‹ Notice sur la RéunionChapitre 9 sur 82 · V. — Reboisement · texte numérisé non relu

V. — Reboisement

De tout ce qui précède l'on pourrait conclure que, dans un avenir prochain, les marchés de la colonie seront dépourvus de bois de construction et de bois de chauffage provenant du pays. Nous pouvons affirmer, aujourd'hui, que cette éventualité n'est plus à craindre, grâce au reboisement qui prend de jour en jour de plus grands diè^ veloppements.

Certes, les boia de nos essences précieuses, le tamarin des hauts excepté, se feront de plus en plus rares pendant de longues années encore. Les forêts des particuliers s'épuiseront de plus en plus au fur et à mesure qu'elles sortiront de l'indivision et que la propriété se morcellera. D'autre part, le Domaine, pour conserver les essences précieuses du pays, pour améliorer ses forêts et arriver à leur aménagement, sera tenu à des périodes de transition assez longues pendant lesquelles il ne pourra livrer à la consommation que les bois provenant d'arbres dépérissants devenus inutiles pour la régénération. Or, les produits de ce genre ne suflisent déjà plus pour satisfaire aux besoins des services publics coloniaux et municipaux.

Mais des esprits éclairés et soucieux des véritables intérêts du pays avaient vu depuis longtemps le danger ■ que les défrichements immodérés feraient courir tôt ou tard à la colonie.

Les pouvoirs publics d'une part, durent légiférer, à plusieurs reprises, pour mettre un frein à ces dévastations, et le Règlement forestier du 25 février 1874, devenu le code des eaux et forêts de la colonie, a édicté à cet égard les prescriptions les plus utiles. Jlais le rôle du législateur était fatalement limité aux intérêts d'ordre public ; aussi les servitudes forestières qu'il a imposées à la propriété privée n'avaient-elles pour principal but que la conservation et la protection des eaux de la colonie.

Pour satisfaire aux besoins constants de la société et assurer la prospérité de l'île, il fallait reconstituer ce i qui avait été détruit, en reboisant les terres devenues in

F cultes, soit par suite de leur épuisement, soit à cause de-

s leur stérilité due aux sécheresses devenues permanentes

" dans certaines régions de la colonie.

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Dès sa création, le Service des eaux et forêts s'est attaché à ce travail de reboisement. Les essais portèrent d'abord sur les terrains dénudés et arides du littoral. Une essence importée dans le pays en 1763, le fîlao (Gasuarina equisetifolia), semblait y prospérer. On le propagea d'abord sur les pas géométriques de Saint-Paul et de Sàint-Leu, et Ton obtint les meilleurs résultats. A TEtang-Salé, un millier d'hectares de terrains sablonneux et de dunes étaient sans cesse en mouvement. On résolut de fixer ces dunes par le reboisement et, pour ce faire, le filao était tout indiqué. Là encore les essais furent couronnés de succès. Une forêt continue de cette essence recouvre aujourd'hui cette région autrefois aride. Toutes les parties des terrains domaniaux, appelés pas géométriques, qui n'étaient pas louées aux particuliers, furent ensuite reboisées avec la même essence.

A Tautre extrémité de l'île, dans une région fréquemment arrosée par les eaux pluviales, des filaos avaient été plantés en bordure de la route nationale et sur les pas géométriques. Les semences ailées et légères produites par ces arbres se répandirent petit à petit et de proche en proche, sur les laves arides qui constituent les terrains de la région. Sans aucune dépense, tous les terrains domaniaux de la zone basse de Saint-Philippe, qu'on appelle des brûlés, à cause de leur formation de laves récentes, furent de la sorte, transformés en forêts de filaos.

Plus récemment, en 1889, après la création du port de la Pointe-des-Galets, le Service des forêts entreprit de reboiser la plaine rocailleuse et aride qui enserre de toutes parts ce port dans un rayon de 4 à 5 kilomètres. Dans un an ou deux, ce travail de reboisement sera terminé sur tous les terrains qui ont pu être mis à la dis-

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position du Service. Nous n'estimons pas à 1,900 hectares la superficie des terrains autref qui ont été rehoisés à ce jour avec le filao par ] des eaux et forêts delà colonie, à savoir:

119 hectares sur les pas géométriques des commune Paul et Saint-Leu;

30 liectares à la Savanne de Saint-Paul ;

962 hectares sur les dunes de l'Etang-Salé ;

225 hectares sur les pas géométriques des autres pai , , et dans les encaissements des torrents ;

589 hectares à la Pointe-des-Galets.

Si à ce chiffre on ajoute 2,000 hectares enviroi qui ont été reboisés, naturellement, par le filao communes de Saint-Philippe et de Sainte-Rose que le service local, à lui seul, possède acti 3,900 hectares environ de iorétsde filaos.

Mais en même temps que le Service local, le:

taires de la colonie multiplièrent également k les parties les moins fertiles de leurs domaines, ainsi s'approvisionner facilement en bois de t Plus récemment, on s'aperçut que, dans les humides, le filao constituait un excellent tute pour les plantations de vanilliers. Le reboisem filao prit alors un nouvel essor, et l'on peut vo d'huides peuplements considérables de cette es tout le littoral de la colonie. Le Service des eau: n'a pas peu contribué à ce résultat en délivrant ment des plants au\ propriétaires de la colonie.

Ces forêts de filaos particulières et domanii nissent aujourd'hui presque tout le bois de consommé dans la colonie. Le bois de filao, très l'un des meilleurs bois de chauffage connus; li qu'il fournit, également de première qualitt

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ces dernières années, il n'était employé que comme bois à feu; mais depuis la raréfaction des bons bois de construction sur le marché, on l'utilise couramment pour la

charpente. Employé à l'état âgé et à l'abri de l'humidité, il constitue en effet un bon bois de charpente, car il ne le cède en rien aux bois des bonnes essences du pays pour la dureté et les qualités de résistance. Son principal défaut est de se détériorer rapidement lorsqu'il est exposé aux alternatives de sécheresse et d'humidité. Injecté, le bois de filao pourrait peut-être fournir d'excellentes traverses et rendre ainsi de grands services à l'Etat, qui ne trouve plus dans la colonie les traverses nécessaires à Pexploitation du chemin de fer local. Il est regrettable que des expériences n'aient pas encore été faites à ce sujet. Au prix actuel du bois de filao âgé de 25 à 30 £inSj la traverse reviendrait sur pied à fr. 70 au plus . Si l'on estime que le façonnage de la traverse. coûte un franc et que le prix de revient d'une bonne préparation à la créosote serait ici de fr. 90 au plus par traverse, comme en Europe, on verra que la traverse de filao injectée ne reviendrait qu'à 2 fr. 60 l'une,^ alors que l'Etat paye actuellement 5 fr. en moyenne les traverses faites avec les bois des essences indigènes. Nous ne tenons pas compte des frais de transport qui seraient très minimes,. car les forêts appelées à fournir ces traverses sont toutes traversées par la voie ferrée. L'exploitation du chemin de fer pourrait donc les prendre à pied d'œuvre.Le développement delà voie ferrée locale est de 115 kilomètres. Si l'on admet qu'il faille 1^250 traverses pour construire 1 kilomètre de chemin de fer à voie unique, y compris les voies de garage et que la durée des traverses soit de 10 ans, il faudrait une consommation annuelle de 15,000 traverses environ pour assurer l'entretien de la voie ferrée locale. Au prix

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de 2 fr. 60 la traverse, TEtat réaliserait donc une économie annuelle de 36,000 francs environ, s'il pouvait substituer le bois de fîlao injecté au bois maigre et au bois de petit natte qu'il a employé jusqu'ici. Ces bois disparaissent d'ailleurs rapidement, et nous avons vu plus haut que déjà l'exploitation du chemin de fer était obligée de faire venir des traverses du dehors.

