‹ Notice sur le cartulaire du comré de RéthelChapitre 46 sur 132 · ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE

TENUE LB 7 MAI 1867 Aux ArchÎTcs de TEmpire, à trois hcnres et demie,

sous LA FRÉSIDERCB DE M. GUIZOT, PRESIDEIIT DE LA SOCIÉTÉ.

(Procè»-Terbal adopté dans la séance du 4 juin 1867,)

Discours de M. Guizot, président (voir p. 84).

M. J. Desnoyers secrétaire, lit son rapport annuel sur les travaux de la Siociété depuis la dernière assemblée générale du 8 mai 1865 (voir p. 88).

M. Laloy lit, en son nt>m et au nom de M. A. de Barthélémy, le rapport des censeurs sur les comptes des recettes et des dépensesde la Société pendant Tannée 1866 (voir p. 106) .

M. le président met aux voix les conclusions de ce rapport

T. V. !'• PARTIK. 6

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approuvant la gestion de M. le Trésorier pendant le dernier exercice: ces conclusions soni; adoptées par l'assemblée.

M. L. Delisle lit une notice sur le Psautier de la reine Ingeburge (voir p . 1 1 1 ] •

Élections,

L'assemblée procède par la voie du scrutin, à Télection de treize membres de son Conseil administratif, dix devant être nommés conformément à Tartide du règlement , qui prescrit le renouvellement, chaque année, du quart des membres du Conseil, et les trois autres en remplacement de MM. de Barante, Dutens et Teulet, décédés depuis la dernière assemblée générale.

Sont réélus, à la majorité des suffrages:

MM. BouLÂTiGNiER, MM. Passy,

GUADET, RaVBNEL,

De Labordb. De Roisst.

De la Yillegille. Ch. Bead.

Henri Martin Vallet de Viriville.

MM. Rathéry, le marquis de Godefroy-Menilglaisb et Laloy, sont élus en remplacement des trois membres du Conseil que la Société a perdus.

M. Le Roux de Lincy a obtenu 31 voix, M. Anat. de Barthélémy 8 , M. le comte de Cosnac 8 , M . le duc de Noailles 7 ; d'autres voix se sont portée sur MM. Duruy, Jourdain, de Ruble, de la Chèse, de Watteville, de Montaiglon, Caachyi de Bauny, Langlès et Denière.

MM. Anatole de Barthélémy et Aubert sont élus censeurs.

Membres nousfeaux,

\ M. Le président proclame membres de la Société après

L avoir soumis leur nomination à l'approbation de l'assemblée.

1506. M. le Marquis de Noatlles, rue de Lille, 66 ; présenté par M. Guizot et A. de Ruble.

1507. M. Léopold de Gaillard; présenté par M. le comte Montalembert et M. de Beaucourt.

1508. M. H. DE Lacombe, rue de Grenelle St-Germain, 39; présenté par le cointe de Montalembert et par M. de Beaucourt*

1509. M. Edgar Boutaric, sous -chef de section aux Archives de l'Empire, boulevard Saint-Michel, 115; présenté par MM. de Beaucourt et A. de Baiihélemy.

1510. M. DARBELpK{Albert), procureur impérial à Argentan (Orne); présenté par MM. P. Raymond et G. Servois. Son correspondant à Paris sera M. Lefebvre de Viéville, juge suppléant au tribunal de la Seine, rue Taitbout, 51 .

Ouvrages offerts.

De la part de^ auteurs :

OEui^res de Froissartj publiées auec les variantes de divers manuscrits', par M. le Baron Kervyn de Letteqhove, membre de l'Académie royale de Belgique, etc. Chroniques^ tome deuxième 1322-1339; depuis le prologue jusqu'au commencement de la Guerre de Cent ans. Biiixelles, 1867. J vol. în-8. — Le tome F% qui renferme Tintroduction et la description des principaux manuscrits, sera mis incessamment sous presse.

Essai sur la vie et les ouvrages de Florimond de Raymond^ conseiller au paHe^nent de Bordeaux, par M. Tamizey de Larroque, Paris. 1867. 1 vol. in- 12.

