NOTICE RAISONNÉE SUR UN MANUSCRIT MÉDICAL
I jn 1853 nous avions publié dans un juurnal allemand (Allgemeine Mnnatsehrift. fur Wissenschaft und Literatur, p. 44 — 56) un mémoire ayant trait aux connaissances de la médeçine chez les anciens Egyptiens. Le travail en question se fondait sur un manuscrit égyptien, conservé parmi les richesses du Musée Royal de Berlin, dont le sujet alors avait attiré notre attention et le fac-similé duquel nous venons de publier dans notre Recueil de Monuments égyptiens PI. LXXXV — CVII.
Le manuscrit, un long rouleau de papyrus couvert de caractères hiératiques tracés tantôt h l’encre noire tantôt à l’encre rouge, est sorti des fouilles entreprises par M r . Passalacqua, lors de son séjour en Egypte. L'heureux investigateur a décrit la découverte de ce précieux monument dans son Catalogue raisonné et historique (Paris, 1826, pag. 207, où il est numéroté 1558) delà manière suivante. .11 était renfermé soigneusement dans un vase de terre cuite avec le petit manuscrit 155!), de même hiératique , et portant une date et des cartouches. Ce vase fut découvert isolé dans les ruines, à une profondeur d’environ dix pieds, près des pyramides de Sakarah à Memphis. “
Nous ne doutons pas que ces deux manuscrits, mais notamment celui ' que nous avons publié sous le titre de papyrus médical, ne ftt partie anciennement de la bibliothèque médicinale du temple de Memphis dont le fameux médecin grec Galène a fait mention, en parlant d’une panacée des Egyptiens (.lo/ui/t/i/Hoi' (/ uouasoi ' ) appelée Isis (voy. son traité île compos. medic. sec. gen. lib. V. cap. 2). Pour prouver son assertion Galène rapporte un passage tiré d’un livre composé de Hérax, Cappadocien, sous le titre Narthék, et dont voici la teneur d’après la version latine de Zoéga:
,-Ego vero apponam modo quae Heras Cappadox in libro cui titulus est N art h ex (l'nptfr/î), de illo ineinoriae prodidit. Haec ejus verba sunt: Medicamentum a nonnullis Epigoni dietum, ab aliis Isis, facit ad omne vulnus, — in sumnia ad quodvis bonum est.* Fuis Galène a ajouté: „ Appellavit ipsum, uti et alii quidam, Hermonis hierogrammatei.Alib i pioditum hivernas, esse et hoc descriptum ex adytis templi Vulcani in Aegypto, quema«lmodum illud quod ex dictamno constat. — Item quod ex dictamno eraplastrum conticitur, Sacrum appellant, dicentes et hanc acripturain in Vulcani templo apud Memphin inventam esse. Meininerunt ejus omnes, — sufficit auteiu verba Herae de eo quoque adscripsisse, quae in hune modum habent: „Sacrum ex Vulcani templiun in Memphi, facit atl recentia cruenta — necat insuper aniuialcula suffit». “
Ce passage démontre à l'évidence que le temple de Ptah, à Memphis, renfermait parmi ses trésors littéraires aussi des livres composés sur diverses matières de la médecine , ce qui devient d'autant plus probable que le culte du dieu Imhotp (Imouthès), fils de Ptah-Vuleain, était établi près de celui de son père à Memphis, et que ce dieu-là était regardé comme l'Esculap égyptien. Les livres médicinaux de Memphis furent indubitablement du nombre de ceux dont les médecins égyptiens, selon la loi égyptienne, devaient se servir comme guide dans le traitement de leurs malades. Sinon ils étaient jugés coupables d’avoir causé, par leur faute, la mort d'un homme traité différemment des présents sacrés. (Voy. là-dessus Diodore de Sic. livr. I. ehap. 82.)
Le papyrus médical de Berlin, à eu juger d'après l'écriture, remonte jusqu'au temps de la dix-neuvième ou de la vingtième dynastie. Et en effet le petit papyrus, que M r . Passalacqua découvrit à côté, renfermé dans le vase de terre cuite, débute par une date du règne de Ramsès II, ce qui nous permet de reporter la rédaction du papyrus médical à l'époque «le la dixneuvième dynastie, c’est-à-dire au quatorzième siècle avant notre ère. Cependant nous avons prouvé, dans le mémoire allemand précité, que ce n’est pas la dernière limite à laquelle nous pouvons fixer l’origine du livre médical. Il y a. au milieu du long texte, un passage dont les paroles bien précises assurent un âge beaucoup plus ancien à une certaine partie du papyrus laquelle nous discuterons plus bas, et qui fait remonter la rédaction de cette portion en question aux époques des rois constructeurs des pyramides, c’està-dire aux temps les plus reculés de l'histoire, non seulement de 1 Egypte, mais du monde.
Nous ne pouvons pas discuter ce curieux monument de la médecine ancienne, sans faire mention d’un travail de M r . Chabas qui, dans ses dernières études égyptologiques intitulées Mélanges (Paris, 1862), a consacré un chapitre particulier, le cinquième, à l’examen du même papyrus. Nous savons que M r . Chabas, qui nous honore de son amitié, n’a pas voulu ignorer le mémoire allemand que nous avions composé, il y a plus de neuf ans, au sujet de la médecine égyptienne et où se trouvent, avant les remarques sagacieuses de l’auteur des Mélanges, plusieurs points que M r . Chabas a cru avoir établi le premier. Nous ne parlons de ce fait à nos lecteurs que pour dire que les résultats de nos études ce sont rencontrés heureusement de manière à prouver la justesse des traductions que nous avions proposées, en 1853, de quelques parties assez importantes du papyrus médical de Berlin.
Le manuscrit consiste en vingt pages, dont deux se trouvent au verso du papyrus. Quoique le commencement ainsique quelques lignes des dernières pages aient souffert (?) par le fréquent usage fait sans doute de la part de quelque médecin ou étudiant égyptien, néanmoins le reste est parfaitement bien conservé et n’offre, à l’exception de plusieurs groupes inconnus jusqu’à présent, aucune difficulté, ni pour l’analyse ni pour la traduction.
Tel que le manuscrit se présente à l’oeil du spectateur, on aperçoit d'abord une division en beaucoup de sections, de différentes étendues, qui débutent régulièrement par une sorte de titre tracé à l’encre rouge.*) Les mots du texte écrit à l’encre noire, sont interrompus le plus fréquemment et de groupe en groupe par des signes tracés à l’encre rouge dont la valeur numérique est incontestable.
