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Notice sur Jacques Le Lieur, échevin de Rouen, et sur ses heures manuscrites

Ayant à présenter aux Bibliophiles normands un livre d'Heures exécuté pour Jacques Le Lieur, je dois dire quelques mots de la famille à laquelle appartenait ce personnage, puis j'exposerai ce qu'il m'a été possible d'apprendro sur un homme qui joua un rôle assez important à Rouen dans la première moitié du xvi* siècle, qui fut poète, amateur d'art, et qui peut être classé parmi les bienfaiteurs de sa ville natale; en troisième lieu, je ferai connaître les manuscrits exécutés pour lui, ou tout au moins sous son inspiration ; enfin je parlerai spécialement de ses Heures. Les documents que j'ai eus à ma disposition pour ce travail sont d'abord la notice publiée par T. de Jolimont en 1847 (I), puis les recueils manuscrits

(l) Notice historique sur la vie et les œuvres de Jacques Le Lieur, poète normand du XVI» siècle, en son temps cunseilleréchevin de la ville de Rouen, secrétaire et notaire du roi, etc.,

de la Bibliothèque nationale il), diverses notes qui m'ont été communiquées par mes excellents amis, MM. Pierre Le Verdier et Paul Lacombe, en lin des copies des actes du tabellionage de Kouen relatifs aux Le Lieur, copies exécutées pour M. l'abbé Sansoii. et que celui-ci a bien voulu m'abandonner avec le plus aimable désintéressement.

M .M. Henri Oinont, mon confrère de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et Rahir, le très savant et très obligeant libraire, m'ont donné sur les manuscrits les plus précieux renseignements.

Je me suis eiïorcé détre bref pour ne pas déparer par de trop copieuses notes l'élégant fac-similé. que mes confrères vont avoir la joie de placer sur leurs rayons.

La faii ille Le Lieur appartient en même temps à l'histoire de Rouen, à celle de Paris et même à celle de la Champagne, mais c'est à Rouen qu'il faut chercher son origine.

publiée, pour la première fuis, par T. ilr Joliminit, ex-iiu/énifur, membre des Académies dt Caen, Dijon, etc., 1847. S. l. [^Moulin-t], in-S" de 42 pp.

(1) Mss. fr. 2S20II (Recueil de pièces originales, vol. 1716), dossier 39591 ; 31093 (Cat.inet ded'Hozier, vol. 212), dossier 5494, et 31435 (Nouveau d'Hozier, vol. 210), dossier 4748.

Louis Le Lieur, mort au mois de janvier 1276 (n. s.), fut inhumé en l'abbaye de Saint-Ouen(l); Jeanne, femme de Robert Le Lieur, morte en mai 1294, fut enterrée dans le même lieu (2).

Dès cette époque la famille Le Lieur paraît avoir été propriétaire à Rouen d'une vaste étendue de terrain qui, au dire de Farin (3), lui aurait été donnée par les ducs de Normandie. C'est sur ce terrain et celui des Alorge qu'aurait été bâtie l'église Saint-Martin-du-Pont, et que se serait élevé le quartier du même nom (4).

Les premiers Le Lieur n'étaient que de riches marchands; mais, vers le milieu du xiv® siècle, leurs descendants arrivèrent aux charges municipales. Jacques Le Lieur était maire de Rouen en 1358 (3); le 23 janvier 1362 (n. s.) et le 24 octobre 1364, il se qualifiait maître et enquêteur des Eaux et Forêts en Normandie (6); enfin des actes des 10 septembre 1364, 19 mai et 6 juin 13G3 lui donnent le titre de capitaine de Rouen (7). 11 obtint des lettres de noblesse le 18 janvier 1364 (1363, n. s.) (8).

Jacques et Agnès, sa femme, surent gérer sagement

(1) Farin, Histoire de Rouen, Mil, ia-4", II, II, pp. 71-72.

(2) lUd., II, II, p. 74.

(3) Ihid., II, I, p. 73.

(4) Jolimont, p. 38.

(5) Bibl. nat,, ms. fr. 28200, dossier .S9891, pièce 2.

