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Notice sur le musée d'histoire naturelle de Strasbourg

C*est une idée ingénieuse et belle que celle qui a présidé à la formation d'etablisseiiienis publics destinés à réuuir les différentes productious de la nature pour les offrir aux regards des curieux comme un brillant panorama des merveilles de la créa- ' tion.

Un Musée» c'est îa nature eUenanéme» moins la vie qui l'anime; ce sont les nombreuses variétés de roches et de minéraux dont les masses composent l'écorce de la terre, les végétaux

qui embeliissent sa surface, les auiiiiaux qui ptupleiit l'air, la terre et les eaux , conservés avec leuis formes j souvent avec leurs couleurs et portant, chacun, le nom qui leur a été donné et l'indication de leur origine.

Sans sortir d'une étroite enceinte » on peut, à l'aide de quelr ques connaissances géographiques, se transporter par la pensée, rapidement et successivement, dans les diverses contrées du globe : tantôt dans les solitudes glacées du nord des deux continents avec les rennes, les élans, les rcnaids, les mammifères à fournn es précieuses ou avec les nombreux oiseaux de ces climats inhospitaliers; tantôt dans les vastes déserts de l'Afrique avec la girafe élancée, Tautruche à la course rapide, les gra- • cieuses et légères antilopes, les lions, les léopards, les panthères ; ou bien dans lïnde si riche en fleurs et en oiseaux; dans les vallées derHimalaïa, avec les lophophores et les tragopans; ou

encore daub les plaines du Biésil à la vegeiaiion riche et puis-

santé, habitées par des légions iunonilx ahles d oiseaux brillants qui reflètent toutes les eouhMii s des pierres et des métaux précieux ; sur les plus hautes sommités des Âudes au-dessus desquelles plane le m^estueux condor; dans les impénétratdes forêts de ce Nouveau-Moiide habitées par les bandes Joyeuses des singes, par les fourmiliers , les tardigrades, les aras et que parcourt de nuit le robuste et terrible jaguar; ou enfin dans les nombi euses îles de l'Océanie que peuplent tant d'oiseaux au riche plumage, et surtout dans ee troisième continent, la Nouvelle-Hollande, dont la faune, comme la tlore, semble appartenir à une autre création.

Nousadmirons» dans les productions de ces contrées si diverses, les variations innombrables de formes dans un même type, les combinaisons infinies decoulenrs toujours disposées pour frapper rœil agréablement , les produits de l'industrie des oiseaux et des insectes; et, joisrnantà ces caractèi'es de lornie, de couleurs et de séjour, les principaux traits de l'organisation des animaux et l'histoire de leurs mœurs , nous apprenons à connaître leur vie tout entière et les lois d'harmonie qui gouvernent la nature. Et comme si, pour satisihire notre avide curiosité, ce n'était pas assez déjà de cette population si nombreuse, si riche et si variée , dont le Créateur a embelli notre planète , nous pouvons encore interroger les siècles et nous représenter la terre telle qu'elle s'est nioiitrée successivement avec sa faune et sa flore , aux différentes époques géologiques , c'est-à-dire depuis l'instant où sa température est devenue compatible avec l'existence d'êtres vivants , jusqu'à l'apparition de l'homme, le chef-d'œuvre et comme le couroimement de la création.

Les débris de ces créations successives, dis)>osés suivant les terrains, nous offrent un enseignement précieux , en nous montrant le développement progressif des êtres : les mers seules , d'abord peuplées de zoophyîes et de (piehiues mollusques, puis * les gigantesques reptiles, les oiseaux qui apparaissent longtemps avant les autres animaux terrestres et qUi ont laissé l'empreinte

de leurs pattes dans ie sable encore humide; plus tard les pachydermes et en dernier lieu seulement les autres mammifères.

Les Musées renferment tous ces objets réunis , nommés , classés méthodiquement de manière à rester Ëicilement gravés dans notre esprit. Ils réunissent l'attrait da plaisir à une incontestable utilité, car ils nous permettent de distinj^uer les aiiituaux qui nuisent à nos loi êis, à notre agriculîm <' , aux pi*oduits de nos récoltes , de ceux qui nous rendent des sei'vices signalés, comme ils mettent son»^nos yeux les roches qui servent à construire nos édifiées et les métaux qu'exploite l'industrie.

Seule entre tontes les idUes de province, Strasbourg Jouit du précieux privilège de posséder un Musée que l'on peut dire complet, non sous le rapport du nombre des espèces, mais par le flév('l<i|i|)Liiient liarrnunique et assez bien proporiioimc des

groupes les plus inipoi'tants.