Monsieur Chabas, dans son travail précité, est porté à présumer trois parties distinctes et nous ne pouvons qu’adopter son opinion. La première section comprend le texte, qui s’étend de la première page jusqu’à la fin de la quatorzième. Le titre général, qui se trouvait à une page précédente, a péri avec celle-là. La deuxième partie, parfaitement bien conservée et débutant par un titre et par une sorte d’introduction historique d’une grande importance (voy. plus bas pag. 13), se rapporte au texte qui est reproduit sur les pages à partir de la quinzième jusqu’à la dernière du
* ) Voyez lo spécimen reproduit sur la planche adjointe qui donnera une idée de l’écriture aux deux encres.
recto. Les deux pages du verso traitent, des sujets qui forment la troisième et dernière section du papyrus.
Le manuscrit dont la longueur est de 16 pieds, contient un grand nombre de recettes et de prescrits médicaux contre des maladies dont la nature est, spécialisée à leur endroit par un titre placé en tète des remèdes. Ceux - ci présentent la même analogie et font reconnaître un système de formules bien • précisées. Les noms des médicaments, appartenant pour la plupart au règne animal et végétal, se suivent l’un après l’autre, et chacun, à peu d’exception près, accompagné des signes numériques qui servent à indiquer les quantités à prendre du médicament en question.
Les recettes, selon la différence de leur emploi, portent différentes dénominations. Le nom le plus usité pour désigner généralement la recette parait avoir été rourou ou loulou, mot qui se retrouve en copte sous les formes Xr.Àfc' , /<’./ O . /J./ T . avec la signification des verbes latins ungere, obducere. D’autres noms désignent plus spécialement, la manière dont le malade devait, se servir du remède prescrit tel que les onctions, les ely stères, les vomitifs etc.
Quant aux signes numériques qu'on a ajoutés à chaque médicament et dont M r . Chabas u’a pas tenu compte dans son mémoire sur la médecine des anciens égyptiens, ils représentent une double manière de leur notation squ’il era bon de connaître. A la seule exception de trois, dont voici les figures X, +*), -H-, les signes numériques du papyrus ne diffèrent nullement des chiffres usités dans le système hiératique. Mais il faut bien observer que les uns, désignant le poids et précédant toujours les véritables chiffres, sont munis d’un point ou d’un petit cercle. Nous avons indiqué les dernières par les chiffres romains en leur ajoutant le signe ° en haut. Ils présentent la série suivante: I (à ce chiffre le point, " manque le plus souvent), V“, VF, VIII°, X°, L°, LX°, DCC” et se combinent avec des chiffres hiératiques qui les suivent. C'est ainsi qu’on trouve G X", 5 VI 0 , 4 LX°, etc. Le.s signes que nous avons fait connaître plus haut comme n’appartenant pas au système numérique de l’écriture hiératique, n’ont pas été dé-
*) Dans notre mémoire allemand (p. 53) nous avions cru devoir distinguer le signe +- d’un autre que voici +, un nouvel examen du papyrus médical nous a prouvé cependant que cette distinction établie par nous n'existe pas, le signe q- ne présentant qu'une forme mal tracée du caractère +.
terminés par des recherches savantes. Cependant nous pouvons assurer de nouveau, en nous fondant sur des études décomptés hiératiques, que le signe 4- représente un certain poids (Chant poil ion lui a assigné la valeur de la
drachme), tandisque X remplit le rôle d'un nombre fractionnaire.
L'étude du papyrus médical présente des difficultés par la simple raison que la plupart des noms désignant les médicaments ont péri ou changé de formes ou ne se retrouvent pipa dans la langue copte. Néanmoins plus que jamais les signes appelés déterminatifs accompagnant les groupes écrits à l’aide de phonétiques, nous permettent de préciser généralement la nature de chaque médicament. A en juger d’après la présence des déterminatifs, parmi les médicaments cités il y a une cinquantaine d'herbes, neuf espèces de différents arbres (parmi ceux-ci: as le cèdre. — • ouàr, en copte O'tY.po. cyperus, — neliâ.t, en copte liovge, ficus sycomorus), à peu près vingt-cinq espèces de médicaments ayant la forme de corps arrondis (parmi ceux - ci nmâou, en copte gmrr, le sel, et hesmen, en copte goru , le nitre), une quinzaine, déterminés par le signe pour toute sorte de pain ou de comestible en général. [a*s liquides déterminés par un vase ou par les trois lignes ondulées comptent vingt-cinq espèces. On y distingue le vin, la bière, le vinaigre, le miel, l'huile, le lait (de femme, de vache et de chèvre) et l’urine d’un homme ou d’une femme etc. Les excréments de différents animaux jouent un grand rôle. On en reconnaît trèsdistinctement: l'excrément d’âne, de chat, de lion, d'oie, de crocodile etc. Outre cela les anciens médecins égyptiens profitaient non seulement de plusieurs parties- des corps animaux, tels que du sang, de la viande crue, de la graisse, de la corne etc., mais aussi ils prescrivaient l’emploi il un animal entier, comme p. ex. d'un lézard (hontfisou. en copte AtmoW, la certq), du poisson rouou.t etc.
La première partie du traité médical, comme nous l’avons remarqué plus haut, manque de titre. La première page(pl. I.XXX V de la publication du facsimilé) contient la suite d'une recette à laquelle se joignent d'autres prescriptions censées également efficaces et précédée chacune du mot kâ.t .autre* (recette). D’après les expressions du texte, contenu dans les deux premières lignes, on devait boire les médicaments prescrits. Lign. 3 — 4 il y est mention d’un titre ayant trait à la guérison d'une maladie appelé hoft, c’est-à-dire le ver. Le texte égyptien s’énonce delà manière suivante: kâ.t nt sinâou hoft in chot .Autre (recette) pour couper le ver au ventre.* J’ignore quelle est cette maladie que le médecin a désigné par le ver, peut-être qu’il s’agit de l’expul-
sion des vers. La prescription recommande: .lait de l arbre chebcheb L ’ — cuire, raflraichir, boire." Suit alors (lign. 4) .Autre recette pour couper le ver." I/auteur du traité continue de donner plusieurs prescriptions ayant le même but, mais différentes par la composition de leurs médicaments. L’écriture du reste de la page est effacée, comme nous l'avons déjà remarqué, de sorte qu'il est impossible de n’en indiquer que les titres généraux.
