‹ Notice sur divers Lépidoptères du Musée de GenèveChapitre 10 sur 92 · Papilio Hermolaus, Guen · texte numérisé non relu

Papilio Hermolaus, Guen

Voici encore un Papilio sur lequel je n'ai pas une certitude complète, n'ayant pas

vu le P. Pausanias Hewits, qui paraît avoir plusieurs des mêmes caractères (c'est le seul avec lequel il puisse être confondu). Le genre Papilio, ayant séduit tous les observateurs par la beauté et la taille de ses espèces, a été l'objet de tant de travaux divers qu'il est fort difficile de réunir absolument toutes les publications qui le concernent et je n'ai pu soumettre celui-ci à une complète vérification.

Mon Papilio offre ceci d'intéressant qu'il forme le passage entre l'immense groupe dont JEneas est le type (19me Bdval.) et un autre groupe beaucoup plus restreint (22me Bdval.) auquel appartiennent les deux espèces nouvelles que jai décrites ci-dessus, Chlorodamas et Hypodamas.

Entre ces deux groupes vient s'intercaler un troisième qui présente un intérêt particulier. C'est le 2m0 de M. Bâtes (faune de la vallée des Amazones), qui contenait seulement cinq espèces. MM. Felder en ont ajouté une 6,ne, Therodamas, qui parait extrêmement voisine du Phaon. C'est ce groupe que je viens augmenter d'une septième espèce.

A1(S nigrce basi late œneo nitentes; anticœ intégrée, macula discoidali sidphurea, tripartita, posticœ brèves, acide et œque dentatœ, maculis subtenninalibus sulphureis, subtùs fuscm, maculis iisdem, aliisque V-formïbus-rubris.

Taille de Phaon. Les premières ailes ont à peu près la même coupe, mais les secondes ont une forme particulière. Elles sont presque triangulaires; leur bord abdominal est très-court, tandis que le bord terminal, coupé presque carrément, est muni de dents égales et régulières. C'est cette coupe d'ailes qui me paraît répondre à peu près à celle que MM. Felder assignent au Pausanias ; mais un caractère dont ils ne parlent pas s'observe ici et se retrouve même chez Phaon : c'est une nervure supplémentaire qui, près de la base des premières ailes, rattache la médiane à la sous-médiane. Cette nervure très-courte, sans doute, n'en est pas moins épaisse, et égale, par la force, la médiane elle-même. M. Lefebvre l'avait déjà observée et la nomme Baséo-médiane. Elle n'existe pas dans le groupe de Polydamas, mais elle se produit chez d'autres Papilio.

Toutes les ailes de YHermolaus sont noires avec la base glacée de vert-bouteille luisant qui s'étend, en se délayant, sur presque toute la surface des inférieures. Les supérieures ont l'apex occupé par un large espace plus clair et demi-transparent. Une large tache discoïdale d'un jaune soufré, divisée en trois par les nervures, compose tout leur dessin. Leur dessous est semblable, mais sur un fond brun fuligineux.

Les secondes ailes ont, pour tout dessin, une série de petites taches jaunes subterminales, très-rapprochées du bord, en forme de triangles ou de chevrons. Leurs

échancrures sont très-étroites, mais bien visibles, jaunes. Le dessous est d'un brun fuligineux avec les taches du dessus, mais surmontées d'autres taches d'un carmin pâle, en forme de V renversé, et dont la pointe envoie une traînée claire, mordorée, qui se prolonge jusqu'à la cellule. Tout ceci s'efface à mesure qu'on remonte vers la côte. Au bord abdominal, le V rouge qui est double, envoie jusqu'à la base de l'aile une ligne, rouge aussi, qui suit la nervure médiane. Deux litures, également rouges, partent de la base, l'une dans la cellule, l'autre suivant l'origine de la côte.

Le corps est noir : Le thorax avec 4 points jaunes, la tète avec deux points blancs à la base des antennes et l'abdomen avec deux lignes dorso-latérales, jaunes, trèsmarquées. En dessous la poitrine est ponctuée de jaune et l'abdomen marqué de deux séries de petits points blancs.

Une Ç, de Porto-Cabello.

II Description des espèces nouvelles de CATAGRAM- MIDES qui se trouvent au Musée de G-enève et revue monographique de cette famille.

Le Musée de Genève a la bonne fortune de posséder un certain nombre d'espèces nouvelles de cette petite famille, la plus jolie peut-être de tous les Lépidoptères, celle à laquelle certainement aucune autre n'est comparable par la variété et l'éclat des couleurs et l'élégance du dessin.

Pourquoi ces papillons si recherchés des collectionneurs, n'ont-ils point été le sujet d'un travail d'ensemble comme les Adoliades, les Danaïdes, et même plusieurs Satyrides? il serait fort difficile de l'expliquer, d'autant plus qu'on n'a perdu aucune occasion de publier isolément des figures et des descriptions d'espèces nouvelles.

