Air du Domino noir, d’Auber, chanté par M**« Vronen
4. .4. allegro cou fnoco-B. adagio religioso.-C.Scherzo du ■l mr concerto, pour le piano
et l’orchestre, composés et exécutés par Litolff.
2 e I’aktix.
1° Ouverture de Maximilien Robespierre (tragédie allemande), composée et dirigée par H. Litolff.
2° Fantaisie sur deux romances célèbres de Lafont, pour le violoncelle, de Servais, exécutée par J. De Swert. (Redemandée.)
3° Les Octaves. Ktudc de bravoure pour le piano nvec accompagnement d’orchestre, composée et exécutée par H. Litolff.
4° Grand air du Pardon de Hoermel (Valse de l’Ombre), de Mcyerbeer, chanté par M ,lc Vroneu.
5° Andaute et finale du 8 e concerto symphonique (nationnl hollandais), pour le piauo, composés et exécutés par II. Litolff.
Ainsi que nous l’avons vu plus haut, l’Administration communnle d’Anvers avait décidé qu’une statue, exécutée par M. Jacques de Bracckeleer et représentant le compositeur Grétry, serait offerte à la Société, en témoignage de gratitude pour la part active qu’elle avait prise à l’organisation de différentes fêtes nationales. L’inauguration fut fixée au 2 Septembre 1860. Au jour indiqué, après l’exécution de la première partie du concert, une députation de la Direction de l’Harmonie se rendit à la grille d’entrée pour y recevoir le Bourgmestre, M. J. F. Loos, et les Autorités communales et les conduire dans la salle, où les premiers compliments furent échangés. Cette entrée se fit au bruit d’une salve d’artillerie. Peu après, le cortège composé de M. le Bourgmestre, des Échevins et des Membres de la Direction, s’achemina vers la statue du grand maître, aux sons d’un intermède musical, composé expressément pour la circonstance, par le Chef d’orchestre, M. Lemaire.
Arrivé au pied de la statue, M. Félix Grisar, Directeur-Président, prononça le discours suivant :
“ Messieurs,
“ Depuis plus de 45 ans que notre Société existe, elle s’est donné pour mission d’apporter son contingent A toutes les solennités nntionales. Il y a nn an, à l’occasion du 25rar n npi V prsaircdc l’établissement des chemins de fer en Belgiqne, nous avons eu l’honneur d’offrir dans notre local, une fête à notre Roi vénéré, ainsi qu'aux membres de son auguste Famille.
“ Notre hommage était dicté par le patriotisme : nous tenions A prouver notre reconnaissance au souverain dont le règne n’a été qu’une suite de bienfaits; nous tenions il célébrer les effets «l’une loi, qui, pour le pays, a été une source de progrès et de bonheur.
“ Nos efforts, Messieurs, parurent digues de fixer l’attention de l’autorité. (.'Administration communale d'Anvers, qui depuis le jour de la créatiou de notre
Société, nous a constamment donne des marques de sa liante bienveillance daigna nous en exprimer tonte sa satisfaction. Pour qu’il nous restât un souvenir de l'heureux événement que nous avions aidé à célébrer, elle voulut même nous offrir uuc œuvre artistique due nu ciseau d’un des plus habiles sculpteurs de notre ville.
“ Cette œuvre, Messieurs, nous avons le bonheur de l’inaugurer aujourd’hui; dans quelques instants le voile qui couvre ce monument historique tombera, et la noble figure d’un des plus illustres enfants de la Belgique se dressera devant nos regards.
“ Remercions en notre digne Bourgmestre, cet administrateur d’élite, cet homme aussi modeste que bon, dont toutes les aspirations, tous les instants sont voués à sa ville natale et au pays ; remercions en notre Conseil de Régence tout entier; un jour il consacra nos triomphes dans l’art musical en nous votant une lyre d’argent ; aujourd’hui il couronne notre patriotisme en nous offrant la statue du plus aimable compositeur que la Belgique ait vu naître.
“ Grétry, Messieurs, ce nom ne saurait être prononcé sans éveiller en nous les plus vives sympathies; c’est celui d’un grand homme qui a régénéré l’art musical; c’est celui d'un compositeur illustre, qui avec son compatriote Gossec, prouva, À une époque de triste mémoire, que, malgré sou asservissement, la Belgique n’avait pas cessé d’être la terre privilégiée des arts; que malgré leur assujettissement au joug de l’étranger, ses eufauts régnaient encore eu maîtres par la force seule de leur génie.