Pag. 2. Cette page, après quelques groupes appartenant encore aux prescriptions de la page précédente, débute par une recette dont voici la teneur: .Recette pour guérir les enflures (bousj.t, en copte otici, in- . tumescere) aux seins* et à toutes les (autres) parties du corps." Suivent après trois recettes jugées efficaces pour chasser ce mal. La première consistant en plusieurs sortes de blé dont on devait prendre une .pincée", comme M r . Chabas traduit le groupe exprimant en effet quelque chose de pareil, contient entre autre .du nitre qui se produit lui-méme (suit la mention d’une sorte de) blé, après quoi on a ajouté .piler, en faire une seule masse, l’appliquer." On devait se servir des deux autre» recettes de la même manière. Lign. 3. une nouvelle recette est désignée comme .recette pour la poitrine souffrante." En voici les médicaments à employer .graisse .(ouded, en copte Tl) bovine, excrément île l’oiseau Tef, chennou, en .faire une seule masse, oindre la poitrine avec." Suit une recette regardant la même maladie. On dit .Recette à faire, la poitrine étant souffrante." C’est encore une onction dont on indique , dans les formules qui suivent, la composition des médicaments. Vers la fin de la cinquième ligne il y a une .Recette à employer après avoir coupé 1e ver." Le ver désigne ici, et peu de groupe auparavant, indubitablement la douleur lente de la maladie. Ce qui suit nomme les médicaments composant la nouvelle onction à appliquer. Le reste de la page est tellement abîmé par les doigts des propriétaires du papyrus qu’il n'est, possible de reconnaître qu'à la 7 l ' me ligne l’indication d'une maladie pour la guérison de laquelle on a indiqué plusieurs recettes, séparées l’une de l'autre par le mot kà.t .autrement" ou .autre (recette).
Pag. 3, lign. 1 — 4, suite des recettes de la page précédente. Ce sont encore des cataplasmes qu’on devait appliquer à la personne. Parmi les ingrédients dont se composaient les cataplasmes, on cite à deux reprises hontâsou, en copte «UtHOVC steliia, lacerta. Une fois on nomme hontasou pouhod (en copte ItWgC lacerare): .lézard mis en pièce", l’autre fois, on prescrit l’emploi .d'un lézard dont le ventre est rempli de seft et entouré de sel du non! (huiàou me h)." On prescrit à la fin
.l'appliquer à la tête ainsi qu'à toutes les autres parties malades et soutirantes < I u corps." — Lign. 5. .Recette pour guérir la maladie de serj." La nature de cette maladie n'est pas claire. D après le déterminatif, elle devait produire de l'humidité; en copte <*l|) signifie macula. En voici la recette: „le vase (Vsmâj-outh, en copte CY.MAW vas, Cad us) de boeuf, du iniel , donner à manger à lu personne le soir." \l r . Chabas a traduit quatre fois au lieu du soir. J'ai exposé dans mon mémoire: Nouvelles recherches sur la division de l’année des anciens Egyptiens pug. 48 (note) les raisons qui m'ont induit à cette traduction qui, une fois rie plus, est parfaitement adaptée à des prescriptions médicales. Suit après une nouvelle: v Recette pour guérir la maladie serj chéz un enfant." Les médicamenta du remède se composent d'une certaine sorte de blé qu’on devait sécher (cette action est indiquée par le soleil rayonnant sou, en copte tuovm* exsiccare), puis cuire et mettre dans un h in (hànnou, mesure pour des liquides comme le litre) de lait pour donner la boisson .au petit." Suit alors une „ autre recette pour guérir la maladie appelée serj “ composée „du liquide semâj, de roupounen, qu’on devait tremper dans du miel .et donuer à manger à lu personne le soir." Trois autres recettes île différentes compositions accompagnées de la mention numérique des quantités à prendre, s’y joignent aux lignes 7 et 8. Vers la tin de la huitième, on rencontre un texte écrit à l’encre rouge et dont voici la teneur: .Autre [recette] pour guérir (littéralement pour repousser) les ouchet." Les ouchet, au pluriel, signifient d’après l’observation de M r . Chabas (Mélanges, pag. 59) une infiammatiou intestinale, avec sentiment de pesanteur, de dureté et de ténesme, et l’engorgement des articulations. Je ne connais pas de mot copte qui puisse nous aider à préciser la nature de la maladie désignée par ouchet, qui joue un rôle bien important dans toute une section de notre papyrus médical. Après avoir énuméré la liste de treize médicaments qui composaient la recette, le texte continue à la 11 " mo ligne: .Autre [recette] pour guérir le serj." L’auteur du traité revient donc à la muladie de serj qui jusqu’ici avait occupé son attention. A la dernière ligne une nouvelle recette contre ce mal est indiquée par les mots -Autre „bonue [recette] contre la maladie de serj." La recette est composée de quatre médicaments qu'on devait faire manger le soir à la personne attaquée par le mal, ce qui de même se trouve prescrit pour la recette précédant immédiatement. A la fin de la dernière ligne il ’y a .Autre [recette] pour (guérir?) —
(Pag. 4. ligu. 1.) *Ia personne attaquée par le serj." Deux liqueurs, dont une du lait, devaient être réunie» pour le» donner „k boire k l'homme ou k la femme, le soir." Suivent après cinq „autres“ recettes pour la même maladie. Au milieu de la 4 me ligne trois recettes pour guérir le serj sont précédées par le titre: * Autre recette pour guérir le serj." Dans la troisième recette il y a, au milieu de la 7“ ,e ligne, la remarque quant k la maladie nommée „si elle se trouve dans la bouche de la personne." II est donc probable que le serj désigne des inflammations parvenues k la suppuration. Ligne 8 débute, de nouveau, par une ,autre bonne [recette] du serj." Deux médicaments (sinuj et roupouncn) devaient .être dissous dans du miel et donnés k avaler k la personne, le soir."
