‹ Notice sur la famille Guy [microforme]Chapitre 7 sur 78 · DÉVELOPPEMENTS DE LA NOUVELLE-FRANCE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENTS DE LA NOUVELLE-FRANCE

Convaincu que le Canada n'aurait jamais de repos tant que les Iroquois ne seraient pas mis à la raison, Louis XIV prend les moyens de les soumettre, en envoyant de nombreuses troupes. Au mois de Juin 1665 commence à arriver le célèbre régiment de Carignan, composé de vingt-quatre Compagnies, formant un effectif de douze à treize cents hommes. Bientôt aprés, arrive Mr de Tracy avec la qualité de

Lieutenant-Général ; puis, avec l’'Intendant Talon, Mr de Courcelles, chargé de remplacer \ de Mézy récemment décédé ; etenfin Mr Boucher continué dans sa place de Gouverneur des Trois-Rivières. Après avoir eu à CARTES le départ forcé de Mr de Maisonneuve et la mort du Père LeMoyne, la Colonie est grandement réjouie par l'arrivée de cent jeunes filles choisies, suivies, peu ape de quatre-vingt-deux autres et de cent-trente colons, avec douze chevaux dont le Roi faisait présent. De nombreux mariages ont lieu, Le fort de Richelieu (Sorel) est reconstruit ; ceux de Louis (Chambly), de Ste Thérèse, de St Jean (l'Assompuion) et de S . sont élevés pour barrer le chemin aux barbares.—L'année su.ur’ . le 9 Janvier, afin d'en finir avec les Iroquois, M: de Courcnlles, & ; 1 tête de cinq ou six cents hommes, part de Québec pour aller attaquer les Agniers, et revient, après beaucoup de fatigues, sans avoir pu les atteindre, Mr de Sorel est envoyé à son tour pour tirer vengeance de quelques meurtres, mais il se laisse fléchir par des paroles de paix, L'expédition est reprise en automne, Avec six cents hommes de troupes et-sept cents miliciens, dont cent Sauvages, commandés par MM. LeMoyne, de Repentigny, de Belestre etc- Mr de Tracy quitte Ste Thèrèse le 3 Octobre et arrive aux quatre bours gades ennemies qu'il trouve incendiées, Après avoir détruit leur. provisions, il revient à Québec le 5 Novembre.—Consternés par cette triple expédition, mais surtout par la dernière, pressés d’ailleurs par la famine, les Iroquois se décident à demander la paix. Ils consentent à rendre les prisonniers et à recevoir des Missionnaires, Pendant que le Père Allouez continue l’apostolat du Père Menard chez les Outaouais, les Pères Pèron et Frémin sont envoyés chez les Agniers ; les Pères Bruyas et Carheil vont chez les Onneiouts. Quant à Mr Dollier, récemment arrivé de France avec MM. le Cavelier, Perrot et Frémont, il consacre ses soins aux malades de Ste Anne, de concert avec les Reli-

gieuses de St Joseph dont l’Institut venait d’être approuvé par un Bref

d'Alexandre VIL De son côté, Talon profite de la paix pour établir de sages lois et asseoir la Colonie sur des bases solides, Après avoir repris, conjointement avec le Gouverneur, toute l’autorité qu'avait la Compagnie de Cent-Associés, il s'occupe avec lui de la formation d’un nouveau Conseil. Les Syndics sont ensuite établis. En même temps, pour favoriser le défrichement des terres, le régime féodal est introduit ; des Ordonnances sont portées pour obliger les habitants à abattre les bois et à ouvrir des chemins etc. Pendant que le Séminaire de Villemarie fait des concessions à plusieurs particuliers dans l'Ile de Montréal, Talon envoie des colons à la côte de Beaupré, à Beauport et à l'Ile d'Orléans. Pour convier les ofliciers et lés soldats du régiment de Carignan à prendre part à ce mouvement, des gratifications d'argent, avec une année de vivres, sont faites à ceux qui consentent à se fixer dansle pays. Lesautresrepassent en France, à la suite de MM. de Tracy et Talon. Chembly est envoyé en Acadie, restituée à la France par le traité de Brèda, avec le titre de Commandant.—L'année 1668 n’est pas moins favorable à la Colonie. Pendant que les Jésuites donnent leurs soins à l'éducation des garçons à Québec et que les Ursulines se chargent de celle des filles, Monseigneur de Laval ouvre un Petit Séminaire, et, peu après, un Pensionnat à St Joachim, et continue à rester uni aux prêtres des Missions-Etrangères. be leur côté, MM: de Fénélon et Trouvé, arrivés année précédente, entreprennent la Mission de Kenté, sur le lac Ontario, aux frais du Séminaire de Paris. Cette même année voit encore arriver gra:d nombre de jeunes filles,