Les terrains de prédilection du fîlao sont les sables et les terrains, d'alluvion du littoral; mais cette essence n'est pas diflîcile sur le choix du terrain; on la retrouve sur tous les terrains jusqu'à l'altitude de 400 mètres environ. Son habitat préféré est la zone basse du littoral ; plus il s'éloigne de cette zone et plus ses dimensions se restreignent.

L^ filao croît très rapidement et peut être exploité à l'âge de 15 ans. Il rejette alors de souche, et peut être aménagé en taillis. Exploité à un âge plus avancé, il rejette beaucoup plus difficilement de souche. A Tâge de 25 ans, les forêts du littoral de Saint-Paul et de Saint-Gilles fournissent par hectare 200 cordes de bois de chauffage qui est vendu au prix de 15 fr. la corde sur pied; ce qui constitue un produit de 3,000 francs, soit un revenu brut annuel de 120 francs par hectare. Ce revenu est beaucoup plus faible dans les autres régions de l'île, dont le sol plus ou moins compact lui convient moins que les sables du littoral de Saint-Paul et de Saint-Gilles.

11 résulte de tout ce qui précède que le filao est la plus précieuse de toutes les essences qui ont été importées dans la colonie ; les services qu'il rend sont considérables.

Deux autres essences, importées également vers la même époque que le filao, ont contribué, quoique dans une mesure beaucoup moindre, au reboisement du

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littoral de la colonie. Ce sont, le bois noir des bas (Acacia Lebbeck) et le lilas de Tlnde (Melia Azedarach).On les rencontre à l'état disséminé dans les bois et forêts du littoral. Elles fournissent toutes deux du bois de charronnage et d'ébénisterie très estimé. Ces deux essences ont le défaut de se ramifier à une faible distance du sol et de ne donner ainsi qu'une faible hauteur de fût. Ce défaut serait sans doute corrigé en conduisant les peuplements en massif serré dans le jeune âge. Les essais entrepris dans ce sens sont trop récents pour qu'on puisse en parler. Une autre essence importée plus récemment et beaucoup moins importante, le tamarin de l'Inde (Inga indica), rend également des services pour le reboisement du littoral.

Dans les cirques de l'intérieur de l'île, dans les encaissements des torrents et dans la zone élevée des terrains concédés, de grandes superficies de terrain étaient devenues incultes, soit par manque de fertilité naturelle du sol, soit par suite de l'épuisement des terres dû principalement à l'érosion, car ces terrains sont généralement très accidentés ou situés sur des pentes rapides, soit encore par défaut des bras nécessaires à leur culture. Le Service forestier de la colonie, et quelques grands propriétaires, parmi lesquels il faut citer en première ligne la Société du Crédit foncier colonial, ont entrepris de reboiser ces terrains. Là, comme ailleurs, on ne pouvait pas songer à s'adresser aux essences indigènes, qui ne peuvent vivre et prospérer que dans l'humus de la forêt et à l'abri d'un couvert. On s'adressa d'abord au filao de la Nouvelle- Hollande (Casuarina tenuissima) et à l'acacia Bernier (Acacia dealbata). Le premier, qui vient bien sur les terrains argilo-^ferrugineux et pauvres des altitudes élevées, croît rapidement et rejette facilement de souche, plut d'abord aux particuliers qui visaient à la production du bois

dechaufl'age. Le second, par sa faculté de dragée rendu des services pour le reboisement des penti caissemenl des torrents. Le bois de ces deux e très répandues aujourd'hui entre les altitudes c 1,200 mètres fournit un excellent charbon; il es estimé comme bois de chauffage.

D'autres espèces d'acacia qui furent successive! troduites dans la colonie y prospèrent égalemen leurs peuplements sont encore peu nombreux, i manquons de données précises sur leur avenir, Qi en soit, le forestier a, dés maintenant, à sa dis| dans la colonie, les

Acacia dealbata.

Acacia vera.

Acacia decurrens.

Acacia pycnanta.

Acacia saligna.

Acacia salicina.

Acacia robinia.

Quelques-unes de ces espèces ont une écorc riche en tannin ; elles pourront peut-être rendre vices à cet égard dans l'avenir. On reproche aux de ne pas résister à la violence des cyclones < quentent nos régions; mais leur faculté de draj répare bien vite les dégâts occasionnés par les ci C'est également en vue de la production rapide de chauffage qu'une troisième espèce de fllao, le Cs quadrivalvis, a été répandue depuis quelques ann la Société du Crédit foncier colonial et par le Sen forêts. Cette espèce, qui n'atteint pas de grandes sions, croit très rapidement, drageonne et fournit de chauffage supérieur à celui du filao de la N( Hollande, dont il partage l'habitat. Elle prospère, i

LES FORÊTS DE Li COI.ONIE 57

jusqu'aux altitudes élevées, et est appelée, à cet égard, à rendre des services aux propriétaires de la colonie. Elle sera également très utile au Service des forêts pour le maintien des terres sur les pentes abruptes des cirques et des torrents. Malheureusement, il semble résulter des effets du cyclone qui a visité la colonie le 6 mars 1899, que cette espèce résiste mal à la violence des vents.

On conçoit que dans le travail de reboisement des terres incultes de la colonie l'on ait songé tout d'abord à multiplier les essences propres à fournir du bois de chauffage. C'est lui, en effet, qui, à la suite des défrichements, a fait, le premier, défaut aux usines et aux agglomérations d'habitants situées toutes primitivement sur le littoral. A mesure que les défrichements s'avançaient dans l'intérieur de l'île, le prix de revient sur le littoral, du bois de chauffage qui en provenait s'accroissait rapidement, par suite des difficultés de son extraction et de son transport, et le moment vint où les produits des forêts artificielles du littoral le remplacèrent complètement sur les marchés. Seul, le charbon de bois nous vient encore, à l'heure actuelle, des forêts de l'intérieur.

Les bois d'œuvre devenant de plus en plus rares, on dut songer également à en produire rapidement, et l'on s'adressa, également dans ce but, aux essences exotiques à croissance rapide. Parmi elles, ce sont les eucalyptus, les pins, les araucarias, le Grevillea robusta, le camphrier, le bois noir des bas (Acacia Lebbeck) qui ont été le plus propagés parle Service des forêts. Uneessence indigène, le benjoin, qui peut être plantée en terrain nu, et dont le bois est excellent, a été également multipliée par le Service.

Les espècesd'eucalyptus importées dans la colonie sont très nombreuses, et nous ne sommes pas encore bien fixés

sur la valeur respective de chacune d'elles. Ce ont été le plus répandues par le Service des forètf Sur le littoral et dans la région moyenne de 1 Eucalyptus robusta, rostrata, resinifera, et sur les élevées l'Eucalyptus globulus. Il possède égalem représentants des espèces suivantes :

Eucalyptus citriodora.

— amygdalina.

