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Notice sur la vie de Pasteur

MÉDECIN AIDE-MAJOR DE I r* CLASSE A l’ÉCOLE DU SERVICE DE SANTÉ MILITAIRE MEMBRE CORRESPONDANT DE LA SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE DE L’AUBE

Louis Pasteur naquit de parents humbles, dans une modeste maison de Dole, le 27 décembre 1822, à deux heures du matin. Son père, Jean-Joseph Pasteur, ancien soldat de l’armée d’Espagne, puis sergent-major au 3e régiment de ligne et fait chevalier de la Légion d’honneur le 12 mars 1814, après la bataille de Bar-sur-Aube, exerçait paisiblement le métier de tanneur.

En 1815, il avait épousé Jeanne-Etiennette Roqui, dont les parents, originaires de Marnoz, localité située à une . lieue de Salins, étaient jardiniers.

Louis Pasteur eut trois sœurs, dont l’une était de quatre ans plus âgée que lui. Les deux autres étaient plus jeunes. Son enfance s’écoula presque tout entière à Arbois, où son père avait loué une tannerie près du pont bâti sur la Luisance, à l’entrée de la ville. Son premier maître fut l’instituteur de l’école primaire annexée au collège d’Arboisdont il devait suivre un peu plus tard les classes comme externe. Il était bon, mais non excellent élève, et on ne peut orner les premières années de Louis Pasteur des légendes qui s’établissent autour des enfants prodiges. Ses dispositions pour le dessin se manifestèrent de très bonne heure. Vers l’âge

de treize ans, il exécuta une grande quantité de fusains et de pastels qui témoignent d’un grand sentiment de la réalité et aussi d’une absolue sincérité.

Un ami de la maison paternelle, le principal du collège d’Arbois, M. Romanet, devina le premier, dans Louis Pasteur, les qualités simples et fortes qui étaient le fond même de sa nature. Il exerça une influence décisive sur la carrière de son élève, et finit par lui faire entrevoir la perspective de la grande Ecole normale. L’écolier avait seize ans quand il partit pour Paris. Un officier de la garde municipale qui venait souvent à Arbois se proposa comme correspondant de Louis Pasteur ; il s’appelait Barbier et avait le le grade de capitaine. Il logea son protégé au quartier latin, impasse des Feuillantines, à la pension Barbet, tenue par un franc-comtois qui réduisait les Irais du logis pour ses compatriotes.

Mais le nouvel élève de la pension Barbet fut bientôt pris d’une invincible, d’une incurable nostalgie qui lui rendait tout travail impossible. Un matin de novembre, Joseph Pasteur vint rechercher son fils, estimant sans doute qu’un titre modeste de professeur au collège d’Arbois serait plus facile à obtenir qu’une chaire au collège de France.

Revenu à Arbois, découragé, troublé, hésitant sur la direction de sa vie, Louis reprit ses pastels et ses fusains. Les portraits formèrent bientôt une véritable galerie d’amis. Après la rhétorique, cependant, les nouvelles exhortations de M. Romanet réveillèrent l’ambition normalienne. Comme il n’y avait pas déclassé de philosophie au collège d’Arbois, Joseph Pasteur prit le parti très sage d’envoyer son fils au collège de Besançon pour y achever ses études, se faire recevoir bachelier et préparer ensuite les examens de l’Ecole normale.

Le 29 août 1840, Louis fut reçu bachelier ès-lettres à Besançon. L’année suivante, le proviseur du collège royal de Franche-Comté, M. Répécaud, lui proposa la situation

de maître supplémentaire qu’il accepta. Dans ces nouvelles fonctions, qui lui rapportaient vingt-quatre francs par mois, il était chargé de faire repasser aux candidats bacheliers les mathématiques et la physique.

Au milieu de ses travaux, il pensait sans cesse à Paris où venait de le précéder son ami le plus cher, comme lui élève du collège de Besançon, Charles Chappuis. Un instant, il eut l’idée de se présenter à la fois à l’Ecole polytechnique et à l’Ecole normale. Un de ses professeurs, M. Bouché, lui avait suggéré ce projet auquel il renonça plus tard, sur les conseils de Chappuis, pour se consacrer tout entier à la préparation de l’Ecole normale.

Le 13 août 1842, il subissait à Dijon l’examen du baccalauréat ès-sciences et, bien que reçu, n’obtenait pour la chimie que la note « médiocre » ! Le 26 août, il était déclaré admissible à l’Ecole normale, le quatorzième sur vingt-deux. Enfin, au mois d’octobre, il reprenait avec son ami Chappuis le chemin de Paris.

M. Barbet voulut bien recevoir son ancien pensionnaire et ne lui faire payer le tiers de la pension qu’à la condition de poser aux jeunes élèves, une fois par jour, de six à sept heures du matin, des interrogations sur les mathématiques élémentaires.

Pasteur, lors du concours de 1842, avait trouvé trop inférieur son rang d’entrée à l’Ecole normale et s’était proposé de se présenter de nouveau l’année suivante. A la fin de 1843, il fut reçu le quatrième.

Les mois passèrent, et le normalien subit successivement les examens de licence et le concours d’agrégation. L’illustre Balard eut l’heureuse pensée d’attacher à son laboratoire le nouvel agrégé, alors âgé de 24 ans . Ce choix préserva Pasteur d’aller enseigner la physique au lycée de Tournon. Dans ce laboratoire hospitalier, il écrivit sa thèse de chimie qui avait pour sujet : « Recherches sur la capacité de saturation de l’acide arsénieux . — Etude des arsenites de

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