‹ Notice sur l'œuvre et la vie d'Auguste Comte (volume 2)Chapitre 87 sur 103 · SIT · texte numérisé non relu

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ment diâsipée d'après le juste succès d^une incomparable traduction . Maisâce retentissement n'a point diminué l'apathie, malgré la noble conduite de ma puissante auxiliaire.

Suivant les explications de ma précédente circulaire, îo lenteur générale do rinstallalion du positivisme doit être surtout altribuôe à la fatalité qui le fit surgir dans le milieu le moins favarable à sou essor Une doctrine essentiellement destinée à reconstruire Tordre n a pu jusqu'ici pénétrer que chez les partisans exclusifs du progrès. Cette fausse position conduit à mal apprécier le subside positiviste, dont l'insuffisance est spécialement résultée de son imparfaite institution*

Fondé dans des vues trop étroites, quoique en un temps de larges aspirations» il fut d'abord représenté comme une garantie personnelle, et même temporaire^ destinée à compenser une infâme persécution. Il est encore envisagé sous ce seul aspect par la plupart des coopéra leurs, sans excepter ceux qui Térigent en devoir social. Ce motif devait dVbord sembler suflisant, vu riniquité de ma spoliation, le mérite de» services, spéciaux et généraux, que j'avais déjà rendus» et rimportance de ceux qu'on pouvait encore attendre de moi. Mais rcxpérience a manifesté la faiblesse d'un tel sentiment, en un temps où la dissolution radicale de la morale publique laisse partout prévaloir rindividualisme, surtout dans le milieu systômaliquement dég^radéqui pouvait le mieux apprécier ce cas. Les plus nobles infortunes ne peuvent maintenant inspirer une sollicitude durable qu'en se liant aux besoins généraux de la situation occidentale,

Voiiâ pourquoi je me suis toujours efJbrcé, dès tna première circulaire, de représenter le sobside positiviste comme ayant surtout une destination sociale, à litre de garantie permanente pour riiulépendance nécessairt) au sacerdoce dont Pavé ne ment peut seul terminer la révolution moderne. Mait ces elforts n'ont pu ju.squ"à présent faire assex prévaloir une telle apprécialion, parce que, rinslitution du positivisme restant insuflisanle* il ne pouvait trouver d'accès que chez le parti quil doit surmonter ou transformer, el dont tes chefs lui sont nécessairement hostiles, tjuoique la nouvelle doctrine ail bientôt été regardée comme l'organe le plus avancé du progrès humain, elle ne pouvait susciter que de rares ou faibles sympathies parmi les progressistes actuels. Car, ils bornent le perfectionnement a dissoudre l'ancienne discipline, tandis qu'elle le fait consister à régler loutes tes forces suivant leurs lois naturelles. Néanmoins, si les intentions de nos révolutionnaires eussent^ en ^^^énéral, été plus pures, ils auraient vivement accueilli la doc- Irino qui pouvait seule ranimer et con?^olider Fespiit d'émancipation en le dégageant du joug rétrograde que notre situation impose aux sceptiques. Une telle affinité n a pu surmonter la répugnance qu'inspire l'avènement d'une règle universelle, qui ne pourra jamais être éludée parce qu'elle res* tera toujours démontrable. Les honteux succès momenlatiément obtenus par deux sectes e'ga le ment immorales, Tune plus corruptrice, l'autre plus dégradante, ont achevé de prouver que raclivilé révolutionnaire émane aujourd'hui des impulsions égoïstes, du moins chez les meneurs.

En France, la situation disposait les lettrés à sentir que ma Pàilonaphtr

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VIE o'AUGtïSTE COMTE

poiiiivi'f SOUS une apparence purement intellectuelle, tendait à fonder nn nouveau pouvoir spirituel, dont mes opuscules primitifs leur avaient direcleuaent annoncé ravènemeiil nécessaire. C'est potirquoi, dés le début, leur silence, autant concerté que spontané, tenta d'étouffer une doctrine radiciilemcnt incompatible avec le crédit usurpé que leur procurait, depuis uo siècle, rinterrègne théorique. Des condilions encyclopédiques qu'ils ne pouvaient pas plus éltider que remplir devaient aggraver leur antipathie, en leur étant tout espoir rie s'incorporer au nouveau sacerdoce* Moins stimulés, moins clairvoyants, et moins avertis, les leltrés britanniques se laissèrent aller à la séduction que lo positivisme offrit aux âmes émancipées en les dégageant de Toppress^ion anglicane. Leur accueil brisa, même en France, la conspiration du siîence, avant qu'ils fussent assez éveillés sur la destination sociale d'une philosophie encore plus hostile à toute métaphysique qu'a toute théologie. Ils ne se tournèrent contre elle que quand lu âf^hnl décisif de ma seconde élaboration vint leur apprendre que mes travaux avaient toujours eu pour but de terminer la révolution occidentale par la reconstruction de la discipline spirituelle. Afin d'échapper à la conlradicttoii résultée de leur première approbation, ils introduisirent le sophisme qui consiste à représenter le développement dt/ ma carrière comme une déviation.

Quelque grossiôre que soit cette taclique, elle a jusqu'à présent réussi dans un milieu trop peu sollicité par les aspirations sociales : les îimes même qu'elles préoccupent le plus ignorent encore l'existence de ma P(*lttique posittve, La seconde conspiration du silence est mieux ourdie que la première, parce que les lettrés britanniques, surtout européens^ restant étrangers aux rivalités politiques de leurs collègues français, concertent davantage les intérêts communs à toute la classe littéraire. Sous leur esprit d'émancipation, oo peut toujours reconnaître leur tendance prépondérante à prolonger indéfiniment un interrègne spirituel qui favorise leurs prélenlions sans gêner leurs goûts, sauf leur adhésion, au moins passive» à rhypocrisic anglicane. Celte disposition se trouve nettement caractérisée dans Je scandaleux mensonge solennellement formulé par le plus intelligent et le plus hardi de mes prôneurs britanniques.

Malgré leur aversion pour le itiéologisme, les métaphysiciens second«>roni, aux États-Unis comme en Angleterre, sa résistance au [>ositivisme, jusqu'à ce que les besoins sociaux aient partout poussé vers la seule doctrine capablf^ de surmonter l'anarchie uioderne. Tel esl, sans doute, le motif qui fit récemment cesser le noblf concours fourni, pendant trois ans, au subside positiviste, par deux de nos adversaires américains; les antipathies de seele ont finalement dominé l'élévation personnelle.

On peut cependant assurer que la seconde conspiration du silence aura moins de succès et de durée que la première, puisque les meneurs de la double presse britannique ne sauraient longtemps empêcher leur public de connaître la seule doctrine vraiment conforme à ses vœux sociaux- Le* lettrés français purent, pendant une demi -génération, détourner leurs lecteurs d'une philosophie qui semblait d'abord amortir l'élan rénovateur, ca

PIÈCES JUSTll'lCATIVES

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représentant la grande crise comoie plus spirituelle que temporelle. Mais leurs collèï?ues britanniques s'efforceront vainement de cacher rapplicalion sociale d*ini î^ystènie qu1lâ ont intellectuellement propagé. Pour surmonter leur habile tactique, il suffira peulôtre de la traduction anglaise du (.'aiechtsinc posiltvisicy actuellement élaborée par Tun de mes meilleurs disciples. J'ose, du Eioins, affirmer que ces ténébreux: efforts ne résisteraient point à la digne réalisation du projet, déjà formé» de traduire séparément le tome troisième do ma Politique pasitivc^ sous son titre propre de Phiîomphie de rhlMoifi^, Une telleptiblication peut seule rectifier l'opinion officielle qui représente ta révolution anglicane de 1688 comme devant préserver TAnglelerre de (a crise aujourd'hui commune à tout l'OccidenL En expliquant l'avortelîicnt de la vraie révolution anglaise, la saine théorie historiqne fera partout sentir que son prolongement nécessaire consiste dai^s ia Hévolutiyn française, destinée à réaliser la régénération prématurément tentée sous le grand Cromwel.

C'est ainsi que doit bientôt cesser Tanomalie qui rend le plus hostile au positivisme social ie pays où le positivisme intellectuel fut le mieux accueilli» Quoique celle contradiction soit conforme au ré^qme le plus contraire à la séparation des deux |iuissances, les vrais théoriciens britanniques ne larderont pas à développer des aspirations religieuses, secondées par un sexe secrètement lassé de la sécheresse protestante. Le peuple où le matérialisme [iienlifique, esthétique et politique s'est lo plus développé doit davantage Ipprécier la seule religion qui le surmonte dans son principe théorique* Môme avant que les prolétaires britanniques se soient dé^^agés de la torpeur anglicane, le positivisme coinplet pénétrera chez les lecteurs anglais déjà familiarisés avec sa base philosophique. Toutefois, il ne pourra vraiment s'installer en Angleterre qn'en s*utendant au delà du public théorique, quand les dignes praticien s, éveillés par les sollicitudes sociales, invoqueront son aptitude organique. Pour sentir la supériorité des adhésion:^ pratiques, il suffi! d'opposer, à rexigudé du conlin^ent britannique, la noble munificence des sept souscripteurs hollandais, qui seuls fournissent le sixième de mon subside habituel, outre leur coopération prépondérante aux suppléments exceptionnels. Indépendanmient du mérite pei^soniioï, ce zélé et cette persévératire, duns un milieu mat disposé, résiiltent d'une situation qui pousse :i juger les doctrines philosophiques d'après leur efficacité soriale et détourne des prétentions inconqiatihtes avec la subordination spirituelle»

Ayant obtenu, malgré les intluences protestantes, des succùa qui manifestent son aptitude organique, le positivisme, désormais puriliô de son origine révolutionnaire, doit trouver un accueil plus décisif chez tes populations catholiques. Outre qu'il a seul apfjrérié l'ensemble des services du ratholr* cismetilen lait aujourd'hui sentir Timportance habituelle, soit pour résister aux dispositions subversives, soit pour entretenir une culture morale dont rimpf^rfection est toujours préférable a sa désuétude. Sous ce double aspect, le positivisme doit bientôt devenir le défenseur systétnatique des habitudes catholiques contre les impulsions protestantes, dont la réaction, théorique ou pratique, a déjà cessé d'offrir aucune compensation de leur incun séquence

