CATALOGUE DES AQUARELLES
vendues, posthume, sous la direction de M. Henri Le Roy, expert, au mois de décembre 1878.
Indépendamment des aquarelles dont la mention suit, le catalogue comprenait des tableaux, des esquisses, de grands dessins au crayon noir, de petits dessins à la mine de plomb, ensemble 348 objets d'art.
On sait que la valeur vénale d'une œuvre d'art ne donne pas la mesure de son mérite; c'est la mode qui élève ou abaisse les prix, car ils sont, parfois au bout d'un quart de siècle, décuplés ou abaissés dans la même proportion. Leur invariabilité élevée, pendant un long espace de temps, constitue cependant un véritable indice de supériorité et c'est en nous plaçant à ce point de vue que nous croyons devoir inscrire ici un chiffre et mentionner le résultat financier de la vente : elle a produit à peu près deux cents mille francs.
La jatte de bouillon. Une soubrette apporte une jatte de bouillon au vieillard assis devant la table, sur laquelle le couvert est dressé. Il hume, avec un visible plaisir, le parfum du consonmié.
Les commères. Près du puits se groupent les villageoises ; l'une, les bras croisés, écoute; l'autre raconte la nouvelle du jour ; une troisième, déjà au courant de l'événement, se baisse pour prendre son seau. 1877,
Chasseur au repos. Le fusil posé à terre et la pipe à la main, un jeune homme, portant une élégante veste de chasse, est- assis sur un tertre et prête une oreille attentive aux indications données par la paysanne arrêtée devant lui. 1877.
Le mari sou)nis. Un ivrogne chante en suivant sa femme, qui le fait sortir d'une cave, où sont accumulés des tonneaux et un pot, instruments du délit. 1877.
Authentique. Un amateur, installé dans un fauteuil, examine le tableau qu'il tient sur ses genoux et le regarde avec un sourire d'incrédulité, tandis que le marchand lui en garantit loriginalité. La lille de l'amateur, debout près de lui et vêtue d'un frais costume du temps de l'Empire, lient un éventail. 1876.
Propos malséants. Un vieux galantin s'est cavalièrement installé sur une chaise ; l'une de ses mains posée sur sa canne et l'autre passée dans l'emmanchure de son gilet, il fait à une jeune fille une proposition mal accueillie dont il est aisé de deviner la na ture. 1876.
L'effroi. Un jeune garçon et une jeune fille s'arrêtent, effrayés, à la vue d'un sanglier débouchant du bois voisin ; le jeune homme engage, du geste, sa compagne à rester immobile. 4876.
Chasseur en nage, il s'essuie le front et respire avec force. Près de lui deux fumeurs qui lui font bon accueil ; l'un d'eux lui donne une légère tape sur son ventre rebondi. 4876.
Un dimanche. Des nouveaux mariés cheminant, bras dessus, bras dessous, dans une rue du village, font la rencontre du bailli; celui-ci débite à la jeune épouse un compliment qui lui fait baisser les yeux, tandis que le mari l'écoute respectueusement.
L'épouse trahie. Elle menace du doigt son mari dont elle vient de surprendre la correspondance amoureuse; le séducteur suranné et interdit ne trouve rien à répondre aux menaces de sa moitié.
La réconciliation. Un jeune paysan refuse de tourner les yeux vers son amoureuse ; mais elle l'agace et veut lui prendre la main. La tentative de la belle fille sera couronnée de succès , car son amant la regarde déjà à la dérobée. 4876.
Inclination naissante. Le vieux tronc d'arbre renversé sert de siégo à deux amoureux et une charmante fille regarde, timidement, son voisin, jeune campagnard dont l'embarras est visible. Au fond se dressent de grands arbres. 4876.
Le plus savant des trois. Un vieux cordonnier, se transformant en
oracle, lit un gros livre ouvert devant lui, à une servante et à un paysan. 4876.
Les conseils d'un jeune homme. Il s'est assis près d'une jeune personne et désigne du doigt le passage d'un livre; la fillette, le tricot à la main, pose une des aiguilles sur ses lèvres et hésite à répondre. 1876.
Expulsion. A la grande joie d'un groupe de buveurs réunis au cabaret, une femme vient d'appréhender au corps son mari; elle lui saisit le bras, elle l'entraîne, mais trop tard, hélas ! il est dans un état d'ébriété complète. 4876.