(6) Ibid., pièces 4, 6.

(7) lUd., pièces, 8, 9, 10.

(8) Art. Le Lieur dans le Nobiliaire de Champagne, 1068, — Ms.fr. 31093.

leur fortune. On les voit aliéner, le o avril 1365 (n. s.), à Etienne de Kaens, dit Certain, et à Laurence, sa femme, une maison à deux pignons, située sur la paroisse Saint- Vincent, venant à la rue de la Vicomte, moyennant une rente perpétuelle de 50 1., 12 d. t. (1). Jacques mourut en 1366, et fut inhumé dans l'église des Cordeliers. L'inscription qui se lisait sur sa tombe nous a été conservée ; elle se compose de quatre distiques :

Hic Jacobiis habet tuimilata Ligarius ossa,

Quondam a liligero principe t'actus eques. Vidit et timic Nayas goiieralem et Silva magistruni ;

Major Rotomagi diictor et tirbis erat.

Insuper astanteni Montanae euslodis arceni

Rector in hostiles nuiniit ipse nianus.

Sexaginta dalwnt annos sub mille trecentis

Et sex cnm tantum mors tulit atra virum (2).

Jean I"^' Le Lieur, tils et iiéritier de Jacques, fut échanson du duc de Berry. Il devint, le 16 mai 1387, bouteiller de la vicomte de Rouen sur la résignation de Jehan Du Quesnay (3). Le 12 mars 1392 (n. s.), il est qualifié « esleu ou diocèse de Lisieux sur le fait des aydes ordonnez pour la guerre » (4). Il fut ensuite vicomte de Pont-Audemer

(1) Arcli. (le la Seine-Inférieure, TahMiotKige de Rouen, année 1364.

(2) Farin, II, m. p. 56. — Ma. fr. 31098. — \,e texte cité par d'Hozier est très fautif.

(3) Acte du 12 mars 1392 (n. s.). Ms. 28200, pièce 12.

(4) Actes des 12 mars 1392 (n. s.), 14 novembre 1397, 10 octobre 1398, 10 janvier 1402 (n. s.), 6 février 1408 (n. s.), 2 février 14là (u. s.), dans le ms. 28200, pièces 14, 15, 16, 17, 18.

et de Pont-Autou. II fut en même temps seigneur de Mallemains. Il épousa Michelle Du Faur, qui lui donna au moins un fils appelé Jacques (1). Celui-ci, qui posséda le tief de Mallemains, fut, en 1418, l'un des commissaires chargés de traiter avec le roi d'Angleterre Henri V de la capitulation de Rouen (2).

Jacques eut probablement pour frère Vincent Le Lieur, religieux de Saint-Ouen, puis abbé de Préaux, mort le 25 mai 1418 et inhumé à Saint-Ouen (3).

Quand mourut Jacques II? Fut-il le frère ou le père de Regnault Le Lieur, écuyer, qui, le 16 avril 1434, achetait 22 1. t. de rente (4) '? Fut-il le grand-père ou le père des quatre frères dont je vais parler ? Ce sont là des questions que je n'ai pas réussi à élucider.

Jean III, à qui devait être échu le fief de Mallemains, s'établit à Paris, j'ignore en quelle qualité. Il y mourut le 22 septembre 1483, et fut enterré dans le cimetière des Innocents. Sa veuve, Jehanne Le Jay (ou, comme on disait, La Jaye), mourut le 16 mars 1489 (n. s.) et fut inhumée près de lui (5). Ils ne laissaient pas d'enfants.

Jacques III est qualifié écuyer en 1478. Le 6 mai de cette année, alors qu'il achète 20 s. t. de rente, il est dit

(1) Ibid. — CharpiUon et Caresme, Btctionnaire historiqve du département de l'Eure, I, p. 447.

(2) CharpiUon et Caresme, ihid.

(.3) Farin, éd. de 1731, in-4o, II, ll, p. 74.

(4) Tabellionage, année 1434.