Les recettes pour guérir la maladie appelée serj cèdent la place dès k présent k des prescriptions contre une série d'autres maladies sans doute de semblable nature. A la lin de la huitième ligne ainsiqu’au commencement de la deuxième on dit: , Recette pour guérir les sti aux lieux „ tempes." La recette, assez compliquée, indique un décoeté .a prendre chaud, le soir." D’après la racine verbale le mot sti doit signifier une maladie quelconque qui s’élance dehors, une inflammation subite ou quelque chose de pareil. Deux autres recettes , k employer sous la forme d’un cataplasme, ayant un titre commun et qui regardent sans doute la même maladie, sont proposées aux lignes 11 et 12. La fin de la dernière ligne renferme un titre qui se rapporte k une recette de la page suivante et que voici: „ Autre recette qui est bonne pour calmer le vaisseau." L’expression que je rends pur vaisseau dans ma traduction, se nomme en égyptien moto u. Sans en connaître la valeur phonétique que nous allons discuter dans un mémoire particulier et qui s’est conservé eu copte sous la forme MOTT (tifi), vinculum, junotura, nervus, M r . Chabas, induit par de simples comparaisons de différents textes, dans ses Mélanges égyptol. pag. 04 en a proposé la traduction vaisseaux qui est parfaitement d'accord avec notre version fournie par le copte. Pour ces vaisseaux nous renvoyons le lecteur k une remarque à la H 1 "* page du papyrus. Après la recette prescrivant les médicaments pour un cataplasme k appliquer le soir , la fin de la première ligne et le commencement de la suivante (Pag. à) contiennent un texte dont voici la version: „ Recette pour couper le [mot détruit] ou „le chousou et toute sorte de bosou qui se trouvent k la personne." Chonsou me paraît être le mot copte çtjiioyj putredo, foetor, cruor; désignant en copte un cadavre, n’est peut-être qu’un dérivé de la forme
antique bosou qui primitivement aurait pu exprimer toute sorte de chose pourrie, purulente. Nous ne somme» pas en état de donner d’autres renseignement» pour le sens de ces mot» antiques qui sans doute se rapportaient à diverses sortes d’ulcères. Les médicaments nommés plus tard devaient être employés sous la forme d’un cataplasme. , Après l’avoir appliqué, frotter la personne avec de l’huile dans laquelle on a râpé abonnou. Après cela embaumer d’huile et de miel, c’est [un remède] bien calmant* — poursuit le texte jusqu'au commencement de la quatrième ligne. Vient après une r recette pour guérir (hfiou = expellere) les enflures: „Plante ànch-ain I, sel I, miel I, broyer ensemble, l’appliquer." Une autre recette après celle-là se compose de neuf ingrédients formant encore un cataplasme. A une nouvelle maladie appelée hmSou (en copte gu»M, signifie la chaleur et la fièvre) l’auteur du papyrus a consacré une prescription pour une recette composée de six médicaments qu’on devait broyer ensemble. C’est encore un cataplasme. La même maladie, sans doute une inflammation de nature de l’érysipèle, est nommée dans le texte qui suit et que voici: „ Autre recette pour guérir la muladie h ma oit au ventre." Suivent les noms de trois médicaments à prendre, chacun accompagné du chiffre V 1 1 1 ° , le dernier, le hâq-doux, de L 0 +. L'auteur continue: „ Autre [recette] pour guérir l’ulcère (sec h, en copte iv.ttt)." Suit la prescription pour un cataplasme. J’ignore le sens précis d’une longue recette qui vient après : parmi les groupes hiératiques je distingue cependant assez clairement les mots der nâ-h&zS.ou „guérison des fièvres" (en copte £<•./ febris acuta). Pour guérir cette maladie on a proposé huit recettes de différentes compositions. Ce sont des frictions qu’on devait appliquer à la personne souffrante. Parmi les médicaments, on reconnaît entre autre urina vulvae (pag. 6. lign. 1 et 7) et les excréments d’ùne.
Suit alors, pag. C. lign. 6, une ^Friction pour guérir la maladie dir vine mortifère." Je n’ai pas besoin de rappeler les passages des auteurs classiques qui parlent de cette maladie (p. ex. Hérodote hist. lib. III. c. 80). On devait appliquer à la personne atteinte une friction composée du bois ch et, de bes-our, de la pierre sopd et de la graisse de chèvre (lign. 6 — 7). Une nouvelle friction est prescrites la ligne suivante. Viennent alors quatre recettes pour guérir divers membres du corps atteints par la maladie, tels que la tête, les bras, l’oreille. Parmi les médicaments, on distingue l’eau d’un renard, les excréments d’un vautour, d’une chèvre sauvage et d’un oiseau d’espèce inconnue, la corne de cerf etc.
Pag. 7. I.ign. 1. .Friction pour guérir [ie mot qui désigne la maladie, est illisible].” Suit la recette. Après, .Friction pour guérir toute sorte de .mal provoqué par les ouchet. Lign. 2. .Friction de 12 nelipou (mesure) composée de ...” suit la composition. Lign. 4. .Friction pour empêcher .que la maladie atteigne la figure.” Lign. 5. .Recette pour oindre l’estomac .de celui qui porte le couteau.” La dernière phrase contient une expression bien égyptienne qui se retrouve ailleurs, mais dont nous ignorons le véritable sens. Lign. 6: .Recette pour guérir les zânSrojt rongeants.” Le nom égyptien de la maladie s'est conservé en copte sous les formes ’/impi et 211 pi. avec la sigufication de siliquae, glandes. La recette a trait à une friction, de même que la suivante (Lign. 7): .Autre [recette regardant] .celui qui porte le couteau.” Suit après une .onction pour guérir la bru- , litre.” Ce sont neuf recettes de différentes couipositions où le miel joue un rôle principal. Entre autre, on devait cuire un lézard (nontâsou) dans du miel et en faire l’onction.