“ Ai-je besoin, Messieurs, de vous rappeler les titres de gloire de Grétry ? Mais non vous les avez tous présents à la mémoire. Ses œuvres, vous les avez étudiées et admirées; combien de fois même ne les avez-vous pns applaudies ici, dans ce riant et paisible jardin? Oui, tous, nous avous cédé ou charme de cette musique délicate et suave ; de ces inspirations sublimes qui ont éternisé les opéras du Iluron, de Lucile, du Tableau parlant, de Zémir et Azor, du Jugement de Midas, de l'Amant Jaloux, de l'Épreuve villageoise, de llichard-Cœur-de-lion , enfin de cette étonnante quantité de productions hors ligne, qui mirent le comble fi la gloire de notre compatriote, et qui firent déclarer par des critiques de renom que Grétrg n'avait plus de rivaux en France.
“ Dans notre Société, la statue de Grétry servira de guide et d’encouragement : de guide : parce qu’elle donnera à nos compositeurs la mesure do la hauteur à laquelle le génie belge peut atteindre daus le domaine des arts; d'encouragement, parce qu’elle est en quclquo sorte la récompense de nos travaux patriotiques.
“ Messieurs, c’est fi une manifestation nationale que nous devons la statue de Grétry, et c’est une fête nationale qui la voit inaugurer aujourd’hui ; qu’en ce moment solennel, tous les cœurs s’unissent donc de nouveau dans un sentiment d’entente fraternelle et d’amour pour la patrie ; que le voile qui couvre la statue du grand homme tombe aux cris cent fois répétés de : Vive la Belgique! Vive le Roi! „
Le 21 Octobre 1800, la Famille Royale se trouvant à Anvers, la Société Royale d’Hannonie donna une sérénade sous le balcon du palais.
Le programme était composé «le l'ouverture de Tannhauser, de Suppe, du chœur des Gardes Écossais, et du chœur des Soldais Bourguignons,
( je l’opéra Quentin Dnrward , de Gevaert, et d’une fantaisie sur les Dragon* de Villars, «le Maillait. Les deux derniers morceaux étaient arrangés pour orchestre par M. A. Lemaire.
L’exécution musicale se termina à cinq heures et demie par la Brabançonne. Le Uoi et la Famille Royale se montrèrent au balcon ; S. M. semblait radieuse.
Les concerts de l’hiver de l’année 1 8G0-G 1 furent très-variés. Le 9 "Décembre eut lieu une matinée musicale dans laquelle se firent entendre M ,,e llortense B’Aynssa, cantatrice et M. Môhrenslnger, clarinettiste; la première chanta un air du Cheval de Bronze, d’Auber, et la Tarentelle de la Tonelli, de A. Thomas ; le second se fit entendre dans un concerto militaire et dans un air varié pour la clarinette, de sa propre composition ; l’orchestre de la Société, en symphonie, exécuta, pour la première fois, l’ouverture de l’opéra les doyennes Commères de Windsor, de N icolaï, et une Polonaise de Slmensee , de Meyerbeer.
Le 23 Décembre la Direction organisa une nouvelle matinée musicale avec le cohcours de MM. Bryon Dorgeval et J. Odufré, artistes du Théâtre Royal; M. Bryon Dorgeval chanta le grand air du Siège de Corinthe, de Rossini et le chant évangélique Jésus de Nazareth, de Gounod.
Quelques jours plus tard, le 29 Décembre, eut lieu un grand concert, dans lequel se firent entendre Madame Cabel, premier sujet de l’Opéra Comique de Paris, et M. J. Laub, premier violon solo de la chapelle du Roi de Prusse. La célèbre cantatrice chanta le grand air de Manon Lescaut, créé par elle à Paris, l’air de l’Ombre du Pardon de Pfoé'rmcl, de Meyerbeer et conjointement avec MM. Caussade et Bryon Dorgeval, artistes du Théâtre Royal «l’Anvers, le Trio du Toréador, d’Adam. M. Laub sc fit entendre «l’abord dans un grand concerto pour le violon, avec orchestre, de Mcndelssohn Bartholdy, ensuite dans la Ciacconna, morceau sans accompagnement, «1e Sebastien Bach, et en dernier lieu dans une fantaisie d’ Othello, de Ernst.
La matinée musicale du 27 Janvier 1861 fut organisée avec le concours de M mc de Mcsmaccker, prima-donna du Théâtre Royal d’Anvers et de M. Louis Brassin, pianiste. M me de Mesmaecker y chanta un air de Bobin des Bois, de Weber et la valse «1e Venrano. M. Brassin se fit entendre dans un grand concerto en Sol mineur, de Mcndelssohn Bartholdy, «lans un granil caprice de concert sur 11 Trovatore, et exécuta ensuite un Chant du soir de sa propre composition et une Bapsodie
Hongroise, de Liszt. I /orchestre, en symphonie, joua l’ouverture du Freiechulz de Weber, et la Tarantelle de la Mutile, d’Auber '.
Pour la matinée musicale du 24 Février, on obtint la coopération de M ,,e Michel, artiste du Théâtre Royal et de M. Albert Vizentini, premier violon du Conservatoire Royal de Bruxelles (classe Léonard).
