‹ Notice sur la Société royale d'harmonie d'AnversChapitre 18 sur 49 · WELLENS · texte numérisé non relu

WELLENS

Plusieurs fêtes eurent lieu pendant l'hiver de l’année 1843-44; nous citerons d’abord un concert vocal et instrumental donné le 14 Décembre au Théâtre Royal, avec le concours de M mc Blacs-Meerti, de M. Servais, premier violoncelle de S. M. le Roi dos Belges, de M. Blaes-Meerti, première clarinette de S. M. le Roi des Belges et de M. Botgorschek, première flûte de S. M. le Roi des Pays-Bas.

M. Servais se fit entendre dans une grande fantaisie sur le Barbier de Séville de Rossini, et dans le Carnaval , grand caprice, deux morceaux de sa propre composition; M mo . Blacs-Meerti chanta Pair la Clemenza di Tito , de Mo/art, Pair délia Pazza per amore , de Coppola, et plusieurs romances avec accompagnement obligé de clarinette; M. Botgortschek exécuta une fantaisie sur les thèmes de l’opéra die Zauberflôte , de Mozart et des variations pour flûte de C. Heinemeycr.

L’orchestre joua l’ouverture du Siège de Grenade , de Courant Kreutzer, l’ouverture de l’opéra Catkarina Cornaro de Lachner, et un fragment de symphonie à grand orchestre avec solos.

Au concert vocal et instrumental du 29 Février 1844, on entendit M ,,m Bonduel et Bockholz, M. Konig, M. Albert, premier ténor du Théâtre Royal d’Anvers, M. Gary, baryton du même théâtre, et Mœser, violoniste de Berlin. Les morceaux exécutés étaient de Weber, Hcrold, de Bériot, Catcl, Halevy, etc. d’orchestre de la Société fit entendre l’ouverture de Roberto d'Evrenx, de Ponizetti, et une ouverture à grand orchestre de Kreutzer.

Il y avait bientôt trente ans, (pie la Société (l’Harmonie occupait le local de YHof ter Beke, à St-Iaurcnt, et depuis longtemps elle avait senti la nécessité d’avoir une propriété dont elle pût disposer selon

ses besoins. Comme les ressources lui manquaient pour conduire a bonne fin une entreprise aussi considérable, la Direction décida de contracter un emprunt pour l’achat d’un terrain, la construction des bâtiments, la plantation et l’embellissement du jardin et fit ensuite l’acquisition provisoire du local. Il fut stipulé que le capital de l’emprunt serait, de cent-vingt-cinq mille francs. A ce sujet parut la circulaire suivante :

“ Monsieur,

La géuéralité tics Membres ayant depuis plusieurs années manifesté le désir de voir la Société en possession d'un local plus vaste, mieux situe et offrant plus de commodités que celui uu’elle occupe maintenant, la Direction, d’accord avec les Membres Effectifs et la Commission des Membres Honoraires, a fait l’acquisition provisoire d’un terrain qui par sa situation, son étendue, et les constructions qu'on se propose d’y faire, réunira tous les avantages auxquels notre Société, qui tient un rang si distingué, a droit de prétendre.

" Cette acquisition deviendra définitive du moment que le nombre d’actions dans l’Emprunt, dont la Direction a l’honucur de vous soumettre le projet, sera au complet.

“ La Liste de Souscription vous sera présentée sans délai et la Direction ne doute aucunément de votre empressement à contribuer pour autant qu’il dépend de vous i\ mettre la Société à même de saisir la plus belle occasion qui s’est jamais présentée pour se procurer un emplacement convenable et digne d’elle, situé hors du rayon stratégique de la citadelle et de la ville. „

Le Directeur-Président,

Auvcrs, le 11 Juillet 1844. G°" VERBERT. „

L’emprunt devait être employé comme suit :

1° fr. 46,193.00 à l’achat d’un terrain de 567 1/2 verges (ancienne mesure d’Anvers), situé clans la cinquième (aujourd’hui la sixième) section d’Anvers, contre les chaussées conduisant à Berclicm et a Wilrvck, et formant les lots 28, 29, 30, 31 et 32 de biens offerts en vente par M t Mosselman.