Pag. 8. lign. 1 suiv. Les dix recettes qui suivent, se rapportent au même titre: .Autre gâs (en copte (ÇtüC coiupiugi, coagulari) pour guérir la .maladie divine mortifère.” Ce sont continuellement des onctions à appliquer à la personne atteinte. A la 8“ e ligne on rencontre une nouvelle onction (msou), aux lignes suivantes trois gâs pour différents états d’une maladie dont il n’est pas permis de déterminer exactement la nature. Le dernier gâs, friction, se compose de l’herbe asd, (Pag. 9, lign. 1:) du bois khet, du miel, du liquide smâj et du lait. Après avoir fait connaître les médicaments précités le texte continue: .donner à boire à la personne, appliquer l’emplâtre, au lit. Quand on aura oint toute partie souffrante, elle .guérira aussitôt” Suit: .autre gâs: liq. abora I, lierb. poupon I, herb. ,ÎTàâ I, miel 1, chen 4 LX°, résine 5 Vl°, mêler ensemble, en oindre la .personne. Autre gâs: herb. poupou, huile, liq. mâstou, mêler ensemble, .en oindre la personne.” Suit une .autre” recette, de même une onction et après, lign. 4, deux recettes regardant l’une, la composition d’un émétique (qâou), et l’autre celle d’un laxatif. A la lign. 6 on lit: .Onction pour .guérir le mal appelé nesj.” Parmi les médicaments à employer de la première des quatre recettes, on cite urina v ni vae. La deuxième ne prescrit qu’une boisson se composant de sang .vivant” et de vin. Lign. 9 on continue: .Recette pour guérir la maladie sepou-n-àââ au ventre.” La prescription regarde la composition d’une médecine liquide et embrasse trois recettes. La dernière, qu’on devait faire boire à la personne, est recommandée tout
spécialement comme le véritable remède pour guérir les ouchet (voy. Pag. 10. lign. 1). Lign. 2. vers la tin, on a fait précéder une préparation liquide à boire le soir, par le titre .recette pour rétablir (?) l’estomac comme il faut. 11 Suit, lign. 3 m *, une recette pour guérir une maladie àâou n-râ dont j’ignore la nature, si ce n’est pas lu maladie I ÏOT t uni or des livres coptes. Pour la guérir l'auteur du manuscrit a prescrit deux breuvuges à prendre le soir. Lign. et suiv. nous informe d’une „ recette pour guérir les diverses espèces des ouchet k la tête et à tous les autres membres [du corps].* C’est une mixture k prendre le soir. La mention du même mal se répète dans le titre de la longue recette k la 7“ • ligne: „ Autre [recette] pour guérir „les diverses espèces des ouchet aux jambes.* Le malade devait boire chaud la mixtion prescrite, „ après l’avoir fait boire qu’on le fasse faire l’essaie de marcher. Cela ira.* Vient après, k la 9 rae ligne, mie nouvelle prescription se rapportant encore k la guérison de ladite maladie.. En voici la teneur: „ Autre [prescription] k faire après. C’est une recette pour(?) „une onction.* Vers la fin, on prescrit de couper les ouchet aux jambes avec un couteau de bois de cyprès. Suit (lign. 10) „une recette pour calmer „le vaisseau des aounes.t et pour chasser les seft* (ef. en copte ^ty.qe tumescere). On prescrit la recette sous la forme d’un cataplasme. Nous ignorons la partie du corps humain appelée dans notre passage aounes.t et qui se retrouve k la lign. 11 dans le titre: „ Autre [recette] „pour guérir le mal de la aounes.t.* Pour la guérir on recommande deux cataplasmes. L’un se compose de: ^ bile de veau et bile du poisson aoun,“ l’autre „du membre(!) d’un âne pilé dans de l’huile.*
Pag, 11, lign. I. , Recette pour guérir la tumeur (seft) aux jambes.* Suivent onze prescriptions pour des cataplasmes k appliquer. A la lign. 5 me un nouveau titre: ^Recette pour guérir les sti (voy. pag. 108, M r . Chabas traduit le mot par élancement) au ventre et k tous les autres membres.* Après avoir cité deux prescriptions l’auteur continue, k la 7 me ligne, de la manière suivante: ^Recette pour faire tomber tous les sti qui s’étaient répercutés (chetchet, aller rétrogradé, rentrer) dans la chaire de la personne.* En quatre lignes la nature de la recette, „une boisson k prendre „le soir,* est exposée longuement. Suit k la ll me ligne: ^Recette pour „guérir les sti permanents*) en hiver et en été dans tous les membres.*
*) La traduction douloureux que M'. Chabas propose pour le mot égyptien men, ne me parait pas suffisante. Men est en copte MHII pormanens, perennis.
C’est donc une maladie chronique dont il s’agit à cet endroit. Lign. 12 se termine par: «Recette pour guérir les sti permanents [Pag. 12, lign. 1:] «dans tous les membres en hiver." Suivent les médicaments prescrits dont on devait se servir sous forme d’un cataplasme. A la 2 m « ligne l’auteur du traité médical poursuit: « Recette pour guérir les sti dans leur perma- «nenee sur le côté droit ou gauche de la poitrine.* Les médicaments de ch et (bois) et de ahet(?) constituent un cataplasme qu’on devait appliquer à la personne le soir. Lign. 3: «Recette pour couper le sti au fondement.” On propose cinq recettes („it manger au premier sep ou du jour” ou au grand matin) pour guérir cette maladie qui, sans doute, comprend les tumeurs hémorrholdales. Lign. 6 continue «Recette pour guérir tout autre mal qui „est au ventre." La composition de huit médicaments devait être mangée au grand matin. Suit à la 8 m * ligne une «recette pour guérir l’infirmité «(çytbfie au ventre pour quelle ne revienne pas" (breuvage composé de quatre médicaments), à la 9 m “ 1.: „ Autre [recette] qui guérit du sang au «ventre" (très-efficace!), puis, à la 10 mo : « Autre [recette] qui guérit du sang conduit jusqu'à l’ouverture du fondement." C’est un cataplasme à appliquer à la partie gauche de ladite partie du corps humain. En outre la personne atteinte par ce mal devait manger une composition de quatre ingrédients, le soir, si chaud que possible. Vient après une remarque thérapeutique qui termine la deuxième page et se continue jusqu’à la
Page 13. En voici la traduction. „ C’est inconnu comme on peut guérir -les nombreuses espèces des ou ch et aux membres." Suit alors la recette panacée que l’auteur du traité médical propose de sa part. A partir de la 3 me ligne on rencontre un passage très -curieux ayant trait à la diagnose d'une maladie. M r . Chabas, qui dans son livre Mélanges etc. pag. 60 n’a pas oublié d’examiner cette partie du papyrus , en a proposé la traduction suivante dont je ne trouve à faire que. des changements très -légers. «Son ventre est pesant, la bouche de son coeur (os ventriculi) est malade, son coeur (estomac) est brûlant *), ses habits sont lourds
«sur lui, beaucoup d'habits ne le rechauffent pas; il a soif la nuit; le goût «de son coeur est perverti comme un homme qui a mangé des figues de «sycomore; ses chairs sont amorties comme un homme qui se trouve mal; «s’il va au siège, son ventre refuse de s’exonérer. Prononce sur lui:
*) Je compare le mot chonsou que M'. Chabas a omis et iudiqué par
ans sa traduction, au mot copte çuene subito, repente, continuo.
„ il y a un nid d'inflammation dans son ventre, le goût de son coeur
„est malade . . s’il se lève, il est comme un homme qu’on empêche (de „ marcher*))." — Suivent trois recettes destinées à guérir le mal de la personne atteinte. La 1 l mt ligne continue: „ Recette qui guérit celui dont le „ ventre est rempli de pesanteur." On prescrit au malade *le bon curatif
„qui guérit les ouehet (Pag. 14. lign. 1) au ventre et le des
ouchet. “ Suit une longue liste d’ingrédients composant le breuvage à boire par le malade le soir. Une forme particulière de lu même maladie, comme il parait, est traitée dans les lignes suivantes. Pour la guérir le médecin égyptien propose de nouveau de T faire le bon curatif qui coupe les ouchet au ventre." Suivent après trois différentes recettes. La première est un breuvage à prendre le soir, la seconde un elystère, la troisième encore un * breuvage à prendre chaud par la personne soumise „à ce mal." Déjà longtemps avant le travail de M r . Chabas j’ai prouvé que l’expression outhou pouhou, ou -eiti pouhou, en égyptien signifie le elystère. Les anciens auteurs en parlant des habitudes des Egyptiens contemporains avec eux, n’ont pas oublié la remarque que le peuple en Egypte avait la coutume de prendre périodiquement des vomitifs, des purgatifs et des clystères pour préserver la santécontre les attaques des maladies.