parmi lesquelles Mells Gaucher de Bellerive, de Belestre, de la Borde, des Granges, etc. Pour faciliter leur mariage, le Roi donne trois mille livres. Mr de Quélus, revenu une troisième fois en Canada, en compagnie de MM. d'Urfé, d’Allet et Galinée, favorise les desseins du Monarque, conjointement avec Mr de Bouteroue, nommé Intendant.— En 1669, arrivent de Normandie 150 autres jeunes filles, dotées par le Roi, sous la conduite de Me Bourdon qui en prend soin à Québec, pendant que la Sœur Bourgeois se charge des autres à Villemarie. Six nouvelles Compagnies sont en même temps envoyées ; et, pour les engager à s'établir dans le pays, le Roi leur fait des gratifications, ainsi aw’aux autres qui avaient consenti à y rester. Pendant que la Nouvelle-France se peuple ainsi, et que de nouvelles concessions sont faites à la Pointe-aux-Trembles et à Laprairie, les Jésuites continuent à évangéliser les nations iroquoises. , De leur côté, MM. Dallier et Galinée, en vue de travailler à la conversion des Sauvages, se rendent, de concert avec Mr de la Salle, sur les bords des lacs Erié et Ontario, et en prennent possession au nom dela France.—L'année 1670 est une année de réjouissance pour la Nouvelle-France. Talon y revient. Avec lui arrivent six Récollets. Nombre de gentilshommes, anciens officiers de la Colonie, effectuent aussi leur retour, à la suite de quelques Compagnies. M' Perrot, nommé Gouverneur de Montréal par le Séminaire de St Sulpice réintégré dans tous ses droits, prend possession de son gouvernement. Garakonthié, célèbre Chef iroquois, reçoit solennellement le Baptème à Québec et détermine bon nombre de ses compatriotes à embrasser le christianisme.—Un instant troublée par les attaques des Iroquois contre les Algonquins, la paix est raffermie par le voyage que Mr de Courcelles entreprend, au mois de Juin 1671, au milieu des Cinq Cantons. Pendant ce temps, Talon déploie une activité prodigieuse pour étendre les limites de la Nouvelle-France et augmenter son commerce. De St Lusson, de concert avec Mr de la Salle et N. Perrot, vrend possession du pays des Outaouais en présence des Députés de quatorze nations ; de son côté, St Simon, accompagné du Père Albanel, se rend à la Baie d'Hudson et y arbore le drapeau de la France. Au même temps, des vaisseaux, chargés de bois, de céréales etc., sont envoyés aux Antilles et en France ; la culture du chanvre est encouragée; les mines sont explorées; et, pour relier l'Acadie avec le Canada, un chemin est ouvert de Québec à Pentagouet.—Avant de retourner en France, où il meurt quelques années après, Mr de Quélus avait érigé les Fiefs de Carion et de Verdun. Ce n’est que le prélude des nombreuses concessions de 1672. Cette année, en effet, après avoir annulé celles des années précédentes, dont les conditions n'avaient pas été remplies, Talon, en vue de peupler et tout à la fois de fortifier le pays, accorde, sur les deux rives du St Laurent, d'immenses terres à tous les officiers qui s'engagent à y former des établissements. De son côté, le Séminaire de St Sulpice, aux Fiefs des années précédentes ajoute ceux de Boisbriand (Senneville), d’Ailleboust et de St André. En même temps, il fait procéder au recensement de Villemarie et au tracé des rues. Après avoir eu à déplorer, l’année précédente, la mort de Mre LaPelterie, arrivée le 18 Novembre, la Colonie a encore à pleurer celle de la Mère de l'Incarnation, première Supérieure des Ursulines, qui décède au mois d'Avril. Cette même année, MM. de Courcelles et Talon quittent successivement le pays. L'arrivée du Cte de Frontenac tempère quelque peu la douleur causée par ce double départ.—Le premier soin du nouveau Gouverneur est

