PREMIERE PARTIE
PUOCÊS-VERBAUX.
SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
TBvm Ls 4 Junf 1867,
■ax ArchiTes de rEmpire, à trois heures et demie,
•ODS LA raisiDziici di m. l. dkusuk.
(Proccs-verbal adopté dans la séance da S juillet 4867.)
Les procès*verbaux de la séance du Conseil du 20 avril et de rassemblée générale de la Société da 7 mai sont lus par le secrétaire, M. J. Desnoyers; la rédaction en est adoptée par le Conseil.
M. le président proclame membre de la Société, après 8on admission par le Conseil :
1511. M. SimeonLuce, ancien archiviste du département des Deuz-Sévres, etc., rue des Mathurins-St-Jacques, 5; présenté par MM. L. Delisle et de Beaucourt.
T. V, i" PARTIfi. 9
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Ouifrages offerts à la SocUti.
De la part de Sociétés savantes :
Mémoires de V Académie impériale des sciences^ arts et belles-lettres de Caen. Âanée 1867, in-S"^.
Bulletin historique et littéraire de la Société de V histoire du protestantisme français, 2® série, 2® année, n* 5, 15 mai 1867, in-S^
Collection des grands écrivains belges ayant écrit en français ; publiée sous les auspices du gouvernement par lacadémie royale de Belgique : Le V^ livre des Chroniques de Froissart, d'après un manuscrit du Vatican; — les vrayes chroniques de Jehan Lebel; — les œuvres complètes de G. Ghastellain; — li roumans de Cleomades, par Adenés ly roys; — dits et contes de Jehan et Beaudouin de Condé. Ces ouvrages ont étéprécédemment adressés à la Société deThistoire de France. Sous presse : OEuvres complètes de Froissart; — Lettres et négociations de Ph. de Gommines ; —
De la part des auteurs :
Rapport fait lelA décembre 1866 à la seconde assemblée générale de la Société de géographie ^ sur ses travaux et sur les progrès" des sciences géographiques pendant Vannée 1866, par M. Barbie du Bocage. Extrait du Bulletin de la Société de géographie, janvier 1867. — Paris 1867. br. in-8^ de 51 p.
Bibliographie Annamite; livres^ recueils périodiques y ma* nuscritSy plans ^ parle même; extrait de la Revue maritime et coloniale; (février, mai et août 1866). Paris, 1867, broch. in-8«de 107 p.
Recherches sur V élection des Députés aux Étais-G énéroux réunis a Tours en 1468 et en 1484, par M. Paul VioUet. Paris; 1866, broch. in-S"" de 69 p.
Correspondance et travaux de la Société,
M. le marquis de Godefroy-Menilglaise adresse des remerctments de sa nomination de membre du Conseil.
MM. de Noailles, Paul Rîant et P. Lecointre remercient aussi le Conseil de leur admission au nombre des membres de la Société.
M- le duc de Fezensac, retenu chez lui par suite d'unacd» dent, exprime ses regrets de ne pouvoir assister à cette séance.
M. Lecoy de la Marche informe le Conseil qu'il espère toujours livrer la copie complète de Suger pour le commencement du mois d'août prochain. Sou travail avance, et il a à peu près terminé la collation de tous les manuscrits, œuvre longue et minutieuse qu'il a voulu recommencer entièrement. Il espère que le volume pourra être distribué cette année, quoique l'impression ne puisse être commencée, conformément au règlement, qu après la remise du manuscrit complet.
M. le comte Joseph de Laborde, qui avait exprimé le désir de se mettre sur les rangs pour être choisi comme éditeur deFroissart, dans le cas oùle Conseil donnerait une solution définitive à cette question, annonce qu'il abandonne toute prétention à l'honneur de remplacer M. Lacabane. La continuation de l'édition du Trésor des Chartes^ laissée inachevée par M. Teulet et dont il vient d'être chargé, suffira grandement pour lui à un travail de longues années.
M. Poirson infornie le Conseil qu'il se voit forcé, à son vif regret, par suite d'une affection grave de l'estomac qui Toblige d'interrompre tout travail, de renoncer au projet de publier les Mémoires de Mme Duplessis-Mornay^ qu'il avait soumis précédemment au Conseil.