La séance de rassemblée est levée à cinq heures et demie.

Discours de M. Guizot, président de la Société.

Messieurs,

Vous m'avez fait un honneur qui m'a pénétré de reconnaissance, en me laissant pénétre de tristesse. Quoi de plus honorable que d'être appelé, par vos suffrages unanimes, à remplacer M. de Barante ? Quoi de plus triste que de succéder à un ami, à un ami de plus de cinquante ans, sympathique et fidèle pendant plus de cinquante ans, au milieu des crises et des vicissitudes qui, de nos jours, dans les idées comme dans les situations, ont si proFonlément agité les personnes comme les États ? C'est un bonheur rare qu'une amitié persistante et immuable, quand tout chancelle et change autour d*elle. Et les sources de l'amitié qui nous a mis, fil. de Barante et moi, sont de celles dont on se complaît à retrouver, à chaqtie pas, la trace dans le lon^ cours des années : une constante et intime analugie a existe dans nos f^oùts et nos travaux, dans nos idées et nos carrières. Nous avons, Tun et l'autre, sérieusement aimé et servi les lettres et les affaires publiques. Nous leur avons, Tuo et l'autre, donné et partagé notre vie. Et dans ces deux carrières, nous nous sommes attachés, l'un et l'autrei aux mêmes études, à la même cause. Dans les lettres, l'histoire, dans la politiaue, le régime constitutionnel et libre ont été les objets prétérés de nos pensées et de nos efforts.

Quand M. de Barante, en 1808, publiait son Tableau de la Littérature française au dix-huitième siècle^ je retraçais les débuts poétiques du dix-septième et les chefs-d'œuvre de Corneille portant tout à coup si haut la g[loire dramatique de la France. Quand, en 1821, je traduisais Shakespeare, M. de Barante accomplissait pour Schiller le même travail ; il prenait même quelque part au mien, car il me donnait la traduction dé Hamlet. Quand, de 1820 à 1830, je m'adonnai à l'étude des ori^rines et du cours de notre civilisation, M. de Barante écrivit V Histoire des ducs de Bourgogne^ ressuscitant sous ses traits natifs Tune des grandes époques de cette série de siècles que j'essayais d'expliquer en les parcourant. Et lorsque, à partir de 1 830, la politise a tenu,

pour Tun et pour Tautre, la principale place dans notre vie, nous j avons, Tun et l'antre, constaroment soutenu les mêmes principes, poursuivi le même but, et tour à tour concouru aux mêmes succès ou subi les mêmes revers.

Vous ne vous étonnerez pas, je Tespère, messieurs, et vous me pardonnerez si je m'arrête avec quelque complaisance sur ces témoignages de la sympathie, je pourrais dire de Tharmonie dans laquelle ont vécu les deux hommes que vous avez successivement appelés à Tbonneur de vous présider. Je prends un mélancolique plaisir à m'unir encore ainsi, en approchant de ma tombe, à Tami déjà descendu dans la sienne ; et les souvenirs de cette longue union sont, pour moi, la plus douce explication, comme us ont sans doute été, pour vous, le principal motif de votre choix.

Quand, il y a trente-trois ans , messieurs, vous avez pris M. de Barante pour président de votre Société naissante, vous avez eu un juste et profond sentiment du caractère de ses travaux et de la parfaite convenance qui les unissait à votre dessem. Vous vouliez remettre sous les yeux de la France d'aujourd'hui, dans leur l'orme correcte et complète, les principaux monuments historiques de la France d'autrefois, ceux où nos pères ont fortement empreint les traits originaux de leur vie, de leur âme et de leur sort. Vous pensiez, à bon droit, que la connaissance familière de ces monuments a, pour la France nouvelle, un grand intérêt à la fois de curiosité et d'enseignement. C'est Thonneur du genre humain, c'est le privilège qu'il a reçu de son créateur d'avoir seul une histoire, d'élre une série de générations héritières les unes des autres et intimement unies entre elles par un lien général et permanent, non pas une succession de créatures isolées qui s'ignorent et s oublient complètement, à mesure qu'elles passent sur cette terre. Mais, pour que ce subUme privilège brille de tout son éclat et porte tous ses fruits, il faut que les générations humaines qui se succèdent se connaissent et se comprennent véritablement. Je dis plus : il faut qu'elles se portent un sentiment affectueux, et que chacune d'elles, en faisant librement, dans l'héritage de ses pères, le choix de ce qui lui convient, se souvienne fidèlement de ce qu'elle leur doit et leur rende une justice reconnaissante. C est précisément là, messieurs, le sentiment qui a constamment animé M. de Barante dans