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VtK U AUGUSTE COMtK

me-DÏale et de leur danger moral. Dans ce milieu plus normal, ou te ^ent" ment de runité ne s*esi jamais perdu, los positivistes, développant la coustrmHion ébauchée au moyen âge, feront aisément reconnaître que la réTOÏu* tion occidentale ne peut se terminer que par rétablissement de la religion univeriielle. Ils se trouveront là dispensés de réfuter les thèses, proiestaDteâ DU déistes, ^ur ravénemenl d'une relip^ion i«aiis ruïte et sans sacerdoce; comme si la sociologie ne répugnait pas, davantage que la biologie, aiu fonctions sans organes. Tandis que le protestantisme accorde au dogme une vicieuse prépondérance, le catholicisme tend à faire spontanément prévaloir le culte, auquel il s'est presque réduit chez les Méridionaux. La posilîvisme ayifnl systémalisô cette préférence empirique, où riiistincl moral surmonta la pensée Ihéolog^ique, il doit bientôt susciter d^actives sympathie* au sein der^ populations dont il rétablit la préséance occideiilale.

n faut donc regarder rinfluence acquise au nom du progrès comme un prélude nécessaire, pour ta doctrine universelle, â sa destination envers Tordre, qu*elle peut seule protéger â la fois contre ta rétrogradation et ranarcliie. Elle dut obtenir le premier résultat quand elle sb trouvait à rèlal purement philosophique, tandis i|u'ello ne peut réaliser le second ofHce que depuis qu'elle est devenue pleinement religieuse. Ce mode final doit désormais diriger la propagation du positivisme, qu'aune suffisante élaboration rend capable de satisfaire notre principal besoin, la recoûslruclion systématique de Tordre spirituel, pendant que les gouvernemenls maintiennent empiriquement Tordr^^ maténef. Au début de ma construction religieuse, je représentai les serviteiirs de rilumanilé comme venant dignement saisir la direction, évidemment vacante, de rensembledesalfaires t^/rrestres. L'assentiment tacite de tous les partis a, depuis quatre ans, ratifié cotte proclamation décisive, ébauchée dans mes opuscule^ primitifs, et justifiée par Tinstitulion complète de Tunilé positive. On doit peu s'étonner que lesdéfenseure du catholicisnu* gardêut, à cet égard, le respectueux silence que leur inspire l'altitude toujours organique de la nouvelle synthèse. Mais il faut Doter que les métaplïysiciens, seuls ennemis réels de la religion universelle, iront pââ protesté contre hi proclamation positiviste, même dans leur ignoble attaque de janvier 18:35,

Une telle déclaration avait besoin d'être complétée d'après mon rôcenl Appel t(ux conser valeur j(^ oh Tatlilude actuelle des vrais positivistes 56 irûuire ilirectement fixée, en décomposant leur avènement social en deux phases nécessaires, Tufie spirituelle, l'autre temporelle. Leur intervention purement consultative dans Tintutguratiori de ta transition organique doit faciliter leur ascendant décisif au centre de TOccident, en dissipant toute rivalité* politique envers la nouvelle religion. Si, pour régler une existence îiïdîfi* sible, on ne peut méconnaître la nécessité de subordonner les vues dedèlafl aux conceptions d^nsemble, on ne saurait davantage contester le privilège actuel du positivisme quant à Timilé réelle. Diaprés une telle supériorité, quand les vrais croyants seront au niveau de leur mission, ils auront bientôt obtenu la confiance et le respect des gouvernés et des gouvernants, 6gailemenl dépourvus d«' véritables principes de conduite. Cette lacune sVsl

l'ièCES JUSTIFICATIVES

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récemment spécifiée en dirigeant rexpt'dition occiJentaïo vers un démembrement aussi vicieux que celui qu'yens dut enipêcïifr, et par la puérile exhibition destinée à développer les préoccupations oiatérielles dans un milieu qui souffre de leur prépondérance. Malgré des iû tentions irréprochables, les deux cas n*ont pu fiiî^mo compenser les déviations poli tiques ou morales en resserrant les liens occidentaux , puisque ces ^r-vénements oui aggravé ta funeste teniance du centre occidental à préférer le Nord au Midi, Tous les mouvements de noire époque, aoil qu'ils émanent des populations ou des gouvernements, font spécialement sentir qu'un tel milieti ne peut éviter les fautes qu'en s'abstenant d'agi r^jusqu'^à ce que rinterrègue spirituel ail dignt^ment cessé.

Four développer une discipline qui ne peut rien régler sans tout embrasser, il faut, depuis que la religion positive est suffisamment instituée, que le sacerdoce de l'Humanité ne se réduise plus à moi seul. Or, les nouveaux l>rôtres ne sauraient obtenir asseiî d'indépendence et de dignité que d'après leur exclusive consécration à des fonctions qui, d'ailleurs, vont bientôt absorber leur temps et surtout leurs forces, Cette condition exige que Taccroissement du subside positiviste permette au Grand-Prétre de THumanité d'assurer la subsistance de ceux qui, comme moi, se trouvent entièrement dépourvus de fortune personnelle, suivant le cas le plus ordinaire, principalement ayjourd^hui*

Tant que le positivisme resta purement philosophique, j»3 pus, sans inconséquence ni dégradation, pourvoir à mon ex is Ion ce matérielle, en exer^But, dans Téconomie actuelle, des fonctions secondaires, ^oit pratiques^ soit intime théoriques. Cette possibilité cessa quand ma doctrine» irrévocablement devenue religieuse, ttindit directeiuenl à régler la vie humaine, en instituant un pouvoir apte à discipliner les volontés au lieu d'imposer les actes, suivant le but assigné, dès l*origine, à l'ensemble de ma carrière. Alors tout office pratique m'aurai l nécessairement mis en contradiction permanente avec le principe fondamental du régime positif sur la séparation normale des deux puissances. L'opposition, quoique moins sensible* eût été plus profonde, en acceptant, par des fonctions théoriques, une incorporation subalterne au triple pouvoir spirituel, théologique, métaphysique et scientifique, auquel nous sommes ofûciellement soumis, et dont je viens délivrer rOccidejit. Sans me dé^:agerd'un tel joug, renseignement privé devaity joindre une double dégradation, en m'assujettissant aux caprices individuels pour vendre des services dont j'ai systématiquement proclamé la gratuité normale. On peut ainsi mesurer la justice et la sincérité de ceux qui, vivant au mWmi des souscriptions, repoussent mon subside au nom d'une dignité (ju'ils ne sauraient comprendre puisqu'ils la confondent avec rorgueil. L'ne équivalente appréciation convient au prétexte qui prévaut en France, où, suivant rhabitude nationale» on attend que le gouvernement me fournisse un appui contraire à ma destination, sans que les auteurs de ces vœux concourent à me faire provisoirement vivre,

Mes spoliateurs n'ont donc abouti qu'à me pousser par nécessité, mieux que je ne Feusse fait par choix, vers le mode d^cxistence le plus conforme,

*"* VIE D*AtJOLSrE COMJI.

d'abord à la t^onsLruction, puis à rinstalîatîuti de la religion ration uellt et SQ« iale. Dans k mémo temps, utie autre conséquence de ma pauvreU* tira bientôt conduit à compléUT mon attitude personnelle en însUtaont le meilleur mod(^ de publication do mea écrîU. Il t<?nd à mp dégager» auliint que possible, de Fignoble régime que la vénalité révolutionnaire a graduellement introduit, surtout en France, envers la prétendue propriété littéraire. Pour cela, je me ^uia trouvé conduit, dès le début de ma construction religieuse, par rimpossibilitè d'avoir un éditeur, soit privé, soit publia, h renoncer aux prolils personueb de mes écrits quelconques, en consacrant leur vente au pavement des Trais typofijraphîques. Une scrupuleuse pratique a toujours confirmé l'engagement systî^uiatique que je pris, à cet égard, en 1850, afm de me rapprocher des mœurs normales iiutant que me le permet la transition actuelle. C'est ainsi que j'ai graduellement fondé mon crédit typographique auprès d*ua honorable chef (M. Thunot), de manière à surmotiter le dernier vœu d'une infâme persécution, qui, n'ayant pu détruire ma personne, espérait, du moins^ éteindre ma voix. Bornée d'abord à chaque volume séparément vendu, cette garantie devint bientôt mutuelle entre les divers tomes d'un même ouvrage» et je Tai finalement rendue réciproque envers mes productions quelconques, y compris celles qui précédèrent celte institution.

Le subside positiviste t^t le fond typographique, telles sont les deux bases» profondément connexes, de moti existence normale, à la fois privée et publique. Pour en avoir assez comjiris récunomie, il fiiut étendre chacunô de ses conditions à l'ensemble de mes dignes auxiliaires periîianents. D'après la marche générale des destinées humaines, je dus exceptionnellemeoL réunir deux offices, mal distingués jusqu'ici: Tun, principal mais temporaire, comme fondateur de la religion universelle ; Tautre, accessoire mais continu, comme Grand Prêtre de rilumiinité. Si j'obtiens la longévité de Fontenelle» ou seule* ment celle de Hobbes, ou du moins celle de Voltaire, je rendrai celte distinction pleinement s<Hisible» par un long exercice du second office cjuand j*aurai, dans sept ans, accompli le premier. C'est uniquement envers le second que je puis et dois avoir un successeur, qui se trouvera, j'espère, parmi les dignes théoriciens que je pourrai directement vouer au sacerdoce universel : b' premier ne comporte que des adjoints, passagers comme lui, mais actuellement nécessaires.

Quoique ma construction religieuse exige le complément synthôliquo que je vais commencer, elle est assez développée pour devenir pleinement applicable, dansune situation tellement urgente que, dès le début de mon principal ouvrage, mon travail de fondateur fut quelquefois suspendu parmes fonctions de pontife. Souvent invoquées désormais, ces fonctions ont déjà besoin d'organes spéciaux, qui puissent, sous ma direction, non seulement enseigner et prêcher, mais principalement consacrer et discipliner, au nom de rtlu inanité. Comme fondateur, il me faut aussi dps auxiliaires dignement souuiis, capables de seconder riostallation spontanée de ma doctrine par des cours et des livres, soit généraux, soit surtout spéciaux, dont je leur indiquerais le but et le plan. Do tels apôtres, esthétiques ou théoriques^

PIECES JUSTifICATrVEâ

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ÏMîUveDt beaucoup faciliter la régônéralion occidenlale, sans être pourtant incorporés au sacerdoce positif» faute d'en pouvoir assez remplir les conditions encyclopédiques» Ils représenteront aujourd'hui les pensionnaires propres à Tétat normal, avec cetle doubla; ditTérence que leur oflio^ aura maintenant plus d'importance et leur ni<^rite plus de valeur, leurs lacunes scientifiques étarit ordinairement dues à leur situation davantage qu'à leur nature*

C/est ainsi que le subside positiviste et le fond typographique doivent mainleuanl nf assurer deux sortes d^auxiliairt'S permanents, dignement voues a seconder, les uns le ton dateur de la religion uni ver sel lie, les autres le Grand-Prêtre de l'Humanité. Le positivisme ne pouvant pas, avant la fin du siècle actuel, convertir au delà d^un uiillième dos chefs de famille^ ce qui lui suffit pour reconstruire l*occidentalilè, la corporation régénératrice doit seulement comprendre, dans le même temps, cinquante philosophes, tant ap<>tre9 que prêtres. Qticlque petit que sennble ce nombre, sa proportion à celui de.s vrais croyants excède le double du taux normal, comme l'exige

|ffliaintcnant un service plus difficile et moins aid/% Si je vis suffisamment, î'empt^cherai que le clergé positif dépasse une telle extension, afin que tous ses membres, indirects ou directs, outre les prëparationa convenables, soient, de cœur, d*esprit et même de caractère, au niveau de la mission que je leur assigne au nom du Grand-Èlre. On peut ainsi déterminer le dévelop* pement que doit acquérir le subside positiviste, jusqu'à ce qu'il se transforme en budget central du sacerdoce universel, quand les gouvernants et les gouvernés seront assez convertis à la vraie religion.