— hœmastonia,

— calophylla.

— macrorhyncha, etc.

Ces espèces croissent très rapidement et fournis matériel ligneux considérable dès l'âge de 15 à 20 reproche au bois de certaines espèces de travaille coup en se desséchant. D'autre part, beaucoup elles résistent mal à la violence des vents, à en ju les effets du dernier cyclone. Il faudra donc, dans 1 faire un choix judicieux des espèces à propager, nous faut compter d'une façon permanente a cyclones.

Le Service des forêts possède actuellement 85,(X lyptus environ répartis dans différentes région: colonie.

Une essence appartenant à la famille des Protéa (irevillea robusta, récemment introduite dans la < est précieuse pour le reboisement des terrains ( de la région moyenne de l'île. Cette essence < rustique, croît rapidement et donne un fût droit e Les données pratiques nous manquent sur les qua son bois; mais tout fait espérer que ces qualités se moins égales, sinon supérieures à celles des bois par les eucalyptus.

De Tannée 1893 à ce jour, le Service des forêts a mis en terre 21,282 plants de cette essence, qui sont partout d'une très belle venue .

Le benjoin (Terminalia benzoin) est une des rares bonnes essences indigènes qui puissent servir au reboisement des terrains dénudés. Il vient bien dans la région moyenne dé l'île, et dans les sols divisés et assez riches. C'est principalement dans les bas-fonds des torrents qu'il prospère le mieux. Le service en compte plus de 22,000 sujets mis enterre depuis sept ans.

Le bois noir des bas (Acacia Lebbeck) que nous avon& déjà cité pour le reboisement du littoral, rend également de grands services au forestier dans les parties sèches et arides du cirque de Gilaos, jusqu'à l'altitude de 600 mètre& environ. Peudifficile sur le choix du terrain, très rustique et se dépouillant pendant la saison sèche, cette essence résiste facilement aux plus grandes sécheresses. Il est vrai que dans ces conditions elle n'atteint pas un grand dévelopement; mais elle est précieuse pour créer un couvert là où aucune autre essence ne pourrait s'installer. Son feuillage est d'ailleurs très recherché pour la nourriture des bovidés et desovidés. En outre de l'action de son couvert sur la climatologie de ces régions arides, elle rendra donc toujours des services à'ia société, même là où elle n'atteindra pas les dimensions voulues pour fournir du bois de charronnage. Depuis l'année 1892, 200 hectares de terrains arides ont pu être reboisés avec cette essence, dont 170 hectares dans la partie sud du cirque de Cilaos et 30 hectares dans la plaine des Galets.

Parmi les pins, les essais ont porté jusqu'à ce jour sur le pin maritime, sur le pin noir d'Autriche et sur le pin des Canaries. De ces trois espèces, c'est le pin maritime qui a donné les meilleurs résultats dans les parties ele-

-vées des cirques de Cilaos et de la Nouvelle. Le pi time est montagnard pour la colonie, et rendra grands services pour le reboisement des régions t Là, il s'élève jusqu'à la zone des tamarins des hau il partage l'habitat. Le Service des forêts a été na ment tenté de créer des futaies mélangées de et essences, et il a entièrement réussi. Le mélange d rin des hauts (Acacia heterophylla) et du pin m (Pinus pinoster) constitue, à notre avis, un des mi peuplements que l'on puisse choisir pour reboi terrains des hautes régions de la colonie. Soit ist soit en mélange, ces deux essences ont servi à r jusqu'à ce jour, dans les cirques de Cilaos et de • velle et à la plaine d'Affouches, 300 hectares envi terrains dénudés.

En même temps qu'il travaillait au reboisemen colonie avec les essences ci-dessus énumérées, vice des eaux et forêts faisait également des li'autres essences. C'est ainsi qu'il possède des ments, récemment créés et de faible importai chênes, de camphrier, d'Araucaria Cockii, d'Aï Bedvoilli, d'acajou, de santal, de teck, de nia ■d'autres essences dont il suit avec soin le développ Parmi ces essences, l'Araucaria Cockii, ou pin coli ■de Nouvelle-Calédonie, donne dès ici les plus j ■espérances.

De camphrier, dont quelques particuliers po; d'ailleurs des peuplements déjà âgés, rendra égf des services pour le reboisement de la zone m de l'île.

Des esprits avisés avaient également songé à i le quinquina dans la colonie. Le docteur Auguste «n recevait des semences, le premier en 1866, et d'

époque la plante était introduite. Mais les plantations ne se multiplièrent pas dès le détiut. En 1884, le Service des eaux et forêts entreprit de donner plus d'essor à la culture de cette essence, et en fît des plantations dans différentes régions de la colonie, afin de mettre des résultats sous les yeux des propriétaires. Trente mille sujets de Cinchona succirubra,deCinchona calisaya et de Cinchona oflîcinalis furent ainsi mis en terre dans les communes de Saint-Denis, de Saint-Paul et de Saint-Leu.

De ces trois espèces, c'est le quinquina rouge (Cinchona succirubra) qui a donné les meilleurs résultats. Le quinquina jaune et le quinquina gris ne prospèrent, en effet, (jue dans les sols très fertiles; ils restent chétifs et dépérissent rapidement dans les sols de fertilité médiocre. Le quinquina rouge lui-même, quoique plus rustique que les deux autres espèces, ne vient bien que dans les sols assez fertiles, entre les altitudes de 500 à 1,000 mètres environ. Le Domaine ne possédant que peu de terrains disponibles présentant ces conditions, les plantations ont été faites principalement sur des terres appartenant à des particuliers. Elles ont parfaitement réussi en ce qui concerne le quinquina rouge. A l'âge de 10 ans, les sujets de cette espèce produisent en moyenne 3kilog. 500 d'écorce. De Tannée 1892 à ce jour, le Service a délivré aux propriétaires de la colonie 53,000 plants de Cinchona succirubra. Ce chiffre aurait été beaucoup plus important si les demandes avaient été plus actives.

Dans le même ordre d'idées, et pour faciliter l'exploitation des terres des régions élevées de Tîle, le Service des forêts y a fait des essais de culture de ihé\ Le thé de

1. On peut voir, à l'Exposition, du thé de la Réunion préparé par le Ci^it foncier colonial (Agence de la Réunion), et qui est un produit tout à fait remarquable. (Note de l'éditeur).

Chine et le théd'Assam, qui ont été principale dus, viennent très bien dans la colonie à partir ■de 300 mètres environ. Ces espèces se repro naturellement par la semence, et sont pre lisêes. Les propriétaires de la colonie pourr rapidement la culture de cette plante le jour o <ie la fabrication du thé s'y installera.

Enfin, depiiisquelques années, le Service a au des essais de culture de plantes à caoutchouc plusieurs milliers de plants de Manihot Gla lianes à caoutchouc de Madagascar. Le Manih< vient très bien partout où on l'a planté ; ma il ne semble pas que sa richesse en caoutcht aux espérances qu'on avait fondées sur lui.

caoutchouc de Madagascar sont beaucoup pi suc à caoutchouc; mais son extraction est faudraitune main-d'œuvre abondante et à très pour en tirer des profits.

11 convient d'attendre les résultats que foi essais déjà entrepris avant de se prononcer su la culture de ces plantes dans la colonie.

