PREMIÈRE PARTIE
PROCÈS- VERBAUX
SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
TKÎCUB LE 8 JANVIER 1867,
Ans Archive» de l'Empire, à trois heures et demie, socs la ramones de m. beixagukt, l'toc des deux ncE-PEEttoiirra (Procès-Terbal adopté dans la séance do 6 février 4867.)
Le Procès-verbal de la précédente séance est lu par le secrétaire, M. J. Desnoyers; la rédaction en est adoptée par le Conseil.
M. le président proclame membres de la Société, après avoir soumis leur nomination à l'approbation du Conseil.
1479. M. Alfred Hérault, à Chàtellerault (Vienne); présenté par MM. Bel la guet et J. Desnoyers.
1480. M. Auger, juge d'instruction, à Bourg (Ain); présenté par MM. Étbiou Pérou et J. Desnoyers.
1481. M. le comte Aclûlle Treilhard, conseiller d'État, t. V. l n partie, 1
rue Louis-le-Grand , 18; présenté par MM. Lascoux et Servois.
1482. M. le baron Prosper de Bàrante, rue de Marignan, 27; présenté par MM. Bellaguet et J. Desnoyers.
1483. La Cour impériale de Bourges pour sa bibliothèque; présentée par MM. Durand et Dupont.
Son correspondant à Paris sera M. Durand, libraire, rue Cujas (des Grès), 7. La souscription remontera jusqu'à Tannée 1863.
1484. M. Gijillemitî, recteur de l'Académie de Nancy;
Srésenté par MM. Egger et Alfred Gérardin, professeur 'histoire au lycée Saint-Louis. Son correspondant à Paris sera M. Gérardin, 31, rue de Vaugirard.
Ouvrages offerts.
De la part de M. le Ministre de l'Instruction publique :
Répertoire archéologique du département de r Oise, par M. E. Woillcz. Paris, Imprimerie impériale, 1862. 1 vol. in-4.
Répertoire archéologique du département du Morbihan, par M. Rosenzweig. Paris, Imprimerie impériale, 1863. 1 vol. in-4.
Répertoire archéologique du département du Tarn, par M. Hipp. Crozes. Paris, Imprimerie impériale, 1865. 1 vol. in-4.
Dictionnaire topographique du département de la Mcurthe, par M. Henri Lepage. Paris, Imprimerie impériale, 1862. 1 vol. in-4.
Dictionnaire topographique du département tic F Yonne, par M. Max. Quantin. Paris, Imprimerie impériale, 1862. 1 vol. in-4.
Dictionnaire topographique du département des Basses-
Pyrénées, par M. Paul Raymond. Paris, Imprimerie impériale, 1863. 1 vol. in-4.
Dictionnaire topographique du département de r Hérault, par M. Eug. Thomas. Paris, Imprimerie impériale, 1865. 1 vol. in-4.
Dictionnaire topographique du département de la Nièvre, par M. Georges de Soultrait. Paris, Imprimerie impériale, 1865. 1 vol in-4.
De la part de Sociétés savantes :
Mémoires de la Société des sciences morales et historiques de Seine-et-Oise. Tome VII. Versailles, 1866, 1 vol. in-8.
Journal des règnes de Louis XIV et Louis XV, de Cannée 1701 à 1744, par Pierre Narbonne; recueilli et édité par M. J. A. Le Roi. Versailles et Paris (Durand), 1865. In-8.
Ce dernier ouvrage est offert par la Société des sciences morales et historiques de Versailles.
Bulletin de la Société de f histoire du protestantisme français. 2 e série, n° 12, décembre 1866, in-8.
Assises scientifiques du Bourbonnais : Discours d'ouverture par M. 1 abbé Boudant. Moulins, 1866, in-8.
De la part des auteurs :
Revue des questions historiques, publiée sous la direction de M. de Beaucourt, 1™ année, 3 e livraison, 1 er janvier 1867. Paris (v. Palmé), in-8.
