‹ Notice sur divers manuscrits de la Bibliothèque vaticane: Richard leChapitre 21 sur 26 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

littérature du moyen âge par Tauteur d'une compilation si vaste, composée de si nombreux éléments.

C'est à titre de compilateur qu'un écrivain conune Richard pouvait être goûté au moyen âge. Ses contemporains et les hommes des deux siècles suivants n'ont certainement pas manqué d'apprécier son œuvre. Ds y ont trouvé d'abord une partie des notions vagues et parsemées d'erreurs que Ton possédait alors sur l'antiquité orientale, judaïque, romaine, et cette suite des empereurs et des souverains pontifes qui , pendant longtemps , servit de fondement à tant de chroniques. Ils y ont lu les exploits fabuleux d'Alexandre et la légende d'Arthur qui , pendant si longtemps , ont passionné nos ancêtres. Ils y ont enfin trouvé un récit détaillé de la première croisade , et l'on sait que ce souvenir, glorieux entre tous , inspirait alors aux chrétiens de nos contrées un enthousiasme déjà mêlé de craintes et de regrets. Tout le monde se passionnait pour ces grands sujets; personne, au contraire, ne dut songer aux passages originaux , aux détails d'histoire locale par lesquels se termine l'œuvre de Richard. Voilà pourquoi les manuscrits de la deuxième rédaction , où tant de place est donnée à la première croisade, sont les plus répandus, tandis que les additions recueillies par Du Chesne et le « De destructione Castri Juin » ont à peine été reproduits.

De nos jours encore , les histoires universelles composées au moyen âge méritent d'être lues et analysées. Elles nous révèlent d'abord les goûts de nos devanciers , le degré de leur érudition ^ le profit qu'ils savaient en tirer. En même temps il en est peu qui ne contiennent dans leurs dernières pages quelques faits contemporains de ceux qui les ont écrites , étrangers aux autres histoires ou tout au moins présentés d'une manière originale. Nous avons trouvé à la Chronique de Richard ce double caractère. L'étude des nombreuses pages empruntées par l'auteur à une vingtaine d'ouvrages présente par elle-même un certain intérêt. Elle nous a de plus amené à faire un choix dans la dernière partie de sa Chronique , à mettre à part quelques sèches indications , derniers restes d'annales aujourd'hui perdues , et quelques autres passages , nés de la tradition orale ou de souvenirs personnels. Ces derniers morceaux , malgré les obscurités qui en rendent la critique si malaisée , demeureront acquis à l'histoire du douzième siècle.

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