G. Keho Cher du Service des El

L'expérience a depuis longtemps démontré que dans les îles tropicales, surtout celles dont le sol est volcanique, tous les produits de la terre s'affinent et gagnent par l'action du terroir et du climat une délicatesse dont n'approché aucun produit continental.

La preuve n'est plus à faire en ce qui concerne l'île de la Réunion. Chaque fois qu'une plante y a été importée et qu'une culture rationnelle a suivi cette importation, elle a donné, après plusieurs générations, des produits supérieurs aux produits des pays d'origine.

Le café de Bourbon est considéré par les connaisseurs comme le meilleur du monde entier, la vanille l'emporte également sur les autres espèces, les fleurs à essence, les plantes à parfum, les bois précieux, les herbes médicinales, en un mot, tous les végétaux utiles à l'humanité acquièrent naturellement, dans ce sol privilégié, leur maximum de vertu.

Seul, le tabac produit dans l'île n'a pas, jusqu'ici, été prisé à sa valeur, faute sans doute d'avoir été soumis, par grandes quantités de la même qualité, aux connaisseurs du monde entier, ce qui est impossible actuellement. Car chaque petit planteur prépare son tabac à la Réunion selon sa fantaisie, inspirée généralement par la routine ou par le désir de courir moins de risques et par la nécessité de livrer son produit le plus rapidement possible.

Aussi rencontre-t-on les différences les plus consi-

dérables entre les tabacs des différents planteurs, même quand les terres sont voisines à la même altitude et composées des mêmes éléments naturels. On peut dire qu'il y a autant, de sortes de tabac à la Réunion qu'il y a de planteurs ; chacun d'eux a w son secret^ )> dont le but est de pallier aux deux défauts primitivement reprochés aux tabacs de l'île, qui sont l'incombustibilité et l'amertume. Et comme on prépare le tabac en carottes, faites de feuilles provenant de différentes époques de coupe et de recoupe, on trouve des dissemblances même dans les différentes carottes mises en vente par le même planteur. Ainsi qu'on le verra dans nos conclusions, tant qu'une sorte de Régie agissant pour toute la colonie ne centralisera pas les tabacs de l'île, afin de leur faire subir une préparation uniforme, il sera impossible de porter un jugement sans appel sur les tabacs de Bourbon, et l'on

1 . Par une déplorable entente de leurs intérêts, par une sorte de gloriole trop fréquente dans la colonie, les paysans ne livrent point facilement leurs secrets de culture. Chaque habitant presque, a sa manière à lui. Or, des différences même légères, dans la préparation, se traduisent par des changements considérables dans la qualité. C'est un fait reconnu pour tous les produits fermentes, aussi bien pour le tabac que pour le vin.

Ici, on récolte les tabacs avant leur maturité (Plaine, Bois-de-Nèfles, Saint-Paul) ; là, on leur donne, à la place de fumier, des cendres de bois (Salazie) ; ailleurs, on recommande l'arrosage des plants avec de l'eau dans laquelle on a fait macérer des tronçons de feuilles d'agaves (Saint-Louis) ; ailleurs encore on use uniquement de fumier de porcs, mais surtout de porcs nourris de tubercules (Dos-d'Ane, la Nouvelle), etc. Toutes ces méthodes tendent à rendre les tabacs plus combustibles et ont pour principal effet de leur fournir de la potasse sous la forme la plus appropriée aux ressources des petits cultivateurs qui suivent ainsi sans s'en douter les avis de Schlœsing.

La mise en carottes qu'on verra plus loin, constitue une méthode de fermentation, en vase clos, dans laquelle le coup de corde remplace la pression exercée par le « tas » sur lui-môme, tandis que l'enveloppe de bananier ou de palmiste empêche l'accès de l'air.

pourra avec raison, selon la source où l'on a leur trouver les plus grands mérites ou, au coi défauts les plus irréductibles.

De grands efforts ont déjà été tentés pour o nos tabacs soient acceptés sur les marchés d'e: et il est certain que, tôt au tard, les tabacs de qui peuvent parfaitement être préparés de faç le goût des consommateurs européenSj seront prix relativement aussi élevé que les cafés, li et les autres produits de l'ile.

Déjà, aux diverses Expositions, de nombreu; penses sont venues encourager divers produc cigarettes du Moulin-Joli, par exemple, sont d'à recherchées qu'elles sont plus rares, la Régii des tabacs aj-ant jusqu'à présent refusé de les vente, et l'on remarquera certainement à l'Exf 1900 les tabacs exposés. Mais l'initiative indiv forcément insuffisante, parce qu'elle ne peut s'e tous les tabacs de Bourbon à la fois.

Tel qu'il est généralement mis en vente aujo tabac de Bourbon a pourtant de nombreux ama n'est pas sans intérêt de décrire la manière acti planter, de le récolter et de le préparer.

Nous montrerons les défauts du système aci ferons suivre cette élude sommaire du récit su efforts faits pour améliorer les modes de prép nous terminerons par un projet d'installation d unique ou de régie des tabacs de la Réunion.

Différentes espèces. — Toutes les espèces viennent bien dans le sol de l'ile aux différentes mais les planteurs recherchent surtout celles q plus rustiques, dont les feuilles épaisses et ru plus de poids et qui peuventdonner jusqu'à tro

€6 LA RKCNION

Les espèces primitivement importées à une épo lointaine se sont hybridées, car on n'a, en généra soin spécial pour les porte-graines ; toutefois, reconnaître principalement les ■ caractères d langue de bœuf, du gros tabac bleu, du macoub mille feuilles (sorte de havane).

Dans certaines localités, les espèces de Sumai nille, Tabac d'Orient, Conneclicul, plus récemn portées, ont fortement hybride les anciennes. I des hauts de l'iie, notamment celui de Salazie, se ra davantage du havane. Celui des bas ressemble au tabac bleu et au connecticut, notamment à Sain

Semis. — On sème le tabac à différentes époqu l'altitude, mais il semble que l'on puisse faire d avec succès presque toute l'année, et certaines étrangères réussissent même souvent mieux en

Sur le littoral, on commence les semis en aoùl tembre, sur des plates-bandes de terre tamisée, él dix à vingt centimètres au-dessus du sol et qu'o lées et tassées. On fait le semis aussi compact i sible, sachant bien que les fourmis ne manque: d'enlever un grand nombre de graines et que fa de petits pieds seront détruits par les oiseaux ( sectes. Les planteurs soigneux couvrent les sei des feuilles, les entourent de petites clôtures, les d'eau dans laquelle on a fait macérer quelques l de feuilles d'agave (aloès, dans le pays), dont l'ai écarte les insectes et dont la teneur en potasse p< riser la combustibilité du plant futur. Mais les ainsi tassées germent lentement, et la pousse, germination, est peu rapide.

Il faut un mois, au moins, et plus souvent de'

LE TUBAC 67

i plants qui s'étouffent mutuellement, soient épiques.

tURBiCE. — On les repique dans d'autres plateslarges et bien fumées, où on les espace de dix et où on les laisse o en nourrice », disent , pendant au moins un mois encore, pendant arrose fortement, et on les échenille tous les mis continue, pendant ce temps, à fournir lur de nouvelles plates^bandes.