ses travaux historiques. Il aTadt toujours présentes i Tesprit la France ancienne et la France nouvelle ; il les connaissait, il les comprenait, il les respectait, il les aimait l'une et TaQtre ; et il avait à cœur que les tils connussent, comprissent, respectassent, aimassent aussi leurs pères. L'ancien ne France, messieurs, a bien droit, de notre part, à de tels sentiments; elle a eu des destinées bien orageuses, bien mêlées, bien irïeofnpiètes; elle a désiré et tenté plus qu'elle n'a accompli ; elle a été plus féconde qu'heureuse et plus brillatile que prévoyante ; mais elle n'a jamais manqué ni de génie, ni de vertu, ni de puissance, ni de gloire ; et si elle n'a pas promptefnent atteint à toutes les conditions de liberté et oe bonheur des peuples, elle a toujours offert de beaux et abondants modèles des qualités supérieures qui, dans les voies les plus diverses, grandissent et illustrent les hommes.

M. de Barante était vivement frappé de cette activité, de cette richesse intellectuelle et morale de notre vieille France à travei-s toutes ses épreuves ; et soit qu'il Tétudiàt dans les aventures héroïques du moyen âgé, ou dans les luttes du seizième siècle, ou dans les splendeurs du dix-septième oé dans les ambitions du dix-huitième, il prenait un noble plaisir à lui rendre hotomage, et à faire ressortir nés mérites, tout en retraçant ses fautes et ses douleurs. Mais Sa large sympathie nationale était pure de toute complaisance prolongée pour des Souvenirs favoris, de toute préoccapatîon exclusive, de tout entêtement de classe ou ae parti ; et quand il passait de la France d'autrefois à la France d'au-

{'ourd'hui, quand il avait à raconter l'histoire et à apprécier es œuvres de la société nouvelle qui, depuis 1789, s'élève si laborieusement sur les ruines de l'ancienne société fraii-» çaise, il portait dans ses impressions et dans sesjugenfientsk même instinct patriotique, la même indépendance d'esprit, le même soin et la même habileté à démêler le bien du mal, à sentir vivement le beau sous ses plus variables aspects, et à espérer toujours beaucoup de notre patrie sans jamais la flatter. On peut rtiettre ses divers ouvrages historiques à une difficile épreuve : qu'en face de V Histoire des ducs de Bour* gogne et d« Tableau de là Littérature française au dishuitième siècle^ on plîïce les Histoires de la Conçeriiion na* iionale et du Directoire exécutifs les Métnoireê de Mme de La Roùhejûqueleiny et la f^ie de M. R&jrer^Collard ; êtt ni

ttotfveni, (sttte ces récits et ces appréciations de temps et de faits si différents, aucune contradiction, aucune dissonance ; partout éclate Un filial et respectueux amour pour la France dans toutes ses fortunes et pour tous ses illustres enfants ; partout régnent un sens moral supérieur à toutes les illusions comme à tous les subterfuges, une haute et souple intelligence politique, une équité sans sceptique indifférence, et une inébranlable résolution de maintenir envers tous la justice et de dire, en tous cas, la vérité.

