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L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A L ILE DE LA RÉUNION

Les premiers instituteurs qui exercèrent dans la colonie furent les Frères des écoles chrétiennes qui y vinrent appelés, en 1817, par le gouverneur d'alors, M. Bouvet de Lozier. .

Ils y ouvrirent d'abord trois écoles :

Une à Saint-Denis.

Une à Saint-Paul.

Une à Saint-Pierre.

Ces Frères pour la plupart, comme ceux de la métropole au reste, n'étaient pourvus que de lettres d'obédience: c'est une attestation qui peut être une preuve de vocation^ si l'on ne considère que le religieux, mais qui est irisuffisanté, s'il s'agit du maître enseignant. Cette équivalence est abolie aujourd'hui.

Il est vrai que de simples particuliers, sans titre aucun, avaient de leur propre initiative ouvert des écoles ici et là.

Comme on ne pouvait laisser au premier venu la faculté d'enseigner, une ordonnance intervint le 28 juillet 1811, instituant une commission pour la délivrance du brevet de capacité, titre indispensable désormais pour ouvrir et tenir une école. Dès lors, plus de monopole pour les congréganistes, puisque les laïques pouvaient passer les examens et obtenir le brevet. Toutefois, les écoles de Frères continuèrent à être de beaucoup les plus nombreuses; une

congrégation a toujours plus de ressources pour lutter 'dans la concurrence que de simples individualités.

Les Frères avaient d'ailleurs, en gens pratiques, fondé en 1836, un noviciat, dont les sujets recrutés uniquement parmi les créoles et subventionnés en 1851, par le Conseil général devaient inspirer plus de confiance que les laïques peu nombreux, isolés et moins bien préparés.

La multiplication des écoles aurait exigé une direction et une surveillance efficaces, mais cette garantie manquait. On avait bien créé une commission centrale d'instruction et des comités locaux, à l'exemple de ce qui se faisait dans la métropole, qui devaient s'occuper de la tenue des écoles et de tout ce qui concernait l'instruction primaire, mais ces comités, comme ceux de France d'ailleurs, fonctionnaient peu ou mal, de sorte qu'en réalité direction et surveillance faisaient complètement défaut.

La loi de 1833, qui créa l'inspection primaire, ne fut appliquée dans l'île qu'en 1849, époque à laquelle on institua l'inspection permanente. Un inspecteur fut donc nommé et chargé' de tout ce qui se rapportait au service. Ce poste, qui fut supprimé en 1867, on ne sait trop pourquoi, ne devait être rétabli qu'en 1881. Depuis, on a pu voir passer plusieurs titulaires, mais la fonction n'a pas cessé d'être exercée pour le plus grand bien des écoles.

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