IPIQUAGE, — Enlin on transplante les pieds ice » à la place déBnitive qu'ils doivent oces champs, trop souvent parmi les jeunes re ouïes maïs. On les surveille un peu, jusrise, pour les abriter du soleil ou pour rem- |ui se sont desséchés, puis on les abandonne ans le moindre buttage, jusqu'à l'écimage et

[ui a souffert longtemps sur le semis et en que deux transplantations successives ont Fois dans son développement, vient pourtant pour peu que quelques pluies l'arrosent en mais les feuilles sont épaisses et rudes, le ■t de nervures et les nervures médianes Le tout sera chargé de résines et gorgé de planteur s'en réjouit, ^'ous verrons plus loin

- Lorsque le tabac est arrivé à douze ou quinze s, on l'écime en enlevant le cœur, composé lilles, qui termine le sommet de la plante, les aisselles des feuilles pour pincer les JÎ ne manqueraient pas de se former après I retire, pour mettre sécher à part, les deux ou

planteur» ont emprunté aux Chinois la méthode qui

tJO LA REUNION

trois feuilles voisines de la terre qui ont di on fera des carottes de qualité inférieure.

Coupe. — Enfin, lorsqu'il est mùr, c'est les feuilles du haut, quand on casse la m vers son extrémité, font entendre un spécial bien connu des planteurs, on coi ras du sol pour le mettre à la pente dans ou dans un hangar spécial, mais souvent étable, dans une ancienne cuisine, dans un rages ou à grains, dans la paillotte mém petit planteur! A ce moment, quatre à cir passés depviis le semis !

REPotssES. — Pendant un mois au m planteur va récolter les repousses qui vi souche ayant fourni la première récolte, seront assez abondantes et vivaces pour q saire d'en limiter le nombre à une ou deii tabac de ces repousses sera composé <i< petites, mais beaucoup plus combustibles récolte précédente avec lequel d'ailleurs, il ment mélangé dans la confection des carol

Porte-Graines. — Les bous planteurs laisser de côté intacts avant l'écimage les pi afin d'obtenir la graine nécessaire aux j vantes.

Plusieurs même ont entouré les fieurs ■ pour empêcher l'hybridation de l'espèce tiennent, mais beaucoup aussi n'ont pris lendemain et laissent simplement aux soi repousses fleurir et produire la graine née

consiste à placer une goutte d'huile de pistache (arai aisselle qu'on a débarrassée du bourgeon naissant. A produit plus aux endroits qu'on a eu la précaution d'

e vivre au jour le jour et l'in ;s incurables chez nombre de

iTE. — Le tabac reste à séchera n que la température est pli n que les travaux des champs iberté au planteur. En générf jcolte ne soit exceptionnelleméi :asins ne soient pas assez vast s carottes qu'on pourrait faire,

longtemps à sécher.

«te pas généralement, même d

tabac renommés, delintluenci lente dessiccation sur la futur

>it permis de rappeler à ce p:

ues expériences personnelles.

i L\ MISE A LA PENTE SUR LA COJ

rant toute fermentation, s'améli is les pays chauds, en vieillissa lité, notamment, est accrue, t un phénomène très intéres ntre que, même après les vg< la combustibilité, recherches (] ec une méthode si rigoureuse ie lucidité, il y a encore à gla observation, de tabac de Bourbon, notan:

)mbustibles, abandonnées Ion n hangar, finissent par de 5 à prendre le feu et à le cons ids, oi'i (chaque hangar constitu die, les feuilles perdent certaii

gagnent des qualités nouvelles. Leur poids se fi? d'une manière à peu près définitive pour le mê de siccité.

Les matières gommeuses (amidon?... sucre?... i qui rendaient la feuille collante et glutineuse au disparaissent avec le temps. Mais si déjà, par préalable, on en a enlevé la majeure partie, la comî s'accroit beaucoup plus tôt. Comment? On peut ' plusieurs hypothèses.

Y a-l-il échange, par endosmose, entre les ga et ceux contenus dgns les pores de la planti sorption d'oxygène ? — élimination de gaz sull Y a-t-il une sorte d'oxydation, de combustion, nisàtion très lente ? une naturelle transformat produit végétal en amadou ?

Plus simplement les faibles différences de ter diurne et nocturne entre les parties supérieu férieures externes et internes de la feuille ont-4 longue, un effet mécanique d'écartement et de di' fibres et des cellules déj'à distendues par la ohal tante du climat, favorable à l'introduction de Ta conséquent à la combustion ?

Tout cela n'est point invraisemblable et vaud doute, d'être examiné avec plus de rigueur scient je n'ai pu le faire ; mais quelle que soit la cause, certain, et des tabacs poussés dans un sol sab apports marins, comme ceux plantés par M. d à Savanna (Saint-Paul-Etang), classés d'abord ii tibles, se sont améliorés par la seule action du du temps, d'une manière incontestable.

Les planteurs auraient donc grand avantage^ qualité de leur tabac, aie laisser longtemps — 1 temps — à la pente. Le minimum serait de six

selon la température ; mais c'est bien i aps de temps s'écoule avant laconfectio planteur ayant hâte de vendre son tabac ROTTES, — Les pieds une fois jugés secs ; la pente et les feuilles sont arracbées nide, afin de n'être pas trop endommag id, le « cotOD », comme on dit, beaucoup [lisent.

ne bon à quelque chose. On le fait boi vec laquelle on humectera tout à l'he i, les feuilles destinées à être mises e eau, ajoutant à la nicotine contenue dani contenue dans le « coton », augmente c au détriment de sa qualité. Mais peu ité ! La force et le poids tout est là poi

=tionner la carotte, on commence par jan c'est-à-dire que, tant bien que mal. on iment la plus grande partie de l'arêle n les étend par terre les unes sur les au ie la longueur et sur une surface d'un m

• de la couche de feuilles varie. Très fort de feuilles ainsi constitué, elle va en d lux deux extrémités. Les plus grande i reçoivent sur elles les rangées de petites milieu de cette sorte de gâteau bombé,

ta future carotte.

copieusement arrosé d'eau dans laquell le nous l'avons dit^ les pieds secs dépou on a ajouté, parfois, du miel, du gros s ;anne à sucre), des sels de potasse, du fal ou d'autres aromates.

LA BEUKION

hommes saisissent alors le bord du paq et le roulent sur lui-même en le serrant de

ils le maintiennent serré par quelques to brins d'aloès.

, aussitôt, l'opération de la mise sous.cord» ntoure le faisceau de feuilles ainsi formé essée en aloès, en vaeoa ou en latanier, le plus possible, de manière que chaqu e touche le précédent, enroule sa spirale Iles et constitue une enveloppe clause aussi nt que possible par un moyen aussi son t cette opération, les feuilles dégorgent un ! et poisseux formé de l'eau qu'on leur a et qui a dissous en partie de la nicotin res et des gommes ; mais il reste encore | 'eau dans la carotte ainsi formée et qui nce d'un losange allongé ou d'un énorme i ses deux extrémités, pesant en moyenne d js et rappelant, par sa forme, les fuseaux e qui servent d'enseignes aux marchands di ce.

uleur du tabac dépend presque uniquemen î d'eau qu'on introduit dans les carottes, it mouillé, plus il est noir ; cela provient, e ce que l'eau qui a bouilli avec les « coton! es marmites de fer, décompose le tanni , D'ailleurs, tandis que dans la plupart d( i, on recherche le tabac faible et blond 1 on préfère le tabac noir et fort.

