ENTRETIEN DE LA VIE
Il y a cinq degrés de vie : la plante, la brute, l'homme, l'ange. Dieu.
Augmentatrice.
Nutritive.
Air [530-700 pds], nourriture, sommeil, vêtement, jeux, propreté, exercice, travail manuel, etc.
Le cours normal.
Le coui'ri normal ost de deux ans pour les iilles et de trois pour les garçons. A la tiii de la première année, l'élève obtient généralement un brevet qui lui permet d'enseigner dans une éeole é1ém3ntaire ; à la fin de la seconde année, il reçoit le brevet pour école modèle et à la fin de la troisième, le brevet pour école académicpie. L'élève admis doit avoir au moins 16 ans.
Le tableau A fait connaître le but poursuivi dans renseignement de toutes les matières.
C'est le développement complet de l'homme, par une éducation rationnelle de toutes les facultés. La nourriture, le sommeil, le vêtement, les jeux, la propreté, les exercices gymnastiques, les promenades, la ventilation sont surveillés de très près, pour que le développement des forces physiques s'efitectue d'une manière régulière. Rien n'est laissé sans contrôle.
C'est par les sens qu'on arrive à l'intelligence : le concret d'abord^ le singulier^ les choses matérielles et dans l'école modèle et dans l'école normale. Les lettres, comme les sciences, sont enseignées de manière à apprendre à l'élève les choses et })ar les choses^ les principes et les règles. Ainsi, les langues française et anglaise sont les moyens employés par un maître intelligent pour inculquer à l'élève les règles générales et particulières qui régissent
ces deux langues : " La grammaire par la langue ".
Des objets divers, des bouliers compteurs sont les premiers facteurs de la science des nombres. L'école est le point de départ pour iin voyage autour du moiide, qui lie sera terminé qu'avec la dernière leçon de géographie. La topographie de cette école est une préparation indispensable à la cosmographie et à la géographie proprement dite. Les expériences physiques et chimiques préparent les élèves aux lois générales et particulières. L'enfant qui commence à lire, /rt/^ï ses premières armes aommQ calligraphe en imitant sur l'ardoise les sons et les mots qu'il voit écrits sur un tableau et s'initie à la littérature en écrivant les mots qu'il connaît et en unissant deux ou trois vocables qui lui sont familiers. Il s'habitue graduellement à exprimer en des phrases très courtes ses pensées sur les objets et les personnes.
Il serait trop long de mentionner toutes les matières. Qu'il suffise d'ajouter qu'à l'Ecole normale Laval l'enseignement est toujours donné en vue de Venseignem,enf. Le futur instituteur n'apprend jamais une matière exclusivement pour lui-même. Chaque professeur doit Tion seulement enseigner la branche dont il est chargé, mais aussi et en même temps indiquer ses procédés et ses méthodes avec les différentes applications qu'on peut en faire dans les écoles élémentaires ou primaires. De plus, toutes les semaines, un professeur spécial donne des leçons de pédagogie que les élèves-maîtres mettent en pratique à
l'école annoxe sous la direction de professeurs expérimentés. Cette direction pédagogique, caractère distinctif des écoles normales, produit des résultats étonnants et imprègne la formation intellectuelle d'un esprit pratique qui donne aux anciens élèves des écoles normales, toutes choses égales d'ailleurs, une supériorité incontestable. C'est cet avantage qu'un des Evêques les plus distingués des Etats-Unis, Mgr Spaulding, faisait ressortir dans un article extrêmement remarquable pul)lié par le Catholie World, il y a quelques années. (1)
Le développement de l'intelligenc3 est destiné luimême au perfectionnement du cœur, à la formation de la volonté. L'instruction sans l'éducation est un danger pour les individus et pour la société. L'instruction religieuse, les exercices de jiiété, la surveillance exacte et proportionnée à l'âge des élèves sont sous la directioi) immédiate du Principal, qui profite de tout pour former
réformer au /^gsoiîi le jugement, habituer au raisonnement juste et faire entrer dans la vie pratique les principes (\\jivra^^ iXw juste et du huv. Habitudes d'ordre et de travail, doctrine absolument sûre appliquée aux individus et aux sociétés, règles particulières aux circonstances de personnes, de temps et de lieu, déduites ovec soin des principes généraux, bienséances sociales appuyées sur leurs raisons d'être, tenue extérieure, rien n'est négligé pour former des citoyens religieux autant
[1] Voir l'appendice.
