LETTRE ONZIÈME
Monsieur,
Puisque ma recommandation de mademoiselle d'Egmond (i) a été si heureuse qu'il vous a pieu d*en escrire à Monsieur le Chan-
(1) Keinpem, ville de la Province Rliénane, à cinquante kilomètres au sud d3 Clèves, fut prise en 1642 à la suite d'une victoire remportée sur les Impériaux par le maréchal de Guébriant.
(2) Archives du ministère des Affaires étrangères. Correspondance de Suède, tomel, folio 288.
(1) Celle demoiselle d*Egmond était très certainement une petite-fille ou une petitenièce du fameux Lamoral, comte d'Egmond , prince de Gavre , qui fut exécuté à Bruxelles avec le comte de Horn (quHl ne faut pas confondre avec le gendre d'Oxenstiern dont il a été question ci-dessus, en 1568, par les ordres du duc d'Albe. Philippe d'Egmond, son fils aîné, mourut sans postérité; mais un autre doses enfants, Charim,
cellier, je prendrai la hardiesse de uous importuner encore et prier de uouloir signer la lettre qui en est dressée : ce qui estant faict, Monsieur le Ghancellier a promis de le sceller. La naissance de mademoiselle d'Egmond, sa parentée (sic) auecq la Reine de Suède et la compassion que j*ay d*une maison depuis longtemps malheureuse me font prendre cette hardiesse, estant
Monsieur Votre très humble et très obéissant serviteur,
H. Di Groot. Le 45 de juing 4642, à Paris.
SUSCRIPTION ;
« A Monsieur, Monsieur le comte de Chauigny
Conseiller du roi en ses Conseils d!Ètat et priué secrétaire d*Estat et des Commandements de sa Maiesté » (2).
(In-folio. L. a. 8. Cachet armorié sur cire rouge.)
fut marié à Marie de Lens» baronne d'Aubignies et mourut en 1620, au service du prince d'Orange. Un autre membre de cette famille, Louis, comte d'Egmond mourut à Saint- Cloud, près Paris, ety fW enterré le 27 juillet 1654. Il avait été marié à Marguerite, comtesse de Berlaymont dont il eut un fils nommé Philippe et une fille morte sans alliance. Est-ce à cette fille ou à sa tante paternelle Philippe-Sabine d'Egmond (sœur de Loai8),morte également sans alliance cette môme année 1642 à Tâge de soixante ans,que se rapporte la lettre de Grotius ? — A cette époque, la famille d'Egmond, propriétaire de fiefs considérables dans le nord de la Hollande, avait renié les traditions de son illustre aïeul, et poursuivait à main armée à rencontre de la République des Provinces Unies, la revendication de ses biens patrimoniaux. Il est assez singulier de voir Grotius 86 Haire le champion d'une personne de cette maison ; et il fallait que ^ambassadeur de Suède eût alors bien oublié son ingrate patrie.
(2) Archives du ministère des Affaires étrangères. Correspondance de Suède, tomaV, folio 298.
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