V ancienne Université de Strasbourg, par Jtf. Cheruel, recteur de l'Académie de Strasbourg, 1866, in-8.
Correspondance.
M. Alfred Hérault demande à (aire partie de la Société;
M. Marcou, membre de la Société géologique de France, communique au Conseil un projet d'association auquel plusieurs Sociétés savantes ont déjà adhéré et qui aurait pour but de créer un établissement central de réunion, au moyen d'une contribution pécuniaire proportionnelle de chacune d'elles. M. Marcou demande que le Conseil veuille bien désigner un de ses membres pour se concerter avec les représentants des autres Sociétés.
Cette lettre de M. Marcou est renvoyée à l'examen du Comité des fonds. Mais le Conseil paraît disposé d'avance à continuer de profiter de la bienveillance de M. le directeur général des Archives qui, depuis plusieurs années, a mis à la disposition de la Société un local pour ses réunions et pour sa bibliothèque.
Travaux de la Société.
Le secrétaire présente l'état des impressions.
H Argcnson, Tome IX. 24 feuilles sont tirées, la 25 e est en bon à tirer, la 26" en épreuves.
Brantôme, Tome III. 25 feuilles sont tirées, les feuilles 26 à 29 vont être envoyées à l'auteur; on compose la table.
Annuaire-Bulletin. — 1866. l r * partie, la feuille 12 est mise en pages. — 2 e partie, on compose la feuille 4.
— M. Quicberat présente un rapport sur l'examen qu'il avait été chargé par le Comité de publication de faire d'une proposition de M. Douet d'Arcq ayant pour but d'éditer un nouveau choix des Comptes de 1 Argenterie des rois de France.
Tout en reconnaissant l'intérêt et l'utilité historiques de cette sorte de documents, tout en rendant justice à la méthode judicieuse et à l'érudition dont M. Douet d'Arcq a fait preuve dans ses précédentes publications, M. le rapporteur n'est pas d'avis qu'il y ait lieu, quant à présent du moins, d'admettre ce nouveau projet. D'autres publications lui semblent plus essentielles, plus urgentes et mieux
rentrer dans l'esprit de la fondation de la Société de l'Histoire de France. Les grands dépôts d'archives possèdent un nombre très-considerable de matériaux originaux de comptes des différentes parties de l'administration publique, ou des maisons royales et princières disposés presque toujours dans le même ordre. Les renseignements les plus curieux s V rencontrent sans nul doute , mais ils y sont dispersés au milieu d'une foule de détails uniformes et presque identiques, presque sans intérêt général et qui ne peuvent être utilement consultés que pour des travaux spéciaux concernant particulièrement telle ou telle branche de l'étude des mœurs, des institutions, de la fortune publique et privée pendant le moyen âge. C'est aux auteurs de ces recherches à choisir et à consulter eux-mêmes ces documents dans les collections où ils sont conservés et à en tirer les résultats instructifs propres à éclairer les questions spéciales qu'ils ont en vue. 11 n'en doit pas être de même des annales, chroniques et mémoires qui forment la base fondamentale de notre histoire ; surtout des chroniques les plus anciennes qui en sont pour ainsi dire les classiques. Plusieurs des plus importantes n'ont point encore été publiées par la Société et mériteraient de l'être, comme elles l'ont été dans la collection de M. Guizot. Les auteurs de la seconde race et du commencement de la troisième ne sont pas suffisamment représentés dans les publications de la Société : les annales de Nithard, de Thégan, de l'anonyme désigné sous le nom de l'astronome, les chroniques de Metz, de Saint- Vaast de Saint-Bertin et plusieurs autres ; les écrits historiques d'Ermold le Noir, d'Abbon, de Frodoard, de Raoul Glaber, méritent aussi d'être publiés par la Société, et même il conviendrait de remonter plus haut en donnant successivement de nouvelles éditions d'Ammien Marcellin, de Sulpice Sévère, de Sidoine Apollinaire, de Fortunat et autres contemporains des origines de l'histoire de France. Des éditions de ces historiens sembleraient plus convenables que celles de documents d'archives du quatorzième et du quinzième siècle, quoiqu'il y ait encore de très-intéressantes publications à faire sur ces dernières époques.