J'ai pensé, messieurs, qu'il vous serait agréable de connaître les objets les plus importants de ce riche établissement et leur disposition dans les diverses salles qui les renferment. Lorsque vous viendrez, avec vos tollles, visiter les collections , vous serez contents , peut-être , d'avoir entre les mains un guide qui vous indique les pièces qui devront plus particulièrement attirer votre alieulion.

Permettez-moi donc de passer en revue av(;c vous chacune des sept salles qui composent le Musée. Cette promenade, je l'espère , vous donnera une idée de son importance et vous montrera combien il est digne da concours que vous voulez bien nous prêter pour son accroissement.

La première salle à gauche, en entrant au Musée, colle qu'on a coutume de désigner sous le nom de salle des Ovipai es, renferme les oiseaux , les poissons et les reptiîes, cl dans des tablesvitrines, d'un côté la collection des erustacés, de l'autre côté les radiaûres (astéries et oursins), des nids et des œu& d'oiseaux.

Les oiseaux constituent la plus riche partie de l'établissement par leur nombre , la rareté de plusieurs espèces et par leur bel

état de ooQservsition. Leur 'nombre qui était 2000 en est aujourdlrai de c'esMhdire presque doublé.

La série des oiseaux de proie occupe '4 elle seule neuf armoires. Dans la première se voient les magnifiques condors, habitants des hautes Gordilières, et plusieurs autres vautours, tels que le roi des vautours , dont la téte est ornée , comme celle du condor» de earoncules cbamus; te percnoptère d'Égypte, te vautour occipital de l'Âbyssinie* Puis viatt une seconde armoire contenant les vautours des Pyrénées , de l'Espagne , de l'Algérie, de TAbyssinie et différents gypaètes des Alpes , des envii ons de Constantine, de la Sierra-Nevada et de l'Abyssinie, plus connus sous le nom de Licmmergeyer ou vautours» des agneaux , parce qu'on leur attribua iauss^ent la puissance d'enlever des moutons.

Nous voyons ensuite une armoire remplie d'aigles de la plus grande beauté : l'aigle à téte blanche dn Niagara, donqé par l'Association; l^gle pélagique du Kamtschatka, l'une des espèces les plus belles et les plus i Lires, et qui n'existe que dans un petit nombre de Musées, l'Ossifragus du Grœnlaiid, l'aigle à tète blanche de la Pensylvanie, l'aigle impérial de la Nubie, la grande harpie ou aigle destructein^ de Surinam, dont le bec est assez robuste pour fendre te crâne des mammifères, de forte taille» l'aigle noir et l'aigie bateienr de^l'A^byssime;; puis une suitçi trèsriche de faucons de l'Europe , de l'Amérique et des Indes , rem* plissant deux armoires , et trois magnifiques sécrétaires ou mes^ sagere, du Cap et de l'Aby^inie, singuliers oiseaux , échassiers par leurs jambes élevées , rapaces par la conformation de leur bçc et qui recherchent les serpents venimeux dont ils détruisent un grand nombre. Cette b^e çérie de rapaoçs (j^uirnes se ternûne par les autours^, les milans et les buses. Dieux armoires entières bien garnies sont consabcrées aux oi-

< Voir ma pienûère notice imprimée en 4838, dans la Mttme 4^àiiaee^ çt qui renferme un historique du jUnsée.

seaux de proie nocturnes. On s'arrête, sans le vouloir, devant ces bizarres pliysioiinriiies (jui i'np{)ellenl la figure humaine et dont l'air grave et réllécbi a valu sans doute à ces oiseaux rboimear d'être choisis pour remblème de la sagesse.

h&ar organisation est en harmonie avec leurs habitudes mN> tomes: leur énorme pupille leur permet de voir dans les ténèbres; une troisième paupière qu'ils peuvent tirer comme un rideau protège leurs yeux contre la lumière trop vive du jour; une vaste conque auditive entourée de plumes à bai Jjuh s raides et peu serrées , recueille ïes moindi'es ondulations de i air; enfin leurs plumes moUes et légères et leurs courtes ailes leur permettent de voler sans faire de bruit.

 côté des grands ducs de nos contrées que l'on rencontre encore. quelquefois dans les vieux châteaux, se voient de belles espèces de la Virginie , du Chili , du détroit de Magellan , le hibou lacté de la Nubie, plusieurs espèces de TÉi^yptc, du Cap et de l'intérieur de l'Afrique, le harfang de la Suède d'un blanc pur rayé de gris, la chouette des monts Ourals, la grande et belle chouette de la Laponie et de nombreuses espèces de chouettes et de chevêches du nord de i'Ëurope et de TAsie.