M. Guizoty que M. Poirson a pareillement informé de sa détermination, qu'il semble impossible de changer, attache cependant beaucoup de prix à ce que cette publicatioa se
feisse sons les auspices de la Société de THistoire de France. Les mémoires de Mme de Momay sont peut-être, selon M. Guizot, leplus véridiquei le plus équitable et le plus touchant des documents protestants de cette époque. Il y met assez de prix pour être disposé à diriger et à surveiller luimême cette nouvelle édition, en la faisant préparer sous ses Îreux par sa fille, Mme Conrad de Witt qui connaît bien 'bistoure et spécialement Tbistoire protestante du xvi* siècle. M, Guizot ajouterait à ce volume quelques pages de notice sur le caractère particulier de Mme de Momay et de ses mémoires.
Cette proposition, accueillie ti*ès-favorablement par le Conseil, a déjà été renvoyée à Texamen du Comité de publication dont le rapport va être comuniqué dans cette même séance.
Le secrétaire présente Tétat des impressions :
Mémoires de JCArgenson. Tome IX, Terminé en composition et en impression, il doit être distribué très-procbainement.
Mordue. Tome III. Dix feuilles sont tirées, les feailles 11 à 18 et 4 placards sont chez Tauteur.
jinnuaire-Bulletin. Année 1866, V partie. Liste topogitiphique des Saints : les feuilles 1 et 2 sont chez l'auteur, les placards 5 à 16 sont en correction ou à mettre en pages.
Idem. Année 1867. 1*^ partie: les feuilles 1 à 3 sont tirées; le procès-verbsd de rassemblée générale est en bon à tirer«
— M. L. Delisle fait, au nom du Comité de publicatioa, un rapport sur plusieurs projets qui avaient été renvoyés par le Conseil à son examen.
V. Mémoires de Mme Duplessis^Mornay. Le Comité est d'avis que cette publication, fort intéressante en elle-même, ne pourrait être faite dans des conditions plus favorables pour la Société et pour le public^ que celles qui viennent
DE L'HISTOIRE DE FRAI9CE. i33
d^être communiquées au Conseil. En conséquence, il propose de confier à Mme Conrad de Witt les soins de cette édition qui ne formera qu^un seul Tolume , et de désigner M. Guizot pour commissaire responsable.
Cette proposition est adoptée par le Conseil.
2* Mémoires (TOlwier de la Marclie. Le projet de pubUcation de cet ouvrage, présenté par MM. d'Arbaumont et Beaune, de Dijon, a donné lieu dans le Comité à plusieurs observations qui sont exposées au Conseil et dont les plus importantes touchent à Tétendue de Fouvrage et à Tincertitude des adjonctions que les nouveaux éditeurs seraient disposés à faire, diaprés les manuscrits, aux éditions précédentes. En conséquence, tout en étant disposé à prendre en sérieuse considération et même à adopter en principe ce
Srojet de publication, le Comité ne croit pas devoir donner 'avis définitif avant que les auteurs aient bien voulu communiquer à la Société un plan plus détaillé, un supplément d'information, pouvant permettre de juger le caractère, rétendue, le mérite, les sources nouvelles de cette nouvelle édition, qui d'aillleurs pourrait être fort utilement confiée à MM. Beaune et d'Arbaumont.
Le Conseil partage Topinion du Comité; il sera écrit en conséquence aux nouveaux éditeurs qui se présentent.
3®. Chroniques de Froissart, Le Comité a examiné et discuté de nouveau très-sérieusement la question de Tédition de Froissart, dont le Conseil s'est déjà occupé tant de fois. U a eu communication d'une lettre de M. Guizot, président de la Société, qui, entrant tout à fait dans les vues déjà plusieurs fois exposées dans le Conseil, exprime ses regrets d'être empêché de venir développer verbalement ces mêmes vues. Il importe, écrit-il, que cette publication, tant annoncée et tant attendue ne soit plus indéfiniment ajournée. Il est très-fàcheux que la santé de M. Lacabane ne lui permette pas de s'en occuper efficacement ; mais la Société de l'Histoire de France ne peut pas être malade et inactive parce qu'elle a à regretter que l'un de ses membres leâ plus distingués le soit.
Le. Comité, convaincu de la nécessité de prendre enfin un parti définitif au sujet de cette publication et désirant en
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même temps le faire dans des conditions qui témoignent au premier éditeur toute l'estime que la Société fait de son instruction et tout le prix qu elle attache à faire profiter les études historiques de ses lon^s travaux sur le xiv" siècle, soumet au Conseil les propositions suivantes :
1 . La Société persiste dans l'intention de publier une édition de Froissart.