(5) Lebeuf, Histoire de la ville et de tind le diocèse de Paris, éd. Cocheris, I (1863), p. 201 .

demeurer en la paroisse Saint-Vincent; mais, le 8 et le 21 décembre, alors qu'il baille à rente divers héritages, il est dit demeurer en la paroisse Saint-Martin-du-Bout-du- Pont (1). Jacques épousa Colette Le Cornu, sœur de Jean Le Cornu, docteur es droits, archidiacre du Vexin français, qui. par acte du 24 avril 1482, lui céda le lie! du Bosc-Bénard-Commin situé près du Bourgtheroulde (2). En 1486, il paraît comme seigneur dudit BoscBénard Commin dans une montre tenue à Rouen (3). Nous le suivons pendant quinze ans s'occupantdes aHaires de l'église Saint-Martin (4), achetant des rentes (3), ou obligé de subir des remboursements (6), représentant la ville pour un emprunt de 2,000 1. t. (7). En 1493 et 1496 il remplit les fonctions d'échevin (8). Le 3 avril 1302, après Pâques, sentant sa mort prochaine, il donne à l'église Saint-Martin-du-Bout du-F»ont 1"/ 1. t. de rente pour la fondation d'une obit mensuel en faveur de lui. de ses père et mère, de sa défunte femme et de ses parents et amis (9). Il meurt

(1) Tabellionage, aunée 1478.

(2) Jolimont, p. 6.

(3) Charpillon et Caresme, Dirt. du départ, de V Eure, I, p. 430.

(4) Tabellionage, actes des 17 avril 1487, 15 avril 1489 (n. s ).

(5) Ihid., actes des 10 février 1488 (n. s.), 7 juin et 29 octobre 1488.

(6) Ibid.. actes des 15 novembre 1488 et 19 avril 1502 après Pâques .

(7) Ihid., actes du 27 juillet 1488.

(8) Farin, 1, il, p. 111.

(9) Tabellionage, année l.">02. — Parmi les représentants' de l'église figure vénérable et discrète personne, messire Jean Le

l'année suivante, et il est inhumé à Saint-Martin, auprès de sa femme (1). On voit par un acte du 1" janvier 1304 (n. s.) qu'il n'avait pas laissé d'enfants, et qu'il avait pour héritiers Jacques et Jean Le Lieur, fils de feu Robert, et Pierre, Jacques, Jean, Mathieu, Robert, Roger et Germain Le Lieur, fils de feu Roger, ses neveux (2).

Robert Le Lieur, qui se confond probablement avec le Robinet qualifié postulant en cour laie le 3 mars 1459 (n, s.) (3l, était en 1478 avocat et conseiller en cour laie à Rouen, puis il devint avocat du roi au bailliage (4). 11 mourut le 16 décembre 1501 (5). Les actes du tabellionage qui le concernent sont relatifs à des achats ou à des remboursements de rentes (6), ou à l'administration de

Lieur, chanoine en la grande église de Rouen. Les témoins sont : ledit chanoine, Pierre Le Lieur, conseiller du roi en sa cour de l'Echiquier, et Jean Le Lieur, seigneur de Vaulioult.

(1) Farin, II, i, p. 75.

(2) Tabellionage, année 1.503.

(3) Arch. municip. de Rouen : A 8 {Invent., par Ch. de Beaurepaire, p. 61).

(4) Farin (I, II, p. 78) dit que Robert fut nommé en 1499 premier avocat général au Parlement de Rouen. D'après M. Fleury Vindry [Les Parlenientaire-'s français au XVI" siècle, I, p. 251), le premier avocat général nommé le 21 décembre 1499, fut Mathieu Aubert.

(5) Jolimont, p. 6.