Envers le fond typographique, il suflli de compléter son institution vn étendant à tous les auteurs régénérés ta mutualité que j'ai maintenant poussée jusqu'à mas divers écrits. Quoique un tel eomplément ne dépende pas immédiatement de moi^ j'espère bientôt Télablir, d'après les avantages

^évidents qu*îl procurera, dés son début, à la comtnunayté littéraire, où j'apporterai fort au delà de ce qno j'en retirerai d'abord. Ainsi dégagés de la librairie et du journalisme, les auteurs positivistes, outre la dignité due à leur renonciation à la vénalité révolutionnaire, obtiendront une indépendance actuellement incompatible avec d'ignobles marchés, qui toujours

Lempéchent la vrai police des publications. Puisque le fond typographitiue

Suffît maintenant à sa destination, il doit naturellement cuutinuer d'y suflire à mesure qu'elle s'agrandira; car les ressources y croîtront suivant une progression nécessairement supérieure à celle des besoins, plus qu'en tout autre cas do vraie réciprocité. Destiné, comme le subside positiviste, à la transition organique, il est autant susceptible de préparer l'état noruial, en faisant graduellement surgir, sous forme de livres, le trésor du pontife universel pûurloutcs les dignes publications.

Je |uiis ici faire directement sentir, envers ces deux institutions connexes, que le zèle de mon public est nuuntonant inférieur aux services que pourraient déjà rendre mes vrais auxiliaires, s'ils étaient assex soutenus, L'apos* tolat, et môme le sacerdoce, sont actuelleoaent susceptibles d'une ébauche décisive, puisque j'ai trouvé, pour chaque classe, un fonctionnaire aujourdlnii

VI K d'augustk comtr

ilïgne d'être enlret^eriu, sous ma responsabilité, par le subside positivisle. U mVst également permis d'assurer que plusieurs écrits, déjà projetés d'après mes inspirations, pourraier*! utilement serônder la régénératioti occident»!*:, si leurs aul^urs avaient la factiUé de les élaborer et publier convenablement Envers la formation la plus difficile et la plus importante, j'ose annoncer d'après Fétat où je vois mes meilleurs Ibéoricîens, que, dans queli[ue* années, j*y trouverai sept dignes membres du sacerdoce universel, de manière à pouvoir instituer un premier eollègo positiviste, sauf les vicaires. Un second groupe encyclopédique aurait nii^me pu déjà commencer, si je n eusse pas perdu récemment» au milieu de sa Ircnlième année, un étninenl di^ ciple, dont le talent plus poétique que philosophique àmanaît d^uo noble cœur, malgré rinsuflisante énergie de son caractère*

Sous d«* leîte< inï pulsions, j'aî jugé maintenant opportun d*inslitu<?r \t* système d'épreuves philosophiques qui devra toujours garantir, au poniif** comme au public, Taptitude théorique des aspirants au sacerdore positif, quand leur valeur morale sera sufBsamment conslatée. Il consiste en sept thèses imprimées, mathématique, astronomique, physique, chimique, biolopique, sociologiiiue et morale, successivement présentées, à des intervalles d'un à trois mois, et publiquement suivies chacune, sept jours après son admission, d'un examen ora! sur la science correspondante. Les difficultés propres à la transition actuelle pourront exceptionnellement exiger, pour ne pas écarter d'éminentes natures, surtout morales, que je dispense, sous ma responsabilité, de quelques thèses cosmologiques, sans que je croie pouvoir jamais dispenser des trois thèses extrêmes. J'espère vivre assez pour faire ainsi surgir enfln do véritables philosophes, capables de terminer la progression, do plus en plus révolutionnaire, qui devait, en Occident, séparer, pendant trente siècles, la théocratie initiale et la sociocratie finale. Tant qu'elle resta sacerdotale, la ])hilosophie fut directement a]»pliquée à la destination pratique que son nom rappelle^ et dont elle tendit graduellement à s'écarler pendant sa préparation spéculative, nécessairement indisciplinée. Elle doit maintenant reprendre ce grand office, avec une efficacité supérieure, en réglant la vie humaine, dont les lois sont assez appréciables depuis qu*on a suffisamment dévoilé, d^abord celles du Monde, puis celles de Tilumanilé, qui dominent toujours Texistencc individuelle. Mais un tel office exige des prêtres capables de surmonter le malérînlisnie théorique, en procurant aux éludes les plus nobles leur prépondérance normale, à la fois logique et scîenti tique, dans un milieu préoecupê des spéculations les plus grossières.

Il faut maintenant compléter cette circulaire en indiquant les divers progrés de ravênemeot positiviste pendant une année exceptionnelle. Elle est devenue, comme pour moi-même, un temps de recueillement, mais non d^inertie, chez mon public, qui, s'y trouvant privé de rimpulsion annuelle jusqu'alors résultée d'un nouveau tome, a dû pareillement s'occuper d*apprécialion et de préparation. Cette suspension a permis de saisir Tensembl^ de ma construction religieuse, dont chaque partie avait successivement Inspiré d«d rèflcxians trop exclusives. Tous les positivistes ont ainsi senti.

tnèCRÈ JliSTIFlCATlVtlS

comnifv lettr chef, la conOance que suscite la plénitude el l*hoQiof,'énôtté d'une doctrine enfin parvenue à présenter, sur toutes leti questions et^sentielles, des solutions décisives, toujours d'accord entre elles, La puissance que com- [porte une telle supériorité, dans un milieu profondément divisé, devint alors, chez mos meilleurs disciples, pleinement conciliahle avec les ménag:ements qu'exigé l'état» anarchique et rétrograde, des Occidentaux. Ainsi se prépare lo digne ascendant des âmes d'élite, qui doit bientôt réaliser, épurés et combinés, l'empire universel que Mahomet promit aux vrais croyants» et le règne général que Cromv^ell annonçait aux saints. Gênée, dansTantiquité, parrh<>rédité sacerdotale et militaire, la domination normale des natures supêpîeures fut ébauciiée sous la chevalerie et la papauté; le pusilivisme Tinstitue, suivant les pressentiments du jésuitisme et du jacobinisme» eu liguant et guidant les véritables chefs.

Une telle coalition a réellement commencé quand le subside positiviste a fait assez surgir de dignes dévouements, en leur assignant une destination directe, précise et continue. Au prix de quelques souffrances, j'ai pu, s^uivant la naïve remarque de ma fille adoptive, mieux juger les 5 m es destinées a prévaloir, et même les attirer davantage, que si la position do Bullbn, de Gaven* dish, ou de Lavoisier, m'eût entouré de llatteurs^. Sepl ans d^épreuves continues m'ont ainsi permis de constater que la religion universelle a déjà rallié des âmes d^élite, dont la fraternité mutuelle et la conmmne vénémtiun n*exi^enl, pour obtenir un irrésistible essor, que les contacts résultés d'un même dévouement.

La postérité regardera Tétat normal de THumaulté comme ayant spirituellement commencé pendant Taimée qui vient de finir, puisque la relijriou positive, pleinement instituée Tannée précédente, sVst alors appliquée à rinstallation politique do la transition finale. Quoique mon Af^pcf awr comervf((€tin n'ait encore prolilé qu'aux positivistes, quelques adhésions dâcîsJTes mont déjà permis d'espérer qu'il atteindra bientôt ses lecteurs spéciaux, sans attendre que la doctrine régénératrice soit directemetit invoquée au secours de l'ordre. 11 manïfesie l'avènement du pouvoir otcidentaU éclairant les gouvernements nationaux sur la marche propre à surmonter à la lois les rétrogrades et les révolutionnaires^ en utilisant chaque parti selon sa nature. J*y réduis l'appréciation directe de la régénération positive à ce fait générât, indépendant de toute controverse : En rapporUint tout à VHu^ VUinik\ r unité détient phin tum^ivlv ei plm stabltj quin s^cfforcftttt de tout rftttmiîerit Dieu. Mais il témoigne aussi la vénération que raitcienru' .synthèse inspire au philosophe qui pourrait borner sa bibliothèque au poème tle Vhnitaiion^ complété par les épopées de Dante et d'Homère, en condensant la progression occidentale dans sa principale représentation. Cet opuscule fait profondément sentir ma constante disposition à respecler le gouvernement, en quelque main qu'il réside, quoique je ne doive jamais cesser de lui ronsciner une meilleure conduite^ consistant surtout à ne point sortir de sa mission actuelle. Elle se borne à résister sans pousser, jusqu'à ce que la réorganisation spirituelle ait asse^ rectifié les aspirations subversives et guidé les inspirai ions organiques.

Vïe d'auguste comte

Ce respect continu pour le pouvoir temporel devient une obligation spéeiale chez la puissance spirituelle qui, veoaiit instituer l^'occidentalité. doit aujourd'hui se regarder comme implicitement aseociée a tous les gouvernements occidentaux^ et surlout à cnluï du peufile central. Elle ne peut digiienfient régler la vie humaine sans oUrir, duna sa propre conduite, un type anlicipô des mœurs normales, au monde profondément troublé qu'elle vcot régénérer. Sous un aspect plus spécial, le clergé positif doit aujourd'hui sentir que toute commotion politique eritrave la réorganisation religieuse, en faisant toujours prévaloir d*abord l'anarcîûe, puis la rétrogradation jusqu'à ce que le retour du calme ait rétabli le cours des préparations suspendues. Diaprés leurs missions respectives» les deux pouvoirs se trouvent d-ailli^urs animés d'une commune antipathie» spontanée ou systématique» envers la classe radicalement subversive où Ton commence sa carrière par s^ériger en juge nniversel. Avec une entière liberté d'exposition et de discussion, le sacerdoce le jdus favorable à Tessor intellectuel aurait bieuii^t délivré fOccideut d'un fléau que la compression matérielle perpétue et développf* depuis quarante ans.