2. Convaincue que la santé de M. Lacabane ne lui permettrait sans doute pas de réaliser prochainement l'engagement pris par lui, il y a plus de trente anSy «nvers la Société, de publier cette édition, elle le dégage de sa promesse et elle désignera très-prochainement un autre éditeur.
3. Elle propose à M. Lacabane de publier aux frais et sous les auspices de la Société, comme les autres volumes de la collection, dès qu'il le voudra et en autant de volumes quUl le jugera nécessairei après toutefois que Texamen en aura été fait par le Comité de publication et approuvé par le Conseil, une série de dissertations sur les questions historiques, généalogiques et autres propres à éclaircir le texte de Froissart.
Cet ouvrage serait tout à fait indépendant du texte des Chroniques et formerait un recueil distinct qui paraîtrait aux mômes conditions que les autres volumes oe la Société.
Ces trois propositions sont discutées et approuvées par le Conseil. En conséquence, il en sera donné communication à M. Lacabane et le Conseil sera convoqué en séance extraordinaire pour le 18 de ce mois à l'effet de choisir sans retard un nouvel éditeur, dans les conditions qui viennent d'être indiquées. Plusieurs noms sont mis en avant ; les mérites divers des éditeurs possibles, et surtout la probabilité d'une plus prompte et plus complète participation à ce grand travail sont examinés et discutés par le Conseil qui statuera définitivement dans sa prochaine réuiupn.
Un membre informe le Conseil que M. Duhamel, archiviste du département des Vosges, instruit que M. Kroeber
avait renoncé à la publication de Richer de 'Sennones, autorisée en principe par la Société, serait disposé à se charger de cette publication.
M. Bordier fait savoir que M. Campardon ne persiste pas, quant à présent du moins, dans le projet de publication du Journal du narlement séant à Pontoise en 1720, dont il avait comuniqué la copie.
Le Conseil s^occupe ensuite de la nécessité de pourvoir le plus prochainement possible à la mise sous presse d^un quatrième volume pour l'exercice de 1867, auquel ne sont encore attribués que deux volumes terminés, le 9* et dernier de à'Jrgenson et le 3* de Brantôme. Il y a lieu d'espérer que le 3" volume de Monluc sera terminé avant les vacances, mais le 4* volume de l'exercice n'est point encore mis sous presse. Le tome II des Chroniques d! Anjou; — les Œuvres de Suger^ les Chroniques de saint Martial de LimogeSy sont autorisés, et les éditeurs seront pressés de nouveau de hâter Tachèvement de leur travail.
Dans l'incertitude de cette remise en temps utile, le Conseil autorise, en outre, dès à présent, la mise sous presse d'un 4* volume de Brantôme e% des Mémoires de Mme Duplessis-Mornajr^ dès que la copie du manuscrit aura été déposée par Mme C. de Witt.
Les volumes qui ne seraient pas attribués à l'exercice courant, seraient tout prêts pour l'exercice de 1868 auquel il est nécessaire de pourvoir à l'avance.
Elections.
— Le Conseil, conformément au règlement, procède au renouvellement de son bureau et des comités pour l'exercice 1867-1868.
Sont élus au scrutin ;
Président: M* Guizot.
F'ice-présidents : M. Lascoux.
M. le duc de Fezensac.
Secrétaire: M. J. Desooyers continue ses fonctions jusqu'en 1869.
Secrétaire-Adjoint: M. Servois.
Trésorier^archiçiste^ibliothécaire : M. Dupont.
Avant de procéder au renouvellement des comités, le Conseil décide que dorénavant, lorsqu'un membre qai en faisait partie occupera d'autres fonctions dans le bureau, il ne sera pasrééligible.
Comité de publication. Comité des fonds.
MM. L. H^Ae^ président. MM. De La Villegille, pri" Ravenel. sident.
Bordier. Bellaguet.
Marion. Boulatignier.
Quicherat. De Bonis.
Lalanne. Bouvier.
La séance est levée à cinq heures.
SEAIYCE DU CONSEIL D'ADMUaSTRATION,
TEWB lA 18 jvnr 1867y
A trois beuret et demie, âaz ArchiTes de l'Empire,
aovt Là FRinnrci bb m. bbll&ookt.
