‹ Notice sur Fréderic Auguste Ferdinand Thomas, baron de ReiffenbergChapitre 20 sur 20 · Tome VII I · texte numérisé non relu

Tome VII I

Gilles de Chin, poème, 190 p. — Troisième division : Histoires et chroniques. Annales de Stavelot , p. 196-207; Annales de Saint- Maximin de Trêves, p. 208; Annales et nécrologc d'Epternach, p. aog — 212; Annales d'Anchin, p. 216 — 229; Cantatorium (/e 5am(-ffi(6er«, p. 233 — 384; Chroniques de Liessies, p. 387 — 436; Histoire de Sctint- Denis en Broque^ roie, p. 447— 637. Ce tome contient en tout 688 p. et une introduction de cxxvi p.

' Cet oiivrafie, qui manque dans lecommorce, est coté i5o fianrs dans le Bulletin de Techener.

Dans les Bulletins de la Commission royale d'iii.stoire , DE REIFFENBERG a publié une suite d'articles sous le titre de :

yotice dea manuscrits conservés, soit dans des dépôts pidilirs, soit dans des bibtiothèrjiies particulières, et qui ont rapport aux tra-^ vaux de la Commission, t. i.", p. 125-129, i64— 17C, 265 352; t. u, 3o -39, 70—91, 16G— 177, 230 — 24-2, 249—258; 1. 111,44—55, i3o— 136, 159—189; t. IV, i3— 63, i32 -190, 224—341 ; t. V, 3i — 86, 2o4-3o4; t. vi, 4o - 59, i38 — 148, 184—194, 272—298, 3io-33o; t. vii,236— 274,300— 354; t. viir, 167-206, 304—337; t. i.\,3i9-33o; t.x, 106— i3o, 247—272; t. XI, 257—275, 677—718; t. XII, 71—102, 250 — 272; t. XIII, 11 — 82,213— 214, 477-519; t. XIV, 39 —119, 217-238, 528 — 576; t. XV, 119 — 125, 290— 3o5; t. XVI, 33 — 69.

Beaucoup de ces articles ont été tirés à part sous différents titres.

Sousle titre: Publications tecentes envisagées au point de vue des travaux de In Commission^ DEREIFFEINBERG a publié, depuis le 2. "'«volume des Bulletins (\q la Com= mission royale dhistoire, un bulletin bibliograplii(pie de tout ce qui intéresse l'iiistoire de la Belgique.

On a inséré de lui un fjrand nombre d'articles et de

notices dans :

le Mercure du dix-neuvième siècle, /.e Nain jaune réfugié , Le Mercure Belcje, Le Vrai Libéral, I e Cnurrier des rai/s-'llas', la Gazette des r>a;js-l!as, L'Almanach Libéral, l'Annuaire poétique de la Belgique, la Revue encyclopédique, le Foreign Litterarij Gazette, Le Times, le Journal de l'Institut historique, L'Eman^ cipation , le Itulletin de la Société de l'Histoire de France, Lu France Littéraire ilo M.' Charles Malo, La France provinciale, L'Atlas des littérateurs de M.' Du J;irry de Maiicy, la Corres^ pondunce mathématique de M/ Qiielelel ; le llulletin du

Bibliophile de Tecliner, La Renaissance, chronique des arls et de la litlératiire (Bruxelles J ; Le moyen-dge et la renaissance , publié sous ladireclion littéraire de M/ Paul Lacroix, à Paris, in-4.°;lcs Archives historiques du nord de la France et du midi de la Belgique ; la Bibliothèque économique de Deinat, le Journal bibliographique des Pays-Bas , la Revue encyclopédique belge , Les Bclgesillnstrcs, Les Belges peints par eux-mêmes, les Scènes de la rie des peintres, VÂlbum biograpliique des Belges célèbres. Le Poiygraphe , L'Hermile en Belgique, publié à Bruxelles (P. -M. De Vroom, 1827), L'IIermite en Belgique, publié à Liège, VAlmanarh des étudiants de Louvain, la Revue univers: selle , les Soirées littéraires de Paris,... etc.. '

DE REIFFEINBERG était un des collaborateurs les phis zélés delà Bmjrnphic laiivcrselle de Michaud, à laquelle il a fourni la plupart des articles relatifs à nos compatriotes.

Il a donné un grand nombre d'articles étendus au Dictionnaire de la conversation et de la lecture.