Je prendrai donc occasion de ce travail sur celles qu'on voit au Musée de Genève pour jeter un coup d'œil sur les principaux genres de celte famille, réunir toutes les epèces publiées et y joindre celles de ma collection qui sont inédites; mais, n'ayant pas la prétention de donner une véritable monographie de ces insectes (travail pour lequel il faut attendre

encore un certain nombre d'années et surtout la connaissance des premiers états de quelques-uns au moins d'entre eux) je me bornerai à signaler les caractères principaux et à donner de courtes descriptions, dans lesquelles je ferai ressortir seulement les différences en les comparant aux types les plus connus. Pour les espèces nouvelles je m'étendrai un peu plus, mais en m'abstenant toutefois de ces descriptions minutieuses qui, reproduisant sans cesse des caractères communs à presque toutes les espèces, finissent par fatiguer la tête du lecteur et aboutissent souvent à jeter son esprit dans une véritable perplexité.

Quelques mots auparavant sur la famille elle-même.

Les Gatagrammides sont des insectes exclusivement propres à l'Amérique intertropicale. Leurs mœurs diffèrent peu de celles des autres Nymphalides. Elles ont le vol très-rapide et ne peuvent guère être capturées que quand elles se posent sur les troncs ou sur les matières en décomposition répandues à terre. Leurs chenilles paraissent tout à fait inconnues, mais on peut hardiment affirmer qu'elles se rapprochent des Epicalia, Âgrias, etc., c'est-à-dire qu'elles sont garnies de caroncules velues ou épineuses.

M. Boisduval a fait, le premier, un genre de ces jolis insectes sous le nom de Catagramma; depuis, leur nombre ayant prodigieusement augmenté, on l'a divisé en trois ou quatre plus ou moins justifiables. La séparation qui semble la mieux motivée est celle des Gatagrammes proprement dites dont les yeux sont glabres, les pattes robustes et tachées de blanc, la poitrine peu velue et la massue des antennes allongée. Quant aux Gallicores qui ont les yeux pubescents, la poitrine velue, la massue des antennes en cuilleron, il est très-difficile de les séparer par des caractères valables des Perisama Dbday. Quelques autres petits genres bornés à une ou deux espèces complètent la famille et sont en général bien connus.

Les Gatagrammides sont presque toutes de découverte récente. Clymena, Aslarte, Hydaspes, Hgslaspes, auxquelles Latreille avait ajouté Oppelii, Euclydes et Pilheas et Godart Candrena, Pyracmon, Pygas,

Hijdarnis et Sorana, composaient autrefois tout le personnel de cette petite famille qui comptera maintenant, après la publication de ce travail, près de quatre-vingts espèces. En effet, chaque contrée de l'Amérique équatoriale fournit ses espèces propres qui viennent se grouper autour d'un type connu, mais qui en diffèrent par des caractères constants quoique souvent très-légers. Il faut surtout citer celui de Clymena. Il est bien délicat sans doute de décider si ces espèces, dont on ignore les premiers états, sont parfaitement valables ou si l'on a affaire à de simples modifications locales, mais l'état des connaissances actuelles et le système darwinien qui tend à modifier profondément l'étude de la zoologie telle qu'on la concevait jusqu'ici, font perdre à cette question beaucoup de son importance. En résumé, qu'on appelle espèces ou races locales ces types qui restent invariablement les mêmes dans leur pays et se transmettent des caractères fixes de génération en génération, il n'en faut pas moins qu'elles soient connues et leur étude importe toujours autant aux naturalistes.

Genre CALLICORE , Dbday.

Palpes dépassant le front, rapprochées en bec, squammeuses-lissées, bicolores : leur 3mc article très-distinct et recourbé — yeux pubescenls — poitrine velue — pattes courtes et mutiques — antennes annelées en dessous, à massue brusquement élargie et souvent contournée — Ailes entières, à franges courtes, les supérieures non falquées, ni anguleuses, les inférieures entières ou très-légèrement sinuées. Cellule ouverte.

Division I. Gallicores propres. Ailes à bandes ou taches vertes ou bleues, jamais rouges. Dessous des inférieures gris ou blanc, marqué de deux anneaux discoïdaux superposés, en forme de 8 et de cinq lignes noires.

A. Ailes noires, sans reflet bleu.

A. Supérieures à bande verte, étroite, oblique. Inférieures à ligne d'un vert le

plus souvent sans éclat.

(Nota. Toute celte section sera décrite par comparaison avec Clymena.)

* bande verte des secondes ailes parallèle au bord terminal dont elle est rapprochée.

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