Dans rordresi étendu despassereaux, dont les légions en rangs serrés occupent huit armoires, nous voyons d'abord, au bas de la première armoire , le groupe des flssiroslres comprenant les hirondelles , les mai tiiiets, les engoulevents, les podarges au bec largement fendu. Au-flessus d'eux se voient les magnifiques coqs de roche, au plumage de feu, de la Guyane et du Pérou; et à leur suite les manakins ou pipra du Brésil, chez lesquels le rouge, le bleu, le pourpre, le blanc et le jaune se marient avec art pour orner leur plumage.

Plus haut sont les mésanges , les traquets et la joyeuse cohorte des oiseaux cliauteurs qui viennent tous les ans faire i-etentir nos bois, nos campagnes et nos promenades de leur délicieux ramage. Vers le haut de l'armoire nous apercevons de petits oiseaux au bec en forme d*alèie t ce sont les mérions qui

ont riostlnfit de ooiidre ensemble les feuilles de cèmlns arbres pour en Élire leurs nids , petits berceaux aériens qui se balancent mollenieni au gru de la brise, comme les berceaux des Nalchcz doui parle notre illustre Chateaubi iaîi l. On aplaci' {n rs d'eux un de ces nids extraordinaires qui a été envoyé de i inde à Jean Hennaon par le missionnaire Trottler.

Nous nous tttNiTons en présence des colibris et des oiseaux^ moucbes donila série commence à être assez nombreuse. Usemble que la natale se soit plu à répandre tous ses trésors sur ces petits êtres. La légèreté et Vélégance des formes , l'éclat des couleurs, les reflets d'or, de bronze, de cuivre qvm jettent les ]ila(|ues métalliques dont sont ornées leur léte et leur gorge, nous saisissent d'admiration. Nous ne citerons que quelques-uns des plus remarquables; et d'abord le brillani Sapbo, le plus beau et le plus ricbe peut-être de cette belle sâie; puis le King» l'oiseau-mouche cornu , celui de Gould , le colibri topaie , la queue en lyre, la double hui)pe , le magnifique , roiseau-moucbe Bo* uaparie, le rubis émeraude , le rubis topaze, ramélhysle, le cora , l'oiseau-mouclie orné , le colibri long-bec , dont le bec est, en effet , aussi long que ie corps, et beaucoup d'autres qu'il serait trop long d'énumérer«

Nous yous devons » messieurs» plusieurs des belles espèces que nous Tenons de.mentiomien

Au-dessus des colibris se voient les sucriers , originaires» comme ces derniers, de l'Amérique du Sud et dont plusieurs se font reniai quer par leui* belle couleur bleue d'outre-mer. Au liaut de l'armoire sont rangés quelques épiniaques doîH les plumes ont aussi des reilets métalliques; le bas de la un un : armoire est occupé par les grimpereaux et par le groupe des Philé» dons» oiseaux de l'Inde dont plusieurs sont remarquables par les plumes blanchea frisées ou par les pendeloques cbamues qui garnissent leur gorge. Au bas de Farmoire suivante se trouvent les brèves au\ vives couleurs, entre autres le grenadin donné par l'Association , et les fourmiliers oiseaux d Amérique doi\i

la voix sonore a ihit donner à quelqiitis-unft les home dé beffroi et de eariUamèwr; puis les grives, lés merles, les stonmes au plumage d'un vert métallique très-ëclatant et une suite nom*

breuse du gobe-mouclies qui se coutiimi'iii dans l'armoire de côté, avec les pics grièrhcs, les vangas, les bécardes, tous oiseaux insectivores très-uiiies ù l'hoiDnie {>ar la grande quantité d'insectes qu'il détruisent tous les ans* Les rayons inférieurs de cette même armoire portent les tangaras de TÂmérique du Sud, comparables à nos moineaux par leurs habitudes sociales, mais plus remarquables que ces derniers par leurs couleurs éclatantes et variées , et les brillants cotingas , ('gaiement de l'Amérique méridionale et qui attirent les regards par leur ] il n mage bleu d'azur ou d'oui le-mer, violet , pourpre ou roiii^c de feu.

Nous arrivons aux conirostres, très-nombreux en espèces, parmi lesqudlesnous distingitons d'abord les loriots au plumage Jaune, de TEurope, de TAlHque ei de l'Inde; le prince régent noir et jaane, de la Mdwelle^llonande; les veuves aux plumes de la queue longues et pendantes; les tisserins remarquables par l'art merveilleux avee lequel ils construisent leut iiiti, et de nombr eust .s l aiii^ * * s de gros-becs de tous les pays, qui occupent le restant de rarnioire.