Je ne parle et ne dois parler ici que de riiistorien ; je veux pourtant faire entrevoir Thomme lui-même. M. de Barante était de ceux qui prennent au sérieux ce qu^ils disent comme ce qu'ils font, et qui ont besoin de mettre toujours l'accord entre leur pensée et leur vie. A travers les complications et les transformations précipitées de notre temps, et soit qu'il fallût parler ou se taire, agir ou s'abstenir, entrer dans l'arène ou en sortir, M. de Barante a constamment obéi à cette loi de Thonnéte homme et du penseur convaincu. En toute matière et en toute occasion, en politique comme en littérature, en religion comme en politique, sa foi a gouverné sa conduite ; sa conduite a rendu témoignage de sa foi. Après plus de quarante ans de vie publique, il a passé ses vingt deruières années dans une retraite pleine de dignité, à son foyer natal, au sein de sa famille, fidèle à ses idées, à ses affections, à ses souvenirs, et uniquement occupé de répandre, dans la population (jui l'entourait, les bonnes œuvres et les bons exemples. La population lui a dignement répondu, elle est accourue, elle s'est pressée autour de son cercueil et ses obsèques ont été un hommage spontané que toute la contrée qui l'aivait vu naître , vivre et mourir a voulu rendre à sa vie et à sa renommée.

Il vous convenait, messieurs, il vous appartenait d'appeler un tel homme à l'honneur de présider à vos travaux. Il a joui, pendant trente-trois ans, de cet honneur comme d'une juste récompense pour les services qu'il avait rendus à l'histoire de notre patrie. Et aujourd'hui, puisqu'il vous a plu de transporter cet honneur de sa tête sur la mienne, je placerai ici, pour justifier votre choix, des paroles que M. de^ Barante a écrites lui-même dans son testament : « Je tie terminerai pas ces pages auxquelles sont confiées

c< mes dernières pensées, sans nommer les amis cpi me res- « tent. Je veux qu'ils sachent combien leur amitié m*a été « douce, et qu ils ne m'oublient pas lorsque je ne serai plus. « Je prie donc que ce te'moignage soit transmis à M. le duc « de Broglie et à M. Guizot. >»

A cette dernière expression d'une si constante amitié, je n'ajouterai qu'un mot, messieurs, un seul mot que M. de Barante se plairait à entendre : son vœu sera satistait ; il ne sera pas oublié.

Rapport sur lks travaux de la Société de l'His- 'loiRË D£ France, depuis sa DEUNiiaiE Assemblée

GÉNIALE EN MAI 1 8GG JUSQU*AU 1*' MAI 1867, PAR M. J. DeSKOTEES, SECRETAIRE DE LA SoaÉli.

Messieurs,

Après Téloqueut discouro que vous venez d'entendre, ioterprète fidèle de vos regrets unanimes pour la mémoire de rîUustre président que nous avons perdu, que nous avons si dignement remplacé, et que ce discours rendait encore présent au milieu de nous; après le tableau du but et du caractère de notre Société qui ne pouvaient être mieux appréciés que par son premier et véritable fondateur, je dois me borner à vous exposer le plus succinctement possible et non sans quelque embarras, malgré la confiance que votre Conseil administratif veut bien me conserver depuis si lons^temps, comment, pendant Tannée qui vient de s'écouler, il a persisté dans les mêmes vues, est resté fidèle à Tesprit de vos origines et a continué de savancer lentement, modestement mais sûrement vers le but que vous vous étiez proposé, il y a près de trente-cinq ans. Ce but, qui ne sera jamais complètement atteint, était et est toujours d'éclairer impartialement toutes les périodes de l'histoire de notre pays par la publication de documents originaux de diverse nature, em-

Googlf

firuntés aux sources variées et innombrables qui ne nous aissent et ne nous laisseront bien longtemps encore que l'embarras du choix.

