‹ Notice sur la colline de Sansan, suivie d'une récapitulation des diverses espèces d'animaux vertébrés fossiles, trouvés soit à Sansan, soit dans d'autres gisements du terrain tertiaire du miocène dans le bassin sous-pyrénéenChapitre 32 sur 56 · Anisodon magnum · texte numérisé non relu

Anisodon magnum

Anoplotherium magnum. Lart. Nat. GéqJ. 1$59.

Anoplotherium grartdfc: Blainv. Ostéog. Fas'c. 23. 1848. Chalicotherium. Kaup. ?? ?

Pachyderme plus grand que Y Anoplotherium commune de Cuvier , que j’avais en premier lieu jugé être une espèce de ce genre , d’après la considération de ses molaires observées d’abord en série incomplète.

(*) Je dois à l’obligeance de M. Dubarry, avocat à Bagnèrcs-de-Bigorre et ancien représentant à la Constituante, la communication intéressante de deux molaires inférieures, accompagnées d’autres morceaux de Rhinocéros trouvés dans une caverne récemment découverte près du village de Baudéan, à quelques kilomètres en amont de Bagnères, dans la vallée de Campan (Hautes-Pyrénées).

M. Barciges, instituteur à Baudéan, a bien voulu me remettre aussi une côte de Rhinocéros incrustée de calcaire stalagmitique et trouvée par lui dans une autre grotte qui s’ouvre dans la montagne de Serris à <50 ou 200 mètres environ au-dessus du niveau de l’Adour, dans la même vallée.

Tous ces morceaux de Rhinocéros ne reviennent évidemment à aucune des espèces fossiles de nos terrains tertiaires. En les comparant aux figures de divers autres Rhinocéros, c’est avec le bicorne du Cap que je leur ai trouvé le plus de ressemblance.

Depuis que j’avais fait ce rapprochement, j'ai été heureux d’apprendre, par l’entremise de M. Laurillard, que M. Gcrvais, professeur de Zoologie à la Faculté des Sciences de Montpellier, a, do son cété, trouvé dans cette partie du Midi, des ossements fossiles d’un Rhinocéros qu’il rapporte également à l’espèce actuelle d’Afrique.

Les molaires supérieures de cet animal qui vont en grossissant de l’une à l’autre jusqu’à la dernière, sont en effet fort semblables à celle de I’Anoplotherium ; mais elles ne forment point, comme dans ce dernier, une série continue avec les incisives. Il paraît môme que l’Anisodon était pourvu de canines plus ou moins développées suivant les- individus.

A la mâchoire inférieure, il y a également interruption de continuité dans la série dentaire. Je n’y ai observé qu’une dent très-courte à la place de la canine. M. Lacaze de Monferran pense y avoir reconnu des canines trèsfortes. Les fausses molaires inférieures sont moins comprimées que celles de l’Anoplotherium. Enfin, la dernière molaire inférieure trilobée dans l’Anoplotherium n'a que deux lobes dans notre Pachyderme qui constitue évidemment un genre distinct. Voilà pourquoi j’ai cru devoir substituer à la désignation spécifique d’ Anoplotherium magnum que j’avais proposée en premier lieu, le nom générique d 'Anisodon, c’est-à-dire à dents inégales.

Sansan. C. C. — Tournan (Gers). R. R. R. — Bonrepos (H“-Garonne), par M. Lacaze.

Page 1