Notice sur l'Institut des Frères des écoles chrétiennes [microforme]
L'Institut des Frères des Ecoles Ghrétiennes, établi en vue de diriger des écoles primaires gratuites, tient aussi des écoles techniques, des orphelinats, des demi-pensionnats, deg pensionnats ou collèges commerciaux et des solee normales.
Il a été fondé à Reims, en 1680, par Messire Jean-Baptiste de la Salle, prêtre, docteur en Théologie et chanoine de l'Eglise mêt capattaige de sa.ville natale, Le pieux fondateur, décédé à Rouen, en 1719, » ‘ié déclaré vénérable, en 1840, par N.S. P. le Pape Grégoire XVI. La ville de Rouen a voulu lui décerner le plus bel hommage que la terre puisse rendre aux grands hommes, en lui élevant, sur une de ses places, une statue splendide, monument de sg reconnaissance et de celle du monde. Le jour n'est pas éloigné, où l'Eglise, répondant aux vœux d'un grand nombre d'évêques, permettre de Je placer sur les autels et de lui élever des temples. C'est l'espoir qu'a donné Pie IX au T. €. FE. Irlide au mois d'octobre dernier.
L'Institut n’a cissé de prospérer depuis sa fondation, jusqu'aux mauvais jours de 1789. # - Les Frères furent obligés de se disperser pendant la Révolution françaisë, Plusieurs se retirèrent dans les trois maisons que l'Ordre possédait dans les Etats de l'Eglise. Ceux qui restèrent alors en Frence, ayant tous refusé de prêter le serment schismatique, furent dépouillé, de leurs ‘biens, rentes et capitaux, persécutés, emprisonnés, et quelques-uns même massacrés. © :i
Lorsque la tranquillité fut rétablie en France, plusieurs anciens Frères pensèrent à se réunir en communauté. Une école fut ouverte à Lyon; bientôt les magistrats de cette ville leur cédèrent l’ancien Petit-Collége des Jésuites, qui devint ainsi le second berceau de l'Institut.
Pendant le séjour que N.S. Père le Pape Pie VIT fit à Lyon, en 1809, il daigna visiter l'établissement des Frères et bénir leur église du Petit-Collége,
Retabli de fait, l'Institut n’avait pourtant pas d'existence politique. L'Empereur le reconnut légalement par décret du F7 mai 1808. Dès lors il put jouir de tous les droits civils attribués aux établissements d’utilité publique, ef notamment du 1roit de recevoir des donations entre vifs et testamentaires. .
En IN19, lu ville de Paris, de concert avec le ministre de l’intérieur, invita le Supérieur-Général & transférer dans la caj;itale le chef-lieu do l’Institut, qui
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‘ebique, Le Séminaire de Québec!
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était à Lyon depuis 1804. Depuis cette époque, la Maison-Mère est installée dans un immeuble que lui fournit la ville de Paris, et dont l'entretien est à la charge de la municipalité,
à l’Institut des Frères de prendre, dans ces derniers temps, les plus heureux
d La bienveillance de l'épiscopat et la protection des gouvernements a permis d développements. s
L'Institut comptait, au 31 décembre 1874, douze mille cent soixante-huit membres ; il dirigeait 1,191 maisons, dans lesquelles 396,083 enfants recevaient l'éducation et l’enseignement. ji La plupart de ces établissements—1,009—sont en France ; les autres sont dans l’Ile de la Réunion, l'Algérie, les Etats-Pontificaux, la Belgique, l'Autriche, la Prusse, la Turquie, l'Egypte, l'Angleterre, la Malaisie, la Cochinchine, la
République de l'Equateur, les Etat-Unis, le Canada, etc. à Dans la Puissance du Canada, l'Institut des Frères dirige quarante-trois L écoles, dans lesquelles deux cent cinquante-cinq Frères se livrent à l'instruction p de douze mille dix-sept élèves. Et pourtant ils ne sont établis dans ce pays que ti depuis 1837, ‘poque à laquelle quatre Frères de France vinrent, sur l'invitation $ de Messieurs de Sant-Su:!pice, prendre la direction d’une école à Montréal. Ce p premier établissement a donné en outre naissance, dans les autres régions de ti l'Amérique, à plus de cent écoles, où environ six cents Frères font l'éducation de 22,332 enfants.
Un noviciat est établi à Montréal, pour former jes jeunes gens aux vertus religieuses et leur donner les connaissances qui leur sont nécessaires dans l'exercice de leurs fonctions: il y a également des noviciats à New-York, St- d Louis, Santa-Fé et San-Francisco, Un Noviciat préparatoire s'ouvre en ce À moment à Montréal. e La Congrégation est gouvernée par un Supérieur-Général élu et inamovible, ic assisté par nn Conseil formé de douze membres, également élus, mais qui fi exercent leurs fonctions pendant dix ans seulement. lls peuvent être indéfini- d ment réélus, l’ Les élections sont à deux degrés. Les Frères qui sont liés par la profession à religieuse se choisissent des députés qui, unis aux Assistants et au Supérieur- 8 É Général, forment le Chapitre Général c’est le corps législatif et constitutionnel si - de l'Ordre, Il procède à l'élection du supérieur et de ses assistants. re
La Congrégation se divise en provinces et les provinces en districts, qui comprennent un certain nombre de maisons.
Cette organisation de la hiérarchie, admirable dans sa simplicité, permet au Supérieur-Général de gouverner les diverses fractions de ce vaste Institut, et d’y maintenir, avec l'unifurmité désirable, l'esprit primitif et la ferveur de à ses premières années.
A cet aperçu général sur la Congrégation des Frères des Ecoles Chrétiennes, b nous croyons bien faire de joindre les extraits de lettres suivantes adressées au ;
Visiteur du Canada, à l’occasion de ses démarches pour obtenir l'incorporation q
de l'Ordre dans la Province de Québec, et ensuite dans la Puissance tout À
entière, et de celle que Mgr. l’Archevèque a bien voulu adresser à S, E. le Lieutenant-Gouverneur, pour le même objet.
Quépec, le 8 novembre 1875,
EXCELLENCE, — Permettez-moi de recommander à la favorable considération de V. E. la requête des Frères des Ecoles Chrétiennes, demandant un Acte d’incorporation.
Depuis une trentaine d'années qu'ils sont établis en ce pays, ils ont rendu des services inappréciables à cette Province, en formant, chaque année, le cœur aussi bien que l'intelligence de bien des nulliers d'enfants.
En accédant à cette juste demande, la législature de cette Province fera un ucie de reconnaissance pour les services passés; et ouvrira, pour l'avenir, la voie à des bienfaits plus signalés et à des services plus grands encore.
Comptant avec assurance, etc.,