Il a fondé le Bidletin du Bibliophile belye, dont les 6 premiers tomes et la 1.'" livraison du Lomé 7 ont paru avant sa mort. La a.""' livraison commence et finit par une pièce de vers adressée à M.'Haensel, qui signe le Jour= nal de l'amaleiir des livres et que DE REIFFEINBERG avait cru longtemps ne pas exister. Cette pièce se termine par les vers suivants, qu'on ne lira pas sans émotion:

Cet accord de pensers, cette douce harmonie, DtMiiontre à tous les yeux que l'on vous calomnie; Lorsque l'on sent si bien, quand le coeur el l'espr/V, Chacun, de son devoir est nettement iitslruil ,

' Beaucoup de ces notices, dont la nonuiulalurc serait à elle seule un travail assez long, ont été tirées à pari.

Serait -on i>ai' hasard un être cliimériciiie, Une création futile et faiitasti<iue ?

Non , vous ôtes vivant, très vivant, et le mort Est peut être celui qui confesse son tort.

Hélas ! il ne disait que trop vrai !

Que de gens la douleur aigrit et suffirait à rendre méchants! DE REIFFEINBERG, au contraire, malgré sa cruelle maladie, conserva jusqu'au dernier moment cette sérénité , cette mansuétude d'esprit qui lui était propre. Appelé, mourant, à formuler un rapport sur un mé» moire adressé à la classe des lettres de l'Académie royale de Beljjique, « peut-être, dit-il en concluant, suis-je disposé à l'indulgence par la souffrance ; peut= être aussi aurais-je dû m'abstenir de juger. Quand ou est malade, comme je le suis, ou est en (juelque sort»; ce que les Romains appelaient capite miniitus . . . . Je voterai pour la médaille d'or. »

Un portrait litliographié de DE REIFFEINRERG a ])aru, eu 1828, dans une iconographie des professeurs du royaume , publiée par Lemonnier.

La Socii'té des sciences , des arts et des lettres du lïainaut, dans sa séance mensuelle du 4 juillet i85o. a décidé qu'une niédadle de 18 lignes, à la mémoire de De REIFFEINBERG, serait frappée sous ses auspices et ceux de la Société des Bibliophiles belges, séant à Mons. Cette médaille, qui sera confiée au burin d'un graveur expérimenté , M.'' Wiener, portera d'un côté le buste du défunt et de 1 autre une inscription commémorativc.

L'Académie royale de Belgique, dans sa séance du 2 août, a résolu, sur la proposition de M/ Quetelet ( Lambert- Adolphe-Jacques), son seciétaire perpétuel, de sinjnaler au gouvernement les services rendus aux lettres par DE REIFFEINBERG , ainsi que l'activité et le talent dont il a fait preuve comme membre de rAca= demie et secrétaire de la Commission loyale d'histoire, et de demander que son buste Tût placé à côté de ceux des autres membres défunts dans les appartements de la compagnie, où se trouvent déjà les bustes (en marbre) de Gossec, de Vun Mous et de Willems.

Un arrêté l'oyal, en date du ay juillet, a accordé à sa veuve une pension de io5o francs, imputable sur les fonds de la caisse des fonctionnaires et employés du département de l'Intérieur.

La famille de De Reiffenbei'g porte d'argent à trois bandes de gueules. Ciuiier : un vol d'aigle blasonné comme l'écii. Supports: deux lions d'or, armés et lam^ passés de gueules, tenant des bannières aux armes de l'écu.

Par diplôme en date du 25 décembre 1842 DE REIF= FEINBERG a obtenu reconnaissance de son titre de baron, transmissible à ses descendants des deux sexes.

Ad. MATHIEU.

|n-oiioiic(''.siirla (oiiikdeF.-A.-F.-T. De ReiflViilH'rg,

par M.' Ad. IMATIIIEC ,

à I.aeken, le 20 avril 1850.

Usijue adeone mori miseriim est ?

ViRG., En., liv. XII , V. 6^6.

Tes ouvrages, voilà ton litre souverain. Qu'importe maintenant, poète au front serein , Ou'iine suite innomliral)le et d'aïeux et d'aïeules T'ait blasonné d'argent ;"i trois bandes de gueules ! Écuyer , due, baron, comte, maniuis ou roi, Ta noblesse aujourd'liui ne date que de toi. Mais celle b"i du moins elle est sainte et durable. C'est d'un nom glorieux la source inaltérable, Source profonde et calme où brille reflété Ton pur éclat aux yeux de la postérité.