(6) Actes du 13 déc. 1464 (mentionné dans un autre acte du 12 mai 1487), des 4 mai, 5 juin et 27 décembre 1478, des 12 mai et 8 décembre 1487, des 7, 26 juin, 8, 20 et 22 juillet, 29 août et 15 novembre 1488, du 31 janvier 1489 (n. s.).

l'église Saint Martin du l'ont (1;. Le 15 avril 1489 (n. s.) il donne à cette église 42 1. t. de rente pour la fondation dune messe quotidienne et joint à cette libéralité un calice de vermeil, un missel, deux chasubles, etc. (2). Le dernier acte passé par lui se rapporte à une acquisition importante, celle d' « ung manoir, jardins, terres et rentes situés et assis hors la porte Cauchoise de Rouen et prez de Saint-Mor ». Cet immeuble, dont le prix était de 1,000 1. t., fut revendiqué en Io03 par les héritiers du vendeur, Roger Le Tourneur, qui élevèrent une « clameur de marché de bourse » ; mais une transaction intervint entre eux et Jacques IV. héritier de Robert ,3). Celui-ci avait épousé Jehanne Ronté, qui lui survécut (4). De ce mariage naquirent Jacques IV. à qui cette notice est particulièrement consacrée, et Jean lll. Nous parlerons un peu plus loin de ces deux frères.

Le dernier descendant (Gis ou petit-fils) de Jacques II. Roger Le Lieur, s'établit à Paris, ainsi que l'avait fait Jean II, et fut, comme lui, marchand. C est la qualité qui lui est donnée le 13 février 1488 u. s.) dans un acte du tabellionage de Rouen. Dans un autre acte reçu le 30 janvier lolO n. s.) par Bochet et Saintyon, notaires au Chàtelet de Paris, il est dit seigneur du Bosc-Bénard et de

(1) Acte du 17 avril 14«7.

(2) Arch. de la Seine-Inférieure, G 7143.

(3) Tabellionaze, 3u juillet 1.533.

(4) Jeanne fut inhumée, comme son mari, à Saint-Martin-du- Pont. (Farin, II, i, p. 75.)

iMalIemains (1). Un acte du 18 février 1313 (n. s.) l'appelle Rogerin et le qualifie simplement marchand et bourgeois de Paris (2). Sa femme, Isabeau de Lailly, appartenait à une riche famille parisienne. Elle était fille de Pierre de Lailly, receveur général des finances, mort le 8 juillet 1482. et de Catherine de Laigny, morte le 11 novembre 1301 (3). Un frère d'Isabeau, Jean de Lailly, chanoine de Paris, mort le 13 décembre 1311, fit don, le 3 mars 1499, à son neveu, Roger II Le Lieur, de diverses pièces de terre (4). Roger le' laissa sept fils qui seront mentionnés ci-après.

D'après un tableau généalogique dressé par d'Hozier (3), Jean II aurait eu encore trois enfants : Jeanne, dont on ne sait rien, Agnès (que d'Hozier appelle aussi Jeanne), abbesse de Montivilliers, près du Havre, en 1469, et qui vivait encore le 1" avril 1.301 (n. s) (6), enfin Guillaume avocat pour le Roi à Caudebec, ayant charge des aflaires de Jean Du Monceau, seigneur de Tignonville audit Caudebec en 1302 et 1314.

Jacques IV, fils aîné de Robert, ne fit jamais le commerce ; aussi prenait-il, dès le 4 janvier 1303 (n. s,), le

(1) Ms. fr. 31093, dossier 5494.

(2) Félibien, Histoire de la ville de Paria, IV (1725, in-fol.), p. 630.

(3) Lebeuf, éd. Cocheris, [, p. 199.

(4) Tabellionage de Rouen, acte du 30 juin 1503.

(5) Ms. fr. 31093, dossier 5494, pièce 2.

(6) Gallia christiana, XI, col. 284.

titre d'écuyer et se disait-^il seigneur de Sidetot. Quelques mois plus lard, le 30 juillet, il se qualifiait déjà notaire et secrétaire du roi. Je parlerai de lui avec détail dans mon second chapitre.

Jean III, son frère, fut pourvu vers I0O6 d'un office de conseiller clerc au Parlement de Rouen ; il fut curé d Octeville et d'Anfreville, puis, le 28 février 1.J22, doyen de Rouen. Il mourut le 11 septembre 1536 (1).

Son frère Jacques IV nous fait connaître remplacement de la maison occupée par lui (2).

