RESULTAT
Activité.
Fri»iktk, d'où Per
\ Courage. .
( Prudence.
Ce tableau a été construit par Auguste Comte, poui i théorie subjective du cerveau, destinée à remplacer
m Système de politique positive (tome premier, page 726, publié en juillet 1851). Il résume
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oi OEUVRE D'AUGUSTE COMTE.
s'opère suivant un double système de relations constantes existant entre le cerveau d'une part , le monde et le corps d'autre part. Le monde fournit à la fois à l'âme, par l'intermédiaire de ses organes intellectuels, l'aliment, le stimulant et le régulateur nécessaires à son activité extérieure, tandis que le corps, d'après la liaison nerveuse et vasculaire qui l'unit si intimement au cerveau, modifie sans cesse sa masse affective, avec laquelle seule il possède des rapports directs. Ainsi peuvent s'expliquer finalement les réactions les plus intimes et les plus secrètes que le physique de l'homme exerce sur son moral, et réciproquement, celles du moral sur le physique, l'influence du cerveau ou de l'âme sur le corps. La courte légende placée en tête du tableau précédent résume du reste suffisamment la théorie générale de ces relations essentielles , extérieures ou intérieures (1).
Le résultat principal d'une telle doctrine, au point de vue de la science morale, c'est qu'elle fait dépendre l'unité individuelle de la prépondérance habituelle du cœur sur l'esprit et le caractère, et surtout de l'altruisme ou de la bienveillance sur l'égoïsme et la personnalité. En effet, outre que l'intelligence et l'activité, par leur faiblesse relative, d'après leur intermittence naturelle, sont impropres à fonder une telle unité, puisqu'elles ne donnent point l'impulsion, mais seulement le conseil et l'exécution, et puisque leur exercice n'est pas continu, le sentiment seul, vu son intensité spontanée et d'après la permanence résultée pour lui de la duplicité de ses organes propres, qui se trouvent en relation incessante d'action et de réaction avec les viscères végétatifs dont les fonctions ne s'arrêtent jamais; le sentiment seul peut donner l'impulsion habituelle nécessaire à notre conduite, et fournit la base essentielle de la continuité
(l) Voir la IIe partie de cette notice, c Xlll.
individuelle qui maintient l'identité de la personne à travers les changements résultés de la veille et du sommeil, des mutations de l'âge, des perturbations de la maladie et de la variété des situations extérieures, sociales ou cosmologiques. De plus, comme nous l'avons sommairement exposé en résumant la théorie positive de la religion , la nature exclusive des penchants personnels, leur inévitable concurrence réciproque, les rend incapables d'établir aucune harmonie, même individuelle, tandis que les sentiments bienveillants, qui n'exigent l'entier sacrifice d'aucune tendance opposée à leur nature, peuvent heureusement subordonner toutes nos facultés morales, intellectuelles, pratiques et même physiques, à leur salutaire prépondérance.
La morale théorique fournit donc la connaissance positive de l'âme et le principe de l'unité individuelle; elle établit scientifiquement , en même temps que les bases d'une éducation rationnelle, la véritable nature du problème humain, qui, envisagé du point de vue privé ou public, consiste toujours à subordonner convenablement la personnalité à la sociabilité. En se résumant dans la loi générale : vivre pour autrui, elle fixe le terme de tous les efforts de la morale pratique, qui doit toujours, depuis la conception jusqu'à la mort, perfectionner la nature humaine par une action systématique, c'est-à-dire par une éducation appropriée à chacune des phases de la vie (1). La morale, par ses principes ou par son application, embrasse donc à la fois tous les aspects de l'existence humaine, personnelle et sociale, et tend à faire converger sans cesse toutes ses parties tant physiques que morales, vers une destination commune, de manière à obtenir sa plus complète unité. Rien n'est exclu de son point de vue, ni l'action cosmologique, ni
(1) Voir à la seconde partie de celte notice, c. xn, le plan de la morale positive, théorique et pratique, conçu par Auguste Comte, quelque temps avant sa mort, et destiné au second volume de sa Synthèse subjective.
les influences vitales et sociales ; elle explique autant le vice et la vertu, la raison et la folie, la maladie et la santé ; elle règle également la thérapeutique ou l'hygiène, de manière à embrasser par la politique et la médecine toutes les parties de Y art humain, comme elle domine, par sa base théorique, tous les aspects de la science universelle. Science et art tout à la fois, elle réunit dans leur domaine le plus élevé la raison abstraite et la raison concrète, et combine leurs lumières et leurs efforts pour assurer, par une meilleure notion du devoir, notre dignité et notre bonheur, en nous faisant mieux connaître, aimer et servir l'Humanité. Là se termine l'ébauche que nous avons entreprise : après être descendus, en suivant la marche subjective, de la conception du Grand-Être, par la morale et les constructions intermédiaires, jusqu'aux plus simples théories mathématiques, nous avons pu remonter, en suivant une marche objective toujours ascendante, de ce premier terme de la série abstraite et des faits les plus élémentaires, ceux de nombre, d'étendue, etc. , jusqu'aux phénomènes moraux les plus complexes et les plus élevés, qui nous ramènent encore à l'Être prépondérant d'où notre pensée s'était abaissée sur les aspects successifs et décroissants de l'existence universelle. Cette immense progression, cette double hiérarchie de conceptions et d'observations, d'êtres et de phénomènes, constitue donc une série continue à la fois descendante ou ascendante, subjective ou objective, qui partout relie nos théories les plus élevées aux plus élémentaires, et qui d'autre part rattache intimement l'Humanité à l'animalité et à la matérialité. Ainsi se trouve instituée, comme nous l'avions annoncé d'abord, la synthèse universelle et nécessairement subjective, qui constitue la philosophie positive ou le dogme de la religion démontrée. C'est cette noble foi, qui concentre la notion d'un ordre universel irrévocablement constaté, dans la conception synthétique d'un Grand -Être réel, accomplissant sur cette Terre ses destinées normales, d'après une
activité qui lui est propre, et sous la prépondérance continue des fatalités biologiques et cosmologiques, qui vient ouvrir à l'Occident les voies d'une régénération totale, et rendre au gouvernement spirituel du monde la force qu'il a depuis si longtemps perdue (1) .
Bien que j'aie commencé ce résumé de la religion positive par l'exposition du dogme, un tel ordre n'est pas
(*) Le tableau suivant résume fidèlement , d'après le fondateur du positivisme, l'ensemble du dogme réel ou de la foi démontrée :