Outre ce pas ^rénéral et direct vers t*avèneraent de la saine politique, le positivisme a récemment fait de précieux progrès dans Papplication et la propagation delà vraie ruîigion. Trois mois se sont a peifin écoulés depuis que j*ai consacré^ pour la première fois, entre deux nobles prolétaires, le chaste préambule par lequel je venais de compléter le mariage positiviste, dont il fournît un caractère aussi décisif et plus fréquent que le veuvage correspondant. Chacun fKeut ainsi sentir combien le positivisme a déjà touché les deux éléments nécessaires de Timmenso milieu sur lequel il doit toujours s*appuyer; quoique le journalisme et la littérature entravent des contacts contraires à leur anarchique inlluence. [lien ne pourra bientôt empêcher le peuple de sentir que le positivisme assure, mieux que le communisme» le bonheur et la dignité des travailleurs, tout en développant la prépondérance des eutreprencurs. Il sera pareillement impossible de cacher aux femmes l^avènement décisif de la seule religion qui, sans les retirer du sanctuaire domestique, consacre leur juste ascendant et réalise toutes leurs dignes aspirations, tant esthétiques que morales. A mesure que les contacts s'établiront, elles reconnaîtront que le positivisme systématise la double culture du sentiment, de manière à la faire toujours prévaloir, surtout chex le peuple, où résidera le meilleur type féminin* Les prolétaires des deux sexes doivent, de cœur et même d'esprit, mieux sentir qpie les lettrés là vraie philosophie de rhisloire, en appréciant la transition afl'ective qui^ sous le catholicisme et la féodalité^ combinés dans la chevalerie, fit pïùU nement surgir les deux principaux éléments de la sociabilité finale.

En même temps que le positivisme perfectionnait son culte domestique au sein de la métropole universelle, son efficacité religieuse commençait à se manifester parmi les plus anarchiques de tous les occidentaux. D'après une délégation spéciale, j'ai pu récemment conférer, à travers rAtlanlique, le premier sacrement social h la nouvelle fille qu'un couple régénéré vieol de donner à l'Humanité* Grûce au ^èle continu d'un éminent apôtre* notri"

PIÈGES JUSTiRCLSTn'Eft

"S'tl

naiâsaote Église, américain e a déjà pris une attiludo clécism*, surtout depuis qu'elle s*est enrichie û\m noble prolétaire, au centre des divagations proteslanles et de Pagitntion mercantile,

Pendaiîl que le ijositivisnie manifestait, sur une ùchelle restreinte mais décisive^ son aptitude nurniale à n'-^^ler ta vie humaine, tant privée que publiqiîe, parmi les deux principaux éléments de l'ordre final, il témoipjnait aussi sa puissance envers le» classes traDsitoires. Sans m'arrêter à celles qui doivent radicalemont s'éteindre, il me sylTU ici de considérer la mieiu disposée de celles que \n régénération occidentale oblige seulement à 1*6 transformer en s'élevant. Depuis sa naissance, la systématisation positive a toujours trouvé des symfiatbies croissantes^ d'abord passives» puis aciives, parmi les médecins, surtout en France» où leur défaut de discipline collée* tive facilite révolution individuelle. Cette affinité sVst surtout développée chez les purs pralicicns, mieux susceptibles que les prétendus théoriciens de sentir îa nature et les conditions de la synthèse médicale, normalement inséparable de la reconstruclion universelle. Il n'appartient qu'à ceux-là d'apprécier assez les perturbations cérébrales et les rapports continus entre le physique et le moral pour reconnaître combien le positivisme ennoblit leur office en rendant l'homme toujours inséparable de la société. Renonçant à des posilions académiques ordtnaîreinent échues à des fortunes dégradantes, les vrais médecins» surtout, franeais, sont éminemment susceptibles de seconder la régénération occidentale, et même de fournir quelques dignes prêtres deTHumanité. J'ai vu récemment accomplir la noble transformation d'un officier de marine en médecin positiviste, capable do concourir* avec d'autres déjà surgis, à constituer, en médecine, une école synlhéliqueT que plusieurs dignes préparatiotis lendetit à consolider bientôt.

Mon année exceptionnelle a confirmé Tensemble des progrès du positivisme» en manifestant, dans la vente de mon principal ouvrage, un accroissement propre à rassurer envers le subside protecteur. Le coupable silence de In presse anglaise et française n'a point empéehé la Politique posiUm d'actpiérir au moins cinq cents lecteurs, d'autant plus sérieux que cette tactique m'a naturellement [«réservé des attentions frivoles ou malveillantes, tjuand leurs convictions seront assez formées et leurs sympathies suflisamment stimulées, on doit présumer que la moitié d'entre eux concourra régulièrement au subside positiviste, dèsj lors devenu bient(Vt capable do soutenir le clergé régénérateur. Une fois que les rénovateurs sont parvenus à neplûs rencontrf/r que des dil'licultés pécuniaires, elles ne tardent point à ae dissiper, surtout en un temps où la situation universelle fuit continuellement ressortir îe besoin d^nne doctrine et Taplituée du système surgi. Si mes embarras excitent moins de dévouement que ceux de mes prédécesseurs, dont la vie et la liberté restaient habituellement menacées, ils demandent, chez mes patrons, une moindre abnégation, et comportent, de leur part, un (dus vaste concours.

Rassuré par une telle conviction» je vais commencer, avec une parfaite sérénité, le complément de ma carrière inlellectuelle, après laquelle je me livrerai, sans écrire, à mon office social, oit je dois jusqu'alors me borner à

FIE 0 AUGUSTE COMT£

guider le clergé naissant. Ma Synthèse subjective^ ou Sy^^tême universel âa eonceptiom prûpres à Cétai tmnaai de rifumanité, va continuer ma Palitiquf positive, comme celle-ci prolongea ma Philofophw pimlit>e^ début nécessaire de ma grande trilogie. Si, dans la progression normale que forment ces termes d'égale grandeur, quelques sophistes on! nié la continuîlâ tlu second, j*ose assurer que personne ne contestera celle du troisième* De ses trois éléments nécessaires» théorique, moral et pratique, dont le second aura seul deux tomes, je vais aborder le premier, mon SyUéme de logique positive^ on Trotté de phtimophie mfithét7iatigue^ que j'espère publier en octobre. Ce travail sera suivi d'une nouvelle année de repos, essentiellement consacrée k la préparation spéciale de la seconde et principale partie du complément synthétique de ma construction religieuse.

Vu rapproche de cette dernière moitié de ma seconde vie théwque, j*ai dîi terminer Tannée exceptionnel le par le Testament dontj*ai posé les bases t^énérales à la tin de ma Polit ùiue pontioe. Le digne accomplissement d'un tel devoir a retrempé mes forces et consolidé mes espérances, même envers la longévité convenable à ma mission, en perfectionnant mon unité^ d*après une meilleure appréciation, privée et publique, df ma subjectiFilé Hnatt-. Quoique je n'aie pu, malgré mes efforts et mes illusions, y remplir la principale destination d'un tel acto en instituant un successeur qui n'est pas trouvé, j'ai pourtant satisfait à toutes ses autres conditions, comme le prouvera sa publicité délinitivp. Mes treize exécuteurs testamentaires son^ tellement choisis que leurs dignes remontrances me permettront d'y rèiillser l*'s principales améliorai ions que, pourrait y susciter un contrôle plus élendu mais moins profond et moins pur. Cette opération me procure une nouvelle attitude ainsi définie : « Habitant une tombe anticipée, je doU e désormais tenir aux vivants un langage posthume, qui ^^ra mieux ft atfranclù des divers préjugés, surtout thèonques, dont nos descendants « se trouveront préservés. » Ayant dû jusqu*ici parler au nom du passé, quoiquoen aspirant toujours à ravenir, c'est de Tétat futur, irrévocablemoiit déduit de Tensemble des divers modes antérieurs, que je dois maintenant occuper le public occidental, afin de discipliner en consacrant. Sans cesser de vivre avec nos meilleur» ancêtres^ je vais surtout vivre avec ûos desceo* dants, jusqu'à ce que je revive dans eux et par eux après avoir assez vécu pour eux.

Salut et Fraternité.

Auguste CoMTR, 10, pue Monsleiir-le-Prince, Né le 19 janvier 179S, h MûritpffUier.

PlvVlKS JliSTrFICATIVF.S

usa

Réautné fjénéral des mmcriptions pour te subside positivisflê fn 4855

C Minimum, 5 IK

54 françaises. ....... 3,790 fr. ' Moyenne, 70

( Maximirm, l(K>

/ Mininfium, o

18 autres occidentales. . . . 2,740 fr. J Moyenne, 152

f Maxinum», 1 ,087 Plus 3 anonymes* ij20 ù\

Tolal 7o souscripUon^ 7,056 fr. Moyenne, 04

iV. B. Fondé le 12 novembre 1848, le subside positiviste fournît î,O00 francs en 1849,3,^00 en 18o0, 4,200 en 1851, 5,600 en 18a2, 7,403 on 1853, et 7,004 en 185 i.

HUITIEME CmCOLAlRE

Ad ressôe , par Ta u te u r d u Système dft Ph ihsnph ir />o.v it / t^-f* , d n Sffstém e de Polit iq ue ftosilive et de la Sijnlhése subjective^ à chaque coopéra tcur du libre subside sponlanémenl instituée pour le sacerdoce de riluïiianité.

Paris, le Jeudi t3 Moïse 69 (la janvier i8.'i7).

Après sept ans de pônible préparation graduelle, le âvibside positivii^te a

"Sen>îiblement dépassé son minimum normal pendant l'année qui vient de

finir. Quoique c« résultat ait encore exigé quelques elforU exceptionnels,

principalement dus, comme de coutume, à la munificence hollandaise^ il

finonce une amélioration durable. Cette indication est spécialement confir-

6e parla permanence spontanée de Tensemble des souscripteurs, sauf de Tares mutations, dont la plupart sont heureuses. On peut ainsi présumer qu» les embarras matériels vont désormais cesser d'entraver le développement et rinstallation de la doctrine régénératrice, si Tex tension du libro protectorat devient assez conforme à celles du sacerdoce et de l'apostolat . Je dois seulement inviter chaque coopéra leur à régulariser la conduite financière on réalisant, pendant le premier semestre, sinon la totalité, du moins la moitié de sa cotisation annuelle.

Le résultat qUe je viens d'annoncer ayant immédiatement suivi les explications décisives de ma septième circulaire sur la destination sociale du subside positiviste, je suis ainsi conduit à mieux apprécier que je ne Tavais d'abord fait la principale source dMn tel patronage. Quelques souscriptions conservent le caractère d*une sorte de grâce personnelle, dont je me sens plus gêné que toucbé; mais cette participation est maintenant minime, et doit graduellement cesser. Presque tous les coopérateurs, et surtout les principaux, ont essentiellement en vue de seconder la fondation du nouveau

jvoir spirituel qui peut seul terminer la révolution occidentale.

