‹ Notice sur la famille Guy [microforme]Chapitre 44 sur 78 · DE L'ACADIE · texte numérisé non relu

DE L'ACADIE

navales, Mr de Beauharnois fût envoyé en Canada en 4702. Après avoir rempli la charge d’Intendant près de trois ans, il fut rappelé en France et placé sur un plus vaste théâtre. C'est alors qu’il obtint le port Maltois et qu’il le fit ériger en Baronnie, sous le nom de Beauville. C'était en 1707. Quatre ans après que cette faveur lui eût été accordée, le Baron de Beauville fut nommé Intendant de la marine à Rochefort, puis successivement Intendant de justice, police et finances de la Généralité de la Rochelle, Commissaire du Roi dans le pays d’Aunis et Iles adjacentes, dans les provinces de Saintouge et de l’'Angoumois, Intendant des armées navales dans la mer de l'Océan, enfin Intendant-Générel des armées navales en 1726. C’est du moins ce que nous apprend J’Armorial de France. Le Baron de Beauville mourut en 1746, à l’âge avancé de 81 an, sans laisser de postérité. Il avait été précédé dans la tombe, quinze ans auparavant, par son épouse, Melle Anne des Grais, qui étaii décédée en 1731 dans la 63e année de son âge.

Le Baron de Beauville n’était pas encore Intendant- Général des armées navales, lorsque son frère, Mr Charles de Beauharnois, fut envoyé dans la Nouvelle-France en qualité de Gouverneur-Général. Avant de parvenir à ce poste élevé, le Marquis de Beauharnois avait passé par tous les grades de l’armée. D'abord Enseigne, puis Lieutenant de vaisseau en 1699, il avait été fait successivement Capitaine d’une Compagnie franche d'Infanterie de la marine en 1699, Capitaine de frégate en 1707 et enfin Capitaine de vaisseau en 1708, puis Chevalier de St Louis. Devenu Gouverneur du Canada, il profita de la longue paix qui signala son administration pour faire progresser Ja Colonie et la mettre à l’abri de toute jasulte. Après avoir chargé de Ligneris de mettre un terme aux brigandages des Outagamis, il envoya de la Verendrye explorer les terres situées entre les Montagnes-Rocheuses à l'Ouest et les lacs Supérieur et Ouinipeg à l'Est, mission qui a suffi pour immortaliser ce célèbre voyageur. L'attaque

et la prise de Louisbourg ayant fait craindre à Mr de Beauharnois que les Anglais ne se portassent sur le Canada, il mit tout en œuvre pour en augmenter les fortifications. Ces travaux étaient bien avancés, lorsqu'il demanda son rappel. C’est alors qu’en récompense de ses nombreux services, il fut ncmmé, comme l'avait été son frère, Intendant-Général des armées navales, charge dont il ne devait pas jouir longtemps. Il mourut, en effet, à Paris, le 13 Juillet 1749, trois ans à peine après son retour. Le Marquis de Beauharnois avait épousé en 1716 Melle René Pays, sœur de Mme de Bourjoly veuve en dernier lieu de Mr Hardouneau, Seigneur de Laudianière, mais il n’en eût point d'enfants.

Ces deux hauts fonctionnaires ne fürent pas les seuls officiers que la famille de Beauharnoïis de la Boische et de la Chaussée donna à la Nouvelle-France. On en retronve encore deux autres, l’un du nom de Claude et l’autre du nom de Guillaume.—Le premier, après avoir servi quelque temps comme Lieutenant, fut promu au grade de Capitaine, ainsi qu’on le voit ailleurs. Ce fut lui qui, de concert avec le Gouverneur, obtint en 1729, sur le St Laurent, cette belle Seigneurie qui porte encore son nom. Le second, d’abord Garde-Marine, étant passé en Canada, devint Lieutenant en 1702, puis, deux ans après, Capitaine. Il ne fit qu'avancer en grade avec le temps : après avoir été nommé Aide-Major des armées navales et du fort de Rochefo:: on 1711. il fut fait Lieutenant puis Capitaine de vaisseau, et enfin CF :valier de St Louis. II mourut en 1741, à St Domingue, sans être marié.

