‹ Notice sur la lithographieChapitre 29 sur 40 · ARTICLE XXV · texte numérisé non relu

ARTICLE XXV

Faire les Mors,

On coupe les coins des cartons en dedans^ en tête et en queue : pour bien faire les mors il faut s’y prendre à deux fois: avec le couteau

à parer on coupe l’angle du carton de la longueur de la chasse 5 2^. on

donne un second coup pour enlever un demi-quart de ligne dans le mors et de la longueur du veau que Ton remploie.

ARTICLE XXVL

De la Tranchejile .

La trancliefile ne donne aucune solidité au livrer elle ne sert qu’à mettre le dos de niveau au carton qui fait chasse aux deux extrémités du volume, autrement rien ne soutiendrait le veau ou maroquin dont on se sert pour couvrir, et ils feraient un mauvais effet: c’est pourquoi o^ trancliefile, et comme ce travail se voit, il faut le faire proprement et le soigner à proportion du luxe de la reliure.

> Pour des reliures simples on se

sert de filoselle de deux couleurs, et pour les reliures soignées on prend de la soie et quelquefois des fils d’or et d’argent^ on trancliefile sur des noyaux de carton ou de parchemin, plusieurs ouvriers font des tranchefilesdouhles sur des noyaux ronds, les doubles ne sont pas plus difficiles à faire que les simples : je conseille ces dernières sur des noyaux plats, elles sont plus solides et font un meilleur effet.

On prend une feuille de carton plus ou moins épaisse suivant la grandeur des livres qu’on veut tranchefiler, on colle à la colle d’amidon, des deux côtés de ce carton, du parchemin très-mince, on le laisse sécher, puis on coupe des bandes assez étroites pour faire la hau-

teîîr de la chasse des cartons , alors on prend deux aiguillées de iîloseile ou de soie, on les enfile dans Jeux ai,e;uilles ordinaires, et Ton fiiit auprès de la tête un petit nœud abonde pour empêcher qu’elles ne puissent sortir des aiguilles on attache ensemble les deux autres bouts des soies, on baisse les chasses du livre, on le met en bout dans la presse à tranciiefiler de manière à ce qu’il ne soit serré que par la gouttière : alors on pique une des aiguilles entre les cinq à six premières feuilles de la gauche, près du carton et par-dessus la chaînette, on fait sortir l’aignille par le dos du livre et on la tire jusqu’à ce que le nœud qui tient les deux soies ensemble se cache en dedans des ca-

Iilers du volume et serve à faire ‘le premier arrêt : alors on ramène le fil de soie par-dessus la tête eu dos , pour piquer une seconde fois raiguille entre les feuilles à peu près au même endroit où l’on a déjà piqué^ faisant sortir l’aiguille par le dos, mais on ne la tire pas tout à fait afin de laisser une petite boucle sous laquelle on passe la trancliefile en carton, on serre la soie de la main gauche ( ) , et la tranchefile

est assujettie ; avant de la mettre en ^ ])lace onia courbe entre les doigts pour lui faire prendre la rondeur du dos du livre, on prend de la main droite la soie rouge c^ui pend

( * ) Pour me faire mieux comprendre, je suppose que j’ai pris de la soie blanclie et rouge et que j’ai piqué l’aiguille de soie blanche la première.

à la gauche du volume et sur le carton , on la fait passer de la gauche à la droite, en croisant par-dessus la soie blanche, on la passe entre les feuilles du livre et la tranchefîle en carton pour l’entourer , passan t pardessus la tranchefîle on amène la soie vers le côté droit du carton , et l’on serre de manière que le croisement des deux soies touche la tranche ; il faut pour la soie blanche répéter la même opération que pour la soie rouge : ainsi de la main droite on prend la soie blanche qui pend à la gauche sur le carton, on la fait passer en croisant sur la soie rouge, puis on la passe sous la tranchefîle, entre les feuilles et la tranchefîle, on amène la soie vers le côté droit du carton , prenant ainsi alternative-

mentPune et Pautre soies et les croisant toujours de la gauche à la droite , en passant sur la tranche file on finit par arriver au côté droit du livrer maisayant d’en être là, quand on a fait un certain nombre de points croisés, il faut faire une passe en piquant l’aiguille entre les feuilles, une fois seulement, ces passes donnent du soutien à la tra^pichefile et lui font prendre plus exactement la courbure du dos. On en fait plus ou moins suivant l’épaisseur du livre, ordinairement pour un in-octavo on fait huit points de passe 5 quand on est arrivé au côté droit du volume, on fait une dernière passe en piquant deux fois l’aiguille comme on a fait en commençant, ensuite on fait un

nœud pour arrêter la soie que Ton coupe ainsique les bouts de la tranchelile en carton qui débordent le niveau des mors.

Lorsque les deux bouts du livre sont trancliefilés on le inet en presse entre deux ais absolument comme pour Tendosser , on serre fortement, puis avec un petit marteau on écrase les fils de soie qui sont sur le dos ainsi que les bosses qui pourraient s’y trouver, on arrondit bien les trancliefiles en suivant la courbure du dos du livre, puis on donne d’un bout à l’autre et y compris les tranchefiles, une bonne couche de colle de flandre un peu chaude, en ayant soin cependant que -la colle ne passe pas entre la tranchefile et le bout du dos, ce qui

ternirait la tranche et le dedans de la tranchefile cjui doit être tenu bien propre.

Lorsr|ue la colle de flandre est sèche , on colle sur le dos du livre une bande de bon papier gris , de manière qu’elle empoigne les deux tranchefiles et sans dépasser les mors: pour la solidité du dos on.

peut coller deux bandes Tune sur l’autre en laissant sécher la première avant de coller la seconde : le tout étant sec, on ôte le livre de presse et l’on dégage les cartons qui se trouvent tenus par la colle qui a glissé entre les mors.

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