FINALE
Célébrons Ce jour plein d’ivrcssc Qui parmi nous conduit le Roi!
A le fêter que l’on s’empresse;
A Lui nos cœurs et notre foi!
Notre amour est sa récompense Nous rendre heureux voilà sa loi.
Que de nos cœurs ce cri s’élance Vive le Roi ! Vive le Roi !
Il est impossible de décrire l’effet produit par cette cantate. Le Koi était visiblement émù ; les paroles :
" Reste avec nous, remonte au trône,
Sois le soutien de notre liberté. ,,
prononcées par M. Tillez d’une voix claire et énergique, électrisèrent tout l’auditoire; un cri unanime de Vive le Roi! sortit de la foule qui se pressait dans l’immense local.
La seconde partie du concert était composée de l’ouverture de Fidelio, de L. Van Beethoven, d’une Grande Marche Triomphale , composée à l’occasion du vingt -cinquième anniversaire du règne de S. M. par Joseph Grégoire, d’une fantaisie (N° 1) sur V Étoile du Nord , de Meyerbeer, par Lemaire et d’un Pot-Pourri Populaire , arrangé par Buyssens.
Après la cantate le ltoi voulut visiter le jardin.
“ On passait, dit le chroniqueur que nous avons déjà cité ’, sous des voôtcs radieuses composées de lanternes chinoises, à travers des allées semées de fleurs et de lampions. Ici S. M. s’arrêtait devant une tour chinoise ac dressant sur le gazon et élevant à une. très-grande hnuteur scs étages superposés, formés de verres de couleurs. Plus loin c’était un monument sur lequel était représenté l'apothéose de Léopold premier; ce monument était éclairé par des obélisques de lampions dont on 11e voyait que le reflet sur les peintures de l’édifice. Sur la droite devant les hantes charmilles qui limitent de ce côté le jardin de l’Harmonie, on voyait les ruines d’un temple grec. (Je décor, souvent exposé, attire constamment les regards. L’clfet des lumières sur ces frises brisées, sur ces frontons à moitié ruinés, sur ccs colonnes prosternées, sur tous ccs débris d’un autre siècle, produisait un agréable et pittoresque contrnslc avec les gracieuses et modernes arabesques qui couraient eu méandres embrasés, le long des charmilles, au bord des ruisseaux, dont les eaux reluisaient de feux colorés, qui montaient jusqu’aux faites des arbres, qui rampaient sous le gazon et venaieut dans les arbustes allumer au bout de chaque tige des fleurs éblouissantes.
* Le lYtcurseur.
“ il serait difficile de décrire l’effet de cette fantastique illumiuntion. L’espnce compris autour <lu Kiosque était entouré d’un portique ogival eu verres de couleur, le Kiosque lui-même ruisselait de lumières; depuis le faîte qui en était inondé, jusqu’au fût des colonnes qui le supportent, CC'n’était que du fou. On aurait dit que toutes les étoiles du ciel se détachant de la voûte azurée, étaieut descendues suite jardin de l’IIarmonie et avaient groupé leurs radieuses constellations autour de la Famille Royale.
“ Jusqu’à sept heures le temps avait été menaçant, l’orage grondait sur nos têtes; une averse mêlée de grêlons a fuit craindre un instant que la fête ne fût compromise ; mais un vent propice a poussé la tempête loin de nous; l’atmosphère est redevenu calme et sur les neuf heures la lune, une lune radieuse se dégageant des nuages, a versé sur la tète d’étineelantes et douces clartés.
“ L’orchestre a exécuté, outre la Brabançonne, une marche triomphale composée par M. Joseph Grcgoir à l’occasion du XXV* anniversaire. La musique de M. Grcgoir est belle et entraînante; on l’a beaucoup applaudie. Les musiciens, du reste, qui sont toujours dignes d’éloges, ont joué avec plus d’entrain et plus d'cusemblc que jamais les morceaux indiqués par le programme.
