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Les prairies occupent les parties basses des flancs des montagnes, les fonds des vallées et en général tous les lerrains susceptibles d'irrigation ; les labours alternent avec les prairies et sont généralement confinés dans les parties où l'eau est moins abondante, ils s'élèvent jusqu'à 1.400 mètres d'altitude. La vigne est cultivée dans la partie basse des vallées et aux expositions du sud et du levant. Les bois succèdent aux cultures et occupent en général la partie moyenne des montagnes, mais seulement aux expositions fraîches du nord et du couchant ; aux expositions du raidi et du levant la végétation forestière fait le plus souvent défaut et les landes succèdent alors directement aux cultures. Les parties hautes sont occupées par des pâturages ou plus exactement par des chaumes pierreux et rocheux, où l'on ne rencontre que çà et là des plaques de gazon et des touffes d'herbe disséminées.
Dans les parties où affleurent les marnes du lias il n'est pas rare de voir de vastes étendues, connues dans le pays sous le nom pittoresque de terres noires, profondément déchirées par des ravines dont la réunion forme quelquefois des torrents redoutables et où la végétation fait absolument défaut.
Le département des Hautes -Alpes est un des plus pauvres et des moins peuplés de France. L'industrie et le commerce y sont excessivement peu développés, les habitants valides, surtout dans la partie nord du département, après avoir cultivé leurs champs, s'expatrient pendant l'hiver pour aller chercher au loin le travail qu'ils ne peuvent se procurer sur place. Les femmes, les enfants, les vieillards restent enfermés, pendant toute la mauvaise saison, dans leurs maisons et quelquefois même dans leurs écuries, lorsque le combustible est difficile à se procurer, comme cela a lieu dans le Briançonnais et dans une partie de l'Embrunais, sans se livrer à aucune occupation rémunératrice.
Les moutons sont pour eux leur principale, on pourrait même dire leur unique ressource, aussi ont-ils conservé l'existence contemplative des anciens pasteurs, leur
sobriété, leur insouciance, leur mépris pour tout travail artistique ou industriel et leur indifférence devant la pauvreté.
Les conditions où vivent les montagnards des Alpes ne sont pourtant pas très différentes de celles que la nature impose aux montagnards du Jura, et, sans aucun doute, ils pourraient comme ceux-ci se livrer à des industries multiples qui apporteraient la richesse dans ces pays pauvres et désolés, et régénéreraient leur population au double point de vue physique et moral. Malheureusement la tradition est tellement vivace chez les Hauts-Alpins, qu'il est presqu'impossible de les amener à faire ce que leurs ancêtres n'ont pas fait.
Bien que les forêts occupent environ le cinquième de la superlScie totale des Hautes-Alpes, le commerce des bois n'existe dans ce département qu'à l'état rudimentaire, et les seuls marchands de bois qu'on y rencontre sont établis à proximité des forêts domaniales de Durbon et Boscodon. Cette indifférence des habitants pour ce genre de spéculation doit-être attribuée à deux causes principales : 1° à l'absence presque complète des chemins de communication entré les forêts et les voies carrossables, circonstance qui fait que la traite des produits ligneux occasionne des déboursés qui ne laissent aucune marge pour le bénéfice des adjudicataires ; 2** au manque d'industries, locales ne permettant pas, ainsi que - cela se pratique dans le Jura, de fabriquer sur place et à proximité des forêts, ces mille objets qui, exigeant le bois comme matière première, en augmentent la valeur tout en diminuant les frais que nécessite son transport aux lieux de consommation.
Les principaux débouchés des produits forestiers des Hautes-Alpes, sont Marseille et le bassin du Rhône.
m. DESCRIPTION FORESTIÈRE.
Répartition des forêts au point de vue économique, iopographique, géologique. — Renseignements généraux sur les essences qui les peuplent, — Principaux massifs.
La 10« Conservation renferme 102.400 hectares de forêts soit un peu plus du 18 0/0 de sa superficie territoriale. Les futaies résineuses entrent dans ce chiffre pour 70.000 hectares environ, les futaies feuillues pour 5.000 et le surplus est formé de taillis simples. Il est à remarquer que les essences feuillues croissant en massif sont confinées dans la partie sud du département ; elles ne dépassent, en effet, que tout à fait exceptionnellement les limites de Farrondissement de Gap et celles du canton de Ghorges dans TEmbrunais, et encore les taillis qui se trouvent au nord de ces limites ne présentent-ils aucune importance, ni comme surface, ni comme production.
Ces forêts au regard des propriétaires qui les possèdent se répartissent ainsi qu'il suit :
État 1.952
Communes 97.320
Particuliers 24.128
JiC tableau ci-dessous fait connaître la proportion pour cent de la superficie territoriale occupée dans chacun des vingt-quatre cantons des Hautes-Alpes par les forêts domaniales, communales et particulières , en distinguant les futaies des taillis pour celles qui sont soumises au régime forestier.
Les cantons y sont classés au point de vue de l'importance superficielle relative des forêts de toute nature que Tony rencontre.
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