îNTATioN. — Une fois bien serrées soui les carottes sont rangées debout sur une di dans le coin d'un hangar. On dirait une col

e fil sei e long < , d'une j restée chaqu

cet inc

tes peu }urs, di le poidf réciproi .e temp c'est-à-

càbest:

<ur la atte), o ne. Gel et qii'ui bac de tuée pai

de l'ail •, comn tabac h de cord veloppe l'écorce e uDe p a deus nt le ta pt port< )ntinue corde) ilon ses

Le tabac en carottes est vendu au fabricant, ai tant, à un prix peu supérieur aux frais de cultui peut estimer environ 25 centimes- le kilog. I carottes contiennent encore 50 0/0 d'humidité ; et planteur, ne calculant ni son temps ni ses pe: félicite de vendre au fabricant l'eau contenue i carottes au même prix que le tabac.

Emploi du Tabac. — Le tabac, après fabricati surtout fumé en cigarettes, mais tout le tabac s'est point porté à la fabrique. 11 y en a une pai sommée à Tétat de nature par certains habitf prennent simplement les feuilles jaunies sur le lès fument tant bien que mal, une fois sèches. Le ce tabac, sans préparation, ressemble beaucoup d'Orient, mais il est plus piquant et beaucoup p

Une partie du tabac, ■ — beaucoup plus considéi mise en carottes, sert au planteur et à sa famille.

Enfin la meilleure part des carottes des peti teurs est vendue en fraude ainsi qu'on en a la pn l'examen des Tableaux d'entrée du papier à ci publiés par l'administration des Contributions ini

Il entre plus du double de papier à cigarettes, compter ta fraude sur ce papier, — qu'il n'en fa consommer tout le tabac des fabriques, sur lequei de consommation est payé.

Donc, la moitié au moins (beaucoup plus en du papier à cigarettes entrant dans la colonie est e à fumer du tabac qui n'a point payé les droits.

Chiffre moyen, l'impôt (qui va en diminuant] 160,000 fr. environ. A 2 fr. le kilo, cela rév vente de 80,000 kilos par an, qui, uniquement con en cigarettes, donneraient environ soixante mil cigarettes par an.

le il est entré, certaines années, de cinq à six apier à cigarettes, on peut compter qu'elles lumer cent trente-sept millions de cigarettes l'on tient compte des entrées de papier en sont importantes à cause de l'impôt exagéré, ilo, — qui frappe le papier à cigarettes, on r environ mille cigarettes par tête et par an, j donne, pour la consommation locale, plus r tète et par an, et plus de cent mille kilos né en fraude et sans payer les droits.

)n est un des pays du monde où, proportion- )n fait le plus de fraude et où l'on fume le irettes.

ABBiCATiOH ET DE VENTE. — Les carottes cons les fabriques sont décordées au moment du >ut l'art du fabricant, à la Réunion, consiste

les tabacs de différents planteurs avant de de manière à obtenir une bonne qualité uniuî est un idéal yVimai^ atteint, fabricants ont en réserve de vieilles carottes tabac de deux ans, très parfumé, qu'on mélutres tabacs en très petite quantité dans la acher pour améliorer le tout. Ce tabac revient ats à 2 fr. le kilo, au moins. C'est lui qui acde Bourbon son odeur tout à fait engageante, elle des fruits ^mùrs ou des conlitures, des i du chocolat, selon le degré de fermentation. s de plusieurs carottes éprouvées d'avance isociés et placés dans une machine à hacher par un cylindre horizontal devant lequel arge couteau en forme de disque bien afiilé.

pression, à l'autre extrémité du cylindre, :ampon qui refoule le tabac dans le cylindre

LA HEUKION

sur le couteau, au fur et à r

tombe dans un coffre en la ime des feuilles de papier.

■ placent en petits tas sur d roulent sous la paume de la r les fibres encore mouillée:

ette importante opération doit riers d'élite, car, bien faite, e nt les brins réunis ressemb js'. Mais, mal faite, surtout tabac peu résistantes à ces iduil que de la poussière et d ]ue inutilisables, ce qtit est u icant. ,

ie, il y a toujours un déchet la finesse du hachage.

î le tabac à sécher sur des il perdu la plus grande part

ickiers le prennent, une fois que les brins soient rendus ca aquets ou cartouches de 10, 2i , selon la qualité du tabac, plus forts en nicotine et aux ont empaquetés dans les pli es cinq et dix centimes et achi onsommateurs recherchant, a H fort.

délicats, dont la vente est beau

l'Exposition du Moulin-Joli, au pa ^ssée en tabac de Bourbon. (Note di

3 en cartouches de 40 à 500 grammes et amateurs préférant le tabac parfumé, aux !S, de couleur plus claire, et beaucoup de nicotine.

les. les cartouches sont revêtues de vignettes idministration des Contributions indirectes ortion de 2 fr. par kilo de tabac haché ibrique.

en du tabac, en fabrique, sous cartouches de 4 fr. le kilo pour les petites cartouches ent dans les débits 5 ou 10 centimes piécu ilo) et contiennent le tabac le plus fort.

1 cartouches plus grosses, de 40 à 500 gr.

kilo.

e de prix est certainement justifiée par la

qualité, mais, non pas par la différence à-dire que le fabricant achète aux planteurs n prix d'autant plus élevé que ce tabac est us noir, et aussi que les feuilles dans la ca- ; longues et plus solides. C'est cette qualité u'ilrevendle meilleur marché, parce qu'elle masse des consommateurs qui ne peuvent 5 à 10 centimes à la fois et qui néanmoins las d'autre. Plus un tabac est faible et blond, cant le paye cher. Or, c'est justement celui n grosses cartouches à de rares amateurs, ■é.

la fabrication, la vente, la surveillance des c, le mode de perception des droits de I, bref, tout le régime des tabacs à la Rende ces anomalies.

Le droit de consommation, beaucoup trop încouragement à la fraude qui se fait, dans

78 LA. BÉUniON

toute l'Jle, sans répression sérieuse. Ce n'est gut Saint-Denis que les fumeurs consomment général* tabac des fabriques ayant acquitté Timpôt.

Dans tous les autres quartiers, on se procure facilement du monde du tabac de fraude à 2 fr. ce qui est une concurrence désastreuse pour les fai des quartiers. Les fabricants ne peuvent évid lutter à ce prix, puisqu'ils ont déjà 2 fr. de droits par kilo, sans compter leur licence de 500 fr. et la licence de débitant d'environ 300 fr.

D'autre part, les planteurs, leur famille, leurs tous ceux qui, à tort ou à raison, se disent prodi n'eussent-ils que dix pieds de tabac devant leur pt le droit de posséder chez eux une carotte enta environ 500 grammes de tabac haché. Ils ne s'en 1 faute. Comme tout le monde fume à la Réunion, ; même les jeunes enfants, on voit combien de i le fisc perd.

Toutes les opérations faites dans les fabriques, le hachage jusqu'à la pose des vignettes, sont sur par un agent des Contributions indirectes, consti présent et qui emporte la clef de la fabrique peni heures de repos.

La surveillance n'est guère difficile ni méritoii le tabac se trouvant concentré dans une seule pièce d'une unique porte, et dont toutes les autres ouv sont grillées. La fraude serait, d'ailleurs, bien dil bien peu productive, car il faudrait qu'elle se fit tous les ouvriers, en quelque sorte publiquem comme là, on ne vend qu'aux débitants qui, eux, ne j revendre que des cartouches vignetées, les seules public reçoive chez les débitants, on peut dire que veillance permanente dans les fabriques est réel

presque sans objet ; des visites inopiiiées suffiraient, dans les fabriques et dans les débits.