(Proob-Terbal adopté duu la téance do 2 juillet.)
M. le président proclame membres de la Société, après avoir soumis leur nomination à l'approbation du Conseil :
1512. M. le vicomte de Trucht de Làys, ancien officier de cavalerie à Dijon, présenté par MM. H. Ghevreul et J. Desnoyers.
1513. H. Cbxvaluer, agréée d*hÎ8toire, rae des Fossés* St-Yictor, 33, présenté par MM. Bellaguet et Alfred Gérardin.
1514. M. Thienot, maître de conféreDces à TÉcole nor« maie supérieure, chevalier de la Légion d'honneur, rue d*Ulm, présenté par MM. Quiquerez et Alfred de Gérardin.
M. Guizot, regrette de ne pouvoir présider cette séance; informé de la décision du Conseil qui confie à sa fille, Mme G. de Wittt, les soins de Fédition des mémoires de Mme Duplessis-Mornay, en le désignant pour commissaire responsable de l'ouvrage, il remercie le Conseil de ce témoignage de confiance et Tinforme qu*ayant déjà en mains les deux manuscrits connus de ces mémoires, Mme de Witt s'est mise à l'œuvre et qu'elle va s'en occuper avec toute l'activité possible.
M. Mathon, bibliothécaire et conservateur du musée de la ville de Neufchàtel (S. infér.), adresse des remerciments au Conseil pour son admission au nombre des membres de la Société, dont il avait fait partie dès son origine, aux travaux de laquelle il n'a cessé de s'intéresser, et dans laquelle il rentre avec grand plaisir, malgré 80 ans passés.
M. le duc de Fezensac remercie le Conseil de l'avoir désigné pour l'un de ses deux vice-présidents; il regrette que l'accident qui lui est récemment arrivé le prive du plaisir de l'en remercier de vive voix.
M. Aubert exprime aussi sa reconnaissance du choix que la Société a fait de lui pour les fonctions de censeur. Dès qu'il sera de retour de Suisse, où il est en ce moment retenu par des recherches historiques et archéologiques dans les Archives et le Trésor de l'abbaye de St-Maurice, il se fera un devoir et un plaisir d'assister assidûment aux séances du Conseil et de remplir avec dévouement les fonctions qui lui ont été confiées.
Le Conseil s'occupe du sujet qui était le but principal de
cette réunioni savoir da choi^ d'un nouvel <£diteur des Chroniques de Froissart.
Il est donné lecture d'une lettre de M. Lacabane. Informé, au nom du Conseil, de la décision prise au sujet de Froissart dans la préisédente séance, il resprette vivement que sa mauvaise santé j ait donné lieu. Il conservait, et conserve encore Fespoir de mener à bonne fin un travail dont il s'est occupé pendant tant d'années et qu'il continuera avec patience et persévérance. La proposition que le Conseil, en vue de faire profiter les études historiques des travaux de M. Lacabane, lui a faite de le charger des notes et observations concernant Froissart, tandis que la collation des textes serait confiée à un autre éditeur, lui semblerait devoir entraîner un défaut d'unité préjudiciable à l'ensemble du travail. Toutefois, l'état de sa santé est encore trop mauvais pour ne pas exiger de sa part un repos absolu en ce moment, et pour qu'il puisse prendre un parti et un engagement définitifs à cet égard. D'ailleurs, dit-il, personne n'applaudira plus sincèrement que lui au succès de l'édition que la Société se propose d'entreprendre.
Le Conseil, regrettant de ne pouvoir différer davantage de prendre une décision au sujet de Froissart, discute les titres de plusieurs éditeurs dont les noms ont été mis en avant dans la précédente séance. Son choix s'arrête sur M. Siméon Luce, docteur es lettres, ancien élève pensionnaire de rÉcole des Chartes, ancien archiviste du département des Deux-Sèvres, et qui a déjà publié pour la Société, 'en 1862, une Chronique des quatre premiers Valois. Cette désignation est faite à l'unanimité des membres présents du Conseil. M. L. Delisle est maintenu dans les fonctions de commissaire responsable de l'édition de Froissart.