Roger 1^' el Isabeau de Lailly eurent une nombreuse descendance. On leur connaît sept fils énuraérés dans l'acte déjà cité du l''' janvier 1304 (n. s.), savoir :

1" Pierre I", seigneur du Bosgouet. Pourvu d abord d'un oflice de conseiller clerc à l'Kchiquier de Normandie (1499), il obtint ensuite un office laïc (il était en exercice le 10 avril loOO). Il épousa Luque Jubert, née le 27 septembre 1485, fille de Guillaume Jubert, seigneur de Vély, et de Catherine Daniel. Il mourut après le 13 février 1532 (3). Pierre cultiva la poésie. Il obtint en 1525 un prix au concours des palinods (4). Le chant

(1) Fleury Vindry, Lix ParlevwHtaires français au XVI^ -liècle, I, p. 272.

(2) Le Livre des Fontaines, éd. Sanson, p. 3!i.

(3) Farin, I, II, p. 56 ; — Fleury Vindry, Lrs Parlement aires français an XVL sièelr, I, p. 275.

(4) Farin, I, III, p. .58 ; — Ballin, Deuxième Suite à la Notice sur l' Aeat/i'inie des pal/nods, p. 4.

royal qui lui valut cet honneur nous a été conservé ; il commence ainsi :

Père d'orgueil, mauldict et détestable. . . (1).

2° Jacques, qui ne m'est connu que par l'acte du 1*' janvier lo04 (n. s.), où il est mentionné avec ses frères.

C'est, jecrois, ce Jacques qui épousa Marguerite de Thou, fille de Jacques de Thou et de Geneviève Le Moine. Marguerite, devenue veuve, prit une secoiide alliance avec Jacques Le Maçon, et une troisième avec Miles Perrot, mort en 1318 (2).

3° Jean, qualifié d'abord, à ce qu'il semble, seigneur de Vaulioult (3), puis seigneur de Bédasne. 11 acheta un office de notaire et secrétaire du roi, dont il prit le titre dans des actes du 13 mars et du 13 juin 1503 (4).

Jacques Le Lieur parle dans Le livre des Fontaines (3) d'héritages qui, en 1325, appartenaient aux hoirs de Jean Le Lieur, seigneur de Bédasne.

Un acte royal du mois d'octobre 1540 fait allusion à un

(1) Palinodz, Chants royauîx, Balades, Rondeaux et Epigrammes a l'konneur de V immaculée conception de la tovte belle mère de Dieu, Marie, patrons des Normans... (Paris, Rouen et Caen, v. 1.523, in-S»), fol. 34 v". Ce livre a été reproduit en facsimilé par la Société des Bibliophiles normands.

(2) Emile Picot, Les Français italianisants au XVI^ siècle, I, pp. 326, 335,346.

(3) Tabellionage de Rouen, acte du 2 avril 1502 après Pâques.

(4) Ibid., années 1502 et 1503.

(5) Ed. Sanson, pp. 32 et 53.

échange de terrains que Jean avait consenti au profit des religieuses du couvent de Saint-François près Rouen (1).

ii° Matthieu, prêtre, licencié en droit. Celui-ci s'occupait dès Tannée 1500 de l'administration de l'Hôtel-Dieu de Paris (2). En 1309, il est qualifié chanoine de l'église de Paris, et il aide son oncle Jean de Lailly, également chanoine, dans la gestion des deniers de l'Hôlel-Dieu (3). Il meurt en 11)18. Sa pierre tombale, gravée par C. Boucher de Villiers, d'après l'original qui existait jadis à Notre- Dame, ligure dans la collection Gaignièrcs (4).

o° Robert II, marchand, qui est échevin de Paris en 1313. Il s'occupe de l'administration de l'Hôtel-Dieu (3). En juin 1323, il est de ceux que l'on consulte sur les mesures à prendre contre les aventuriers (6). Au mois de mars 1326 (n. s), il représente la marchandise dans une députation envoyée à Lyon par les Trois- Etats de la ville de Paris (7). Le 19jiovembre 1532, il est commis au gouver-

(IJ Cat. des actes de François l"^'', IV, no 11691.