Mes soins exceptionnels envers un grand nombre d'élèves privés, pendant

sso

VIE I>'AUGUSTe COMTX

une génération enliV-re (de 1816 k 1849}, n'ont jarnaîs déterminé ïe moindre concours an protêt Lorat volontciire. 11 en est de môme dans le niilten polyteohojque, quoiqu'on y puisse pleincmenl apprécier i'inîquilé de Ja spoliation qui termina mes dix-neuf années de dignes services [de 1832 à 1851). Je n'ai pas trouvé plus de reconnaissance parmi les nombreux auditeurs des divers cours publics que j*ai gratuitement professés pendant vingt et un ans [do 1831 à 1851 )♦ La lectnre, très propagée, de ma Pfnhtmphie pnsifwf^ dont réditïon originale (à mille exemplaîn^s) est depuis longtemps épuisée, 6t qui fut puissamment assistée d'une incomparable traduction, n'a pas été nioins stérile chêï rewx qui se sont bornés à ce début. Si ces divers modes d*ingra* titude manifestent riiiiarchie spirituelle que le positivisme vient radicalement surmonter^ ils font également ressortir la nature sociale et le caractère religieux du noble patronage qui secundo la régénération occidentale en combinant la chevalerie et le sacerdoce.

On peut ainsi regarder le subside positiviste comme ayant déjà pris une consistance vraiment normale en 1856» sous le concours spontané de deux iniluences croissantes. Tune théorique, Tautre pratique. D'une part» la récente terminaison de ma construction religieuse a dès lors produit son «Het naturel» en indiquant la puissance sociale d'une doctrine pleinement capable de guider le présent dans la paisible élaboration de raveiiir. En même leiiips» l'irrévocable accomplissement d'un grave épisode militaire a partout ranimé, surtout chez le [icuple central, les aspirations régénéra tnr^-t ainsi suspendues.

Ces deux impulsion-* doivent bientôt st^ développer en se conihinanl, a mesure qu'on sentira la coniiexilé naturelle enlro le perfectionnement social et la tranquillité politique. L)éjâ les vrais progressistes reconnaissent Tincompatibilité des aspirations rénovatrices avec les perturbations extérieures. Une équivalente appréciation doit davantage prévaloir envers l^ordr© inlô^ rieur, dont toute altération suspend les dispositions régénératrices en ranimant des sotlicitudes aveuglément coiyservatrices. Le positivisme coosoUdB ces tendances spontanées en les systématisant, puisque le régime de raclivité pacifique repousse tout avènement violent, il dispose les gouveruéâ à regarder les commfHïons politiques comme directement contraires à Télaboration des questions sociales, dont la vraie solution est principalement religieuse. En méoie temps, il montre aux gouvernants que la prèpondéranco normale des aspirations régénératrices constitue la meilleure garantie do l'ordri' matériel, en écartant l'agitation métaphysique d'après rascendant graduel des devoirs sur les droits. On peut ainsi reconnaître que toute restriction habituelle de la liberté d'exposilion et de discussion ienà à perpétuer la situation révolutionnaire, en dissimulant rinterrégno relii^'ieujt qui la produisit et la maintient.

En ce qui me concerne, je dois ici rendre un hommage spécial à la dictiH lure actuelle du peuple central, heureusement qualifiée de mcialisme imf»érùd par un éminent positiviste britannique. Si le socialisme parlementaire et démagogique avait momentanément prévalu, je n'aurais point accompli ma constructiorv religieuse avec la pleine liberté dont elle fut dignement entou-

PIECES JUSTirtCATlVES

r»si

rée, et qui d'avance annule toute tentative oppressive. Mais, quoique mes écrits quelconques, et ceux de tous mes vrais adhérents, aient maintenant acquis une suffisante liberté, je dois toujours demander qu'elle soit coriven^iblement étendue à mes divers adversaires, y compris les plus anarcliiques. L'universel atTrancliissement de la presse, et même de la parole, est désormais indispensable à la réorganisation spirituelte« pour éteindre rusurpaiion théorique à laquelle* le pouvoir pratique fut de plus en plus conduit depuis In fin du moyen être. Cette libL^ratîon exi^e que, sauf les ménagements con\^enablet!^ envers les personnes, tous les clergés soient maintenant réduits à la condition adjolte du nouveau sacerdoce, en ne vivant que des libres subsides de leurs adhérents respectifs.

Un tel mode, loin de nuire au catholicisoie, peut seul procurer à ses vrais organes rindépendance indispensable à refficacité sociale que la foi du moyen âge doit nalurfillement conserver jusqu'à la fin de la transition oecidentale. La situation matérielle où je me suis irrévocablement placé devient aujourd'hui confoniie aux conditions communes de la di«înîté spirîtuelle. C'est ainsi que le positivisme instituera la ligue religieuse qui doit graduellement surmonter rensemble des tendances irréligieuses» en faisant seide converger le catholicisme, Tislamisme, et même le protestantisme. Nulle outre doctrine ne ferait habituellement prévaloir les sollicitudes spirituelles, quand les gouvernants ot les gouvernés ne s'accordent qu'à chercher des solutions purement politiques à des questions essenlîellement morales. Seul, le positivisme rétablit et réalise, d*aprôs de meilleures bases, Tirrévocable programme tmi verset que le moyen âge posa : régler la vie humaine, tiint privée qtie publique, en subordonnant au senliment rintelligenee et Tactivité, que les niûdernes ont exclusivement cultivées.

Graduellement développée par lo protestantisme, le déisme et le scepticisme, la maladie occidentale consiste dans une révolte continue de la raison individuelle contre Ten semble des antécédents humains. Résultée ai' la df'cadence nécessaire des croyances propres au moyen âge, elle a pour siège primitif la ré^'ion spéculative «lu cerveau. Mais sa principale gravité provient de SOI» extension spontanée à la région alTective, en surexcitant Tôrgueil el la vanité, tandis qu'elle coniprime la vénération, et, par suile, les deux autres instincts sympathiques. Développant à la fois la présomption intérieure et la défiance extérieure, elle a pour résultats caractéristiques, dans les trois parties du cerveau, l'ennui, le doute, et l'irrésolution, que la foi positive fait seule cesser. Loin de se borner aux vrais révolutionnaires» le mal s'étend jusqu'aux plus purs rétrogrades, qui, sans admettre le dogme de rinfoillihilité personnelle, sont involontairement conduits à le pratiquer envers les princîpalns questions habituelles. Ils ont spécialement manifesté celte tendajice d'après leur participation croissante au journalisme, qui^ résulté de l'interrégno religieux, tend à le perpétuer. Seuls, les vrais positivistes s^abstiennent d'employer activement, et même d'alimenter passivement, une institution radicalement anarchique, dont ils apprécient les ravagés intellectuels et moraux, en s^elToroantd'en délivrer TOccident d'après un digne usage de la liberté spirituelle.

vie D AUGUSTE COMTE

Tels sont les principaux motifs qoi^ de plus en plus efficaces à mesure qm^ le XIX" siècle se caraclérise, doivent involontairement procurer une consistance croissante au subside sacerdolaL L'insufÛBonce sociale, tant privée que publique, des croyances surnaturelles, fait universellemenl respecter ta morale, toujours démontrable^ qui, dégagée des préoccupations célestes, consacre et discipline toutes les relations humaines, suivant les lois qui leur sont propres. Depuis la On du moyen âge, les âmes émancipées^ manifestent une supériorité spontanée, non seulement d'esprit, mais aussi de caractère, en bravant les diverses peines ofEciellemenl liées au rejet de raiicienne foi. C'est ce qui motiva la quaîillcation que le xviir siècle ni babitueHement prévaloir à leur égard. Mais celle qui l'avait longtemps prt'cédèe indiquait combien là corruption morale se trouvait fatalement liée h raflrancbissement théorique et pratique, d'après la désuétude croissante de la culture aflective. Un tel conflit ne pouvait être radicalement dissipé que par la religion de rHumanité, qui rend ao sentiment sa prépondérance normale, tout en dôveloppanl l'intelligence et l'activité mieux que sous Timpulsion révolutionnaire. Voilà comment les digues positivistes sont less^euls Occidentaux vraiment émancipés dans un siècle où le besoin de construira* impose à tous les sceptiques Thypocrisie la plus dégradante, à la fois théologique et métaphysique.

11 faut mai û tenant indiquer les principaux développements, privés ou publics^ par lesquels le positivisme a spécialement confirmé son opportunité» morale et sociale, pendant Tannéo qui vient de fmir.

Sous le premier aspect, je dois d'abord signaler Tessor s[>ontané (\cs habitudes religieuses qui, consolidant ta véritable unité^ peuvent seules assurer la pleine efficacité de la foi régénératrice. Quoiqu'on puisse difficilement instituer le culte intime au milieu d*nne anarchie qui souvent altère les types convenables, de dignes positivistes ont déjà recours à ces secrètes pratiques journalières, où j'ai, depuis onze ans, puisé mes principales améliorations de tous genres. Ces fruits décisifs doivent indirectement former le meilleur indice d'un usage peu susceptible de vérification directe.

Quant au culte domestique, seul pleinement appréciable aujourd'hui. Tan née 18o6 a dignement complété la première applicaliojï vraiment normale de l'aptitude du positivisme à consolider et perfectionner le lien fondamental. Un second exemple du chaste préambule caractéristique, dont Tannée précédente avait déjà fourni le cas initial^ a spécialement manifesté la tendance des âmes régénérées vers les habitudes sagement eonciHantes qu'exige leur mission sociale- En prévenant de graves conflits domestiques par la préparation catholique du mariage positiviste, un digne couple a noblement témoigné la déférence civique qu'inspire la religion universelle envers tous les cultes locaux et temporaires.

Plusieurs adhésions précieuses, même féminines, ont récemment co&firmé la tendance *iu positivisme à rallier toutes les Ames d^êlite par une suflisaute conformité de sentiments, de convictions et de destinations. J'ai spécialement admiré la pleine régénération, personnelle et sociale, d'un jeune révolutionnaire ôminent, qui déjà voue au mouvement organique la noble

PIECES JUSTiriCATIVlCS

ardeur langtemps apptîquée k ragilalioD subversive. Cette convôrâion décisive semble d'ailleurs promettre au positivisme un organe poétique dignement [irt"piirè par une éducation encyi^lopédiquc.