M. Siméon Luce, dont les intentions étaient déjà connues, sera informé de cette décision et invité à préparer pour le mois de novembre prochain un plan de publication qui sera soumis alors au Comité et au Conseil. 11 sera pareillement invité à mettre le plus d'activité et de persistance possible dans ses fonctions d'éditeur. M. L. Delisle croit pouvoir certifier au Conseil que six mois suffiront à M. Luce
pour préparer le 1^' volume, qui pourrait ainsi être mis sous presse ayant la fin de cette année. Quelques observations présentées par M. le marquis de Laborde, relativement au plan d'une édition de Froissart, qu'il avait communiqué il y a plusieurs années, au Conseil, et qui a été publié dans le Bulletin, seront recommandées à Vattention du nouvel éditeur. Entre autres indications utiles, M. de Laborde croit essentiel de numéroter les lignes, afin que les variantes et les corrélations des différentes rédactions puissent être plus facilement indiquées.
La séance est levée à quatre heures et demie.
VARIETES
M. Gustave Masson a adressé au Conseil de la Société de THistoire de France deux communications sur lesquelles il nous semble utile de revenir avec quelques détails. La première était relative à un manuscrit du Musée britannique ainsi désigné sur un des catalogues : Memoirs of Mademoiselle de Slontpensîer, partly autographe. Ce manuscrit, placé dans le fonds Egerton sous le n** 1679, est un in-folio de 472 pages, écrit au dix-septième siècle par deux personnes qui ont alternativement pris la plume. C'est par erreur sans nul doute que Tune des deux écritures a été attribuée à Mademoiselle : tel a été l'avis de M. Masson, après examen d'un billet véritablement autographe de Mademoiselle, également conservé au British Muséum ; tel est aussi le nôtre. On sait que le manuscrit de la Bibliothèque impériale sur lequel a été collationnée l'édition de M. Cbéruel, est un manuscrit autographe. Selon toute vrai-
1. Voyez VAnnuaire'Bulletin de 1865, première partie, p. 182»
semblance, il n*en existe point de copie faite par Fauteur. Parmi les variantes que M. Masson a tirées du manuscrit de Londres, il en est d'ailleurs pour le moins une, qui ne pourrait se trouver dans un manuscrit autographe; c'est celle qui, dans un passage que Ton peut lire page 31 du tome P' de l'édition de M. Chéruel, porte sur le membre de phrase : « chacun s'en promettoit aisément le prix^ » et substitue aux deux derniers mots cette leçon évidemment fautive : la paixn Mais, quelle qu'en soit l'origine, il convient d'appeler l'attention du futur éditeur de Mademoiselle sur le manuscrit du fonds Egerton.
II manque une centaine de feuillets au manuscrit autographe de Paris, et c'est le texte d'éditions précédentes qu'a dû simplement reproduire M. Chéruel dans les 206 premières pages de son premier volume. Depuis longtemps familiarisé avec les personnages du dix-septieme siècle, il a pu rectifier de lui-même la plupart des noms défigurés dans les anciennes éditions ; mais le manuscrit du British Muséum apportera, ce semble, quelques nouvelles rectifications. De plus, bien que ce manuscnt, ainsi que nous le dirons plus loin, ne donne pas toujours très-fiaèlement le texte authentique des Mémoires, encore les retouches qu'y a subies le style de l'auteur sont-elles beaucoup moins nombreuses et beaucoup moins graves que les remaniements introduits par les copistes ou les éditeurs dans les anciennes éditions. M. Chéruel ayant forcément conservé les remaniements qui avaient altéré dans ces éditions le texte contenu dans les 206 premières pages de la sienne, il y aura donc lieu de coUationner cette première partie des Mémoires sur le manuscrit de Londres^.
M. Masson a noté les variantes que lui a fournies ce manuscrit pour quelques-unes des premières pages de l'édition Chéruel. Il n'est pas douteux que des mots aient été ajoutés dans le texte imprimé, un plus grand nombi'e omis (laconjonction car, par exemple, a presque partout disparu), que
1 . On peut douter que le texte des copies qui sont conservées à Paris soit préférable à celui des éditions du dix-huitième siècle, puisque M. Chéruel ne les a pas mises à profit pour les premières pages de son édition. Il y aurait lieu toutefois aexammer les manuscrits de la Bibliothèque impériale qui reproduisent les mémoires de Mademoiselle^ et de Toir si celui de Londres n'est pas la répétition de Tun d'eux.
des membres de phrase aient été effacés, quantité de longues phrases coupées selon les habitudes de style du dix-huitième siècle, plusieurs mots mal lus. Voici, pour exemples, quelques variantes ; on verra que dans la quatrième citation les éditeurs ont Cedt dire à Mademoiselle le contraire de ce qu'elle a voulu dire.