Un membre (M. Vallet de Viriville) ne croit pas que les comptes officiels de dépenses publiques, royales et princières, soient aussi dénués de véritable intérêt historique
que Ta exprimé M. le rapporteur, et il en cite, entre antres preuves, la publication très-utile que les savants éditeurs du grand Recueil des historiens de France en ont faite dans les deux derniers volumes (XXI et XXII) pour le règne de saint Louis. Sans doute il ne faut point abuser de cette sorte de documents, mais leur valeur, comme source de renseignements authentiques, est des plus grandes, et il est regrettable que la Société ne puisse pas les mettre au jour dans une plus vaste proportion, ainsi qu'il l'exprimait dans une des précédentes séances. Cette appréciation ne tend point à diminuer l'importance des annales et des Chroniques qu on est habitué à considérer comme la base principale de 1 histoire.
Après quelques observations d'autres membres du conseil, dont l'un rappelle qu'une édition fort estimable du texte et de la traduction de Sidoine Apollinaire et de Fortunat a été publiée à Lyon en 1836 par MM. Grégoire et Colombet, les conclusions de M. Quicherat, approuvées par le Comité de publication, sont adoptées par le Conseil.
M. L. Delisle annonce que M. Marchegay est disposé à reprendre très-prochainement et très-activement les recherches indispensables à la terminaison du deuxième volujne des Chromcnies d'Anjou et à s'adjoindre, s'il en est besoin, la coopération de M. Mabile, employé au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale.
Le même membre, au nom du comité de publication, ex-
5 ose au Conseil que la chronique de Perceval de Cagny, dont a été question dans une précédente séance, comme pouvant former un volume, ne comprendrait pas plus de 160pages des volumes ordinaires de la Société, ce qui serait insuffisant. M. Quicherat qui, le premier, a fait connaître ce document dans son édition des Procès de Jeanne efdrc, publiée par la Société, dit qu'on pourrait v adjoindre une autre petite chronique des ducs d'Alençon et des extraits des actes originaux du procès du duc Jean II, conservés aux archives de l'Empire. M. Vallet de Viriville proposerait en outre d'y ajouter une notice biographique sur la vie aventureuse de ce prince.
Cette proposition, ainsi complétée, est accueillie favorablement par le Conseil et renvoyée de nouveau à l'examen du Comité de publication.
Sur la demande d*un membre, M. Bordier informe le Conseil, que les fragments laissés par M. Taranne pour une publication de Frédêgaire y dont il avait été chargé par le Conseil, sont trop incomplets pour faire la base d une édition nouvelle et qu'il devra refaire le travail en entier.
M. Marion, éditeur désigné pour la chronique de Jninville, est d'avis que l'édition récemment publiée, d'après un texte nouveau, par M. de Wailly, rend moins urgente celle de la Société.
M. Servois, auquel le Conseil a confie la publication de Guibert de Nogent, dont M. Krebher s'était primitivement chargé, ne pense pas pouvoir en commencer l'impression avant l'année prochaine.
Sur la proposition d'un autre membre, les Comptes des dépenses de Jeanne de Laval, communiqués par M. Marchegay, seront insérés en extraits dans V Annuaire- Bulletin. M. L. Delisle est invité à vouloir bien préparer cette analyse, d'accord avec M. Servois.
Elections.
J,e Conseil, procède par la voie du scrutin, à la nomination d'un président de la Société, en remplacement de M. de Barante, qu'elle a eu le malheur de perdre.
