FAUNE. — ÉLEVAGE
Les grands fauves sont rares. Les panthères ne se rencontrent plus guère que dans les fourrés de l'extrême nord. Des lions, petits et noirs, fréquentent la même région, mais en très petit nombre. Il y a beaucoup d'hippopotames dans les hautes vallées, mais les éléphants sont presque introuvables depuis une dizaine d'années. Leurs derniers troupeaux ont reculé au plus épais de la forêt. Celle-ci, par contre, fourr mille de singes dans toute son étendue, des singes noirs ou rouges, et qui mènent de branche en branche et de liane en liane un tumulte assourdissant.
Sous le couvert, les oiseaux pullulent aussi et notamment les aigrettes, les pigeons et les pintades. Les marécages
qui bordent tous les cours d'eaux, à Texception du Cavally, foisonnent de canards, de flamants roses, de pélicans. Enfin, tous ces cours d'eau, et surtout le Cavally, sont extrêmement poissonneux. Les insectes abondent dans toutes les régions.
Dans certaines zones de la forêt, il existe une mouche aussi dangereuse pour le bétail que la fameuse tséfsé de l'Afrique australe. Mais le grand district découvert, le Baoulé, en est exempt. Citons enfin les termites, redoutables pour tout ce qui n'est pas construit en acajou, et la chique, cette sorte de puce venimeuse que le Continent noir doit au Brésil.
En fait d'animaux domestiques, les villages indigènes sont presque riches en volaille, en porcs et en chèvres, et on voit, dans le nord du Baoulé, des troupeaux de moutons à poil ras. Le pays est complètement dépourvu de bétail, de chevaux et d'ànes. Aussi des efforts sont-ils poursuivis en vue d'établir une mulasserie modèle, et de déterminer un courant d'importation d'animaux du Mossi. Ce pays, qui est situé au cœur même de la boucle du Niger, et correspond au bassin supérieur de la Volta, est renommé dans tout le Soudan pour sa richesse en bœufs à bosse, en moutons à longue laine, en chevaux et en ânes.
Il est certain que l'élevage des moutons et du bétail donnerait de sérieux bénéfices à des colons établis au milieu des savanes du Baoulé septentrional. On ne conteste pas davantage que, si les caravanes employaient des chevaux, des ânes, des mulets au lieu de porteurs humains, elles réaliseraient par là de grandes économies de temps et de maind'œuvre. — Cependant, il ne semble pas que la colonie doive jamais beaucoup compter sur l'élevage; la superficie attribuable à celui-ci est trop restreinte. Et quant à l'acclimatation des bêtes de somme, elle est difficile, à cause de la mouche dont nous avons parlé.