Savants, littérateurs, artistes et poètes, — Mes frères, mes amis , — tous autant que vous êtes, Pardonnez si ma voix à vos tristes adieux Ajoute quelques mots.

Morne et silencieux , Je rej^ardais sans voir , j'écoutais sans entendre. Un écho dans mon cœur, écho plaintif et tendre , Comme un reflet lointain d'un bonheur qui n'est plus , Un vain ressouvenir de nos vœux superflus, De nos beaux jours passés une image affaiblie , (Doux rêves du berceau , les derniers qu'on oublie! )

Me rappelait ce temps où , jeunes tous les deux,

Pleins de projets sans nombre et d'espoirs hasardeux ,

Nous allions, variant des lectures chéries ,

Égarer par les prés nos vagues rêveries;

Poursuivre à travers champs , au détour des grands bois ,

La rime dont Boileau se plaignait quelquefois;

Nous redire Racine et Corneille et Molière;

Assouplir à leur joug notre muse écolière;

Donner une âme, un sens à l'insecte muet,

A tout ce qui dans l'herbe à nos pieds remuait ;

Traduire en nos accords le chaste et frais murmure

Qu'éveillait le zéphyr à travers la ramure ;

Sourire d'allégresse à l'aube du printemps ;

Relancer dans leurs nids nos gais oiseaux chantants ;

Butiner la ménianthe oîi l'onde prend sa source

Heureux quand , arrivés au terme de la course ,

(Un léger crépuscule assombrissant les airs)

Nous rapportions chez nous des fleurs et quelques vers !

Pauvre ami ! c'était là toute sa jouissance. Insoucieux de l'or, du rang, de la puissance. L'étude , qui primait tous ses autres plaisirs , Ne lui laissait de temps que pour ces doux loisirs ; Le reste de sa vie , hélas ! si tôt passée , Il reprenait sa tâche en naissant commencée, Étudiait sans cesse et sans cesse écrivait. La lampe qui la nuit brûlait à son chevet A pâli tant de fois au retour de l'aurore Qu'à sa gloire future il travaillait encore ! Ce que cet homme a fait , ce qu'il a de sa main Recueilli, confondrait l'entendement humain. C'est qu'il avait compris, et compris de bonne heure, Que l'inspiration , qui trop souvent nous leurre , Qui fut souvent l'écueil de tant de vrais talents , Ne donne tous ses fruits qu'après des travaux lents ;

Qii'on n'improvise pas une œuvre imp(''rissal)!e ;

Pas plus que le maçon ne bàlit sur le sable,

Pas plus quen un seul jour Dieu n'a fait l'univers.

Pittoresque en son style, élégant et divers, Actif, infatigable, à sa veine facile Tout sujet s'est montré complaisant et docile; Prose, vers, tout pour lui finit à force d'art Par se faire en jouant et comme par hasard. Et pourtant que d'esprit, de verve, de génie, De pureté, d'éclat, de grâce, d'harmonie. De science profonde et d'aperçus nouveaux !

D'autres ont déjà dit ses titres , ses travaux ; Je n'ajouterai rien qui vous induise à croire Qu'ils aient pu retrancher un fleuron de sa gloire. L'avenir jugera l'écrivain érudit; Mais sur l'iiomme. Messieurs , tout n'a pas été dit : Il reste à vous parler de son cœur, de son àuie. Regardez ses enfants, interrogez sa femme, Ses parents, ses amis, tous ceux qu'avec Lonlé Il reçut aux douceurs de son intimité.

Et tous ils vous diront quels trésors de tendresse

Moi -menu; ( pardonnez au trouble qui m'oppresse ), Moi, qui dans ses plaisirs fus longtemps de moitié, Quand , liés par le sang moins que par l'amitié, — Lui si haut ! moi si bas ! — lui de quelques années Plus âgé , moi soumis à d'autres destinées. Trop faible pour le suivre en son vol courageux

Et ne pouvant , hélas ! prendre part qu'à ses jeux

Moi, dis-je, qui, plus tard, sachant à peine lire, M'enivrais aux accents échappés de fa lyre, Moi qui revois encor ces jours évanouis , Ces jours de calme paix , de bonheurs inouis ,

Et ce moment si triste , et pourtant plein de charmes , Où nous nous embrassions, comme deux frères d"arraes Que les chances du sort appellent , résignés , Sous le même drapeau dans des camps éloignés ; Moi-même qui ne sais , contristé de sa perte , Détacher mes regards de cette tombe ouverte ; Moi, qui sur ce cercueil viens jeter quelques fleurs ,

Je devrais Mais ma voix qui s'éteint dans les pleurs

En dit assez déjà pour vous faire comprendre Ce qu'il avait de bon , de bienveillant, de tendre , De quel amour enfin était digne celui Qui dans le ciel natal nous devance aujourd'hui.