M ,,e Michel chanta un air de Buondelmonte, de Donizetti, et deux romances, V Enlèvement de Ed. Bruguière et la Petite Bergère , de L. Pugct. M. A. Vizentini exécuta un adagio mélancolique et rondo brillant de Léonard, et une fantaisie élégante de De Bériot ; l’orchestre de la Société, une ouverture de Lionel, l’ouverture du Vampire de Linpuintner, et la Schillermarseh, de Meyerbeer.
Ix; 2 Mars 1861 eut lieu le second grand concert, avec le concours de M mt ‘ Clara Schumann, pianiste de S. M. l’Empereur d’Autriche, de M me Loriui-Mariani, l r * cantatrice de la compagnie italienne à Bruxelles et de M. F. Servais, violoncelliste de S. M. le Roi des Belges. La première se fit entendre dans un concerto en Sol mineur, avec orchestre, de Mendelssohn Bartholdy, dans le Tempo di Butlo de Scarlatti, dans la Gavotte, de Seb. Bach, et dans uu Nocturne, Mazurka et Impromptu de F. Chopin. M ,nc Loriui-Mariani chanta la cavutine de l’opéra Semiramide, de Rossini, {Bel raggio lumingkiere), et le rondo de ta Somnambule, de Bellini, {Ah non credea mirarti) et la cavatino de l’opéra Ernani , de Verdi. M. Servais y exécuta un concerto militaire et une fantaisie polonaise de sa propre composition. L’orchestre interpréta l’ouverture de Guillaume Tell, de Rossini, et la grande ouverture de Léonore (u° 3), de L. Von Beethoven.
La grande solennité de l’été suivant furent les brillantes fêtes orsranisées par l’Harmonie à l’occasion du Congrès et des fetes Artistiques. (18 Août 1861.) La Direction y invita la nombreuse phalange d’artistes de tous les pays (pii alors se trouvaient dans nos murs.
M. Geeraerts, à la tetc de la Direction, reçut les visiteurs qui se rendirent immédiatement dans la grande salle; l’honorable Directeur- Président, prononça le discours suivant :
“ Messieurs,
" Lorsqn’Anvcrs, cet antique foyer de l’École flamande, évoque les noms de ses nncicus maîtres, en prcscucc de tant de maîtres modernes, nu moment où sous Fin-
1 Fendant la matinée une collecte fut faite en faveur des inondés de In Hollande et des nécessiteux de la ville.
tlucncc »lc sou premier magistrat, cet intelligent appréciateur du talent, notre ville célèbre sa grande solennité artistique que viennent honorer de leur présence les Chefs des Ecoles de tous les pays, la Société Royale d’Hnrmonie, instituée pour la culture de l’art musical, et que j’ai l’honneur de présider, a cru qu’il lui était permis d’appeler sur elle un reflet de la gloire qui rayonne sur notre cité. — Confiante dans cet espoir, elle vous a prépare et dédié, &ur son domaine privé, une fête champêtre oh la réception la plus cordiale comme la plus solennelle vous attend.
“ Vous avez franchi notre seuil hospitalier. Soyez-y les bienvenus! la Société est lîère de la présence chez elle de tnnt d’illustrations artistiques. Elle en gardera le mémorable souvenir et l’enregistrera comme une des plus belles pages de ses annales.
“ Jouissez, Messieurs, pendant les courts instants que nous avons le bonheur de vous posséder, jouissez avec nous de tout ce que notre Société a pu mettre d’agréments ü votre disposition! Mais, lorsqu’après nous avoir quittés, vous serez rentrés chez vous, dites à vos concitoyens, A vos compatriotes, oh ! je vous en conjure, ne l’oubliez pas, dites-leur que nos cœurs sont allés au devant de vous et qu’ Anvers n’a pas renié son culte pour les Beaux-Arts, ni scs vives aspirations pour une sainte fraternité. — Honneur aux artistes de tous les pays! „
Ces paroles furent accueillies partie vifs applaudissements. M.Gudin, peintre français, répondit en peu de mots au nom des artistes de tous les pays, en faisant ressortir tout le bonheur qu'ils éprouvaient de l'accueil si hospitalier, si bienveillant dont ils étaient l’objet; puis
l’orchestre de la Société, qui avait déjà fait entendre l’hymne national,
joua l’air de Grétry, Oit peut-on être mieux.
Le concert commença ensuite ; il était composé comme suit :
l re Partie.
(orchestre d'hsrhorie)
1. Ouverture des Joyeuses Commères de Windsor, de Otto Nicolai, transcrite par
A. Lemaire.
2. Les Contrebandiers, de Limnander, chœur 8nn9 accompagnement, chanté par la
Réunion Lyrique de Bruxelles.