‹ Notice sur le DahómeyChapitre 8 sur 61 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La «’omjiicte niîEilasi»-. — Première périoile ( I SÎIO)

ORGANISATION DU PROTECTORAT — VOYAGE DE M. BAYOL A ABOMEY. — OCCUPATION DE COTONOU. — LES PREMIÈRES HOSTILITÉS. — LE CAPITAINE DE VAISSEAU FOURNIER ; L AMIRAL CAVELIER DE CUVERVILLE ; LES NÉGOCIATIONS. — l’aRRANGE- MENT DU 3 OCTOBRE 1890.

Organisation du protectorat. — Au moment ou M. Ballot reprit le commandement des établissements du Bénin (le 1er décembre 1889), le pays paraissait tranquille. Il était permis d’espérer que les résultats de la visite faite au roi Gléglé par le lieutenant gouverneur Bayol seraient satisfaisants et que les difficultés pendantes entre le Dahomey et la France pourraient, de la sorte, être réglées pacifiquement. L’attention du résident se porta donc exclusivement sur la mise en vigueur des dispositions du décret du lfr août 1889 applicables à partir duler janvier 1900. Cet acte séparait virtuellement les Rivières du sud de la colonie même du Sénégal, sans toutefois les ériger en colonie distincte, et accordait à nos établissements de la Côte-d’Or et du Golfe de Bénin, sous l’autorité générale du lieutenant gouverneur des Rivières du Sud, une autonomie administrative et financière à peu {très complète. Il convient de reproduire in extenso le décret du 1er août 1889, dont les considérants font ressortir d’une manière très nette l’origine de la formation en groupes indépendants do nos établissements

tlo la cote occidentale d’Afrique qui sont devenus aujourd’hui les colonies de la Guinée française, de la Côte d’ivoire el du Dahomey el dépendances.

Rapport au Président de la République française, suivi d'un décret réglât)! V organisation politique et administrative des liivières du Sud. du Sénégal , des Etablissements français de la Côte d’Or et des Etablissements français du golfe de Bénin.

Paris, le 1" août 1889.

(Sous-Secrétariat d’Etat des Colonies, cabinet du Sous- Secrétaire d’Etat.)

Monsieur h' Président,

L’administralion des colonies s'est préoccupée depuis plusieurs années de la nécessité de donner à nos établissements des Rivières du Sud, de la Côte d'Or et du golfe de Bénin une organisation administrative en rapport avec l’importance croissante que tendent à prendre ces possessions françaises sur la Côte occidentale d’Afrique. Le système acluel de rattachement pur et simple au Sénégal est condamné par l’expérience et doit être remplacé par un régime nouveau, plus approprié aux besoins et à la situation du pays.

Très éloignées de la Côte proprement dile, n’entretenant avec elles que des relations pou suivies, les Rivières du Sud en font toutefois partie intégrante au point de vue administratif.

Il y a là encore une anomalie d’autant plus frappante que les intérêts du Sénégal el ceux des Rivières du Sud sont le plus souvent distincts el quelquefois même opposés au point do vue commercial.

En plaçant cos possessions sous l’autorité du lieutenant-gouverneur du Sénégal, le décret du 12 octobre 1882 n’avait pas défini, d’ailleurs, d’une manière précise les attributions de ce haut fonctionnaire qui est resté, dans la pratique, en dehors des missions spéciales dont il se trouvait chargé, un simple intermédiaire entre les Services installés dans la région el le gouvernement du Sénégal. Il n’en pouvait être autrement du moment que le décret plaçait les Rivières du Sud sous la dépendance complète du gouverneur au point de vue politique, administratif el financier.

Cet état de choses a paru défectueux à tous ceux qui, connaissant le pays, savent qu’il est appelé à un grand développement commercial. Il importait donc d’étudier dans quelles mesures une nouvelle organisation permettrait de doter ces régions d’un régime autonome, condition indispensable de leur prospérité.

Telle est la mission qui a été confiée par M. le Sous-Secrétaire il Etat des colonies à une commission dont les travaux et les enquêtes

ont permis de préparer, en connaissance de cause, un projet complet d’organisation.

La commission a dû examiner, tout d’abord, si les Rivières du Sud avaient les ressources financières nécessaires à l’alimentation d’un budget spécial sans avoir recours soit au Sénégal, soit à la métropole,

L’étude de la question n’a laissé aucun doute sur ce point et a montré qu’en l’état actuel les ressources des Rivières du Sud, telles qu’elles figurent même au budget du Sénégal, permettraient de couvrir leurs propres dépenses.

J’ai été dès lors amené à penser qu’il y avait un intérêt très sérieux à accorder à cette région la gestion d’un budget propre et de lui attribuer une autonomie complète au point de vue administratif et financier, tout en laissant subsister entre les Rivières du Sud et le Sénégal une sorte de lien politique qui, sans gêner en rien leur action respective, tendrait uniquement à régler leur situation dans l’éventualité possible d’une action commune sur certains points.

D'accord avec la Commission, j’estime que cette autonomie doit s’arrêter à la limite que je viens d'indiquer et qu’il serait inutile, et non peut-être sans inconvénients pour le moment, de séparer complètement du Sénégal les Rivières du Sud en les érigeant en colonie distincte.

Placé directement sous les ordres de la métropole, jouissant d’une indépendance réelle et de pouvoirs propres bien définis, disposant d’un budget spécial, le lieutenant-gouverneur sera réellement en mesure d’assurer, d’une manière utile et complète, le développement des intérêts considérables dont il aura la charge.

La réorganisation administrative des Rivières clu Sud doit avoir pour conséquence naturelle une importante modification dans l’organisation de nos Etablissements de la Côte d’Or et du golfe de Bénin qui, bien que considérés comme dépendances du Sénégal, sont, tant par leur éloignement que par la différence de leurs intérêts politiques et économiques, restés en dehors «le l’action directe de la colonie.

Ces Etablissements rattachés tantôt à nos possessions du Gabon, tantôt à la colonie du Sénégal, ont été placés par le décret du 16 juin 1886 dans la sphère d’action du lieutenant-gouverneur des Rivières du Sud.

Ces rattachements successifs témoignent des efforts infructueux qui ont été faits pour donner à nos comptoirs de Grand-Bassam et de Porto-Novo une organisation en rapport avec leur situation géographique.

Aussi éloignés du Sénégal que du Gabon, ces établissements ne doivent en réalité faire partie intégrante ni de l'une ni de l’autre de ces colonies, et il m’a paru, en effet, qu’il convenait de leur accorder la plus grande autonomie au point de vue administratif et financier. Les résidents chargés de représenter le gouvernement, tant à la Côte d’Or qu’au golfe de Bénin, correspondraien! directement avec le département ; mais comme il pourrait y avoir des inconvénients à

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