“ La Famille Royale après avoir fait le tour du jardin a de nouveau pris place sur le trône ou elle est restée jusqu’à onze heures. Le Roi s’est levé alors et a pris congé de nous pour rentrer au palais. Avant de partir il a remercié très-vivement M. De Wael, et s’est montré fort touché de la splendide soirée qu’on vennit de lui offrir. Ce qui a le plus frappé le Roi dans la magnifique réception dont il était l’objet ; c’est qu’elle n’avait rien d’officiel, c’est qu’elle émanait de l’initiative libre et spontanée d’une société privée. S. M. en a été profondément émue et cette soirée de l’Harmonie restera dans ses souvenirs comme un des plus éclatants témoignages de nos sympathies et de nos respects.
“ Après le départ du Roi, l’orchestre a encore joué des quadrilles et des valses ; bien longtemps après minuit la foule circulait encore dans les allées et dans les salles de l’établissement. Elle s’est retirée comme à regret lorsque s’éteignaient les derniers lampions. „
Cinq matinées musicales et un grand concert eurent lieu pendant l’hiver de l’année 1856-1857.
A la matinée du 21 Décembre, on entendit M. Comte, baryton du Théâtre lloyal d’Anvers; dans celle du 4 Janvier, M. L. Vouwé, violoniste; dans celle du 25 du même mois, MM. L. Brassin, pianiste et J. Odufré, flûtiste; dans celle du 8 Février, M. Ch* Hcrreyns, violoncelliste; et dans celle du 8 Mars, de nouveau M. Comte.
Le grand concert eut lieu le 16 Février, avec le concours de M lle Bochkoltz-Falconi, cantatrice de la Cour de Saxe-Cobourg-Gotha et de M. Henri Wieniawski, violoniste. La première chanta un air de l’opéra Ernani de Verdi, uu air de l’opéra Obt'ron de Weber et des variations sur un thème tyrolien de Hummel. Le second exécuta V allegro
du premier concerto de sa composition, une fantaisie brillante sur des motifs de l’opéra Othello d’Ernst, et une fantaisie de Paganini, intitulée : Di tanli palpiti.
L’été de Tannée 1857 fut marqué par différentes fêtes remarquables. Le 21 Mai, la Direction organisa un concert avec le concours de M. Collasanti. Cet artiste y joua une fantaisie sur la Somnambule pour l’ophicléide, de Bottesini et le Miserere de Y opvm 11 Troralore de Verdi.
Deux mois plus tard, le 26 Juillet, à l’occasion de l’anniversaire de l’Inauguration de S. M. le Roi, on invita la musique du régiment des Grenadiers et Chasseurs de S. M. le Roi des Pays-Bas, sous la direction de M. P. Dunklcr.
L’Harmonie s’était assuré en même temps le concours de la Société' des Chœurs cT Anvers.
A\i local de la Société, les Grenadiers furent reçus par la Direction et M. le Président Grisar leur adressa les paroles suivantes :
“ Messieurs.
“ Nous vous remercions de l'empressement que vous avez mis A vous rendre à notre invitation.
“ Ces rcinercîmcnts s’adressent aussi à votre digne Colonel, auprès duquel nous vous prions d’être notre interprète.
“ Soyez les bienvenus nu sein de notre Société, vous M. Dunkler, et le corps de musique distingué que vous dirigez nvcc tant de talent.
“ Nous vous offrons une réception toute cordiale et l’empressement de nos membres à venir vous applaudir, vous témoigne assez que votre réputation vous a précédés ici.
“ Il nous reste encore, M. Dunklcr, une dette de reconnaissance à payer, car nous sommes vos obligés d’ancicunc date. S’il n’a été donné qu’à peu de nos membres de pouvoir assister à vos concerts à la Ilnye, tous nu moins ont été mis à même d’apprécier vos charmantes compositions, car depuis quelque temps vos morceaux d’harmonie, dont vous nous avez gratifiés d’une manière si délicate et si désintéressée out fait le charme de nos pnisibles soirées d’été.
“ Ponr reconnaître cet aimable procédé, la Direction de la Société Royale d’Harmouie à décidé à l’unanimité, que le titre et les privilèges de membre d’honneur vous seraient offerts.