Les MM. de Beauharnois avaient encore deux autres frères ; l’un, nommé Jacques, Capitaine du premier Bataillon du régiment du Maine,qui fut tué au siège de Mayence ; l’autre, du nom de Jean, qui ne fit pas moins honneur à sa profession. “ Entrés dans le service, dès qu’ils ont été ‘ en âge de porter les armes, disait le Roi de France, ils “nous ont donné, dans toutes les expéditions militaires ‘“et les occasions de guerre, où ils se sont trouvés, des

DE L’ACANIE. 69

% marques de leur valeur et de leur fidélité, à l'exemple “de François de Beauharnoïs, leur père, et de leurs ‘“ ancêtres, qui, pour les services rendus à nous et aux “-Roiïis, nos prédécesseurs, soit dans la robe soit dans ‘ l'épée, ont été nommés Conseillers d'Etat, honorés du ‘ collier de l'Ordre de St Michel et pourvus de charges ‘ considérables et d'emplois militaires.” Ils avaient une sœur qui devint l'épouse de Mr Bégon. !

Marchant sur les traces glorieuses de ses oncles, François, Marquis de la Ferté-Beauharnoïs, né à la Rochelle en {714, devint Gouverneur de la Martinique etde la Guadeloupe en 1756, puis Chef d’Escadre des armées navales en 1764. Un autre, Claude Beauharnoiïs, Comte des Roches- Baritand, Seigneur de la Chaussée, né à Rochefort en 1717, étant passé en Canada, fut fait successivement Lieutenant en pied, Gapitaine, et enfin Lieutenant d'artillerie en 1745. Telle est, en peu de mots, l’histoire de cette illustre famille.

| Mr Michel Bégon qui avait épousé Melle Jeanne Elisabeth de Beauharnois, sœur des MM. de Beauharnois, dont nous venons de parler, est celui même qui rempiit pendant tant d'années la charge d’Intendant du Canada. Avant d'occuper cette place, il avait déjà donné des preuves de sa capacité, d’abord comme Inspecteur-Général à la Cour, et ensuite comme Commissaire-Ordonnateur à Rochefort. Etant repassé en France, il fut nommé Intendant du Hävre et des armées navales. Ce haut fonctionnaire, qualifié de Seigneur de la Picardière et Conseiller du Roi, était fils de Michel Bégon, de Blois, d’abord Commissaire Général à Brest et ensuite Intendant des Galères de France, et de Dame Madeleine Druilon, et l’ainée de la famille.—Scipion Jérôme, . celui de ses deux frères qui venait après lui, devint Evêque et Comte de Toul, puis prince du Saint Empire. Il mourut en 1753, dans la 77e année de son âge.—Claude Michel, le cadet, d'abord Enseigne de vaisseau en 1703, puis Lieutenant de vaisseau en 1714, fut fait Chevalier de St Louis en 1718. Après avoir rempli les fonctions de Major à Québec en 1726, il reçut une pension quatre ans après. Il fut successivement Lieutenant du Roi aux Trois-Rivières et à Montréal, puis devint Gouverneur de ce premier poste en 1743. A sa mort, arrivée en 1748, il laissait, de son mariage avec Melle Catherine Robert, plusieurs enfants, entrautres trois filles qui avaient reçu leur éducation chez les Dames Ursulines de Québec.—Quant aux quatre Demoiselles Bégon, sœurs des précédents, l’une se fit Garmilite à Blois, et les trois autres se marièrent. L'ainée épousa M' Joséph d’Arcussia, issu d’une famille noble de Provence ; la seconde fit alliance avec Mr de la Galisonnière, Gouverneur de la Nouvelle-France ; et la troisième devint l'épouse de M: Foyal de Denuri, Gouverneur de Blois.

Page 1