Un jour vint, ai -je dit, où nous nous séparâmes, Où loin du lac rêveur que sillonnaient nos rames Le vent nous emporta , chacun de son côté Astreint aux dures lois de la nécessité, Chacun sur une mer trop féconde en naufrages D'un public incertain recherchant les suffrages , Chacun suivant de loin son étoile , ignorant Le but marqué d'avance à son esquif errant ; Et (pourquoi n'en pas faire ici l'aveu candide? Quel ciel fut toujours pur, transparent et splendide ! ) Maint nuage parfois entre nous a passé, Qu'un rayon de soleil eut bientôt elTacé; Comme après une nuit tempétueuse et sombre Un matin plus riant se dégage de l'ombre , Comme le souvenir d'un hiver rigoureux De nos champs reverdis rend l'aspect plus heureux.

L'âge, multipliant l'obstacle et la distance , Désunit depuis lors cette double existence. Et — sauf quelques rapports littéraires , je crois — Je ne t'ai retrouvé qu'au pied de cette croix ,

Pauvre ami , qui manquas souvent de me survivre!

Cx'st à moi maintenant , c'est à moi do te suivre;

A moi , sur cette terre ingrate resté seul ,

A moi de déposer ces vers sur ton linceul ;

A moi de te crier : Ton œuvre est accomplie !

Ta carrière ici- bas fut dignement remplie;

Tu lègues à les (ils en cessant d'exister

Un nom ([uc les |)Ius grands seraient fiers de porter,

Et déjà l'un d'entr'eux, abrité sous ton aile ,

A tenté , plein d'ardeur , la route paternelle.

Puisse -t-il, couronnant de précoccîs essais ,

En suivant ton exemple atteindre à tes succès ,

Et , formé lentement par une élude austère,

Continuer ta gloire après toi sur la terre,

Ta gloire, tes vertus qu'aujourd'hui nous pleurons ,

Et le cœur de l'ami dont nous nous lionorons !

Puisse- 1- il au pays en deuil de ton génie

Rendre celte splendeur qu'en vain on lui dénie,

Evoquer, comme loi , de nos fastes passés.

De nos fastes nouveaux à peine commences.

Ces noms qui , de l'oubli bravant l'injuste outrage,

Ou de près ou de loin rayonnent sur noire âge,

El montrer que le Belge , en tous lieux, en tout temps ,

Partout où la science a ses représeulants ,

La science , les arts, la douce poésie ,

A conquis désormais son droit de bourgeoisie !

Quand pour toi , noble ami , les ans sont révolus , Quand le ciel qui t'appelle au rang de ses élus , Sévère en ses décrets, mais juste, le dispense De jours si bien fournis la sainte récompense , Je n'atlrislerai point ces moments solennels D'égoïstes sanglots , de regrets personnels ; 51a douleur se taira dans mon sein refoulée. Abaisse seulement , de la voûte étoilée,

Des célestes parvis ouverts devant tes pas, Abaisse jusqu'à nous un regard ici-bas; Contemple, pour remplir une mission sainte, Tant d'amis rassemblés dans une même enceinte, Tant d'hommes éminents, ministres, députés, Gardiens de notre honneur et de nos libertés, Qui, sauvant le pays dans un récent orage. Au niveau des dangers élevaient leur courage ; Tant de littérateurs , d'artistes, de savants. D'unanimes respects témoignages vivants , Collège qu'en viraient à ta dépouille aimée Les plus hauts par le rang, le cœur , la renommée, Tout ce qui porte un nom qu'avec un juste orgueil Le Belge re\ endique en face du cercueil.

Heureux en les quittant et fier d'un tel hommage , Pour dernier souvenir emportant leur image , Remonte , ange exilé, dans les bras du Très -Haut!

Et maintenant adieu, Frédéric ; — à bientôt.

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