2° fr. 4,619.30 au paiement des frais d’achat et autres évalués à 10 %• • 3° n 74.1S7.70 à la construction de bâtiments, aux plantations et embellissements du jardin.

Le capital devait être divisé en 1 250 actions nominales de cent francs chacune, numérotées et signées par le Président, un Directeur et le Caissier de la Direction de la Société Royale d’Harmonie. L’actionnaire n’était passible que de la perte du montant de ses actions. Aucune

résolution ne pouvait l’astreindre à un versement supplémentaire, à quelque titre que ce fût.

Tous les ans à partir de Février 1847, il serait, amorti trente actions au moins et un plus grand nombre, si la Direction jugeait que les revenus de la Société le permettaient.

. L’amortissement serait réglé de telle manière qu’il ne resterait que dix actions à amortir pour la dernière année ; les droits des possesseurs de ces dix dernières actions seraient réglés comme suit :

Un tirage au sort aurait lieu par les soins de la Direction de la Société d’Harmonie et par l’intermédiaire de son notaire, -les dix actionnaires présents ou convoqués à cet effet.

Le possesseur du numéro le premier sortant resterait seul propriétaire du local avec les constructions, plantations et embellissements qui y auraient été faits, non compris les meubles et objets considérés comme tels, appartenant à la Société. Le possesseur de ce numéro paierait à celui du numéro suivant une prime de cinq mille francs et à chacun des porteurs des huit autres numéros Une prime de deux mille cinq cents francs. Ces paiements auraient lieu endéans les six mois du tirage et pour les garantir le local resterait hypothéqué.

Comme le local et tous ses accessoires, hormis les meubles de la Société et objets considérés comme tels appartiendraient aux actionnaires, ceux-ci ne pourraient jamais avoir recours contre les membres effectifs qui n’entendaient contracter aucun engagement personnel. En conséquence le nouveau terrain serait acheté au nom des actionnaires et tous les bâtiments à construire, les plantations et les embellissements à y faire, a l’exception des meubles, leur appartiendraient comme accessoires du terrain et comme étant censés acquis avec les deniers provenant de l’emprunt.

Il serait cependant entendu que chaque actionnaire dont l’action ou les actions seraient remboursées, perdrait son droit de propriété correspondant à ces actions, lequel serait dévolu aux actionnaires restants jusqu’au remboursement définitif.

Les actionnaires céderaient a la Société Royale d’IIarmonie l’usage du terrain, ainsi que tous les bâtiments et autres accessoires, jusqu’à l’époque où le sort aurait décidé lequel des dix actionnaires restants serait reconnu propriétaire du local avec ses accessoires; et ce à condition de remplir envers les actionnaires toutes les obligations prescrites, de payer toutes les contributions foncières et autres charges de quelque nature qu’elles

pussent être, imposées ou ù imposer sur le local tic la Société et ses accessoires, ainsique d'entretenir les bâtiment et le jardin en bon état.

Après la désignation du propriétaire par le sort, la Société aurait encore le droit de continuer pendant toute sa durée, l’occupation du local avec ses accessoires, moyennant un prix de location annuel de trois mille francs , payable au propriétaire par semestre.

Le projet ne serait mis à exécution que pour autant (pie le nombre de 1250 actions serait au complet; et, après que la souscription de l’emprunt serait remplie, les engagements réciproques seraient consignés dans un acte notarié à passer outre Messieurs G mc Verbert, Ed.-Ch. De Wael, Félix Grisar, G mc -Jean du Bois, Louis Falcon, J.-B. Schoesetters et Jos. Lefebvre, lesquels comme membres composant la Direction de la Société Royale d’ Harmonie représenteraient la Société et les représentants des actionnaires.