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d'élever un fort à Cataracoui ; il en charge Mr de la Salle. En même temps, pour faciliter l'éducation des jeunes Sauvages, il accorde les Iles Courcelles à Mr de Fénélon qui y fait un établissement. Pendant ce temps, Joliet, accompagné du Père Marquet, découvre le Mississipi, 15 Juin 1673.—Le nombre des coureurs de bois s'étant multiplié d'une manière démesurée, le Roi porte contre eux une loi qui, malheureusement, n’a pas plus d'effet que celle portée, quelques années auparavant, contre les vendeurs de boissons fortes. Cette même année, la Colonie fait une perte considérable dans la personne de Melle Mance, La douleur de cette perte est encore aggravée par les démêlés qui s'élèvent entre le Gouverneur et l’'Intendant au sujet de la traite des pelleteries.—Après avoir subsisté près de dix ans, la Compagnie des Indes est supprimée en 1674. Cette même année, Chambly, éloigné un instant de Pentagouet, y revient en qualité de Gouverneur et voit la population s'étendre aux Mines et à Beaubassin.—L'année suivante, après trois ans de vacance, l'Intendance est remplie par M. Duchesneau.—Il arrive avec Monseigneur de Laval qui revient avec le titre d'Evêque de Québec. Pendant que la Colonie célèbre le retour de son premier Pasteur, l’Intendant ratifie les concessions faites par Mr de Frontenac. De son côté, de la Salle, passé en France, obtient, avec des titres de noblesse, la propriété de Cataracoui. Cette même année, les Iroquois de Laprairie, à l'exemple "s Hurons de Ste Foye qui étaient allés, l’année précédente, former l'établissement de Lorette, vont s'établir au Saut-St-Louis.—L'année 1676 voit des marchés publics s'ouvrir à Québec et à Villemarie ; et, n’eûssent été de nouveaux conflits entre le Gouverneur et l’Intendant, mais surtout les désordres causés par la vente des liqueurs enivrantes, la tranquillité publique n'eût rien laissé à désirer.— Pendant que d'humbles représentations sont faites à ce sujet à la Cour de France, les prêtres de St Sulpice, conjointement avec les Sæurs de la Congrégation, ouvrent des écoles au fort de la Montagne en faveur des enfants Sauvages. — L'année suivante 1678, de la Salle, accompagné du Chevalier de Tonty, de la Motte-Lussière, etc, reprend les explorations de Joliet, et, chemin faisant, construit un fort à Niagara. Pendant ce temps, les Pères Jésuites poursuivent leur apostolat au milieu des Onnontagués, des Sonnontouans, des Agniers, des Onneiouts et des Outaouais. — Pendant que la mésintelligence continue à régner entre les fonctionnaires publics, Monseigneur de Laval, après avoir obtenu de la Cour le renouvellement de la loi contre la vente des boissons fortes, effectue son retour en Cane :. Cette même année, 1679, de la Salle parvient à élever plusieurs fons, pendant que, de son côté, Du Luth explore le pays en tout sens. — Las d’une paix qui tient leurs bras enchaïinés depuis quatorze ans, ayant d'ailleurs à se plaindre de plusieurs griefs, les Iroquois songent à reprendre la hache de guerre ; mais, grâce à son puissant ascendant sur ces tribus, le Gouverneur réussit à les apaiser. Peu après, il envoie LeNeuf dela Valliére remplacer, en Acadie, Chambly, nommé Gouverneur de la Grenade —En 1681, en vue de faire revenir au pays les coureurs de bois, dont le nombre était de près de cinq cents, le Roi fait publier une amnistie générale. Cette mème année a lieu le recensement de la Nouvelle-France, dont la population se trouve être de près de deux mille âmes. — L'année 1682 est marquée par un vaste incendie qui dévore la plus grande partie de la Basse-Ville de Québec. Un malheur allant rarement seul, cette même année, Mr de Frontenac est remplacé par Mr de la Barre qui arrive avec M' deMeules, successeur de M' Duchesneau.