qu'honorables, des maîtres capables de propager dans les écoles rurales ces principes et ces pratiques. Ce contrôle efficace est tempéré par une liberté d'action considérable laissée aux élèves. La discipline est très sévère en principe. En fait, la r.'^gle n'est que l'expression de ce que doit faire un jeune homme chrétien, moral et bien élevé qui se prépare à l'enseignement. Une circonstance exceptionnelle se présente-elle ? En l'absence du supérieur, l'élève doit modifier la règle au meilleur de sa conscience, d'après les principes qui régissent la matière. S'il est heureux dans l'application de ces principes, il est approuvé et félicité. Si l'application des principes n'est pas juste et que la bonne foi soit prouvée, l'erreur de jugement est démontrée, mais l'élève ne reçoit aucun reproche. Il est même dans l'esprit de l'école de fournir au futur instituteur l'occasion de se fixer lui-même une ligne de conduite, afin de l'habituer graduellement et prudemment à être son propre maître. Il apprend ainsi à user convenablement de sa liberté.
Sphère d'Action des Ecoles Normales.
Les Ecoles normales de la Province ne sont qu'un des rouages de notre système d'Instruction Publique. Si on veut les apprécier avec justice, il faut se bien garder de prêter à l'Eglise qui les a demandées ou à l'Etat qui let a établies et 3' pourvoit convenablement, des exigences disproportionnées aux sacrifices que ces écoles requièrent. Jamais il n'est entré dans l'esprit de Sir Georges-Etienne Cartier ni de l'honorable P.-J.-O. Chauveau, qu'on peut appeler à juste titre les fondateurs des écoles normales de la Province, de soustraire l'enseignement à nos communautés ecclésiastiques et religieuses ou de restreindre l'initiative privée. A la demande de tous les Evêques de la Province, l'Etat a voulu établir une école de pédagogie théorique et pratique qui pût aider, dans une certaine mesure^ à la diffusion des diverses connaissances utiles. Pour garder cette mesure^ il a limité ses sacrifices et les obligations qui en sont la conséquence rigoureuse.
La somme de |14,900.00, allouée annuellement à l'Ecole normale Laval, est destinée à donner l'instruction normale à cent élèves (maîtres et maîtresses), qui doivent être brevetés à la fin de la première année, pour Ecole élémentaire ; à la fin de la deuxième année, pour Ecole modèle, et à la fin de la troisième année, pour Ecole académique. Ainsi réglé, le cours normal pourvoit aux besoins actuels et prévient, à la fois, et l'encom-
bremeiit et une concurrence dangereuse. Le cours suivi par les élèves-maîtres étant de trois ans ^ la moyenne annuelle des départs est de dix-huit. Le co>irs des élèves-maîtresses étant de deux ans, la moyenne annuelle des départs est de vingthuit. Donc, quarante-six maîtres et maîtresses quittent annuellement l'Ecole normale. Comme, en entrant dans cette institution, ils se sont engai^és à enseigner trois ans^ l'Eglise et l'Etat ont droit aux services constants dans l'enseignement de cent trente-huit élever de l'Ecole normale Laval. Ce droit est fixé et limité par les règlements conîstitutifs des écoles normales.
Elle peut donner des résultats plus considérables, si elle ne lèse les droits de personne ; mais elle ne peut pas récuser l'obligation qui lui incombe, de fournir constamment à l'enseignement cent trente-huit de ses élèves.. Le droit de l'Eglise et de l'Etat est non seulement appuyé sur les règlements des écoles normales, mais il est aussi rendu évident par le but qu'on a voulu atteindre en fondant ces établissements.