Le projet formulé par la Direction et dont le programme, signé par MM. G. Verbert et J. Lefebvre, parut le 1 1 Juillet 1844, réussit complètement. Après un certain laps de temps, toutes les actions furent placées. L’acte d’acquisition définitive de la campagne fut passé le 14 Novembre 1844, devant le Notaire Antonissen et l’acte de société ayant pour but d’y construire un local pour l’Harmonie Royale, fut dressé devant le même notaire le 16 Décembre de la même année.

Entretemps les fêtes continuaient au jardin a St-Laurcnt; le 21 Juillet on y organisa un concert extraordinaire, à l’occasion de l’anniversaire de 8. M. Après le concert, la Société les Jeunes Bardes chanta quatre chœurs, savoir le Rosxiynol de Grétry, le Chœur des Buveurs de Lintermans, le chœur de l’opéra Joseph (prière) de Méhul et la Chasse aux Isards de Berner.

Cette fête fut la dernière à laquelle assista M. Bcnder; miné par une longue maladie, cet artiste distingué mourut le 9 Août 1844, à l’âge de 47 ans, 4 mois, 21 jours. Pendant les onze années qu’il dirigea l’orchestre de l’IIarruonie, il rendit des services signalés à cette réunion. 11 composa un grand nombre d’ouvertures, de fantaisies, de pots-pourris, de concertos pour instruments à vent, qui jusqu’à ce jour, font partie du répertoire de la Société.

L’enterrement de M. Jacques Bender eut lieu le Dimanche 1 1 Août. La foule avait envahi les abords de la maison mortuaire bien avant l’heure fixée pour la cérémonie, et ce fut avec peine que ceux qui venaient payer un dernier tribut au talent de l’artiste ou aux excellentes

qualités de l’homme privé, purent se frayer un passage à travers la masse compacte des assistants.

Vers trois heures, le convoi se mit en marche précédé des musiques de l'Harmonie Royale, du l rr régiment des chasseurs à pied, du ÎO* régiment de ligne et de l’Harmonie de Bevereu; venaient ensuite la Direction de l’Harmonie et les nombreux amis et connaissances du défunt. Le cercueil était porté par d’anciens élèves de M. Dernier et quatre Directeurs de l’Harmonie tenaient les coins du poêle.

Le cortège traversa lentement dans le plus grand recueillement et aux sons funèbres de la musique, la rue Haute, la rue Reynders, le marché aux Souliers, le pont de Meir, la rue des Tanneurs, la rue de l’Hôpital, la place de Malines et se dirigea par l’Esplanade vers la porte des Béguines où le cercueil fut déposé dans le corbillard qui devait le conduire au cimetière de Kiel. La musique des Guides dirigée par le frère de M. Bender, n’assistait pas en corps au convoi, mais quelques-uns des exécutants étaient venus remplacer dans la fhusique de l’Harmonie Royale, les artistes des itfiisiques militaires, qui en faisaient ordinairement partie.

Pendant, l’hiver de 1814-1845, deux fêtes musicales eurent lieu au Théâtre Royal. Tour le concert vocal et instrumental du 14 Décembre, la Direction s’était assuré le concours de M®' Iwcins d’ Hennin cantatrice, de M. Léonard, violoniste, élève de M. de Bériot, et de la Société (T Orphée.

M me Iwcins chanta un air de l’opéra la Reine de Chypre , de Halevy, un air de l’opéra Romeo et Juliette et plusieurs romances ; M. Léonard exécuta un Souvenir de Haydn, composé par lui-même, et un adagio et rondo de Vieuxtemps, et la Société d'Orphée interpréta une scène, air et chœur de Sémiramide , de Rossini , le chœur du Croisé en Égypte , de Mcyerbeer, et le chœur A r ter eide , de notre concitoyen M. François Schcrmers. L’orchestre de la Société joua l’Introduction de la Symphonie en Ut mineur , de Beethoven, et une ouverture solennelle de Weber.

Le programme du second concert, donné le 29 Mars,* sous la direction de M. Ferdinand, Chef d’orchestre à Bruxelles, était conçu comme suit :

l r « Partie.

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