Votre Conseil aurait désiré, messieurs, pouvoir, comme Tan dernier, vous faire di&tiibuer pour cette séance générale, trois, au moins, des quatre volumes qui représentent votre souscription annuelle pour 1867. Vous avez sans doute remarque dans les procès- verbaux de ses séances que le retard regrettable apporté à cette distribution ne saurait être attribué à son mdiàerence : presser les éditeurs, activer Timprimeur , aviser aux moyens de remplacer un ouvrage en retard par un autre dont les chances d'achèvement semblaient plus prochaines, telles ont été ses préoccupations habituelles, et si nous n'avons pas toujours réussi, nous avons au moins la certitude que ces retards sont sans im-

{>ortance. Deux volumes sont entièrement imprimés, savoir : e troisième des OEui^res de Brantôme^ éditées par M. L. Lalanne, et le neuvième et dernier des Mémoires de dûArgetison^ édités par M. Rathery; vous les recevrez sous peu de jours. Le troisième volume de Biaise de Monluc^ dont M. A. de Ruble est éditeur, est imprimé aux trois quarts, et sa distribution sgivra de près celle des deux autres.

Quant au quatrième volume complétant la livraison de l'exercice de 1867, il devait contraster par son caractère avec les trois autres, et votre Conseil a décidé que ce serait Tun des textes latins du moyeu âge dont la publication est autorisée depuis longtemps, soit le complément des Ckroniques (TAnjou^ soit les ÔEtwres historiques de Suger^ soit enfin les Chroniques de Saint-Martial de Limoges* Les trois éditeurs de ces ouvrages, M. Marchegay, M. Lecoy de la Marche et M. Duplès-Agier nous ont donné, chacun de leur côté, l'assurance que leur manuscrit serait déposé vers le mois de juillet prochain et pourrait , en conséquence, êti*e entièrement imprimé et distribué avant la fin de Tannée. Nous e<ipérons donc que l'impression pourra en être commencée et continuée presque simultanément. De son côté, M. Lahure nous promet toute l'activité de ses presses, quelque occupées qu'elles soient par tant de publications différentes. C'est sur le premier prêt de ces trois volumes que se fixera définitivement le choix du Conseil; les deux autres seront réservés pour la première distribution de l'exercice

{irôôhain. YùVls dé&itetez comme nous, i&essiéurd, qiie cette atte toute pacifique tourne du profit d^tlne plus grande rapidité dans vos publications.

De ces différents ouvrages, terminés ou autorisés pour les plus prochaines livraisons, j'ai eu Thonneur de vous entretenir déjà tant de fois , et ils vous sont d'ailleurs si bien connus, qu'il serait superflu de les rappeler à votre attention. Je n'aurais d'ailleurs qu'à reproduire des éloges donnés au zèle et au savoir désintéressé de leurs auteurs et à vous exposer de nouveau les motifs qui en ont déterminé le choix.

Je me bornerai donc à vous rappeler, messieurs, que les ouvrages qui ont formé la livraison de 1866, sont : les Bouleaux des Morts par M. L. Delisle, le deuxième volume de Brantôme^ \e huitième volume de ef^rgensonei le deuxième volume de Monluc. Voici, pour les suites de ces trois derniers ouvrages destinées à t exercice de 1867, le degré d'avancement où elles sont parvenues.

I^e troisième volume des OEuvres de Brantôme renferme la continuation des Vies des grands capitaines français et entre autres, celles de François P', d'Henri II et du connétable Anne de Montmorency, trois des figures les plus originales du seizième siècle, dont cet historien est un des peintres les plus fidèles. La publication de cet ouvrage ne sera pas achevée avant plusieurs années.

Le dernier volume de tV Argenson^ qui s'arrête à peu près à la mort de l'auteur en 1757, complète, par une table trèsdétaillée et très-utile, la plus considérable des publications que la Société ait entreprises. Les lumières nouvelles qu'elle aura jetées sur le dix-huitième siècle, si voisin de nous, si diversement et surtout si imparfaitetnent jugé encore, dont l'examen sous toutes ses faces est redevenu à la mode depuis quelques années, en rendront la lecture indispensable à toute étude sérieuse de cette époque. D'Ârgenson tiendra désormais une très-grande place, à côté des Mémoires de Saint-Simon, de Barbier, de Luynes, de Buvat, de Mathieu Marais et des Correspondances secrètes, récemment pubhées ou préparées en grand nombre, et qui sont souvent plus instructives eticore que les Mémoires.