11 faut reconnaître d'ailleurs qu'elle n'est ni vexatoire ni même gênante.

Mais combien elle s'exercerait avec plus d'utilité et de profit pour le fisc, si les nombreux agents qui sont immobilisés dans les fabriques étaient occupés à réprimer la fraude qui se fait partout ailleurs!

Moyen de réprimer la ïraude. — Ce n'est point le tabac sous vignettes qu'il importe de surveiller; celui-là a acquitté l'impôt. C'est la fabrication des carottes et leur écoulement dont il faudrait dresser un compte exact. 11 n'y a rien de vexatoire pour les honnêtes planteurs à être astreints à déclarer le nombre des carottes qu'ils ont fabriquées tous les ans et à représenter, à toute réquisition, soit le nombre de carottes déclarées, soit un reçu du fabricant qui les a achetées, reçu qui, si l'on se défie du fabricant, pourrait être contresigné par Tagent des douanes en permanence dans la fabrique. Une certaine quantité de carottes serait laissée au planteur pour sa propre consommation.

Par ce moyen^ toute possibilité de fraude est évitée ou toute fraude peut être immédiatement découverte .

Aucun effort jusqu'ici n'a été tenté dans ce sens.

Bénéfices des fabricants. — Les fabriques de tabacs de la Réunion, — elles sont actuellement au nombre de sept, — qui pouvaient se soutenir largement lorsque Timpô t était de 1 fr. par kilo, sont loin d'être prospères, aujourd'hui que le droit a été élevé à 2 fr. Elles ne doivent leurs bénéfices qu'à la vente du tabac d'exportation à Maurice et Madagascar, cette vente étant exempte de tout droit.

La principale fabrique, pour le chiffre des affaires appartient à un Chinois qui, grâce au solide appui de ses compatriotes, tous débitants de tabacs à Bourbon et

Maurice, peut pincer ses produits avec plus d'avani plus grande quantité que tous les autres fabricani

Il est d'ailleurs facile de se rendre compte c ment des opérations des fabricants.

Le tabac ordinaire est acheté environ fr. 2 On y ajoute dans la machine à hacher, environ ui tabac à fr. 50 et près d'un quart de tabac à 1 une très petite quantité de tabac à 2 fr. le kilo lange peut revenir à fr. 75 le kilo. Il y a. après triage et séchage, moitié de déchet.

Le kilo de tabac haché revient donc au fal 1 fr, 50. A ce prix, ilfautajouter le payement des (U fr. 50 par 8 kilos, pour le hachage, 2 à 3 fr. | cartouches ordinaires), la valeur du papier (de ' fj", 35 par kilo de tabac), l'amortissement du m des impôts, un pourcentage pour les pertes in de tabac se gâtant en carotte, une autre pour les ( insolvables, et enlîn le droit de 2 fr. par kilo.

On voit donc que le tabac valant 1 fr. 50-f-2 fr. ( -(- au moins fr. 40 de frais divers, ne revient moins de 4 fr. le kilo aux fabricants.

Or, c'pst le prix auquel il est vendu aux débitan faljiicants, ainsi qu'on l'a vu plus haut.

.^jouions que tous les frais sont faits d'abo. labricaiit, avant toute recette. 11 commence par a tabac, acheter les vignettes, payer les ouvriers, le cl ensuite il attend que les débitants aient ve tabac pour rentrer simplement dans ses déboui besoin d'argent, il lui reste la ressource de se fa icr par les banques des sommes plus ou moin en meltanl ses carottes en gage.

On se demande donc où commence le bér fabricant ?

Ce bénéfice est constitué d*abord par la vente 'du tabac ■de luxe qui, sous forme de cartouches de fr. 30,0 fr. 80, 1 fr. 60 et 3 fr. 50, se revend, comme nous l'avons dit, à 7 fr. le kilo de tabac supérieur et qui revient à moins de 4 fr., prix que coûte l'ordinaire.

Mais les acheteurs de tabac de luxe sont l'exception.

Exportation. — Le véritable bénéfice est dans la vente <lu tabac d'exportation pour Maurice et Madagascar, où se trouvent des créoles qui, habitués au tabac des fabriques de Bourbon, n'en veulent pas d'autres. Ce tabac se paye en fabrique de 3 fr. à 5 fr. le kilo, selon qualité, et comme il est exempt de droits et emballé généralement en grosses -cartouches, il ne revient guère à plus de 1 fr. 50 à 2 fr. le kilo.

Sans les recettes que leur procure le tabac d'exportation, toutes les fabriques de la Réunion seraient fermées •depuis que le droit a été porté à 2 fr., mais il ne faudrait pas croire pourtant que ces recettes soient considérables.

Les marchés de Maurice et de Madqigascar ne demandent pas à la Réunion plus de 90,000 kilos par an. •dont moitié seulement de tabac haché, le reste en feuilles; — encore y a-t-il plutôt décroissance depuis quelques années. — Cette exportation ne laisse pas aux fabricants -de la Réunion, tout compte fait, un bénéfice net supérieur -à 75,000 fr., dont la majeure partie est acquise, comme bien on pense, à la fabrique du Chinois.

Cigares, Cigarettes et autres produits. — Une autre source de bénéfice résulte de la vente du tabac de bouche, poussière de tabac impalpable dont la vente est exempte -de droit. On y ajoute du jus de tabac, de la potasse, des aromates; et. cette poussière humide, dont la fabrication -est plus délicate qu'on ne pense et qui doit être Utilisée -au jour le jour, est vendue pour servir de tabac à chiquer

fr-

aux Noirs, notamment aux Malgaches, qui éprouvent à se placer une pincée de cette poudre sous la langue et à la conserver dans la bouche un plaisir dont il est difficile de se faire une idée. Nombre de jeunes et jolies créoles, suivant l'exemple de leurs aînées, se servent de cette poussière comme poudre à dents, et Téclat des perles qui brillent entre leurs lèvres prouve qu'elles n'or^t pas tort.

Certaines fabriques se sont fait une spécialité de la fabrication de ce « tabac de bouche », et les recettes produites par cette utilisation du tabac ne sont nullement à dédaigner, mais il est difficile de les fixer, même approximativement.

Il y a peu de priseurs à la Réunion, par conséquent peu d'amateurs du « tabac de nez », par opposition au « tabac de bouche ».

Les cigares fumés dans le pays sont tous fabriqués avec du tabac venant de l'Inde, en feuilles, ou de la Havane, mais surtout de l'Inde. Ce sont les Coringhys fabriqués par des « chiroutiers », Indous pour la plupart. Ces ouvriers sont peu habiles.

On importe dans l'île environ 8 à 10,000 kilos par an de tabacs en feuilles destinés à la fabrication des cigares. Il est à noter aussi qu'on trouve dans le commerce des cigares d'Algérie à bas prix. La consommation annuelle est de 40 à 50,000.

Il est difficile de les conserver longtemps dans le pays. (Jn insecte muni d'une tarière s'y développe et les transforme en cylindres percés de toutes parts (le Xylopertha serricorniSy d'après M. Bordage). Il s'attaque notamment aux cigares les plus fins et les plus doux.

