentait sa fin prochaine, cependant, il n'a jamuis cesse de régner sur son visage une paix inaltérable, Il y aait dans son sourire quelque chose de céleste et dans ses yeux un rayonnement de bonheur. (C'était la nature angélique et chaste dans toute son essence radieuse, voyant, sans frayeur. le passage de cette vie à l'éternité.

Son agonie fut longue, mais pas une plainte ne s’échappa de ses lèvres. Ce fut le 22 janvier 1881 que Dieu reçut cette grande âme qui avait tant travaillé pour sagloire.

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