" Veuillez les accepter et ne jamais passer par Anvers, sans consacrer quelques iustants aux amis et aux admirateurs que vous y avez. „
Nous n’entrerons pas clans les détails de ccttc fête, une des plus brillantes organisées par la Société; disons seulement qu’elle rendit populaire, non seulement dans notre ville, mais dans tout le royaume, la réputation que l’orchestre des Grenadiers s’était acquise dans le
domaine (les arts. I^es musiciens néerlandais provoquèrent l’enthousiasme général.
La musique des Grenadiers exécuta le Calme de Mer , ouverture de Mcndelssohn, 1 Hommage a la mémoire de F. Schubert, le Bouquet, fantaisie, et une grande fantaisie concertante sur la Muette de Portici d’Auber, trois morceaux composés par M. Dunkler; l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini ; la Mazurka, impromptu de l’opéra V Étoile du Nord de Meyerbeer, les Champions , air varié dédié par M. Dunkler à la Société Royale d’Harmonic ; et le Partisan, réminiscences de mélodies militaires et autres en forme de charivari musical de Dunkler ».
l ue véritable ovation fut faite à la musique des Grenadiers. Nous reproduisons l'Improvisation de Bien-renne faite par M. Eugène Dubois, à l’occasion de la visite A l’Harmonie.
Air de la Brabançonne.
Honneur h vous, enfants de la Neérlnnde :
Pour notre Roi s’élèvent vos concerts !
Comme la paix, dans sa sainte guirlande.
Sait enlacer tous les peuples divers !
Depuis longtemps nous nous traitons en frères. Heureux chacun de son droit respecté;
Que vos accords unissent nos bannières.
Sous l’arbre de la liberté !
Grands par l’esprit, quoique faibles de nombre,
Nous pouvons tout en nous prêtant In maiu;
Marchons de front, si la fortune sombre De l’avenir nous barre le chemin;
Et l’on verra sur les mers et les terres,
Notre lion doublement indompté.
Que vos accords unissent nos bannières,
Sous l’arbre de la liberté î
Maint souvenir, dans l'histoire du monde
D’un juste orgueil fait rayonner nos fronts :
Ruyter passa votre balai sur l’onde.
Comme Courtrai dora nos éperons.
On est toujours ce que l’on fut naguère».
Quand dans le cœur on a même fierté ;
Que vos accords unissent nos bannières.
Sous l’arbre de la liberté !
La Société, les Chœurs (V Anvers, fit entendre le chant lyrique de Saul, par Gevaert et le Chant des Amis, par A. Thomas. L’exécution de ces deux morceaux avait valu à la Société le premier prix au dernier concours de Malines.
Deux mois plus tard, le 14 Septembre 1857, le corps de musique du 2 mo régiment de Chasseurs, sous la direction de M. Humblet, se fit entendre de nouveau. Cette fête clôtura pour cette année la série des concerts donnés par les musiques militaires. Le 13 Septembre, l’orchestre de la Société exécuta, pour la première fois, les Champions , air varié dédié à l’Harmonie, par M. Dunlder. Chose remarquable, pendant plusieurs années les œuvres de cet artiste comptèrent parmi les morceaux les plus estimés du répertoire de notre réunion.
Pendant la période d’été l’orchestre avait étudié plusieurs morceaux nouveaux de M mo de Caters, de MM. A. Lemaire, II. Van Rossom, Van Ernlert, de M 11 ® Stecnlet et d’autres virtuoses.
Le 29 Novembre 1857, la Société d’Harmonic perdit son Directeur- Président M. François-Joseph Van den Wyngaert, Conseiller communal. Courtier d’assurances, décédé à Page de 51 ans, 4 mois et 15 jours.
M. Van den Wyngaert était mort dans l’exercice de ses fonctions; la Direction de la Société Itoyîdc d’ITarmonio assista par conséquent officiellement à scs funérailles. I^e cortège était ouvert par les tambours de la garde civique; puis venait la musique de la Société Royale d’Harmonic, précédée de son drapeau recouvert d’un crêpe; le clergé; le corps porté à bras, les coins du poêle étant tenus par MM. F. Van de Lccmput, Conseiller communal, Henry Steenveld, doyen des Courtiers d’assurances, Ed.-Ch. De Wacl, Conseiller communal et Directeur de la Société Royale d’IIarmonic et Ed. Rigelé, Secrétaire du Cercle artistique, littéraire et scientifique.