Pendant que le nouveau Gouverneur convoque à Villemarie les Mis- \ sionnaires et les Officiers qui commandent dans les pays d'en haut, afin d'avoir leur avis, de la Salle, après avoir traversé d'immenses contrées, arrive sur les bords du Mississipi dont il prend possession au nom de la France —Dans le but 4e contenir les Iroquois, devenus plus insolents depuis le départ du C* de Frontenac, et de déjouer les projets des Anglais qui les encouragent sous main, la Cour envoie trois nouvelles Compagnies dans l'automne de 1683.—Avec un aussi faible renfort, le Gouverneur n'ose se rettre en campagne, mais il y est contraint par le meurtre de quatorze t'rançais. Après avoir réuni douze cents hommes, dont trois cents Sauvages, ‘et les avoir divisés en trois Corps, il prend la route des Sonnontouans ; mais, au moment de les atteindre, ils’arrète s pour écouter les propositions des Onnontagués et consent à une paix aussi peu honorable pour les Français, que funeste pour les Hurons, leurs alliés. Pendant ce temps, Monseigneur de Laval, après avoir constitué son Cl apitre, passe en France ; M Perrot est envoyé en Acadie dont le Gouverneur était rappelé ; les Hurons et les Algonquins de Sillery k vont s'établir sur les bords da la Chaudiére.—Mécontente de la con- 13 \ duite de Mr de la Barre, la Cour envoie le Marquis de Dennonville pour le remplacer. Il arrive avec le Chevalier de Callières, nommé Gouverneur de Montréal. En mème temps, arrivent trois cents recrues que le Roi ajoute aux trois cents, envoyées l’année précédente. Pendant que le nouveau Gouverneur se rend à Cataracoui pour prendre connaissance 4 du pays, l'Intendant approprie au service de son département les anciennes propriétés de Talon et accorde à l'Evèque un emplacement dans la Basse-Ville pour y bâtir une Eglise. Cette même année 1685, dans le but d'encourager le commerce et de favoriser les carrières, le Roi permet aux gentilshommes de faire le négoce et commence à admettr? leurs enfants dans la marine.—Pleinement convaincu que les Iroquois, toujours travaillés par les Anglais, ne tarderaient pas à se montrer, M" de Denonville envoie en toute hâte des troupes à Cataracoui Ë et donne ordre aux Commandants des pays d'en haut de réunir le plus À j de Sauvages possible et de les tenir prêts à marcher. Pendant que ces préparatifs se font, d'Iberville, avec St Hélène et Maricourt, ses frères, se couvre de gloire à la Baie d'Hudson. Après avoir parcouru d'im- À menses pays et franchi des rivières sans nombre, il arrive à la Baie James, où il s'empare successivement du fort Monsoni, Rupert et Ste 3 Anne. Cette même année 1686, M: de Meules est remplacé par Mr de ? Champigny. Trois mois après, le Couvent des Ursulines devient la proie des flammes.—Avec l’année 1687 recommence la lutte. L’attaque du fort Michilimakinac par un parti d'Anglais et de Hollandais en est le signal. Renforcé par l’arrivée de huit cents soldats, sous la conduite du Chevalier de Vaudreuil, le Gouverneur, après avoir entouré Villemarie d'une palissade de pieux, se rend, avec deux mille cent trente hommes, dont huit cents-trente soldats et trois cents Sauvages, à Cataracoui, où il est rejoint par les Commandants des pays de l'Ouest. Après avoir imprudemment fait saisir quelques Iroquois inoflensifs et les avoir envoyés en France, il s'ébranle avec son armée. Le 14 Juillet, il atteint les Sonnontouans, les met en fuite, et, quelques jours après, incendie leurs villages et détruit leurs provisions. Irevient ensuite à Villemarie, après avoir rétabli le fort de Niagara. Exaspérés plutôt que découragés par ce rude échec, les Iroquois tâchent de se venger en recommençant leurs pillages. Après avoir fait quelques prisonniers aux environs de Cataracoui, ils attaquent Chambly et

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