(2) E. Coyecque, L'IIôlel-Dieu de Paris au moyen âge, II (1889' p. 2G1, art. 1587.

(3) Ibid., II, p. 324, art. 1790. — Cf. p. 32G, art. 180H (8 févr. 1510, n. s.).

(4; Bibl. uat., coll. Gaignières, Pe. 10, fol. 10 (Cat., II, n« 4314).

(.5) E. Coyecque, L' Hôtel- Dieu de Paris, II, p. 356, art. 1.586 (8 août 1524), p. 360, art. 2008 (26 janv. 1526 (n. s.), p. 38-), art. 2072 (lldéceinbre 1531) p. 397, art. 2132 (28 décembre 1536) ; Félibiea, Hist. de Paris, IV, p. 697 (13 janvier 1541).

(6) Félibien, IV, p. 665.

(7) Ibid., IV, p. 656.

nement du temporel de l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés pour le roi (1). En 1536, il est conseiller de ville. En 1538 il reçoit le remboursement de 4301. t. avancées par lui au trésor royal (2). D'après d'Hozier (3), il avait épousé Catherine Le Lièvre, qui appartenait à une famille d'échevins parisiens.

6° Roger II, curé de Daubeuf en Vexin. II fait vendre par son frère Jean, notaire et secrétaire du roi, plusieurs pièces de terre qu'il avait reçues 'en don de Jean de Lailly, chanoine de Paris, leur oncle commun (30 juin 1303) (4).

1° Germain, marchand, bourgeois de Paris, qui est échevin en 1526 (3). Le 29 août 1334 il est reçu conseiller ordinaire delà villejsur la résignation de son beau-père, Jean Ruzé, seigneur de Stains (6). On voit par le. registre des délibérations du bureau de la ville qu'il prit une part active à la gestion des aOaires municipales (7). Le 10 mars 1537 il prêta au roi pour la guerre une somme de 675 1. t. qui lui fut remboursée l'année suivante (8). Il mourut à la fin de 1545 ou au

(1) Catal. des actes de François I^'', II, n" 5061.

(2) Ibid.,YIU, n" 30238.

(3) Ms. fr. 31093, dossier 5494.

(4) Tabellionage de Rouen, année 1503.

(5) Beanmont,^ A >• m 07' ial de la ville de Paris, pi. 37.

(6) Registres des délibérations du bureau de la ville de Paris, II (1888), pp. 185, 190.

(7) Ibid., à la table.

(8) Cat. des actes de François /^r^ vill, no 30237.

commencement de 1546. Il fut marié deux fois. Sa première femme fut Jeanne Tronson ; la seconde, Marie Lalement, qui lui survécut, était sœur de Pierre Lalement, procureur au Parlement de Paris (1).

8'^ Roberte, ou Roberde, qui épousa en 1503 le célèbre Guillaume Budé, seigneur de Marly-la-Villc, de Vérac et de La Villeneuve, conseiller du roi, maître des requêtes ordinaires de son hôtel, maître de sa librairie, prévôt des marchands de Paris (1522-1523), mort le 22 août 1540. Roberte, qui s'était ouvertement déclarée en faveur delà Réforme, s'établit à Genève en 1549 (2).

9° Marie, morte le 28 septembre 1512. Elle avait épousé Denis Barthélémy, marchand et bourgeois de Paris, quartenier en 1533 (3), lequel mourut le 18 octobre 1534, après avoir épousé en secondes noces Madeleine Crocquet, morte le 3 mars 1531 (4'.

10° Catherine, qui épousa Philippe Maillart, seigneur du Quesnoy, notaire et secrétaire du roi, mort le 20 décembre 1518 (5). Elle mourut elle-même le

(1) Étn. Campardoa et Alex. Tuetej-, Inventaire des registres des insinuations du ehâtelrt de Paris, règnes de François i*'"" et de Henri II (1906), n° 4202 — Donation faite par Pierre Lallement à sa gœur de 60 1., 13 s., i d., et de 95 1., IG s., 8 d. t. de rentes.