Quant aux cigarettes, le droit d'entrée frappé sur le papier à cigarettes, 8 fr. par kilo (40 fr. par colis postal de cinq kilos), oblige les fabricants à les vendre trop cher.

! presque tous les fumeurs qui se procurent du

:igarettes, parfois entré en fraude, préfèrent

cigarettes eux-mêmes.

TES DU Moulin-Joli. — Seules, les cigarettes du

'(', malgré leur prix élevé, ont, à cause de !a

îciale de leur tabac, des amateurs fidèles, pour

d'origine étrangère au pays.

que du Moulin-Joli, à Saint-Paul, mérite une

)articulière. Elle a été créée dans le but de

les marchés étrangers, grâce à une préparation

;nte de celle des autres fabriques.

treprise, encore récente, est ainsi décrite dans

jre publiée par la Chambre de c'ommerce de la

:périences de culture tentées â diverses reprises

tenir des planteurs qu'ils cultivassent de nou-

pèces de tabac qu'on put exporter avec profit,

îchoué,

défauts persistaient, malgré toutes les tenta-

'. tabac était trop fort en nicotine, et il brûlait

ecteur du Moulin-Joli, après avoir vainement, culture appropriée, cherché à atténuer ces

se persuada que, seul, un artifice de prépara-

rrait les faire disparaître.

la bonne fortune de voir ses recherches dans

mivies d'un plein succès.

rd'hui, par un choix judicieux des espèces, par

iodes de culture améliorée, par des procédés

X de fermentation établis d'après les règles de par l'emploi d'instruments hydrauliques spé-

it créés à cet effet et remplaçant avantageuse-

nain-d'œuvre, par l'usage de presses puissantes.

84 LA RÉUWION

» par de nouvelles machines à hacher, con » ouvriers d'élite, les tabacs fabriqués à 1 » du Moulin-Joli sont, pour les vrais ama » ment sans rivaux.

» Leur parfum doux et pénétrant sem] » fruit inconnu, mûri par le soleil des Tri B venir « l'eau à la bouche »,

» Leur arôme estd'une délicatesse que le )> ne trouvent ni dans les plus vantés taba » dans les produits de la Havane les plus ci

» Leur goût, qui surprend d'abord par » flatte bientôt par son exquise saveur, et le » habitué depuis longtemps aux tabacs » qualités les plus renommées, finit pj » consommer exclusivement que ceux de

)) Des récompenses qui soiit devenues plu » à mesure que les procédés de fabricatio » Joli s'amélioraient, ont constamment et' » ses produits à toutes les Expositions aux » pris part.

» Commençant par une modeste mentio » Paris en 1893, ils ont suivi une ascension a tenant deux médailles d'argent à Anvei B médaille d'argent, grand module, Pa:

» diplôme d'honneur, l" prix, Saint-Denis B haute récompense, Port-Louis (île Mauri( » médailles et un diplôme d'honneur, Bo » une médaiile d'or, Rouen (1896), une i » Bruxelles (1897).

B L'exploitation des tabacs de Bourbon, » treprise avec le bienveillant concours e » encouragements de la Chambre de con » Chambre d'agriculture et du Syndicat ce:

but d'intérêt général, beaucoup plus que dans de bénéfice particulier, les prix sont restés ïdiques que possible, et une véritable asso- *est établie entre les planteurs et le fabricant, l'une constante amélioration, umeur qui use des cigarettes du Moulin-Joli a satisfaction, en consommant un produit d'exqualilé, de coopérer à une œuvre utile à l'agriau commerce et à l'industrie d'une de nos plus is et plus intéressantes colonies françaises, » NT DES IMPÔTS SUR LES Taba.cs. — On Verra par X ci-joints que le rendement des impôts se divise rties : 1" le produit du droit de consommation ac des fabricants à 2 fr. le kilo, qui donne 0,000 fr. par an ; 2" le produit àes entrées et droits [■ les tabacs et cigares étrangers, soit 24,000 fr. )yenne des dix dernières années, et enfin 3" le s droits de douane et d'octroi sur le papier à qui est de 8 fr. par kilo, soit 40,000 fr.

; 1883, la fabrication du tabac n'était soumise à £6, et la colonie perdait ainsi une importante revenus.

séance du 30 novembre 1882, un projet de ibéré par le Conseil général établit une taxe r kilo de tabac en carottes, à sa sortie des 'raux. Un arrêté du 11 décembre 1882 rend proit exécutoire, à compter du 1*^ janvier 1883, ce lécret. La perception de cette taxe a lieu sous e jusqu'au 1^'' avril 1887,

late, par un projet de décret rendu exécutoire 29 mars), le droit sur le tabac, toujours fixé kilo, est perçu à la sortie des manufactures.

sur le tabac haché. Un agent de l'admini exerçant une surveillance permanente dans les fal veille à l'apposition sur les paquets de tabac des v de difFérentes valeurs servant à constater que rim| perçu, comme un timbre-poste sur une enveloppe que le port a été payé.

Ce projet de décret, délibéré au Conseil génér ses séances des 28 janvier et3 février 1887, esttrai en décret le 2 septembre de la même année, et su suite de délibérations nouvelles {9 août 1889) de fications sanctionnées par un nouveau décret, s 28 février 1890.

Notamment, à partir du 28 janvier 1890, la taxe par kilo est élevée à 2 fr. (arrêté du 23 janvier 189i

Cette taxe subsiste jusqu'à ce jour.

Par arrêté du 21 décembre 1892, pour com 1*' janvier 1893, un projet de décret a été proviso mis à exécution (vote du Conseil général du cembre 1892), fixant à 1 fr. le droit par kilo de ri! fabrication de tabac. Le décret consacrant ces sitions est daté du 2 juin 1894.

Voici les chiffres du rendement des impôts ci ces divers décrets depuis 1883, jusqu'à 1898 inclus et divisé en deux périodes.

1" Impôt de 1 fr. par kilo

ANNÉES

PRODUIT DE l'impôt

ANNÉES

' Impôt DE 2 fr, par kilo

I DE l'impôt

ANNÉES

PRODUIT DE l'impôt

examen de ces tableaux que l'élévation à 2 fr. a encouragé la fraude, et que la Li tabac payant les droits à 1 fr, le kilo, 1,000 kilos environ par an, est tombée e 2 fr. à 80,000 kilos. Cette différence de fr, de df-oits par kilo révèle une augiide de 60,000 fr. par an.

1 déjà l'examen des droits d'entrée sur ettes, dont on trouvera le tableau plus celer une autre l)eaucoup plus considéouver qu'on consomme rien qu'en cigauble du tabac payant l'impôt, fnement est encore à tirer des tableaux inistration des Contributions indirectes, îment progressif des Asiatiques dans ibac aussi bien que dans les autres ivité coloniale. Le péril jaune existe à la enaçant que dans d'autres pays où il est '. de force.

86 inclus, la fabrication du tabac est IX mains de nos compatriotes. A partir de pies (Chinois et Indous, mais surtout

Chinois) créent des manufactures qui prot pas du tabac nouveau ni une clientèle nouve sur la fraude, mais qui enlèvent aux fabrica une part croissmte de leur industrie dans h suivante :

Imln II tuii latiipii par

numiiiei

rnAsçÀis

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