Le troisième volume de Monluc terminera le texte des Comtnehtaires de ce grand capitaine, implacable adversaire de la Réforme. Les nombreuses annotations géographiques

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qu'y a jointes M. de Rable en font, pour ainsi dire, un ou- ▼rage nouveau. D le deviendra plus encore par la corres* pondance que notre zélë confrère a rassemblée de toutes parts et dont il doit proposer prochainement au Conseil de taire une publication supplémentaire.

Parmi les autres ouvrages dont Timpression a été autorisée, soit eu principe, soit définitivement, et qui devront prendre successivement place dans vos publications, i) suffit de vous rappeler, messieurs, que les éditeurs de la plupart espèrent être prêts à remettre leurs manascrits dans le courant de Fannée prochaine. G^est l'assurance que noms ont donnée M. de Mas- Là trie pour Bernard le Trésorier^ chroniqueur français des croisades, qui écrivait du cotnmencement du treizième siècle; M. G. Servois, pour Guihert de Nagent^ si célèbre par le tableau du mouvement communal au douzième siècle; M. Bordîer pour Frédëgairey Sur lequel un de nos anciens confrères, M. Taranne, trop tôt enlevé aux études historiques, avait à peine ébauché un premier travail ; M. d'Arbois de Jabainvilie pour Alberic de F rois -fontaines qu'il prépare en commun avec M. Meyer, prenant pour sa part les annotations généalogi-

ris, biographiques, géographiques concernant les provinces l'Est de la France, qu'il a bien étudiées pour son imJ)ortante histoire des Comtes de Champagne, et laissant à son collaborateur le soin de collationner avec l'édition jusqti'îci unique de Leibnitz le manuscrit du treizième siècle de la Bibliothèque irtipériale. L'édition de ôette chronique que prépare M. Pertz pour la collection des Monumenta Germaniœ historica ne doit pas faire regretter un retard oui

{ permettra aux nouveaux éditeurs français de profite^ aes umières du savant directeur de ce précierii recueil.

M. le marquis de Chanterac sera prêt, dès que le Conseil en aura fixé le moment, à livrer le manuscrit des Mémoires de Bassompierrej qu'il a enrichis, tomme vous vous le rappelez, de correspondances et de souvenirs de famille qui donneront au texte piquant de ces méfnoires un plus grand intérêt.

Beaucotfp d'entre vous, messieurs, se sont étonnés que /oinuille ne figurât pas encore au nombre' de vos publications. Une édition en était depuis longtenbpS autotisée et tonfiée aux soins de M. Marion. Mais rexcellente édition

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que M. N. de Wailly en a récemmeat donnée diaprés un manuscrit jusqu'alors inconnu, et qu'il a accompagnée d'une traduction littéralement calquée sur le texte onsinal, traduction qui en rend la lecture plus facile au plus grand nombre, nous laisse moins de regrets pour des retards dont le Conseil a apprécié la convenance.

Le projet de publier la chronique de Richer de SennoneSy si intéressante pour l'histoire de la Lorraine, paraît ayoir été abandonné, du moins momentanément.

U est une autre publication que je ne saurais passer sous silence, quelque délicate que puisse être la mention que je dois en faire de nouveau cette année, après vous en avoir entretenu, messieurs, tant de fois depuis plus de trente ans : vous avez nommé Froksart. Désirant allier, autant que possible, les intérêts de la Société et l'accomplissement d'engagements pris et renouvelés si souvent, avec les égards dus à un savant éditeur qui a consacré toute une vie des plus laborieuses recherches à éclairer le texte souvent aussi obscur pour la connaissance des personnages qu'attrayant par le caractère dramatique des récits, votre Conseil administratif a cherché les moyens de faire profiter l'étude de l'histoire du quatorzième siècle de ces importants travaux, sans retarder indéfiniment encore la publication d'un texte des (throniques. 11 doit prendre très-prochainement à cet égard une décision définitive. Si M. Lacabane consent, comme nous l'espérons, à entrer dans les vues du Conseil, il aura contribué à éclairer une époque qu'aucun émdit n a peut-être mieux étudiée que lui, et il aura en&a mis un terme à une situation qui doit lui être au moins aussi pénible qu'à la Société.