Lu miîmc année fournit une seconde coï^firmation pratique de la noble résolution oii mon Jiicomparabk' traductrice Ht spontanément surgir le meilleur type actuel des mœurs liltéraircs, ïSrs deux envois, en 1854ptl8îî6i ont beureusement acquitté 1*^ tiers des frais typographiques du tomo final de mon principal ouvrage* Celte scruiiuleiise conduite d'une célibril<'' longtemps indépendante du positivisme constitue la meilleure flétrissure dep^ deux écrivains dont la réputation est surtout duo à la vulprarisaUon brilannicjue de la nouvtdle synthèse*

Vers îa fin de 18otî, révolution positiviste a l'ait un pat: fondamental par la publication du premier volume de ma Si/nth^se subjective. Dès ce de but décisif, ma construction finale a directement caractérisé le complément nécessaire de la relij^ion do rHumanilé diaprés Mncorporation systématique du fétichisme convenablement développé. La destination spéciale decelome initial constate Taptitude du positivisme à di=vcipliner rintellîgence, en régénérant la science la plut^ opposée à toute subordination philosophique. Outre son efficacité normale^ celte synthèse mathématique» directerarnl émanée de la religion univert^ello, doit bientôt produire une réaction indispensable a l'ensemble de la transition organique, en dissipant lo dernif^^ prestige spéculatif. Pleinement alTranchis de la théologie, et même do la inétaptiyàîque, les meilleurs positivistes, surtout théoriciens, restent encore dominés, comme je le fus longtemps, par la science proprement dile* Ils ne peuvent dignement conduire la réorganisation occidentale sans avoir convenablement surmonté ce dernier joug spirituel, plus contraire qu^aucun autre h la juste prépondérance du génie d*ensenable sur resprii de délaiL Cette éjuancipation finale doit surtout résulter d'un traité qui prouve, dans le cas le plus décisif, Tinanité de la science empiriquement isolée de sou but social, et dés lors réduite à construire une suite de programmes essentiel - Icmenl irréalisables.

Trois opuscules caractéristiques ont successivement représenté Tannée 1851) comme Tépoqut^ naturelle où le positivisme, pleinement institué, devait directement inaugurer son ascendant occidental en suscitant un digne apostolat, d'abord pratique, puis théorique. La population centrale, encore préoccupée de vaines tendances politiques, est essentiellement étrangère à cette triple manifestation, due aux milieux où la révolution moderne suscita les trois secousses partielles qui préparèrent la grande crise. En Hollande, en Amérique, en Angleïerre, Tinsuffisance, pleinement appréciable, des ébranlements préliminaires, dispose les âmes d'élite à mieux sentir Topportunité de la construction religieuse qui caractérise le vrai positivisme. Sans doute, la régénération occidentale doit finalement trouver son principal appui chez les populations méridionales, où les femmes et les prolétaires, évitant le protestantisme et le déism+\ ont davantage conservé les traditions sympathiques et synthétiques du moyen âge. Mais la foi régénératrice devait d'abord »Hre spéciaïement assistée, pour TaposUdal comme envers le sub-

vrc d'auguste comte

side, par les flign**s types assentiellenienl énianér^ des peuples prémalun> mont ébranlés.

Du noble foyer bollanciais, qui, depuis dix ans, fournit au poèilivisrae k meilleur patronage moral et matériel» a spontanément surgi le premier bommage public à la relii^ion universelle. Un émineat praticien a pleioemenl manifesté Topportuniti"^ de la n'^urganisalion théorique en proclamant une îligne subordination envers un pouvoir auquel il n'aspEre pas. Outre leur puissante réaction sur un milieu sceptique, qui ne résiste que passivement à la foi régénératrice, de tels exemples j>rouvent que les âmes les plus énergiques doivent aujourd'hui devenir les mieux disciplinables, de manière à mériter fascendant qui leur est normalement promis.

A réminent fondateur de notre Église américaine devait nalurellement appartenir le précieux opuscule théorique où, vers le milieu de 1856, la religion positive trouva, sous ud titre trop modeste, sa meilleure appréciation atluelle. La situation générale d'un tel pays est directement propre a manifester la nature, essentiellement religieuse, do la vraie solution occidentale, en montrant rinanité sociale des remèdes politiques les plus prônés par les docleur^ révolutionnaires. Dépourvue d'antécédents spéciaux, la colonie universelle doit mieux sentir le besoin de se rattacher à renscmble de rHumanité. Ses conservateurs sont nalurellement exempts des iliusioas propres aux nétres sur l'efficacité politique des clergés officiels et des armée* permanentes. En même lemps^ ses progressistes peuvent aisément reconnaître que la suppression de ce double joug laisse pleinement subsister les difficultés sociales partout propres au prolétariat occidentaL Privés du pouvoir officiel par les lettrés et les légistes, les riches, actifs ou passifs, y doivent mieux apprécier la religion qui consacre à la fois le capital et le travail, tandis quelle y peut davantage détourner les pauvres d'une agitation uniquement pniïfitable aux déclamateura. Tous ces privilèges de la situation américaine recevront un prochain essor, d'après les travaux continus du digne apôtre qui vient de s'y caracU'Tiser et du noble prolétaire qi^il a pleinement adjoint à Tassociation régénératrice.

Je devais? spécialement attendre de Tim pulsion anglaise le mémorable opuscule politique où Fun de mes meilleurs disciples, profondément imbu de ma théorie historique, a dignement terminé cette année décisive en inaugurmit la diplotnatic positiviste par f application la plus convenable. Chez le peuple où les vues de détail ont le plus entravé les pensées d'ensemble, le positivisme social ne peut immédiatement pénétrer d'après une exposîttaa générale, directement contraire à la confusion officielle des deux pouvoirs. Un régime qui représenta' rétablissement de la dynastie anglicane comme ayant spécialement préservé ce pays de la grande crise occidentaJe, doit aujourd'hui repousser toute régénération intérieure. Mais il reste pleinement accessible à la rénovation de sa politique extérieure, actuellement dépourvue d'un plan quelconque, [/anarchie occidentale ayant d^abord affecté les relalions internationales, c*est aussi pur elles que la nouvelle Sfiiritualité doit maintenant installer son influence sociale. En politique, comme en logique, les principes les plus importants devant d'abord prévaloir envers les ques-

PlèCKS JUSTlIflCATtVRS

lions les plus sim|)IeS| la diplomatie positiviste ne pouvait convcnablenjcrit surgir que dans le cas le moins orageux. Tels sont ïes principaux motifs du précieux opuscule qui tend à régénérer la politique britannique en flétrissant, d'après un raftprochement décisif, l'outra^'e que subit^ depuis un siècle et demi, la plus énergique des nations occidentales.

Moins de deux ans ont donc suffi pour réaliser la prévision finale de mon principal ouvrage, le prochain avènement spontané^ f>armi les âmes régénérées, d^un digne apostolat positiviste» tant pratique que théorique^ qui nous délivre de la dangereuse assistance des littérateurs quelconques. La formation de notre sacerdoce est moins avancée, parce que, avec une difficile préparation encyclopédique, il combine une rare harmonie entre 1*^ cœur, fcsprit, et le caractère ; sans que je révuque, à cet égard» Ict^ espérances propres à ma septième circulaire. Quand il aura suffisamment surgi, son service, public et privé, sera plus moral qu*intellecluol, et recourra davantage à In parole qu'à la presse, malgré la destinée exceptionnelle de son fondateur.

Pour compléter l'appréciation des divers progrès du positivisme i)endant la principale anné»' de son installation, je doi? maintenant remarquer qu'ils ont tous été naturdloment restreints à quelques âmes régénérées, sans aucun concours aelii de Tensemble des vrais croyants. La planèle humaine contient déjà cinq cents positivistes au moins, que mes circulaires finissent par atteindre d'après mes volumes. Ainsi, l'eiiguité du subside sacerdotal est surtout due à ce que les quatre cinquièmes d*cntre eux n*y prennent jamais ]>art, toute insuffisance personnelle étant d'ailleurs inadmiss^ible envers une cotisation annuelle qui peut se borner à 5 francs. Voilà comment la plupart de mes adhérents deviennent involontairement compliees de la seule persécution habituellement possible dans un milieu qui met hors d'atteinte la vie, et même la liberté, de*; vrais régénérateurs. Outre que tous mes lecteurs assidus reconnaissent les obligations sociales des richesses personnelles, tous admettent la division des deux puissances, et les devoirs matériels de la masse active envers Télite coniemplative, nourrie de libres subs^ides, jusqu'à ce que son budget officiel résulte de la conversion univer* *elle. En considérant Tavènemenl du catholicisme, ils peuvent lous sentir que mes contemporains seront surtout jugés, individuellement et colleclîvemcnt, d'après leur conduite envers le positivisme : deux fiélrissurtis jiersonnelles ont déjà prouvé que j'ose, à cet égard, devancer la Postérité. Je dois donc attribuer la coupable inertie de la plupart de mes adhérents à ce que leur conversion n'a point passé de fesprit au cœur, principale source de la conduite; ce qui fait naturellement espérer une prochaine amélioration, à mesure que la vraie théorie de Funité leur fera mieux apprécier le sentiment.

Synthéliquçment considérée, la réorganisation occidentale doit surtout consister à reconstruire la vénération normale des faibles pour les forts d'après un dévouement exceptionnel des forts aux faibles. Cette abnégation continue ne saurait maintenant émaner que du sacerdoce positif, auquel tous mes vrais disciples, tant pratiques que théorique^f, resteront sponta-

VIK DALGUSTK CUMTK

jiément associôi jusqu'à ce que les gouvernements aient librement transféré lecoaimandement aux hommes d'État régénérés. Outre que le patriciat nor* mal ne peut immédiatement surgir^ la puissance personnelle qu'il exige Tempêcberait de fournir un type suffisant du dévouement social, propre à stimuler ta vénération populaire sans la r^upposer. Les vrais positivistes ne peuvent donc prévaloir qu'en développant, che^ eux-mêmes, pour les exciter en autrui, les trois instincts connrxe^ dont la systématisât) oo constitue le principal privilège de leur foi» Voilà pourquoi je du.s à tout risqua, au début tle ma construction religicuj^e. refuser toute existence officielle, €i même drs pensions quelconques, sans retirer aucun profit perâoonel do mes divers travaux, afin diî ne plus vivre que d*un libre subside, longtemps insuffisant. Tous ceux de mes adhérents qui continueraient à s'abstenir du lacile concours imposé par ieurs convictions seraient bientôt assimilés aux faux positivistes qui, lettrés ou riches, repoussant la réorganisation spirituelle pour perpétuer Tin discipline morale. Je puis donc espérer que le subside régénérateur pourra prochainement permettre Tessor systématique du sacerdoce normal et do Tapostolat théorique.