Les dernières recettes qui se lisent sur le reste de la 14“* page, sont consacrées aux maladies provoquées par les ouchet.
La deuxième section de notre papyrus , de laquelle nous avons parlé plus haut, commence à la 15 me page. Déjà dans mon travail allemand de 1853 j’avais relevé l’importance de la préface historique dont l'auteur égyptien du papyrus médical avait fait précéder cette section. En voici la traduction des quatre premières lignes:
«Commencement du traité concernant la guérison des ouchet. Il fut «découvert, en écriture antique, dans un coffre sous la forme d’un rouleau „sous les pieds d’un Anoubis dans la ville de Secheiu (Létopolis, voy. «notre Géographie de l’Égypte, vol. I. pag. 243) au temps de la Sainteté du „roi Zàzâti (ou peut-être à lire Ded), le justifié. Après sa mort il passa „à la Sainteté du roi Send, le justifié, à cause de son importance (raench, «litéralement: bienfait). Voici qu’on le fit rentrer aux pieds [de la statue
*) Plutôt «qui est infirme" (cheper-ef en em son, sen= JMttMfC en copte infirmum esse, aegrotare).
„d’Anoubis], où il fut enfermé par l’hiérogrammate et le savant chef des ^médecins Neterhotpou . . Ce livre étant réuni à , il (le mé-
decin) lui consacra des offrandes en pains, en liquides et en parfums h „ brûler au nom de la déesse Isis, du dieu Horus de la ville de Cherfj, „et des dieux Chonsou et 'l'hot- [surnommé] am-ehrod.“
Ce passage fait remonter l'origine de la partie en question jusqu’aux temps les plus reculés de l’histoire égyptienne, le roi S end ainsique «on prédécesseur appartenant à la troisième et à la seconde dynastie du canon des rois égyptiens. D'après le témoignage de Manéthon, comme M r . Chabas l’a remarqué avec justesse, le roi Athothis, fils et successeur du premier roi égyp^en Mènes, se distingua par ses connaissances en médecine et on le disait avoir composé des ouvrages sur l’anatomie. Les rois cités dans le passage nommé du papyrus ne sont pas loin de cette époque, de sorte que l’âge de cette section est le plus respectable qu’on puisse s'imaginer.
Après cette notice historique vient la copie de l'ancien rouleau découvert à Létopolis et contenant, comme on va le voir, des prescrits regardant la guérison des ouchet.
^L’aspect (smto, en copte CMOT figura, aspectus etc.) d'un homme „qu’un mal quelconque a atteint: Sa tête a 32 vaisseaux qui amènent des *souffles à son intérieur pour qu’ils communiquent les souffles à toutes les ^parties [du corps]. Il est deux vaisseaux aux seins qui conduisent la eha- „leur tâou(?) au fondement. Faire pour eux la recette que voici (suivent des médicaments constituant une mixture) „à boire par la personne, le soir. „I1 est deux vaisseaux aux jambes. S’il est malade aux jambes, en toute ^direction, souffrant de langueur, c’est que le vaisseau constitué (tesêu, „en eopte iarty) aux jambes a pris un mal. Fais-lui la recette suivante: „[suit la recette composée de plusieurs médicaments à appliquer] le soir. Il „est deux vaisseaux aux bras. S’il est malade aux bras et les sti (M r . „ C h a b a s : élancements) se montrent aux doigts, tu sauras qu’il s’agit des „sti. Fais-lui pour recette un purgatif [suit sa composition]. Après la „remède, à lui faire sous forme de cataplasme à appliquer* (Pag. 16) „aux doigts: herb. boded dans liq. ser. En même temps c’est calmant „son bras, le soir. II est deux vaisseaux de l’occiput*), deux de sinciput, „deux à la partie postérieure du cou (chech, en eopte cervix),
„deux des paupières, deux des narines, deux de l’oreille droite, par lesquels
*) J’adopte en ceci la traduction proposée par M' Chabas.
«entrent les souffles de la vie. Il est deux de l’oreille gauche, les souffles «entrent par eux.'
Après quelques mots qui m'offrent, pour le sens, plusieurs difficultés, on poursuit: «S’il y a un mal au fondement, on rattrihue à la selle, [mais] „ figurez-vous que sou origine est le vaisseau des jaïuhes, jusqu’à la mort. „0n fait pour remède le remède du . . . médecin Neterhotpou: lu pre- „mière fois: lait de vache +8, versez-le dans un pot. L’ayant chauffé «d’abord, et puis l’ayant bouilli, qu'on le délaie dans liq. pâour, qu'on «passe au linge, ajoutez du miel X, boire le soir. A faire après cela: lait «de chèvre chauffé +4, miel X°, à employer de même. A ajouter encore: «mâhout d’huile 8+, rosouj de lait humain 8 +, clystère, [la personne] «étant couchée, à l’aube du jour. A faire après: arb. bâq X°, miel X", «liq. hesaou de liq. n à w âj +3, sel du nord X° G, clystère le soir. A «faire après: miel VIII +, bâq infus. VIII +, liq. hesaou de liq nàwâj L°, «liq. hâq doux +, sel du nord VIII °, clystère le soir. A faire après: arb. «bâq infus. VIII +, liq. hâq doux L°+, sel du nord VIII 0 , clystère le «soir. A faire après:
(Pag. 17) «miel VIII-h, liq- bâq X°, liq. hâq deux •++, clystère
«le soir. Recette pour guérir les ouchet au ventre, si les ouchet
«l’ouverture du fondement. Miel X°, arb. bâq VIII 0 , liq. hâq doux, clys-
«tère le soir. ( •.) miel +, liq. bâq hesaou L°, sel du nord
«X° G, clystère le soir. A lui faire comme remède après que les autres «ont refusé: (vient encore une composition pour un clystère. Après:) «Re- «cette pour une personne dont la selle est du sang: miel VIII +, bâq in- «fus. X°, hâq doux -H-, clystère le soir. A faire à la personne quand il «y a du mal dans l’urine: bâq infus. X°, sel du nord X 6, liq. hesâou „L —, injection le soir. Recette pour une personne quand l’os est malade: «lait humain +, bâq +, huile L°+, sel du nord X° G, hesâou L , clystère «le soir. Recette pour couper les ouchet: bâq infus. VIII 0 , miel VIII 0 , « à n (?) du chêne VIII 0 , àn de la sycamine VIII' 0 , arb. chet VIII ,
(Pag. 18) «liq. hâq doux L°+, clystère le soir. Recette qui [re- «garde] la douleur rheuinatismale aux jambes: miel X°, liq. bâq infus. «VIII +, sel du nord VI°5, clystère le soir. Recette qui guérit les ouchet «au ventre: bâq X°, liq. hesâou + VIII +, clystère le soir. A faire si «l’urine a du mal: miel VIII°, liq. bâk infus. X°, mâhout de miel VIII 0 , «sel du nord X°6, liq. hesâou L°, clystère le soir.“ Nous croyons que ces échantillons suffiront pour démontrer la manière dont l’auteur du
traité médical fait les prescrits thérapeutiques. A la 4 m<! ligne de cette page, il parle d’un excellent remède pour une mauvaise maladie qu’il appelé chatj (£<’.+ fluentum). G’est encore un clystère comme toutes les recettes qui suivent. Lign. fi on rencontre: une autre [recette] pour toute sorte de .mal de l’os". Lign. 7 il parle d’un remède contre une maladie du vaisseau qui empêche le libre mouvement, si j’ai bien compris le sens du texte. Il fait connaître pour la guérison cinq différents remèdes.
