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Notice sur divers Lépidoptères du Musée de Genève

Ce beau Papilio est curieux à plus d'un titre; il appartient au groupe XXIIrae de Boisduval (section VIIIme de M. Felder), et peut se placer auprès de VArchidamas du Chili; mais il forme une subdivision particulière. C'est le plus velu des Papilio et il l'est beaucoup plus que VArchidamas. — Ensuite la frange de ses quatre ailes a une texture particulière, elle est cotonneuse comme celle des nocturnes du genre Catocala, très-longue et très-blanche dans les échancrures. — Enfin une autre particularité le distingue encore : c'est une matière pulvérulente, de couleur de terre cuite, qui est renfermée dans un repli abdominal et qu'on ne peut comparer ni aux poils qui garnissent la gouttière abdominale de tant de Lépidoptères, ni au duvet cotonneux qui remplit en si grande abondance celle de beaucoup de Papilio (Promus Agavus, etc.), encore moins à la matière luisante et comme vernissée qui enduit celle des espèces du groupe XXIIme auquel il appartient. Notons d'ailleurs qu'il s'agit ici d'une femelle et que ce sexe, dans toutes les espèces sans exception, est dépourvu

des ornements ou accessoires auxquels je fais ici allusion. Le mâle que je regrette fort de ne pas connaître nous réserve sans doute quelque autre singularité.

Le P. Chlorodamas est à peu près de la taille de ses analogues (88 mill) ; il est en dessus d'un vert bronzé, un peu jaunâtre. Les ailes supérieures ont le bord droit et entier, les inférieures l'ont assez fortement denté, mais à dents toutes égales. La frange de ces dernières est blanche comme je l'ai dit plus haut. Quant à celle des premières ailes, elle est presque entièrement brune avec les trois dernières intersections ûnement et brièvement blanches. Elles ont une série subterminale de taches d'un jaune soufré partant de l'angle interne et allant rejoindre quelque groupes d'atomes qui descendent de la côte. Les ailes inférieures ont une série subterminale de taches d'un jaune verdâtre, en forme de coudes et surmontées de quelques atomes jaunes.

Le dessous des premières ailes ressemble au dessus, sauf que les taches sont plus nettes, plus larges et tirant davantage sur le blanc. — Celui des secondes ailes est d'un vert jaunâtre pulvérulent (couleur merd'oie), sans taches jusqu'aux deux tiers, puis d'un vert noirâtre formant bordure, sur laquelle se détachent de larges taches internervurales jaunes, semi-lunaires, surmontées de groupes d'écaillés d'un blancbleu, et dont les postérieures sont salies de lilures brunâtres. Les échancrures blanches sont si larges qu'elles forment presque une bordure continue.

Le thorax est vert; l'abdomen jaunâtre, ainsi que la poitrine. La tête est marquée de quatre petits points d'un blanc vif et non mêlé de roux comme dans les autres espèces du groupe.

Ce curieux Papilio vient du Pérou et faisait partie de la collection Jurine.

Je profite de cette description pour donner quelques détails sur deux autres Papilio appartenant au même groupe et dont l'un se voit aussi dans le musée de Genève.

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