La réorganisation spirituelle est tellement urgente, que le positivisme y devra bientùt obtenir Tappui continu de toutes lésâmes vraiment refigîeu&es, qui, surtout féminines, sans partager notre foi, seconderont nos efforts pour préserver l'Occident du matérialisme universel. Elles peuvent déjà sentir combien la vie humaine, tant privée que publique, a besoin d'être s^ystémâtiqnement réglée, dans une situation où rempirisme politique ne maintient Tordre matériel qu'en altérant Tordre moral. Que les vrais positivistes s<^ montrent habitueltement dignes d'une telle assistance en élevant leur conduite, personnelle, domestique, el civique, au uiveau de leur foi ; les âmes impartiales ne tarderont pas à leur accorder une admiration qui bientôt s'étendra de la personne à la croyance. Ils seront ainsi reconnus les seuls hommes véritablement complets que comporte ranareliie occidentale, el leur [jrésidence sociale, d'abord religieuse, puis politique, sera dès lor* inconlestée. Mais cet ascendant nécessaire suscite le danger, déjà sensible, de développer en soi la surexcitation continue de l'orgueil et de la iranité d'après nos efforts même pour ta guérir en autrui, vu Topinion exagérée que nous sommes ainsi conduits à concevoir d'^ notre propre mérite. Une telle chute doit maintenant déterminer la principale sollicitude de tous les vraid positivistes, qui déjà prévaudraient s'ils étaient assez unis et disciplinés : leurs sentiments seuls retardent le triomphe social d'une doctrine pleinement adaptée à la situation correspondante. Cette entrave sera graduellement surmontée d'après une meilleure appréciation de leur destination et de leur croyance, qui concourent à leur prescrire, par-deesus tout, l« perfectionnement moral, seule source de l'unité réelle, el, par suite, de U dignité comme du bonheur.

Il doit aujourd'hui consister principalement à reconstruire la vénération chez les âmes d'élite, seules vraiment disciplinables dans une génération anarchique, qui ne peut être, sinon transformée, du moins dominée, que diaprés leur propre rénovation directe. Les dignes positivistes doivent donc

PIÈCES JUSTiFlCATJVKi^ S'i7

fournir Pexeniple contina, non seulement d'une subordination religieuse envers leur chef spirituel et ses d^éguéa quelconques, mais aussi d*un<} obéissance civique à toutes les autorités temporelles, quelle que soit leur origine. Au milieu d'une agitation empirique, ils feront systématiquement sentir rimportance de cont^erver le commandement et la richesse chez leurs possesseurs actuels» qui ne peuvent sincèrement élaborer l'avenir social iani qu'ils restent naturellement préoccupés du présent personnel.

On aurait incomplètement apprécié Finsuffisance spontanée du subside occidental, si Ton méconnaissait les avantages, même intellectuels et surtout moraux, qui jusqu'ici compensèrent les inconvènienU, privés et publics, d'une telle détresse. Elle m'a spécialement préservé de Torgueil, écueil ordinaire d'un pouvoir naturellement enclin à la vanité; son influence extérieure m'a fait mieux juger de mon entourage» suivant la naïve remarque spécialement citée dans ma seplième circulaire. Je dois même souhaiter que Taccroissement nécessaire du subside sacerdotal ne soit pas plus rapide que celui du service correspondant. Le positivisme est tellement opportun qiid à chaque secousse sociale, on a communément supposé qu'il allait bien lût obtenir un grand ascendant, que la confusion des deux puissances dispose u croire plus temporel que spiritueL Souvent le zèle, et quelquefois la souscription de cerlains adhérents tinrent à l'espoir d'atteindre ainsi réh-vation qu'ils ambitionnent, ou du moins Taisanco et restime qu'ils dïsin^nt sans les mériter : si le subside eût été plus large, ils m*au raient ffcut-étre trompé. Quoi qu'il en soit, je me sens assez, averti pour oser désormais garantir que le (mbïic positiviste n'aura pas davantage à regretter envers autrui qu'à mon propre égard l'usage, toujours responsable, du noble appui matériel qu'il fournit à ma mission sociale. Si le subside sacerdotal dépasse sa destination directe, tant collective que personnelle, j^a[>pliquerai Texcédent à l'utile extension du fonds typographique, qui, par sa nature, comporte une addition quelconque, sans permettre aucune soustraction.

En terminant ma huitième circulaire, je dois spécialement déclarer que la lenteur den progrès sociaux du positivisme est plus imputable aux positivistes euï-mômcs qu'au public occidental et surtout qu'aux gouvernements actuels, principalement chez le peuple central. Forcée d*émaner du milieu révolutionnaire, pour une rénovation plus mentale que morale, la doctrine qui constitue la religion universelle, d'après la subordination de l'esprit au cœur, n*a pu jusqu'ici toucher le sentiment qu'à travers l'intelligence. Plus convenable au Midi qu'au Nord, mifux appréciable chez les femmes et les prolétaires que parmi les classes spéciales, elle n'a maintenant converti que des âmeâ exceptionnellement émanées de situations défavorables, ensubstiluant la conviction à la persuasion. Les résultats obtenus suivant un tel mode font assez sentir quelle sera la rapidité du succès quand la prédication positiviste, enfin devenue plus poétique que philosophique, aura directement pris son caractère normal et sa destination naturelle. Grâce à lu noble tolérance du dictateur qui produisit la meilleure sentence du six* siècle, la liberté de mes volumes s'étend à mes opuscules, et même à mes circulaires, où la République Occidentaie est annuellement proclamée sous

vit: It AUGUSTE aOAITK

la tiûibre impérial; Une sagesse spontanée a toujours senti que ce froalU* pice systénialiqye caractérise la prépondérance nécessaire d^une paisible rcconslruction spirituolle sur un orageux mouvement temporel . Récemment invoquée pour un besoin exce[>tionn6l, i'occidentalité ne peut normalement renaître qu'en reposant, mieux qu'au moyen âge, sur la cooibinaîson continue de rindipeudance politique avec la commimauté d'éducation, de religion, et de sacerduce.

Salut et Fralernilé. Au^ssle Comte.

lu, rue Mon&iear4e- Prince.

Né le 19 janvier 1798, à Monlpelllcr.

Ri'sumé tjânértd des sow^crtpttarnf [mur /e subsîfte liositiviste </e (8o0,

I Minimum, S fr* 52 souscriptions françaises , . . , 4,10- fr. } Moyenne, 79

( Maximum, 520 i Minimum, 10

15 autres occidentale:^ 2,697 fr« } Moyenne» 180

( Maximum, 7it>

( Miriimum, A2

6 a n 0 ny m e s , de d i verse> nations, 1 , 'i 47 f r. ? Moyen ne » 24 1

f Maxîmuna, 710

Total 73 soyscriptions, 8,24(j fr i Moyenne, 113

.V. B, Fondé le 12 novembre 184H, le subside i>usitiviste fournil 3,01MJ fr, m WiW, 3,300 en 18tK), 'j,200 en 1831, 3,600 en 1832, 7,400 en 1853, 7,0<t4 en lHo4, el 7,036 en 1833.

N- 33 LETTllIv^ U'ALIGLISTE COMTK AU MCTElli ALIDIFFRENT

su II LA MALADIE M).

PKEMIÊHi: LETTRE.

Pans. Il' sîimedi t 'i Frédéric iî(î (185%), Mon cher disciple.

Vous faites très sagement d'aborder, y Marseille. Têtu de clinique, dès dêbul de votre cours niédical, :^ans attacher une in^portanee exagérée à la| subordination de la pathologie envers la biolojLîie. L'existence et même la structure ont été si mal étudiées et restent si peu eonnues, que voua o^

(i) Cea lettreii, surtout |»récîeuses en ce qu'elleB ébauchent la gmiidc Ihéortd pathologique que devait élaborer le Traité de morate, ont nté acîresst^es, en ÎH^ et ÎH.'îfi. par le fondaleiir du Po>itivisine, k un de îie> ciisciplee les plus dévuuér' M. G. AudifTrent, qui a droit à toute notre reconnaissance pour avoir provoqué i ménté une telle tk) mmuaiLatiou, et pour Tavoir aii^sl Uhéralumcnl tranamisc.

IMÈGKh JLliSTiFltlATIVES

ri39

gagneriez rien à retarder rexainen direct des malades, jusqu'à ce que vous possédiez sur félat normal des notions statiques et dynamiques plus développées que celles qui vous sont maintenant famitières. Si nul art, ultime mathômalique, ne comporte réellement une |>leine ralionalilc, cflui que vous allez apprend r^^ repousse surtout celte illusion théorique. En comparant la médecine d'ilippocrale avec la nuire, vous ne trouverez pas le prorès moderne en harmonie avec les acquisitions scientifiques, même ajtrèi*

''avoir écarté celles qui i^ont équivoques ou vicieuses. Rien ne pourra jamais dispenser de guider la thérapeutique d'après un âufûsant ensemble d^exploralions pathologiques coordonnées par une rationalité spontanée. D'ailleurs, les études cliniques sont éminemment propres à signaler les lacunes et les imperfections de la biologie, dont les conceptions, qui ne comportent aucune application ntédicaïe sont, par cela seul, oiseuses ou vicieuses. Une appréciation pleinement positive dispose à sympathiser avec les prati riens qui dédaignent une culture biologique trof» souvent incompatible avec la vvie synthétique de l'organisme.

D'après une toile considération, vous pouvez dignement accomplir, i» Mar-

"seille, votre principal cours d'éludés médicales, en utilisant les avantages d'un milieu plus abondant en malades qu'yen médecins; sans regretter les

-ressources plus apparentes que réelles, qui sont propres à Paris. Le même

'motif doit ensuite vous déterminer ii passer une année dans Técole de Monljiellier, dont l'esprit plus ontologique se trouve compensé par un carac* lére plus synlhélique, et qui vous fera mieux sentir la médecine hippocratique. Mais il faudra venir passer votre dernière année à Paris, surtout afin i[ue votre doctorat émane du foyer le plus accrédité.

Quant à votre grande question sur le classement des maladies végétatives, vous avez judicieusement pressenti sa précocilé. Toutefois, je puis, à votre intention, ébaucher sommairement une doctrine qui ne m'absorbera directement que dans trois ans.

Par un© contradiction décisive, le langage indique partout rirralionalîlô générale des conceplions pathologiques. Ouoique la maladie soit universellement définie par contraste à la santé, le premier mot devient ordinairement pluriel, tandis que le second reste toujours singulier. Cela signifie que les prétendues maladies classiquement distinguées, se réduisent essentiellein^^nl à de simples symptômes. Il ne peut au fond exister qu'une seule maladie, (consistant à ne pas se bien porter, ijr, puisque la santé réside dans runilé, la maladie résulte toujours d'une altération de l'unité, par excès ou défaut d'une des fonctions en harmonie. Le désordre (:>eut provenir du dehors ou du dedans, quand les limites normales de variation se trouvent dépassées, en un sens quelconque, [jar Taction prolongée, soit du milieu, soit de l'organisme» A mesure que Tespèce devient plus émiiienU.% et plus civilisée, c'est surtout le second cas qui prévaut.

