LVDOVI-P-DOMBAR-D...TISP-M. Croisette
L couronné, accosté de deux fleurs de lis, au-dessous un lambda.
I]b DNS-ADIVT-ET-REDEM-MEVS-1582, Croix florencée , cantonnée de deux fleurs de lis et deux lambda.
[Argent. Pièce de six blancs. — Cabinet de M. Norblin. N. planche XI, «^ 2.)
La lettre M qui termine la légende du droit est probablement une lettre monétaire qui se retrouve jusqu'en 1599, sur les espèces de tout métal et de toutes valeurs.
35. L-D-BOVRB-P-D-DOMBES~M. Croisette. [Louis de Bourbon , prince de Dombes)
Tête de Louis à gauche.
Vf: DENIER-TOVRNOLS. 1582. Croisette.
Deux llcurs de fis avec une bande dans le cliainp. \rgcnt doré. Pièce iVe V. planche V, n"" 3.)
[Argent doré. Pièce d'essai de denier. — Cabinet du roi.
La cirrulalion de la monnaie de Dombes n'était pas restreinte au territoire de la principauté , qui n'aurait pu lui Tournir un écoulement suflisant. Elle avait cours dans les seigneuries et provinces environnantes. Toutefois, son introduction dans les [)rovinces françaises avait éprouvé de grands obstacles.
Par suite des désordres de l'État, et pour y remédier , les rois de France se voyaient souvent obligés de surhausser leurs monnaies , ce qui rendait d'autant plus dangereuse la concurrence de celles des princes voisins , et nécessitait leur exclusion. En septembre 1574, on renouvela les prescriptions qui , maintes fois déjà , avaient été ordonnées sur ce point; un édil fut rendu pour défendre l'entrée dans le royaume de toutes espèces étrangères; et les Dombes, redevenues, depuis la transaction de 1500 , principauté souveraine et ivsolée 5 se trouvèrent comprises dans la prohibition.
Alors le duc de Montpensier sollicita des lettres d'exception ou de tolérance qu'on ne pouvait refuser a son crédit, d'autant plus grand, qu'en cette même année il venait de rendre un important service à la couronne , en soumettant les insurgés du Poitou; et par déclaration de Henri III, du 19 décembre, il fut dit : Que le roinaroil pas enlendu, dans ses défenses an sujet des monnaies
èlrangêreSy comprendre celle de Dombes ; que les espèces d'or et d'argenl el autre métal , fabriquées à Trévoux , aux coins et armes du duc de Montpensier, ser oient exposées et aur oient cours en France y et surtout les douzains de trois deniers huit grains d'alloy, revenant à cent deux pièces au marc.
L'année d'après , un nouvel édit ayant eu lieu pour la réformation des espèces , et les officiers de la monnaie de France ayant arrêté celle de Dombes, le roi permit de nouveau son importation par déclaration du 16 juillet, enregistrée au parlement le 4 décembre suivant ; mais la cour des monnaies opposa des difficultés et n'enregistra qu'avec des modifications qui restreignaient le droit d'introduction aux seules espèces frappées des mêmes pied et alloi des monnoies de France.
Cependant , le mal empirant chaque jour , la cour des monnaies adressa au roi et aux étatsgénéraux réunis a Blois , des remontrances pour solliciter de nouveau le décri ou la prohibition des monnaies étrangères , parmi lesquelles étaient signalés les sols au fer et les escus pistolets (pistoles) forgés à Trévoux, comme faisant le plus grand tort h la monnaie du roi. Ces remontrances amenèrent un édit de septembre 1577, par lequel les espèces étrangères d'or , d'argent et de billon furent à toujours décriées et mises hors de cours. Mais, en 1578 , le duc de Montpensier obtint une nouvelle déclaration d'exception.
La résistance des corps judiciaires devint alors plus vive, le |)arlement n'enregistra qu'après huit mois d'hésitation, et la cour des monnaies opposa im refus formel. Il fallut (pie le roi lui adressât des lettres de jussion , et l'enregistrement eul lieu par obéissance.
Dans la suite, les bonnes inlentionsdu roi pour Messieurs de Monipensier furent encore traversées , mais sans oppositions sérieuses ; les privilèges accordés par Henri UI, confirmés à chaque règne par ses successeurs , devinrent irrévocables ; et la monnaie de Dombes , reconnue en France, ne cessa d'y être admise sur le même pied que la monnaie du roi.
La seule condition de son introduction fut toujours qu'elle serait frappée d'après la loi de celle de France, obligation à laquelle on obéissait scrupuleusement; chaque fois qu'une nouvelle division monétaire ou un nouveau titre étaient adoptés à Paris , l'hôtel de Trévoux s'y conformait, et, de plus, on avait grand soin, comme autrefois sous les ducs de Bourbon , de copier les types des hôtels français, n'y introduisant que les différences nécessaires pour n'être pas accusé de contrefaçon.
Les lestons , deniers, liards , doubles et deniers tournois de Louis 11 , représentés plus haut, sont tous des imitations de ceux du roi. Les pistoles seules sont frappées d'après celles d'Italie et celles d'Espagne qui avaient cours en France où on n'en fabiiquait pas.
IRAIM^OIS. 1582-1592.
François de Bourbon Montpensier, dauphin d'Auvergne, fils et successeur de Louis, vécut pendant les fureurs de la ligue, et compta parmi les plus fermes soutiens du parti du roi.
Sous ce prince , la monnaie fut languissante , on ne connaît de lui que quelques pièces de billon et de cuivre.
36. F-D-BOVRB-P D-DOMBES-M. Croisette. Tête de François à gauche.
T^ DOVBLE TOVRNOIS. 1585. Croisette.
Armes de Bourbon.
[CuÙTe. Double tournois. — Cabinet du roi. V. Planche V, «« 4.
La même pièce, 1588.
[Duby, Planche XLIV,)
37. FRANCIS-P-DOMBAR-D-MONTIS-M. Croisette. Ecu aux armes de Bourbon. Couronne fleurdelisée.
Ijt DNS-AIVT-ET-REDEM-MEVS-1587. Croisette. Croix à palmettes.
(Or. Pistole. Duby, Planche XLIV.)