Après la famille et le Conseil communal venaient les députations des
Dans ces jardins, qu’un nom si doux décore.
C’est trop chanter la guerre et les combats, L’air Brabançon semble en parler encore ;
O mes amis, ne vous y trompez pas.
Car il n’est plus, entre nos deux frontières, Qu’un hymne cher à la fraternité ;
Que scs accords unissent nos bannières,
Sous l’arbre de la liberté !
Sociétés que nous venons de nommer, l’élite du Commerce, des littérateurs et des artistes.
I/inhumation eut lieu a St-YVillebrord.Sur la tombe, M. Edmond-Ch* De YVael, au nom de l’Harmonie, prononça quelques paroles de regrets.
Onze jours après cette triste cérémonie, le 9 Décembre 1857, la Société fit une nouvelle perte ; son ancien Directeur, M. Guillaume Verbert décéda à l’âge de 7 8 ans 7 mois, 1 7 jours.
La Direction assista également à ses funérailles ; plusieurs membres accompagnèrent jusqu’au cimetière de Schooten les dépouilles mortelles de l’homme qui avait rendu de si grands services à l’Harmonie.
L’hiver commençant, M. Félix Grisar, au nom de la Direction, annonça le 1 Décembre 1857, six matinées musicales, outre les trois bals ordinaires. On entendit le 13 Décembre M 1U Mathilde Devancay, membre de l’Athénée des arts de Paris et M. Jos. Callaerts, d’Anvers; le 27 du même mois, M ,le Durand -Eperchc, artiste du Théâtre Royal d’Anvers, M. E. De Barsée, clarinettiste et le jeune Cockx, violoncelliste, élève de M. J. Bcssems; le 10 Janvier 1858, M. Louis Brassin, pianiste; le 31 du même mois, M. Catermolle, violoniste, M. Hcrreyns, violoncelliste et M. Bottin ; le 28 Février, MM. Sujol, premier ténor et Odufré, première flûte du Théâtre ltoyal ; enfin le 21 Mars, M lle Savigny, prima-donna du Théâtre Royal d’Anvers et le jeune Buziau, lauréat du Conservatoire Royal de Bruxelles, élève de M. Wieniawski. Un grand concert vocal et instrumental avait eu lieu, le 13 Mars précédent, avec le concours de M roo Fauré-Brière, prima-donna du Théâtre de Gand et M. Henri Wieniawski, violoniste. I/orchestre interprêta l’ouverture de Striœnsee, de Mcyerbecr et la grande symphonie en La majeur de L. Von Beethoven.
Pendant la période d’été de 1858,1a Société fut favorisée de nouveau de la présence du corps de musique des Grenadiers et Chasseurs de S. M. le Roi des Pays-Bas, sous la direction de M. Dunkler. La bonne réception faite en 1857 par l’Harmonie Royale et d’autres réunions artistiques d’Anvers, engagèrent probablement les musiciens neérlandais à visiter les principales villes de la Belgique.
Une réception aussi cordiale que celle de l’année précédente attendait M. Dunkler et ses compagnons. Le 11 Juillet, l’Harmonie reçut officiellement le corps de musique neérlandais, et M. Gceraerts, Président de la Société le complimenta au nom de la Direction. " En nous adresn sant, dit-il, entre autres, à votre savant Chef d’orchestre, nous
;/ lui témoignons toute notre gratitude pour l'empressement avec lequel n il a répondu à notre appel. Nous le prions de redire «à votre estimable „ Colonel nos vifs remercîments pour la faveur qu’il nous a faite de « pouvoir entendre encore une fois votre belle musique. „ M. Geeraerts termina en exprimant le vœu que cette visite ne fut pas la dernière.
Après avoir pris place à l’orchestre, les Grenadiers exécutèrent les morceaux suivants : La Grotte de Fingal, ouverture de F. Mendelssohn, une Revue musicale, un Souvenir de voyage, une fantaisie sur Robert le Diable, trois morceaux par Punkler; le Chaut des Guelfes de Litolff» une fantaisie sur la Muette de Porlici, une suite de morceaux de l’opéra de Verdi le Trouvère et le Carnaval de Venise, fantaisie burlesque, trois morceaux également de Punkler.