Chez les Occidentaux actuels, même masculins, la maladie doit donc être liabituellement attribuée au centre cérébral, qui domine mieux rensemble de Torganisme. et d'ailleurs fonctionne davantage. Les altérations émanées du milieu n'acquièrent ordinairement de gravité que d'après leur réaction indi-

VIK WALÔU&TE COMTU

rectc sur le cerveau, par les nerfs, ou les rsisseaux* Maïs an e:jt Iiabilodlenienl trompé sur le vrai siège de ta maladie parce que (es syntptdmes affectent rarement les fonctions cérébrales, sauf les cas de grand danger, lis consistent presque toujours dans les altérations que le cerveau troublé détermine sur les autres organes* Vous pouvez ainsi sentir à quel point Im pathologie reste éloignée d'une yraie rationalité, puisqu'elle se trouve tJMi forcée d'ériger ces divers symptômes en autant de maladies distinctes, taot qu'elle ne peut dîrijcrer l'élaboration, au moins subjective, vers le siège réel.

On ne peut espérer un Ici progrès avant d*avoir assez avancé l'analyse du système nervi^ux, qui n*est jusqu'ici que grossièrement ébauchée, d'après la destination, d'ailleurs confuse le plus souvent, entre les trois sortes de nerfs, sensitifs, moteurs, et nutritifs. Les premiers ont surtout besoin d'une séparation rationnelle envers les nerfs respectifs de la musculation, de la calorition et de rôleclrilion, vaguement fondue jusqu'^ici dans ceux du tact. Vos observations cliniques pourront à cet égard fournir d'utiles renseignements sur une distinction aussi délicate qu'importante sans laquelle les conceptions pathologiques ne comportent jamais assez de précision.

Un tel préambule est ici destiné principalement à vous empêcher d*exagérer, suivant la tendance actuelle, rimportanfc du classement f>rématuré que vous me demandez. Puisque les maladies ne sont*que des symptônits* il y faut suivre l'ordre essentiel des fonctions correspondantes. Tel C3t le principe de classement indiqué dans mon volume final, d'après la distinction des trois modes, végétatif, animal et cérébral, de l'existence humaine, 11 vous suffira de prolonger cette règle en développant les fonctions correspondantes, pour oblciiir un classement rrusonnabledes maladies végétativ»*s, c'est-à-dire des symptômes du trouble cérébral, d'après la vie de nutrition. Cette existence se compose d'absorption et d'exhalation, dont Tune consiste en élaboration suivie d'assimilation, et Fautrc en dépuration suivie d'excrétion. Son ensumblf a donc pour centre la circulation, également nécessaire à ces quatre fonctions générales. A chacun de ces groupes d*acles et d'n^ents organiques, a p] cliquez les variations par excès ou défaut, au delà des limites normales (qui sont mal connues encore) ; vous obtiendrez le classement demandé, des symptômes végétatifs de l'altération cérébrale de Tunité, chez rhomme et les animaux supérieurs, mats sant négliger jam^ii s l'îulluence continue du milieu.

UELTXlfeME LETTRE.

Paria, le lundi M Bichtt m (1RB4].

Mon cher disciple,

Votre lettre de vendredi, que j'ai reçue hier» vérifie spécialement votre disposition habituelle à dignement utiliser mes conseils pathologiques. Cei^i pourquoi je dois aujourd'hui compléter ceux de ma dernière réponse, en y joignant quelques autres réflcxoins sur la théorie systématique des maladies-

Le principe que j'ai posé permet de concevoir leur classement ratioamq d'après leurs sources essentielles, (misque toutes résident dans le cerveau.

PIÊCEB JUSTIFICATIVES r*U

Car cette clas^Eficalion doil dès lors ré?^ulter du tableau cérêbraL Puisque la ré}>iou aiïective domine dans Fêtât normal^ elle doit surtout prévaloir cnveri* ses perLurbalions, d'autant plus que son exercice est seul coutino. Quant aux deux autres régions cérébrales, elles ne peuvent influer que sur les iiubdi visions, outre leur participation aui symptômes, lorsque le trouble atteint son maximum. Il faut donc rapporter les maladies au sentiment, dont rintelligence et Tactivité ne sont que les ministres généraux, di^pannus ctftiiirurs de relations dirt^ries avec h vit* vétfiUativf,

On est ainsi conduit à distinguer d^abord lec^ maladies en ép^oïstes et altruiiites, comme les moteurs alTectifs, quoique les unes et les autrcr? puissent avoir lieu par excès ou par di'faut, le premier cas appartient surtout aux premières, et le second aux secoiides- fin insuffisant esfîor de Taltruisme constitue la source secrète d'une foule de perturbations radicalement nn^connues* Telles sont surtout les épidémie? qui succèdent aux commotions politiques, comme les alfections cltolériques survenues dans ce siècle, après ta secousse antibourbonnienne de 1830, la crise républicaine de 1848, et fuirtlement la crise dictatoriale (1851), La source nécessairement cérébrale de toute grave maladie devient spécialement irrécusable envers ces vastes perturbations, que Tempirisme matérialiste proclame inintelligibles.

E)e ce classement général, ou r>eut, d'après le même principe, procéder successivement aux distinctions particulières, en suivant Tordre normal des instincts, personnels ou sympathiques, dont l'intensité mesure celle des perturbations. Vous pourrez ainsi développer simultanément les deux modes essentiels, Tun rationnel et Tautre empirique, que comporte la classification doB maladies, en comparant tantiH leurs sources, tantôt leurs symptômes.

Cette synthèse pathologique conduit dans la pratique à des conséquences générales qui rattachent directement la médecine à la morale. En elTet, les maladies résultant d\me altération de l'unité, tandis que l'unité repose essentiellement sur la sympathie, il est rigoureusement démontré que le meilleur moyen de se bien porter consiste a développer la bienveillance. La gaieté, la sécurité que procure Thabitude de vivre au Qrnnd Jour^ chez ceux qui vitenl pour nutrui^ garantît autant leur santé que leur bonheur; par contraste à la belle remarque de Hufeland sur la faible longévité des comédiens, et généralement de quiconque est souvent forcé de dissimuler.

En étendant le principe patholoii^ique hors de notre espèce, il permet aussi d'expliquer la moindre diversité, comme la moindre gravité des maladies parmi les animaux, même les plus rapprochés de nous. Car, privés du mouvement social, ces cerveaux fonctionnent beaucoup moins, et d'ailleurs réagissent moins sur les viscères nutritifs.

Telles sont les sommaires indications que je devais joindre ici à med aperçus antérieurs, envers une doctrine capitale qui ne m'absorbera directement que dans trois ans, et pour laquelle néanmoins je ne regrette pas les oITort s que m'a déjà suscités votre demande

HÈ

mr, n AUGUSTE comtj

mOIlBIElIE LETTRE.

Pariîî. le jeutlt II" Biehait 66 (déremhre l«:i'i).

Mou rher disciple,

Jo ilois auj^si saisir cette occasion d6 vous r^^

sunier rensemble de mes deux derniéros lettre^? en coocluant à l'introdaction sysLémalique du poiel de vue social, lant dynamique que statique, dans toutes les conceptions médicales» qui ïw sauraient autrement devenir assez r^^elleâ et rationnelles,

La pensée biologique ne peut rester binaire qu'envers les animciux, chc?» lesquels il suffit de comparer l'organisme et le milieu. Dans notre ei^pèce, on ne d<>i! employer ce dualisme qu'en d^romposanl le premier tdèmenl en individuel et eolleciif, ce qui rend ternaires les conceptions foiidam»^nlale<. Pour que feg médecins cessent de dégénérer en vétérinaires :

Entre rfaomrae ri le mnnfl« il faut rHumanité ;

sans un tel médiateur, ou ne peut assez représenter Tactton réciproque d<»s deux éléments du grand dLialisme\ Car c%>st surtout à travers rHumanité que le monde domine T homme et rhomme modifie le monde. Quoique Tordre universel aiïecte directeun nt chacun de nous, son influence réelle sur Tindividu reste surtout indirecte, d'après le poids total de réconomie extérieure enver^^ Tensemble de nos prédécesseurs et de nos contemporains. En comparaison d'une telle résultante, la propre composante de chacun devient de plus en plus minime. D*ailleurs riltmianité protège Thomme contre le monde en mémo temps qu'elle lui tran:=*met sa principale action.

Il faut désormais! écarter la considération de Thomme isolé comm^ une abstraction aussi vicieuse en médecine quVn politique. En constituant le dualisme médical d'après lu réaction mutuelle entre le corps et le cerveau, rexistence corporelle reste nécessairement soumise à deux influences continuas, Tune extérieure, Tautre intérieure. La première lui transmet l'action du milieu matériel, seul apprécié jusqu*à présent, et la seconde celle du milieu social qui tend do plus en plus à prévaloir.

Après m^avoir hier entendu lire à nos confrères votre lettre de dimanche, accompagnée des réllexions qu'elle me suscite, Texcellent docteur Carré, que mes précédentes communications sur la théorie synthétique des maladies avaient beaucoup frappé, me fit spécialement remarquer la tendaoco carac^ térislique vers une telle philosophie dans Técole propre à Montpellier» du moins avant son altération actuelle, et telle que la résume le principal traité de Barlhoz, Cette affinité spontanée constitue la compensation naturelle des inconvénients d'une doctrine ontologique qui néanmoins dispose à la synthèse et détourne du matérialisme si funeste à l'école de Paris, même chez Cabanis et Broussais. Mais une telle tendance ne pouvait devenir décisive que d'après deux grandes conditions successivement remplies par Gai

PIÈCES JUSTIF1C.\TIVRS IJh'i

et par moi. D'abord il fallait que Gall eût placé dans le cerveau toutes les fonctions affectives, on éliminant leurs sièges végétatifs, de manière à constituer l'appareil par lequel les morts gouvernent les vivants. En second lieu, l'existence et surtout l'évolution de la société devaient être ramenées à des lois positives, par ma fondation de la sociologie, sans laquelle les aperçus spontanés des spiritualistes de Montpellier ne pourraient acquérir une vraie consistance, ni comporter une efficacité décisive.

D'après la loi d'interposition, le point de vue biologique, en tant qu'intermédiaire entre le çosmologique et le sociologique, ne pouvait être systématisé sans une suffisante institution non seulement de la cosmologie, mais aussi de la sociologie. C'est ainsi que la science et Part tendent * partout à se fondre finalement dans la morale qui, théorique, établit la connaissance, et, pratique, le gouvernement de la nature humaine, seul objet définitif de nos ?aines spéculations.

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