M. Guizot obtient l'unanimité des suffrages et est nommé président de la Société de l'histoire de France.
La séance est levée à 5 heures.
VARIETES
DOCUMENTS EXTRAITS DU CHARTRIER DE THOUARS AFFABTENANT A M, LE DUC DE LA TRKMOÏLLE.
Document relatif à la prise de Champlite en 1475.
Pour ce que question est meuc par devant mons r de Craon, lieutenant gênerai du roy ès parties de Champaigne et Brye, duché de Bar et pais d'euviron, à l'occasion de la prinse du s r de la Bastie et autres gentilzhommes estans ou chas tel de Champlite , et des hicns que ilz avoient ou dit chastel, et pour en oster les différens et en faire declairacion, pour mon dit s r ont esté examinez et fait faire serement d'en dire et declairer la vérité aux seigneurs cappitaines, chefz de guerre, gentilzhommes et autres cy après examinez et soubzcrips , qui ont esté prins ensemble leurs oppinions et advis. Tous lesquelz indifféremment et sans contradicion nulle ont dit et affirmé sur la foy et serement qu'ils dévoient à Dieu et au roy, et sur leurs honneurs et consciences, le traictié fait par le dit s r de Craon, et les cappitaines avec le dit sieur de la Bastie estre fait en la manière qui s'ensuit. C'est assavoir que la ville et chastel du dit Champlite et tous les biens estans en lad. ville estoient et demeuraient à la voulenté du roy et du dit s r de Craon son lieutenant, et que le dit s r de la Bastie payerait dix mille escuz pour le radiant du corps de luy et des gentilzhommes estans avec luy ou dit chastel, et aussi pour les biens qu'ilz avoient ou dit chastel seullement; et tiendrait ostaiges le dit s r de la Bastie
Diqitized by Go
et les dits gentilshommes jusques à entière solucion et paiement de la dite somme ; et que, pour entretenir les choses promises, seroit envoyé de chacune compaignie dix lances dedans le dit chaste! ; et que depuis, pour doubtc que à l'occasion de la fureur des dits francs archers et aultrcs sens de guerre qui estoient entrez en la dite ville, ilz ne feissent aucune chose contre ce mai estoit promis, le dits' de Graon et le gouverneur de Iimosin advisèrent que eulx mesmes yroient ou dit chastel ; ce que le dit s r ne neult faire pour ce que à celle heure vint ung alarme pour les Bourgongnons que Ton disoit estre prestz pour combattre et envayr l'ost du roy, cjui estoit à celle heure esmeu et en desordre ; et se tira le dit s r de Graon et tous les autres cappitaines et leurs enseignes aux champs, excepté le dit gouverneur de Limosin qui ne tint compte du dit alarme et entra ou dit chastel, ouquel le dit s r de la Bastie le mist et lui fîst ouverture à luy et à ses gens en ensuivant et selon la forme du dit appoinctement. Et dient afferment les seigneurs chefz de guerre, cappitaines, gentilshommes et autres cy après soubzcrips, sur leurs dits honneurs et consciences, et sur les foy et serement qu'ils ont à Dieu et au roy, l'appoinctement et traictié avoir esté fait, consenti et accordé en la manière dessus dite, et qu'il doit estre entretenu de point en point sans aucune chose en interrompre. Et en tesmoing de vérité, ilz et chascun d'eulx ont cy mys leurs seings manuelz , le vingt deuxiesme jour de may l'an mil CCGC soixante et quinze.
Charles u'Amboyze, Gaston dc Ltons, Baudricourt, M. Grangier, de Maugyror, De Balegny, De Bosredont, Guy', Jehan d'Amboise, Craon, De la Palu, Betaod de Horns(?)
Et en oultre nous Simon de Monstereul, escuier, s r de Mareilles, et Chastillon, et Jonvelle, heraulx. d'armes du roy nostre sire, certifions et affirmons en nos consciences et par la foy et serement que nous avons à Dieu et au roy, que