Les succès obtenus en cette circonstance par les artistes hollandais furent aussi complets que ceux de l’année précédente.
Après le départ des Grenadiers, le 28 Juillet 1 858, à l’occasion de la fête de S. M. le Roi, l’Harmonie organisa un concert avec le concours la Société V Echo de V Escaut ; on exécuta successivement le Chœur des Gardes Ecossais, et celui des Soldats Bourguignons de l’opéra Quentin Durward de Gcvaert. L’orchestration était de M. Alphonse Lemaire.
Parmi les artistes qui avaient laissé les meilleurs souvenirs à l’Harmonie, on doit citer M. Valentin Bouder, Chef de la musique particulière du ltoi. Le 29 Août 1858, la Société eut le plaisir de recevoir dans sou local son ancien Chef d’orchestre, à l’occasion du concert donné avec le concours de la musique militaire de S. M. le Roi des Belges et du régiment des Guides.
Un accueil enthousiaste fut fait à M. Bcnder et à ses compagnons.
M. le Président Geeraerts leur adressa des paroles chaleureuses.
Rendant hommage au talent des Guides, il leur dit : " Mais aussi, comment ne pas marcher à la perfection, quand vous avez à votre tête le directeur habile, le savant maître dont le nom, pour la musique est devenu proverbial. Notre Société garde le culte du souvenirs M. Bendcr. Lui aussi fut le Chef de notre musique et ceux qui l’ont vu à l’œuvre ont apprécié le développement qu’il sut lui imprimer. „
Le public ratilia par ses applaudissements le compliment adressé a l’excellent "Chef de musique et au corps qu’il dirige.
Les Guides jouèrent l’ouverture d 'Oberon par Weber, des Mélanges de l’opéra Jérusalem par V. Bcnder, une fantaisie avec thème varie pour divers instruments solos par le même, la grande marche aux flambeaux
(Fakkel-Tam), par Meyerbccr ; l’ouverture Guillaume Tel/, de Itossini ; une fantaisie concertante avec solos par J. et V. Bcndcr; Y Invitation à fa Valse par Weber et une Rerue musicale (charivari).
Les applaudissements unanimes de la foule prouvèrent amplement aux Guides qu’ils avaient acquis les sympathies du publie anversois. Le titre de Membre d’honneur de la Société, fut offert à M. Bender comme témoignage de gratitude, d’admiration et d’affection.
Vers la fin de l’année 1858, le Directeur-Président M. Geeracrts
annonça, en dehors des bals, six matinées musicales ordinaires et un grand concert vocal et instrumental.
Aux matinées on entendit successivement M 1,c Roziès, artiste du Théâtre Royal d’Anvers (5 Décembre), M. Comte, artiste du même théâtre (2G Décembre), M. Tandeau, artiste du même théâtre et M. Van Desscl, clarinettiste, lauréat du Conservatoire Royal de Bruxelles (9 Janvier 1859), M. Maurice Lccnders, violoniste et M me Salrason, artiste du Théâtre Royal d’Anvers (30 Janvier), de Trie, cantatrice,
MM. J. et A. Bacot, violonistes, artistes du Théâtre Royal d’Anvers (20 Février), M IU Roziès, artiste du Théâtre Royal et M. Putzcys, lauréat du Conservatoire Royal de Bruxelles (20 Mars 1 859).
Le grand concert fixé au 2 Avril fut une véritable solennité artistique; on avait obtenu le concours deM ,lü Artot, artiste de l’Académie Impériale de Musique, de M. Brassin, pianiste et de M. Poorten, violoncelliste.
M ,le Artot se fit entendre dans l’air de V Italie une a Alger , de Rossini, dans la cavatine des Noces de Figaro , (O nuit enchanteresse), de Mozart, et dans des variations de Rode. M. Poorten joua un morceau de concert de Servais et une fantaisie sur un thème original, de sa propre composition. M. Brassin exécuta une Grande Polonaise , de Chopin, un chant du soir et le Carnavyl de Venise , variations composées par lui-même. L’orchestre de la Société interpréta l’ouverture YYObéron et celle de Guillaume Tell.