Édition Chéruel, tome I, p. 16 : Au sortir de.— Maiiuscrit du fonds Egerton : En sortant de.
Éd., p. 17 : une des plus curieuses et des plus remarquables choses. — < Ms. : une des plus curieuses et remarquables choses.
Éd., p. 35 : comme contraire au dessein qu^elle avoit d^épouser Monsieur. Elle fondoit, etc. — Ms. : comme le seul obstacle qu'elle avoit d'épouser Monsieur, fondant, etc.
Éd., ibid. : Je reviens à mon voyage, dont je me suis écartée pour dire ce qui auroit sûrement moins ennuyé que le récit des gîtes du grand chemin d'Orléans à Paris. Je ne parlerai pas de ce que je fis à la Motte. ... — Ms. : Je reviens à mon voyaee, dont je me suis écartée pour dire des choses qui auront dû moins ennuyer que le récit des gîtes, etc. Je ne parlerai que de celui que je fis à la Motte.
Éd., ibid. : M. Tarchevéque de Bourges, de la maison de Ventadour, qui en estoit alors abbé {c'est-à-dire abbé de la Motte). — Ms. : M. l'archevêque, etc., qui étoit lors abbé deMesnac.
Éd., p. 49 : J'oubliois d'en parler, parce que je n'ai pas d'autres mémoires qui me puissent rappeler ce temps que la chose même. — Ms. : J'oubliois, etc. , parce que je n'ai point de mémoire, que rien me puisse rappeler, etc.
Éd., p. 50 : Le prince {le duc d'Enghien) donna un fort beau ballet dans le Palais-Cardinal. — - Ms : Le prince dansa, etc.
Éd., p. 53 : Ce souvenir me renouvelle trop de douleur
Jour que j'en puisse dire davantage. {A la ligne:) Le deuil e la Reine ma grand'mère m'obligeoit, etc. — Ms. : Ce souvenir, etc. pour que j'en puisse dire davantage, sinon que le deuil, etc.
Éd., p. 79 : Monsieur y étoit, et je ne pus à mon égard me défendre d'y aller. — Ms. : Monsieur y étoit, et je ne pus à mon regret, etc.
ikt SOCIÉTÉ
Éd., p. 96 : La reine me demanda incontinent après de sortir du château. — Ms* : La reine me manda tout incontinent après, que pour éviter que par la proximité du logement je ne prisse ce mal, je sortisse du château.
Éd., p. 101 : George de Gasselay.... M. de Surgis. — Ms. : George de Gastelny....M. du Fargis.
Ed., ibid.: donna charge de me dire qu'en cas qu'il ne fût pas connu de moi, je pouvois bien savoir qui il étoit, que j'en avois assez ouï parier. — Ms. : donna, etc., qu'encore qu'il ne fût pas connu de moi, etc«
Éd., p. 120 : ce couple informe. —< Ms. : ce couple d'infirmes.
Éd. ibid. : Le premier président du parlement de Rouen. — Le ms. ajoute son nom : de Hys.
Éd., p. 173 : me dit peu de mots. Je me souviens qu'ils n'étoient pas fort obligeants, mais je ne puis les redire. — Ms. : me dit peu de mots, que je me souviens^ etc., et que je ne puis redire.
Éd., p. 191 : par la pente naturelle que chacun auroità être maître. Il me semble que l'autorité d'un seul tient tant de la divinité, que l'on devroit avec joie et respect s'y soumettre par son propre choix, quand Dieu ne nous y auroit pas fait naître. Pour moi, je comprends fort bien que si j'étois née dans une république, je serois toute propre à la révolter. — Ms. : par la pente naturelle que chacun auroità être maître du roi. Mais, sans aucun intérêt, il me semble
aue les rois et une seule autorité souveraine ont tant de la ivinité que Ton doit avec joie et respect s'y soumettre par le propre choix, etc. Pour moi, je comprends fort bien que si j étois née avec l'épée et la cape dans une république, etc.