Pag. 19. lign. 2. , Bonne recette pour purger", suivent quatre prescrits. Lign. 5 suiv.: .Recette qui guérit le „spoun (la rougeur) de l’urine." Lign. 7 est mentionné la composition d’une mixture à boire par la personne. Le texte à partir de la lign. 1 1 regarde la composition des deux remèdes appelés „l’liuile rouge", c’était un breuvage à prendre le soir par la personne.
Pag. 2U. lign. 5. On y parle „ d’une recette à faire pour guérir les
, o uc h et (le membre) en sang." Suivent deux recettes avec la
remarque finale: .à boire le soir." En prenant les breuvages, on devait prononcer des paroles que l’auteur du traité fait connaître à la lign. 9 et suiv. Dès à présent il passe au mystérieux, cette page ainsi que celle qui suit (21) ne contenant que des invocations adressées à Isis et à d’autres divinités de la théologie égyptienne.
Cest à M r . Chabas d'avoir reconnu le premier la nature et le sens des textes qui se vuient sur les deux pages du verso île notre papyrus. Le sujet en est bien différent de celui que le papyrus nous a fait connaître jusqu’ici.
Le titre par lequel la première page du verso (Planche CVI du Recueil) débute, est bien effacé, cependant il est permis de reconnaître parmi les signes et groupes hiératiques conservés, les mots titials: er àouro „pour .concevoir." Le petit texte écrit à l’encre noire, qui occupe le reste de la première ligne, est difficile à lire. Quoique M r . Chabas en ait pioposé une traduction partielle, j'hésite d’adopter sa version vu que le texte du papyrus me paraît contenir un autre sens que celui qu’il lui suppose. Un nouveau titre suit le texte précédent. On en peut distinguer les mots: .faire à elle la recette (de la conception?) huile +, herb. mâ +, .nâq doux +, prendre chaud le matin et le soir." Pour la dernière portion de ma traduction, que M r . Chabas rend par quatre matins, je renvoie le lecteur à ma remarque pag. 7. A la 3 me ligne une nouvelle recette. Ainsi que l’auteur des Mélanges l’assure, on ne reconnaît du titre que le mot mesou, enfanter, mais le texte à qui se rapporte le titre en question, est assez clair pour faire voir qu’il s’agit d’un moyen de distinguer si une femme
est enceinte ou non. -Iierb. Boudodou-kâ, y dit on, enfermée (?) dans -le lait d'uue fenune qui a accouché d'un enfant mâle. Faire manger cela „ù la femme: si elle vomit, elle enfantera; si elle a des borborygmes , elle „ n’enfantera jamais* (comp. Mélanges pag. (il) IV.).
Lign. 5. Même recette, avec la seule différence qu’on en devait faire une injection à la kâ(?) de la femme.
A la 7 ruc ligne commence un texte qui s'occupe encore des moyens à reconnaître si une femme enfantera ou non. En voici le titre: -Recette. -Epreuve qu'une femme n’enfantera pas.“ M r . Chabas traduit la portion importante du texte qui s’y rapporte, de cette façon: -Si elle rend des urines -sales ou troubles ou sédimenteuses, elle enfantera. Si cela n'arrive pas,
-elle n'enfantera pas “ (voy. P&g- bO .Mélanges).
Lign. 9. -Autre épreuve. La faire coucher, frotter énergiquement les bras -jusqu'aux avant-bras d’Iuiile fraiche. L’autre matin à l’examiner, si tu trouves -ses vaisseaux très-secs (??), c’est la preuve qu’elle n’enfantera pas; si tu les -trouves humides de même que 1a peau de ses membres c’est la preuve de....* Lign. 11. -Autre preuve.* — Suit la description avec des détails bien obscènes.
Pag. 2. (PI. CVII) lign. 1. -Autre épreuve.* Vers la tin, il s’agit de la couleur de l’oeil que fauteur de cette partie du papyrus met en rapport avec l’état à examiner de la femme. -Si la couleur de l’un de ses yeux, dit-il, -est comme (celle île la peau) d’un A mou (Asiatique, c’est-à-dire jaunâtre) -et celle de l’autre comme d’un Nègre, elle n'enfantera pas. Si on les -trouve avoir la même couleur, elle enfantera.*
Lign. 2. -Autre épreuve [de la personne qui] enfantera et qui n'en- , fautera pas.* M r . Chabas a parfaitement bien reconnu l’essentiel du prescrit à exécuter dont voici sa traduction avec quelques légers changements et quelques additions de ma part. -Blé et orge que lu femme trempe dans son -urine toute la journée, de même [on peut prendre] le blé appelé aur, de -même le éà.t, dans deux sacs; s’ils germent et poussent là-dedans, elle -enfantera. Si c’est le blé qui germe, ce sera un enfant mâle, si c’est l’orge, -ce sera une femelle, s’ils ne germent pas du tout, elle n’enfantera pas.* La page se termine par deux recettes dont l’une se rapporte à un mal d’oreille, l’autre aux sti à l’oreille. Pour guérir la première , à laquelle M r . Chabas veut reconnaître la dureté d’ouïe, l’auteur recommande trois remèdes à appliquer aux oreilles. Pour guérir les sti (M r . Chabas: les élancements) aux oreilles il ne propose qu’une seule recette.
Une colonne composée de 12 lignes île peu de longueur en écriture hiératique termine le verso et l’ouvrage médical entier. On n’a pas indiqué quel fut le mal ou la maladie que la recette prescrite guérissait, et il n’y a qu’à la dernière ligne une remarque qui nous fait connaître, que la personne atteinte devait s’en servir comme d’un breuvage.