Le goguenard. « Ce n'est pas ainsi, dit-il, que nous faisions la cour dans notre temps! » Puis le joyeux sexagénaire montre du doigt l'amoureux transi , assis au second plan près d'une jeune fille cent fois plus éveillée que lui. 4875.
Les avances inutiles. Un villageois écoute avec malice la jolie fille assise derrière lui et dont les paroles le laissent fort indiff'érent; il sait ce qui lui vaut ses préférences ; une inscription de l'artiste nous l'indique aussi. «Ses prés sont les plus beaux, ses bestiaux de la meilleure espèce, ses pommes de terre toujours d'une bonne venue. Aussi que d' agaceries , que de cajoleries! mais 7ienni, j'n veux n'y épousai. » 4875.
Joli sujet de conversation. Elle s'est engagée entre une belle fille qui, après avoir déposé un pot de bière sur la table, s'est assise à l'un des bouts et s'y oublie en écoutant les paroles mielleuses d'un galant. 4875.
Philosophie. Vn vieux fumeur, bonhomme vêtu d'une longue redingote verte et chaussé de grandes bottes, regarde devant lui en souriant malicieusement. 4875.
Les concurrents. Un galant, en costume d'incroyable et tenant son claque , fait une déclaration à une belle personne vêtue de rose tandis qu'au second plan l'amoureux de celle-ci écoute et semble dépité des attentions accordées à son rival. 4875. La maussade. Une grosse paysanne regarde obstinément le foyer devant lequel elle est assise, pendant que son amoureux, placé derrière elle, lui frappe, amicalement, sur le dos. 4875,
Pauvre amoureux. Timide, penaud, et tournant son chapeau entre ses mains, il est assis près d'une jeune fille qui le regarde malicieusement. Un gai compagnon, debout au premier plan, raille le jeune homme. 1875.
Les justes reproches. Un ivrogne cherche à amadouer sa femme qui est venue le relancer au cabaret. Au fond, des joueurs de cartes.
Bouderie. Un jeune homme, assis les jambes croisées, tourne le dos à sa maîtresse; celle-ci, les deux coudes sur les genoux boude de son côté. 1875.
Grivoiserie. Le chapeau claque posé sur l'oreille, un vieil effronté rit à gorge déployée de la plaisanterie qu'il vient de lâcher, et qui indigne sa voisine, charmante jeune tille qui se bouche les oreilles. 1875.
Les bijoux d'un vieux beau. Idée première du tableau peint à l'huile. 1875.
Honteux et confus. Idée première du tableau. 1875.
Exhortations d'un ami. Idée première du tableau, 1875.
Le boute- en-train. Il entre au cabaret du village où son arrivée
est saluée par de bruyantes acclamations. 1874. Les premières cerises. Le bailli du village, assis dans la cour d'une
habitation rustique, a devant lui une gracieuse villageoise qui lui
oflFre des cerises dans un panier ; il en prend deux en souriant,
Un malentendu. A la nouvelle inattendue que lui annonce sa maîtresse, un jeune homme manifeste sa mauvaise humeur. 1874.
Boutade. Deux amoureux se sont tourné le dos; ils se réconcilieront bientôt : déjà le jeune homme jette un regard vers sa maîtresse. 1874.
Tendre dialogue. Dans une cour, près d'un hangar, un garde champêtre entame une tendre causerie avec une charmante fille , qui tient un tricot à la main 1874.
L'indiscret. Une jolie fille sourit, sans vouloir répondre, au jeune homme assis devant elle et qui lui adresse des questions indiscrètes. 187o.
Conversation. Après avoir posé sur la table une cruche et un verre,
la fille d'auberge cause avec un jeune élégant. 1873. Questions indiscrètes. Un vieux bavard adresse vingt questions à
la jeune servante, qui écoute sans répondre. 1872. Pas de force! Soutenu par le garde champêtre, le bourgmestre du
village sort affaissé du cabaret, tandis que son compagnon rit de
sa défaite. 1857.
Lecture du contrat. Les fiancés, debout au milieu d'une salle, assistent, entourés de leurs parents, à la lecture du contrat de mariage faite par le vieux notaire. 18oS.
Conditions de vente. Un notaire, avant la vente, fait gravement la lecture des conditions à des campagnards. 18oo.
Dec/ara^/on. Un seigneur du temps de Louis XIV tient de galants propos à une ouvrière. 1849.