L'objet principal de la sollicitude des Evoques et des faveurs du gouvernement n'est pas l'école normale, mais V enseignement dans les écoles élémentaires et primaires. C'est pour le progrès de ces dernières que Î^'X. Seigneurs les Evêques surveillent^ dirigent et appuient avec tant de bienveillance les écoles normales. Ce sont ces écoles élémentaires et primaires surtout qui profitent des subventions faites aux écoles normales par le gouvernement.
Ou ferait fausse route, et l'on s'exposerait à eoinmettre (les erreurs colossales de jugement, si l'on ne mettait pas au crédit de l'école normale l'instruction donnée par elle dans les écoles élémentaires et jrrimaires, cpii en sont le prolongement naturel et obligatoire. Ce Hcrà\t oublier la fin ])our ne penser qn\iu moyen.
Résultats obtenus par l'Ecole normale Laval.
L'Ecole normale Laval, pour sa part, a-t-elle répondu, oui ou ?io??, aux généreux desseins de l'Eglise et de l'Etat ? On ne peut, en effet, séparer l'Eglise de l'Etat dans la cpiestion de l'Ecole normale. Les paroles de Mgr le Coadjutcur de rArclieveque de Québec, à Tinaugurationde l'Ecole normale Laval, citées plus haut(l), et les paroles suivantes de Mgr l'Everpie de Montréal, ;i l'inauguration de l'Ecole normale Jaccpies-Cartier : Je trouve l'occasion de témoigner de ma sympathie pour une institution patriotique qui offre les plu^ sûres garanties à la religion, en se plaçant dès l'origine sous sa garde," ne permettent pas de les séparer. L'Ecole normale Laval peut manquer à sa mission de deux manières : lo. eu ne donnant pas une formation convenable ; 2o. en ne fournissant pas à l'enseignement un nombre suffisant de sujets.
(1) Voir page 4.
Le programme que nous publions plus liaut (1) et les explications insérées à la suite de ce programme font foi de la formation intellectuelle et morale reçue dans cette institution, qui, d'ailleurs, est entièrement sous le contrôle du Comité catholique de F Instruction publique.
Les succès que les anciens élèves obtiennent dan» l'enseignement ou dans les différentes carrières qu'ils choisissent, après avoir, pour la plupart, enseigné trois ans, témoignent aussi de la valeur du cours normal. On compte parmi eux plusieurs docteurs en théologie, deux juges, plusieurs docteurs en médecine, des avocats des plus distingués, des députés aux Communes et au Parlement provincial, plusieurs maires de paroisses très considérables, etc., etc. L'assistant principal de l'Ecole normale Laval est lui-même un ancien élève de cette institution.
Quant aux élèves-institutrices qui ont fait profession dans des Communautés religieuses enseignantes, elles occupent ou ont occupé les positions les plus importantes. Les supérieures actuelles des Ursulines de Québec, des Ursulines de Roberval, des Sœurs de la Charité de Québec, du couvent de Jésus-Marie de St-Grervais [Bellechasse], et la fondatrice de la communauté des Sœurs des petites écoles, au diocèse de St-Germain de E-imouski, sont des élèves de l'École normale Laval.
(1) Voir page i) et siiiviuitcs.
Parlant des graduées de l'Ecole normale Laval qui ont fait profession dans la Congrégation de Jésus-Marie, le révérend M. O. Audet, chapelain du couvent de Sillery,. écrit : " Ce sont des sujets distingués qui occupent ou ont occupé les positions les plus importantes dans l'enseignement de la Congrégation de Jésus-Marie ".
La révérende Mère Ste-Philomëne, supérieure du Monastère des [Jrsulines des Trois-Riviëres, en adressant la liste des élèves de l'Ecole normale v|ui ont fait profession dans cette communauté, nous écrivait :
" Laissez-moi, Monsieur le Principal, profiter de cette circonstance pour vous dire que les sujets formés à l'Ecole normale nous rendent de grands services dans l'enseignement. 'Nous apprécions leur tact auprès des élèves, comme' aussi leur manière intelligente d'inculquer les connaissances aux enfants qui leur sont confiés ".
