‹ Notice sur la ville de StrasbourgChapitre 17 sur 53 · ORGANISATION ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

ORGANISATION ECCLÉSIASTIQUE

La population de Strasbourg se partage à peu près par moitié entre le culte catholique et le protestantisme. Les protestants appartiennent presque tous à la confession d'Augsbourg; les réformés de la confession helvétique ne sont qu'en petit nombre. Dans les environs de la ville habitent , comme fermiers et cultivateurs, quelques anabaptistes. La population israélite peut être évaluée à un peu plus de 2000 âmes ; jouissant maintenant de la plénitude des droits civils, elle fait de notables progrès sous tous les rapports; c'est surtout dans les générations jeunes que les habitudes d'ordre et de travail prennent de profondes racines.

Nous allons indiquer les principales autorités des différents cultes.

1° Culte catholique.

Nous avons vu dans la notice historique quelles étaient la puissance et la considération des èveques de Strasbourg au moyen âge. Avant la réunion de l'évêché à la France, ils étaient suffragrants des archevêques de Mayencc; leur diocèse s'étendait sur la rive droite du Rhin, où ils avaient des possessions considérables. En leur qualité de princes de l'empire, ils avaient séance et voix à la diète; ils jouirent même de ce droit après la réunion de Strasbourg à la France. L'évêché était anciennement divisé en sept archidiaconats , auxquels présidaient autant de chanoines du grand-chapitre.

Ce chapitre, fondé par Hcddon au septième siècle, tenait

un des premiers rangs parmi les plus illustres de la France et de l'Allemagne*. De bonne heure déjà les chanoines nobles s'étaient séparés de ceux qui ne relaient pas , et avaient formé ce qu'on appelait le grand-chapitre ; on ne recevait en ce corps , que des princes ou des comtes-. Les prébendiers non nobles formaient le grand-chœur. Une dignité particulière , munie d'une riche prébende , était celle du roi du chœur ou clerc du roi; elle avait était fondée en 1012 par l'empereur Henri II, après qu'il eut été détourné par l'évêque Wernhcr de son projet de renoncer à la dignité impériale, pour se faire recevoir chanoine de la cathédrale de Strasbourg.

Aujourd'hui toutes ces distinctions aristocratiques n'existent plus; l'évêché de Strasbourg a subi dis modifications essentielles. Le diocèse de Strasbourg comprend les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ; l'évoque est sulTragant de l'archevêque de Besançon ; il a deux vicaires-généraux agréés par le roi, et plusieurs vicaires - généraux honoraires. Le chapitre de la cathédrale se compose de chanoines titulaires, et d'un certain nombre de chanoines honoraires.

La ville de Strasbourg est divisée en six paroisses : la cathédrale, avec un chanoine archiprélrc et plusieurs vicaires; Saint- Pierrc-lc- Jeune, Saint-Jean, Sainle-Madclainc, Saint- Louis, Saint- Pierre -le -Vieux , chacune avec un curé et un ou deux vicaires; il faut y ajouter les paroisses de la citadelle , et celles des deux communes cxlra-muros de Strasbourg , du Neuhof et de la llobcrlsau. »

1 Paroles de Louis XVI dans un brevet accordé au chapitre en 1775.

2 En 1650 leur nombre fut fixé à vingt-quatre. Le pouplc les appelait tes vingt-quatre comtes, die vierundzwanziy Grafen.

2° Culte protestant.

Strasbourg est le siège du Directoire du Consistoire général de la Confession d'Augsbourg. Ce Consistoire, composé d'un président laïque nommé par le roi , de deux inspecteurs ecclésiastiques , et de six députés laïques des différentes inspections, tient ses séances à Strasbourg , mais ne peut s'assembler qu'en vertu d'une ordonnance royale et en présence du préfet. Le Directoire est composé du président du Consistoire général, du plus âgé des deux inspecteurs ecclésiastiques , et de trois laïques dont un est nommé par le roi ; en l'absence du Consistoire , il est autorité suprême des églises protestantes de la Confession d'Augsbourg.

Les églises sont divisées en six inspections , dont deux ont leur centre à Strasbourg; ce sont celle de l'église du Temple- Neuf et celle de Saint-Thomas et Saint-Nicolas. Celle du Temple-Neuf comprend en ville les deux consistoires du Temple-Neuf , et de Saint-Pierre- le- Jeune et Saint-Guillaume i ; celle de Saint-Thomas et Saint-Nicolas comprend le Consistoire du même nom , et celui de Saint-Pierre-le-Vieux et Sainte-Aurélie avec ceux de Dorlisheim , de Barr et de Sundhausen. Les sept paroisses protestantes sont celles du Temple- Neuf avec quatre pasteurs ; de Saint-Thomas, de Saint-Pierrele-Jeune , de Saint-Nicolas , de Saint-Guillaume , de Saint- Pierre-le-Vieux , de Sainte-Aurélie , toutes avec trois pasteurs , à l'exception de la dernière qui n'en a que deux. La commune française avec deux pasteurs, fait partie de la paroisse de Saint-Nicolas.

1 Et en outre les consistoires de Wolûsheiin , de Bruraalh , de Wasselonne , de Bischwiller et de Paris.

Les réformés du département du Bas-Rhin sont répartis entre deux églises consistoriales, celle de Bischwiller et celle de Strasbourg. Cette dernière comprend , outre la ville de Strasbourg, où elle a deux pasteurs, encore huit paroisses. Le consistoire est composé des pasteurs et d'un certain nombre d'anciens ou membres laïques ; il est présidé par le plus ancien des pasteurs.

3° Culte israélite.

Ce culte est administré par un Consistoire, qui étend son action sur tout le département , et qui se compose d'un grandrabbin et de six membres laïques. Ceux-ci , de même que le grand-rabbin , sont nommés par un collège de vingt-cinq no-tables désignés par le ministre des cultes. Les études rabbiniques en France sont concentrées aujourd'hui dans l'école centrale rabbinique de Metz; pour être nommé rabbin, il faut avoir été élève de cet établissement , y avoir obtenu un grade théologique , et avoir fait l'examen de bachelier ès lettres.

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