La nouvelle édition de Froissart, publiée par M. Kerwyn de Lettenhove pour l'Académie de Belgique et dont un volume vient de paraître, ne doit pas être un obstacle à nos Srojets de conciliation et de publication. Froissart est un es historiens dont les Sociétés historiques de Belgique avaient le droit et presque le devoir d'ambitionner la reproduction; aucun de leurs membres n'était plus en mesure de la diriger que M. Kerviryn de Lettenhove qui déjà a publié un des textes de Froissart et une édition complète des Œuvres de 6. Chastelain. Mais le plan adopté par le savant éditeur belge et qui consiste à reproduire successivement, à

la $aite Tan de Tautre, pour chacun des grands récits des chroniques, les textes des quatre principales versions fournies par les manuscrits, n'est pas conforme au plan qu'adopte ordinairement la Société de Thistoire de France pour ses éditions. Il fournira d'excellents matériaux comparatifs et présente un précieux travail d'érudition dans lequel la critique historique aura à faire un choix souvent embarrassant.

Entre autres combinaisons propres à utiliser les travaux de M. Lacabane, sans retarder encore indéfiniment la publication si impatiemment attendue, ne serait-il pas possible de publier isolément, sous les auspices de la Société, nne série de dissertations, sorte de commentaire perpétuel, à joindre à un texte dont la révision serait confiée à un autre collaborateur? Le recueil de Notices ou Mémoires que M. Ijacabane pourrait joindre ainsi en appendice à un texte des Chroniaues aurait quelque analogie avec les savantes dissertations dontDucangea formé un volume complémentaire de son édition de Joinville. Ces vues et quelques autres ont été récemment discutées dans votre Gmseil qui, je le répète, se propose de prendre très-prochainement, une détermination définitive à ce sujet. Mous espérons voir M. Lacabane entrer dans des vues qu'il semblait prévoir lorsqu'il écrivait dans sa lettre du ô juin 1866 que vous avez lue dans le Bulletin : « Une nouvelle édition de Froissart consiste « moins peut-être dans le texte lui-même que dans « les « commentaires, variantes, corrections, pièces justificatives.» Lorsqu'il ajoutait qu'il ne craignait point la concurrence à cet égard, il avait parfaitement raison.

Dans mon précédent rapport, j'avais eu l'honneur de vous entretenir de la proposition faite par M. Doùet D'Arc de publier un nouveau volume des Comptes de F argenterie des rois de France au quatorzième siècle^ celui de Guillaume Brunel, argentier de Charles VI, pour 1387. Édité avec l'exactitude scrupuleuse à laquelle nous sommes habitués par les autres travaux de notre savant collaborateur, enrichi d'un glossaire explicatif des nombreux termes du mobilier et des valeurs diverses usités dans l'industrie et les arts du moyen âge, ce nouveau volume eût encore éclairci, sans nul doute, les difficultés qu'on rencontre dans cette sorte d'études. Quoique accueillie favorablement en principe par le Conseil et par le Comité de publication, ce projet n'a

poini été adopté, du pioins quant à présent. Le Conseil s'est souvenu des vides que présente encore votre colLeçtion à regard des textes fondan^eptaux et classiques de notre bis* toire, tels que les grandes annales carlovingienneSy complément d'Eginbardy les nombreuses chroniques des siècles postérieurSi réduites à ce qu^elles ont, chacune, de vraiment original et contemporain de leurs auteurs, les correspondances aussi intéressantes que variées dont nQs archives sont si riches et dont la plupart attendent encore des éditeurs. Aussi, tout en appréciant comme élément de la connaissance de la vie intérieure de nos ancêtres, l'intérêt des comptes de dépenses et les anciens inventaires de mobiliers, qui se trouvent en nombre infini dans les archives publiques et

{particulières, votre Conseil a-t-il pensé qu'il convenait d*en aisser généralement Tétude et le choix à 1 érudition individuelle qui saurait bien y distinguer la part appropriée i des études spéciales.

