‹ Notice sur l'œuvre et la vie d'Auguste ComteChapitre 32 sur 65 · CIRCULAIRE INITIALE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE INITIALE

Paris, le 12 novembre 1848.

Nous sollicitons voire attention, et, si vous jugez qu'il y a lieu, votre concours, pour un objet qui nous paraît intéresser à la fois la moralité publique et la science.

M. Auguste Comte, auteur du Système de philosophie positive^ est trop connu pour que nous nous étendions longuement sur les services qu'il a rendus. Son grand ouvrage, distinguant nettement de la science concrète la science abstraite, a, par une hiérarchie admirable, systématisé pleinement cette dernière. Il a fait entrer l'histoire dans le domaine de la science positive, et, de la sorte, tracé le cercle de la connaissance humaine. Mathématique, astronomie, physique, chimie, biologie, sociologie, tel est l'ensemble du développement scientifique, tel est le corps de la philosophie moderne ou positive, telle est la cause profonde, telle est la règle de plus en plus apparente des mutations sociales que nous offrent le passé et le présent. Aussi l'œuvre capitale de M. Comte, si féconde au point de vue de la science pure, ne l'est pas moins au point de vue social et politique.

Ces travaux ont employé la vie de M. Comte. Parallèlement il a pourvu, étant sans fortune, aux nécessités de la vie d'abord, par des leçons de mathématiques, puis par des fonctions didactiques qui lui ont été confiées a l'École polytechnique et dans une institution particulière. Des inimitiés persévérantes, qu'il faudraitqualifier sévèrement si c'était ici le lieu d'en parler, l'ont privé de sa place d'examinateur, toujours honorablement remplie. Enfin dans ces derniers temps, sa disgrâce s'étendant, il a perdii la position qu'il avait dans une pension de Paris.

Telle est la marche de la rémunération à mesure que les travaux accomplis et les services rendus ont été plus grands. Nous pensons que la moralité publique est intéressée a ce que de telles mjustices soient réparées, ii ce que des hommes équitables s'in-

PIÈCES JUSTIFICATIVES

terposent pour empêcher le mal de se faire. Il reste à M. Comte une place de répétiteur k l'École polytechnique, mais les 2000 francs qu'elle rapporte sont complètement absorbés par des affaires domestiques. Il nous a semblé qu'une somme de 5000 francs, fournie annuellement par cotisation, aussi longtemps du moins que M. Comte n'aura pas réussi d'ailleurs à se procurer des ressources quelconques, suffira aux besoins de son existence et de ses travaux. C estdonc cette somme que nous demandons par contribution aux amis de la science, aux ennemis de l'injustice, et a laquelle, bien entendu, nous contribuons des premiers pour notre part.

Salut et fraternité (1).

Suivent douze signaiureu^

(<) CeUo circulaire est due, comme je l'ai dil précédemmenl, à l'inilialive et à la rédaction do M. Littrô.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

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