(2) La France protestante, nouv. éd , III, col. 373-376. (lî) Beaumont, Armoriai de la tille de Paris, pi. 91. (4) Lebeuf, éd. Cocheris, I, p. 201.

(ô) Ibid., I, p. 200. — Philippe est mentionné par André de La Vigne dans les pièces jointes au Yei'gier d'honneur (éd. de Philippe Le Noir, in-fol. gotli.), fol. Qi''.

19 juin 1546 (1). Les deux époux furent enterrés aux Innocents, à Paris.

11° Elisabeth, qui épousa Jehan Ruzé, seigneur de Stains, conseiller du roi et receveur général de ses finances en la charge d'Outre-Seine (2).

DESCENDANCE DE PIERRE l" LE LIEUR, SEIGNEUR DU BOSGOUET.

On connaît de Pierre F'" sept enfants, savoir : 1° Pierre II, seigneur du Bosgouet et de Mallemains, qui étudia au collège de La Marche, à Paris, sous le Champenois Thierry Morel. On a de lui des vers « ad patrem suum Petrum Le Lieur, regium consiliarium », imprimés vers 1515 à la fin des Exordiorum in omni génère orationis sumendorum familiaves Formulae, de Thierry Morel (3). Il échangea aussi de petites pièces latines avec un de ses cousins également appelé Pierre, dont il n'est pas facile d'indiquer la filiation (4). On voit

(1) Lebeuf, éd. Cocheris, I, p. 200.

(2) Jean Ruzé était un ami de P. Fausto Andrelini, qui lui a dédié des vers imprimés à la fin de l'Uplt/ialamium de Claudia regia et Francisco, Valesiorum duce (1506), et en tête du Panegyvicon in Annam Francoruvi reginam (1515). Jean répond luimême à la dernière pièce par deux distiques latins (fol. A iiij).

(8) Biblioth. nat., Rés. p. Z. 332.

(4) Pétri Le Lieur Rothomagci ad comobrinum suum Petrum Le Lieur itidem Rotliomagensem .

Ces vers sont joints aune hdiïiiovLdQ?,Bucoliqriesà\i Mantouan,

par ces petites pièces que notre jeune écolier avait pour camarades Antoine Des Brosses et Philippe d'Harcourt. Pierre devint conseiller lai au Parlement de Rouen (1332). Au mois de juin 1334, le roi lui fit don de 207 1., 6s.,2d. t., somme déduite par la Chambre des comptes sur le montant des droits seigneuriaux dus par l'impétrant à cause de l'acquisition du fief du Bosgouet (1). Mais il avait un caractère violent et querelleur qui montrait un esprit mal équilibré; aussi fut-il frappé de suspension en 1340. Rétabli le 2 avril 1343, il devint peu à peu tout à fait fou. Le 8 janvier 1347, on décida de l'enfermer. 11 mourut le 1" janvier 1349 (2).

2° Jean, seigneur du Bosgouet et de Mallemains après son frère aîné. Il devint à son tour conseiller au Parlement de Rouen, où il fut reçu le 3 septembre 1349, puis conseiller au Parlement de Paris (21 décembre 1332) et premier président à la Cour des Monnaies (3).

3" Guillaume.

4" Claude.

3" Jacques.

6* Geneviève, femme du sieur de Franqueville.

publiée par Thierry Mord. Voy. Ph. Reuouard, Blhliographie de Josse Badivs, II, p. 118.

(1) Cat. des actes de François 1"'^, II, no 7118.

(2) Cbarpillon et Caresme, Dict. de l'Eure, I, p. 446. — Fleury Vindry, Les Parlementaires français au XVI" siècle,!, p. 275.

(3) Fleury Vindry, Les Parlementaires français, I, p. 2/5.

T Marie, qui épousa : 1° Charles Le Grand, seigneur de La Haye; 2» le 1" juillet lo5o, Nicolas Malet, écuyer, seigneur de Cramesnil. Elle vivait encore en 1578 (1).

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