Dispositif pour mesurer l’effort exercé par
DES CHEVAUX POUR RETENIR UNE VOITURE. Lorsque l’on
veut mesurer l’effort que des chevaux exercent pour retenir une voiture , on peut employer le moyen suivant. Une douille a b (PI. II, Fig. 8) s’emmanche sur le bout du timon et s’y fixe par des vis de pression c , et par des clefs de calage. Sa partie supérieure forme une chape qui reçoit deux poulies, dont le plan est parallèle au timon, et de o m ,io environ de diamètre à la gorge; chacun des bouts d’une corde, dont le milieu est fixé à l’anneau du dynamomètre, placé sur l’avant-train, vient passer dans l’une de ces poulies et s’attache au collier ou à l’anneau du poitrail du harnais. Il résulte de cette disposition , fort simple , que chacun des chevaux
en retenant , tend un des brins de la corde , et que la somme des tensions, mesurée parle dynamomètre, indique celle des composantes de l’efTort exercé dans le sens du mouvement de la voiture.
Par ce dispositif, l’instrument peut fonctionner successivement dans les descentes par les cordages de retraite, et, dans les montées, par les traits. Le pinceau de pointage permet , d’ailleurs , d’indiquer les traces qui appartiennent à chaque période. Cet appareil, appliqué à une diligence, a parfaitement fonctionné.
46. Vérification des lames. — Je ne crois pas devoir parler en détail de la vérification de la tare des lames dynamométriques : c’est une opération préalable de rigueur, qui doit être faite en suspendant des poids à l’instrument, et en mesurant ses flexions à l’aide d’un compas à coulisse , donnant les dixièmes de millimètres. 11 faut seulement avoir attention de ne faire cette vérification qu’avec la griffe d’arrêt, afin d’éviter que quelque maladresse dans la pose des poids n’occasionne des oscillations qui, en dépassant les limites fixées, seraient susceptibles d’altérer l’élasticité de la lame.
47. Des styles. — Si l’on emploie pour style un pinceau alimenté d’encre de Chine contenue dans un tube, ainsi que nous l’avons fait ordinairement, il faut, avant et après chaque séance d’expériences, laver ce pinceau en le pressant et en le roulant dans les doigts, pour éviter que les petits conduits capillaires qui se trouvent entre les poils ne se trouvent obstrués.
L’encre préparée d’avance et contenue dans une petite fiole, ne doit pas être trop épaisse ni trop claire. Si le pinceau en fournit trop , ce qui arrive souvent aux premiers instants , il suffit de le tirer en dehors pour le
serrer plus fortement dans sa douille conique. Si , au contraire , il cesse de s’alimenter, on le poussera un peu en dedans du tube, et, en soufflant par le haut, on déterminera l’écoulement d’une goutte d’encre , après quoi on le tirera de nouveau en dehors.
La vis ou le petit ressort à boudin interposé entre la vis et l’épaulement du tube, facilite le règlement de la hauteur du style , de manière à obtenir des indications nettes et fines.
48. Préparation aux expériences. — Après avoir monté l’instrument sur la voiture, on ajuste le renvoi de mouvement , de manière que l’axe de la vis sans fin du dynamomètre et celui de la poulie de renvoi soient, autant que possible , dans le prolongement l’un de l’autre , sans qu’il soit tout à fait nécessaire de satisfaire exactement à cette condition. La corde de renvoi doit être une corde de boyaux, dont on réunira les deux extrémités par une ligature faite avec du fil de laiton fin , ce qui est beaucoup plus commode que des agrafes ordinaires. On aura soin de garnir d’huile fine tous les axes. Cela fait et la soie motrice étant toute enroulée sur la fusée, on collera l’extrémité de la feuille sur le cylindre récepteur. On ajustera alors le pinceau ou le style du zéro et celui qui décrit les courbes , de telle sorte qu’en faisant marcher le papier à la main , et le ressort n’étant pas tendu , ces deux styles tracent exactement la même ligne droite. On arrêtera le style du zéro dans cette position. Si l’on opère sur des bateaux, on disposera les styles qui servent à pointer les temps et les distances de façon que l’un marque au-dessus l’autre au-dessous de la ligne du zéro.
Quand une expérience sera finie , on décollera l’extrémité de la feuille de papier, qui est fixée au cylindre
magasin, on desserrera l’écrou du manchon de friction , qui rend le pignon de la vis sans fin solidaire avec son axe ; celui-ci et le cylindre moteur qui porte la soie pourront alors tourner librement, de façon qu’en tirant la bande de papier du côté du cylindre magasin , on renvidera naturellement la soie sur les hélices de la fusée , et il ne restera qu’à replacer une autre feuille de papier.