Trois propositions de publications nouvellesont été soumises à votre Conseil depuis notre dernière assemblée générale.

Une édition des Mémoires cCOlwier de la Marche^ Tua des plus dévoués et des plus fidèles chroniqueurs des derniers princes de la maison de Bourgogne, au quinzième siècle, par MM. Henri ^eaune et J. d'Arbaumont. — Une édition nouvelle, proposée par M. Poirbon, des Mémoires de Madame Pu Plessis-Mornay^ sur la vie de son mari, la plus grande, la plus respectable figure historique de la Réforme, sous les règnes d'Henri HI, d'Henri IV et de Louis XIII, mémoires rédigés avec une admirable impartialité, pour un fils, enlevé jeune encore à sa famille, et que Mme de Mornaj laissa interrompus par sa mort antérieure de plusieurs années à celle de son mari. — Enfin une Chronique de Perceifal de Caigny^ serviteur des ducs d' Alençon pendant une grande partie du quinzième siècle.

Le premier de ces trois projets n a point encore été examiné par le Comité de publication, ni apprécié par le Conseil, je ne puis donc vous en entretenir. Les noms des éditeurs qui le présentent vous auront rappelé leur ouvrage sur la Noblesse aux États de Bourgogne et d'autres bons travaux sur l'histoire de Bourgogne aux époques qu'embrassent les Mémpires d'Olivier de la Marche (1435-1489)*

Quan^ ai| second qui sen^bl^it devoir oifrif )^ sujf t i^W^

DE L'mSTOIBE DE FRANCE. 99

publication très-intéressante et dont la parfaite réalisation était garantie par la connaissance approfondie que M. Poirson possède de cette époque de notre histoire qu'il a si bien éclalrcie dans son histoire du rè^e d'IJenri lY^ nous avons le regret d'apprendre que M. Poirson paraît j renoncer. Il avait signalé au Conseil , dans un rapport pr^ sente sous le haut patronage de notre président, plusieurs des améliorations nombreuses dont était susceptible 1 édition unique publiée en 1824 par M. Auguis, en tête de so^ édition des Mémoires de DuPIessis-Mornay. Mais il nous informe aujourd'hui même que sa santé Toblige à interrompre toute étude sérieuse et le contraint d'abandonner Texéculion de son projet. Espérons néanmoins que, par une combinaison diSerente, notre Société pourra voir un jour, prendre place d^ns sa collection des Mémoires, aussi att^chantç qu'instructifs et peu connus.

Il me reste à vous entretenir , messieurs, du trolsièip^ projet, celui qui concerne la Chronique de Percerai de Çai^

f' ny ou de Cagny * , le seul que votre Conseil ait jusqu'ici djênitivement adopté.

M. J. Quicherat, qui a recueilli avec un soin si çonsde]^cieux, si religieux, peut-on dire, tous les témoignages contemporains, pour les produire comme contrôle et preuves 4c son excellente édition des Procès de Jeanne cCArCy publiée pour la Société de Ihistoire de France*, en consacra jje quatrième volume tout entier aux témoignages des chroniqueurs et des historiens du quinzième siècle. Eu tête de ces chroniqueurs qui ont parlé de la Pucelle, il place comme le pfiieu^ iqstruitVle plus complet, le plus sincère, celui qui, le premier en date, fut témoin tout à fait contemporain, même en partie oculaire , des événements qu'il raconte, Pcrceval de Caigny. Ce chroniqueur, originaire du Beauvoisis , fut attache pendant quarante-six ans à la cour ou plutôt à l'hôiel des princes d'Alençon, d'abord du comte Pierre, comme son pannetier, puis de Jean , son fils , premier duc

1. DeBry, en 1620, écrit Caigny. M. Quicherat, qnî avait d'abord adopté cette inéme forme dans sa notice de la Bibliothèque de l'École des Chartes^ 3« séri^,t. }I, p. U3(18^5), a écrit Cngnjr^ dans les Procès de Jeiume a'Arc,t. IV, p. 1 (1847).

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