Lnitilede faire remarquer les services rendus à la cause de renseignement par plus de cent élèves-institutrices de Laval qui ont fait profession dans des communautét^ religieuses enseignantes. Les positions qu'elles occupent ou ont occupées parlent d'elles-mêmes.
Recrutement de la classe enseignante.
L'Ecole normale Laval doit compter, au nombre des titulaires actifs de l'enseignement, cent trente-huit anciens élèves. Est-elle en défaut ? Lisons les statistiques suivantes :
Diplômes octroyés de 1857 à 1892 2426
Elèves brevetés (1) 1675
Anciens élèves employés actuellement dans l'enseignement ÉLÉMENTAIRE, MODELE ET ACADÉMIQUE
DE LA Province. (2)
Professeurs ecclésiastiques ou religieux 12
Inspecteurs cVécoles 12
Professeurs et instituteurs laïque? 63
Institutrices religieuses 94
Institutrices laïques 224
Total 405
L'Ecole normale Laval, tenue de fournir à l'enseignement cent trente-Jadt titulaires actifs, en fournit quatre cent-cinq au moins.
Les anciens élèves-maîtres sont au nombre de quatrevingt-sept, au lieu de cinquante-qu aire que Véco\eeiit tonne de donner à la classe enseignante.
C'est pour les écoles élémentaires et primaires que le gouvernement accorde à l'EciJe normale Laval la somme annuelle de $14,900.00. Il est donc intéressant de savoir combien d'enfants participent à cette subvention. Quoique
[1] Les L'irvcs peuvent obtenir cliaeun trois diplômes élémentaire, modèle et (icai/f utrjue. Les diplômes doivent donc être pins noml)reux (jne les élèves.
[21 r(>tte statistique est basée sur les rapports de MM. les inspecteurs d'écoles pour l'année 181HM)], et les renseignements fournis gracieusement par les communautés religieuses.
le bien produit par un inspecteur d'écoles soit beaucoup plus étendu cpie celui d'un instituteur ou professeur (tout le monde le comprend, puisque les inspecteurs donnent cliacun leurs services à des centaines d'écoles), je les regarde,pour le moment, comme simples instituteurs. La moyenne la plus faible dcvS écoles ou des classes est de quar a7ite eniiints. Multipliant 405 par 40, on obtient le chiffre élevé de 16,200, et ajoutant les 250 enfants qui en moyenne fréquentent les écoles annexes de l'Ecole normale, on constate que seize mille quatre cent-cinquante entants au moins profitent directement de l'enseignement normal. Le gouvernement donne donc moins d'une piastre par tête annuellement pour répandre cet enseignement.
Cette statistique est exacte sans être complète. Complétée, elle serait certainement beaucoup plus élevée ; mais le temps et les pièces justificatives faisant défaut, l'auteur a préféré ne publier que les résultats dont il a la preuve en mains.
A ces quatre cent cinq titulaires actifs de l'enseignement dans la Province, on pourrait à bon droit ajouter les anciens élèves qui se dévouent à l'instruction de nos compatriotes des Provinces Maritimes, d'Ontario, de Manitoba et des Etats-Unis.
Ces maîtres dévoués ont des relations constantes avec leur Ahna Mater, et celle-ci tient à leur donner une mention honorable dans cette notice.
Une statistique, qui intéressera peut-être quelquesuns de nos lecteurs, terminera ce travail.
Plus (le cent élèves-institutrices de l'Ecole normale Laval ont fixit profession dans des communautés religieuses enseignantes et par conséquent satisfont et amjplius aux obligations imposées ^jar le gouvernement.
Un certain nombre d'élèves de l'Ecole normale Laval sont devenus prêtres ; plusieurs appartiennent à des ordres religieux enseignants ; dix sont actuellement ecclésiasti(|ues et enseignent.