Entretemps l'Harmonie avait perdu un de scs anciens Directeurs, M. Guillaume- Jean Dubois, mort à Anvers, le 3 Février 1859, à l’âge de 70 ans, 1 mois et 5 jours. La Direction s’empressa de rendre les derniers hommages à l’homme qui avait donné tant de preuves de son attachement à la Société.
L’ouverture des concerts d’été de l’année 1^59 coïncida avec les solennités organisées par la ville, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de l’établissement des chemins de fer belges. La Famille
Royale assistant à ces fêtes, la Direction s'empressa d'inviter nos princes a visiter le local de l'Harmonie. LL. AA. RR. le Duc de Brabant et le Comte de Flandre se rendirent aux vœux de la Société- Le 1 Mai, après le banquet offert aux princes, au Théâtre Royal d’Anvers, LL. AA. RR. se rendirent à la Campagne de l'Harmonie. Elles furent reçues par M. De Wael, entouré des autres membres de l’Administration. M. De Wael, en sa qualité de Président, adressa aux princes les paroles suivantes : »
** Mcsseigncurs,
“ Jo suis heureux de pouvoir de nouveau, au nom de la Société Royale d’Harinonie d’Anvers, remercier vos Altesses Royales de l’honneur qu’elles daignent lui faire, en honorant de leur présence la fête que donne aujourd'hui la Société d’Harnionie, A l’occasion du 25 ,,, « anniversaire de ln loi décrétant l’établissement des chemins de fer eu Belgique.
“ Vos Altesses, en se rendant A notre invitation, ont voulu prouver qu’elles avaient apprécié les clforts que fait ln Société d’Harmonic pour célébrer les progrès des arts et des sciences.
“ Cette distinction, Mcsseigncurs, dont nous comprenons la haute valeur, nous stimulera de plus eu plus et nous engagera à prendre toujours une large part aux réjouissances publiques destinées A rappeler des faits qui se rattachent A la prospérité de la Belgique et qui fout la gloire de notre Roi, votre auguste père.
“ L’établissement des chemins de fer en notre pays est un de ces événements heureux, qui font époque, et dont la nation belge ne perdra jamais la mémoire, car il a été utile A toutes les classes de la Société.
“ Sous le rapport civilisateur, en facilitant, par des relations rapides et fréquentes, le développement de l’intelligence, base de progrès scientifique, artistique et littéraire.
“ Sous le rnpport matériel, en imprimant A notre commerce et A notre industrie, cette activité et cette ardeur au travail, qui nous mettent A même de lutter avec les nations les plus commerciales et les plus industrielles.
" Aussi la Société d’Hormonie ne pouvait elle célébrer un plus bel anniversaire.
“ La présence des Ministres, celle des grandes autorités du pays et de l’étranger, qui augmentent la splendeur de cette solennité, nous permet de dire, que le 25'"* anniversaire que nous ft-tons en ce jour se célèbre pnr le concours, non seulement de toutes les provinces belges, mais aussi par celui des pays avec lesquels la Belgique a été mise en communication immédiate pur cette grande institution que nous devons A l’initiative éclairée du Roi.
“ Honneur et gloire A Léopold 1 er , Roi des Belges.
“ Vive le Roi, vivent les Princes.
" Mgr. le Duc de Brabant, écrit un témoin de la fête, a répondu eu termes fort courtois, et s’est entretenu assez longuement ninsi que le Comte de Flandre, avec plusieurs des administrateurs, leur demandant des renseignements, qui témoignent d’un intérêt sincère pour l’Harmonie Royale d’Anvers.
“ Un trône avait été placé nu péristyle de la grande salle, comme lurs de la fête du 25 mc anniversaire de S. M. Les princes se sont promenés quelque temps dans le jardin, où un feu d’artifice a été tiré. On avait surtout compté sur une locomotive de feu, dont les roues devaient tourner, mais le violent vent d’est a mis obstacle A la bonne réussite de cette pièce. Un transparaut représentait la Belgique devant au commerce et A la création des chemins de fer une large part de sa prospérité. Les princes ont quitté le local vers 9 1/2 heures et sont retournés à Bruxelles. „
Quelques jours après, le 7 Mai, l’ Administration communale adressa «à l’Harmonie la lettre suivante :