Après avoir collationné sur le manuscrit de Londres trente ou quarante des premières pages de l'édition Chéruel, M. Masson a fait sur le même manuscrit la collation de dix pages de cette même édition (t. I, p. 208-218) dans la partie où M. Ghéruel a eu le secours du manuscrit autographe. Les variantes qu'il y a relevées démontrent que le manuscrit de Londi'es ne reproduit pas exactement le manuscrit autographe. Il n'y a guère toutefois que des différences de mots ; les tours de phrases ont subi peu de renianiements.
En nous reportant au manuscrit original, ces dernières
notes de M. Masson souâ les yeux, nous avons pu voir que M. Ghémel Fa presque toujours reproduit avec une exacte fidélité. Il a néanmoins conservé cà et là quelques mots et quelques tours des éditions du dix-huitième siècle. Ainsi Ton doit lire : p. 210, « au Louvre où lo^eoit, » et non « où étoit ; » — p. 213, « que si elle vouloit aller à Montmartre,... que nous nous y rencontrerions, » et non : « que si elle vouloit, etc., nous nous rencontrerions; » — p. 215, « Ton s'étonnoit de quoi, » et non « de ce que ; » — « Mme de Nemours souhaitoit, » et non « Mme de Nemours, sa sœur, disoit ; » — p. 2 1 8 , « que G^rmin s*en alloit quérir. . . . et quHl demandoit, d et non : « que Germin, s'en allant quérir.... demandoit. » Il s'est glissé une erreur de lecture
{>. 208 : « Sa fille, la princesse de Courci^ » lisez : « sa fille a princesse Louise] » il s'agit de la fille de la princesse de Carignan. Notons enfin la fréquente suppression de la conjonction car.
En somme, ce sont de bien légères altérations que nous a révélées la collation de ces dix pages faite sur le manuscrit autographe ; mais elles suffisent à montrer que le prochain éditeur de la duchesse de Montpensier, après avoir revisé le commencement de ses Mémoires au moyen du manuscrit du British Muséum, devra encore se servir du manuscrit autographe de la Bibliothèque impériale pour rendre au reste do texte sa parfaite pureté.
Nous exposerons dans un prochain bulletin la seconde communication de M. Gustave Masson, à laquelle sont jointes quatre lettres inédites du maréchal de Tessé.
BIBLIOGllAPHIE.
259. ^— De CoussBiffAUR. Scriptorum de mnsicà medii aevinoYa séries. Tome P% Paris, 1865, grand m-4' de xxiv cl 468 p. à 2 colonnes.
Ce tome I«r d'une collection d*écriYains et de traités inéditi sur la muf ique du moyen âge contient les œuTret de Jérôme de MoraTÎe ; de Jean de Garlande ; de Franoon de Cologne ; de Pierre Picard ; de Walter Odington; du nommé Aristote; de Jean Balloce; de Robert de Handlo; de Jean Hanboyi et de lept anonymes. Le tome II, dont la publication est oommencée en 1867, contient le Tonal de Rf^on de Pram ; un fragment de Hucbald ; des traités inédiu de Guido d'Arezzo et d*Odon de Cluny ; le traité de Gui de Chàlis ; le Specukun muslcm de Jean de Maris et plusieurs anonymes. M. de Coussemaker, correspondant de TÂcademie des inscriptions, dont les recbercbes sur l'histoire de la musique du moyen âge jouissent depuis longtemps déjà d'une réputation bien méritée , est auteur de plusieurs antres ouvrages sur ce même sujet. Les plus importants sont :
Histoire Je T harmonie au moyen dge^ Paris 1652, in-4<* de xiiiet37ji p. de texte, 38 pi. et 44 p. de musique. (Ourrage couronné par l'Institut, Académie des inscriptions et belles-lettres).
Vart harmonique aux douzième et treizième siècles , Paris 1865, in-4^ àt 550 p.
Drames liturgiques au moyen âge^ Paris, 1861, in-4<* de 350 p.^
Mémoire sur Hucbald et sur ses traités de musique^ Paris 1841, in-4® de viii et 212 p. avec fac-similé.
Le même savant prépare la publication de plusieurs autres ouvrages sur le même sujet, tels que les œuvres complètes de Adam de la Halle ; — l'art harmonique au quatorzième siècle ;«- l'histoire des instroments de musique au moyen âge.
Imprimerie générale de Ch« Lahure, rue de Fleuras r 9^ à Paris.
ANNUAIRE-BULLETIN
DE LA