Je ne peux pas terminer mes remarques sur ce papyrus médical sans parler du médicament hâq, qui, dans les inscriptions sur [lierre et dans les textes écrits sur papyrus, est. mentionné bien fréquemment. Il constituait, à en croire les dits textes, une espèce de boisson enivrante dont M r . Chabas a parfaitement bien reconnu la nature. Le hâq nommé dans notre papyrus tantôt seul, tantôt accompagné du mot ne'^em, doux, était fabriqué par les anciens Egyptiens de deux espèces de blé, et formait une sorte de bière que non seulement on buvait à profusion , mais qui ligure aussi dans les listes des offrandes faites aux divinités du pays et aux personnages défunts. Cependant on n'a pas reconnu sa forme copte qui, selon moi, s’est- transmise dans le» deux dérivés g**'/ et gltKP dont le premier signifie acetum, l'autre zythus, cerevisia. Je n’aurais pas pu déterminer les mot coptes correspondants sans l’aide de la langue démotique qui présente régulièrement la transcription lienq ou lienqà, avec une n intercalée, pour la forme antique hâq. Le hâq du papyrus médical est donc le vinaigre, et le hâq nejem la bière douce, dont on se servait également comme médicament.
Le papyrus médical de Berliu n’est pas du reste le seul monument de l’art thérapeutique qui se soit conservé de l’antiquité égyptienne jusqu à nos jours. Dans la collection des papyrus hiératiques du Musée de Leide publiés sous les auspices du gouvernement des Pays-Bas par le D r . Leetnans, il se trouve (I, 345) des fragments d’un traité médical qui, par son écriture, rappelle l’âge du papyrus de Berlin. La valeur scientifique des restes du papyrus est inférieure à celle de notre, papyrus, les prescrits thérapeutique ne formant qu’une très-faible portion au milieu d’une foule de chapitres pleins du charlatanisme le plus ridicule.
Il en est de même pour quelques textes médicaux de la littératuredémotique dont nous devons la connaissance encore au IX L é e m a n s. Us se trouvent à la suite du grand papyrus à transcriptions grecques du musée de Leide publié sur les planches de la première livraison des „Monumens égyptiens du Musée d’antiquités des Pays-Bas à Leide. “ Les recettes ou remèdes, également comme dans le papyrus médical de Berlin, y portent le nom de rera.t. Pour donner une épreuve de la manière dont on a fait
les prescrits thérapeutiques dans le papyrus démotique, je fais suivre la traduction de deux morceaux assez complets et assez intelligibles.
XII, V. lign. 1 — 3. .Remède pour étancher le sang: .L'eau de He- „mou-ô*) en vinaigre (henq), donne-la à boire à la femme le matin, avant .qu'elle ait mangé, jusqu’à ce qu’il s’arrête.
Le morceau XII, XI. lign. 7 — 9 contient: .un excellent remède pour .guérir le pied atteint d'une entorse: lave son pied avec de l'eau de melon .(souba JUttOJÉ), frotte-la avec force sur son pied.*
La plupart des recettes regarde les philtres. C’est ainsi, par exemple, qu’une recette (XVIII, 23) est précédée du titre: .pour donner le coeur .d'une femme vers un homme.* Une autre recette (XIII, XIII, 10) est censée .faire la femme aimer son mari*, encore une autre, quelques lignes plus loin, .faire la femme aimer le colt." Parmi les médicaments il y a un grand nombre qui ne présentent que les formes démotiques de ceux que nous rencontrons dans le papyrus médical de Berlin. C'est ainsi qu’on y trouve: l’eau, le vin (une fois XII, VII arp as af-helk Hpn «r.c c'I^o/'Ç .vin vieux et doux*), l’huile (ti tnâà.t .véritable", — h sim .d’herbe", — n koupra .de cyprès"), onguent (skenen, CO<Siï : — n wârt. Il OTHJIT .de rose", ssen .de lotus"), henq ou henqâ .le vinaigre", le miel (miel .véritable", miel de Char ou .de Syrie"), le lait, je sel (hmââ), le raisin (on en nomme le suc, les feuilles, le bois, etc.) et une grande foule d arbres et de plantes ou des portions île plantes que je me dispense d’énumérer. Comme étant du nombre des minéraux j’y ai distingué: nitrum, stibium, mugnesia, ferrum et plusieurs autres minéraux. L’urine y joue de même son ri’ile, non moins le sang de quelques quadrupèdes et d'oiseaux ainsi que d’autres parties du règne animal.
Je dois me borner à ces remarques que je pourrais augmenter par des observations bien intéressantes au sujet des termes techniques, employés dans le papyrus aémotique, en comparaison avec ceux du papyrus hiératique de Berl in qui n’en offre que l’antique prototype de formules devenues d’usage dans 1 art thérapeutique des anciens Égyptiens.
Le monument le plus moderne de la science thérapeutique des Egyptiens, que je ne veux pas- passer sous silence , est contenu dans deux feuilles d’un manuscrit copte publié par Zoëga dans son .Catalogua codicum Copticorum
*) C'est sans doute le mot haemos mentionné par Apulcjus comme la traduction égyptienne du mot grec bien connu Jàtnç.
manu scriptorum in Museo Borgiano" sous le numéro CCLXXVIII (pag. 626 et suiv.). Ces feuilles paginées nv" (241) et cmâ (244) appartenaient k un grand ouvrage perdu, au sujet des maladies du corps humain, écrit en dialecte Sahidique, celui de la Haute-Egypte, et reproduisant indubitablement en langue et en écriture moderne quelque tradition des connaissances thérapeutiques des anciens Egyptiens. Ce qui est en resté, sur les deux feuilles en question, traite diverses formes des exanthèmes. Je regrette que M r . Chabas, qui sans doute a eu connaissance de ce curieux morceau de la littérature profane des Coptes, n’ait pas tiré profit de ce manuscrit pour son travail sur le papyrus médical de Berlin. Il aurait pu démontrer que l'ancien papyrus de Memphis répète exactement les formules dont s’est servi l'auteur du traité médical copte jusqu’à la présence de prières adressées à la divinité, dont le manuscrit copte n’est pas exempt. Si l’auteur du manuscrit du temps des Hamessides s'adresse k la déesse Isis, au dieu Horus et k d'autres dieux et déesses de la mythologie égyptienne, l’auteur chrétien copte invoque les bons archanges r Oriel, «Gabriel et Raphaël" qu’il conjure d’accorder la guérison k l'homme atteint d’une certaine maladie.
Berlin, imprime ebei Un g or frère».
PAPYRU5 MÉDICAL.
Pay.12.
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