Viennent ensuite les corbeaux, qui forment une suite des plus intéressantes, dans laquelle nous signalerons le corbeau à gros bec de l'intérieur de l'Âbyssinie, le corbeau de rivage du Groenland et plusieurs autres de TAbyssinie et du Gap; les corneilles , les freais huppés , les cassiques , les gymnorhines de la Nouvelle* Hollande, au plumaire noir ei blanc, les carouges et troupiales de rAméncpie, les eUMiineaux, les pasteurs aux plumes roses; les pique-bœufs qui se cramponnent sur le dos des gros rumi-* nants pour les délivrer des larves d'<estres qui les tourmentent. L'armoire voisine|renferme les élégants tonracos ou corytbaix , beaux oisjoaux du Sénégal, de TAbyssinie et du Gap, qui se rapprodient des grimpeurs par leurs pattes, et des gallinacés l>ar leur bec. Au-dessus d'eux), les pies à la queue étagéc, les

geaîs, les rolKers et une assez belle suite de msrtios'pécbears , au bec disgracîeax mais parfaitement approprié à leor nourriture qui consiste en poissons. C'est dans la même armoire que sont

placés les oiseaux de paradis dont nous ne possédons encore que trois espèces; IN^meraude aux longues plumes si légères et si gracieuses , ie manucode et le douze-filets.

Nous voyons plus loin des oiseaux de grande taille, au bec énorme surmonté , cbez quelques-uns, d'une espèce de casque ; ce sont les .calaos, originaires de l'Afrique et des Indes : le calao rhinocéros de Java, l'abbagumba de l'Abyssinie, à la gorge rouge et au plumage noir, et d'autres espèces plus petites. Au-dessus d'eux les toucans dont plusieurs portent l'étiquette de l'Association. Ce sont aussi des oiseaux munis d'un bec énorme en proportion de leur taille, mais qui tous ont pour ornement distinctif un large plastron d'un jaune orangé vif ou d'une blan» cheur édàtanle, avec un liseré rouge; ils habitent l'Amérique du Sud. Plus haut sont placés les coucals et les coucous dont une espèce , le coucou cuivré du Cap , a des plumes métsdliques aussi brillantes que celles des colibris.

Dans 1 amiuire suivante se trouvcuil les pics au bec droit et robuste qui leur sert admirablement pour saisir sous l'écorce des arbres les larves d'insectes dont ils font leur nourriture, larves qu'ils vont chercher jusqu'au fond de leur retraite à laide de leur kingue protractlle que termine une pièce cornée fortement dentelée sur ses bords ; puis les barbus , ainsi nommés à cause des soies raides qui bordent leur l)ec, et un bel oiseau vert ù la queue longuement étalée , le couroucou pavoniu ou resplendissant, des forêts du Mexique.

Les perroquets viennent ensuite; eux aussi revendiquent une belle place parmi les oiseaux à l'élégant plumage. Nous remarquons, parmi ceux de notre collection , les loris au rouge écarlate, les perruches chez lesquelles dominé la coujtenr verte, lés grands aras, les calyptorhynques, grande espèce noire ornée d'une hupj)e, le Nestor, de la NouveUe-Hollande comme

kft précédentft» et {iliisieiirs cacatoès» dont l'un» de couleur rose, porte une belle huppe rouge et blanche fièrement redressée sur sa téte.

Nous ai i ivonsè l'ordre des gallinac ( s, ordre si utiltià l'homme. Dans la première armoire se voient deux, beaux paons sauvages du Japon, plus petits que le paon domestique avec lequel ils ont du reste la plus grande ressemblance; plusieurs espèces dé pintades» la pintade ooiffiée de la Gafrerie et la pinlade mitrée de rAbysnniei une belle suite de Êdsans : le &isan de Sœmmerring <et le fiiisan versîcolor, tous deux du Japon , le fitisan huppé de l'Himalaïa; puis le lophophorc si justement nommé resplendissant, le trag(»iKui de Hastings , du Népaul, remarquable par les gouttelettes blanches qui sèment comme de perles sa robe pourprée; enfin toutes- les espèces de coqs sauvages» la plupart des Ues de la Sonde.

A côté de ces oiseaux si intéressants sous le rapport de Ui dispersion des espèces et des modifications que leur a imprimées rétat de domesticité, nous voyons une très-belle série de perdrix de neige de la Suède, de la LiijHtnie et des Pyrénées, douze espèces de gangas , que l'on recunuait à leur queue étiigée et pointue et qui appartiennent surtout à l'Afrique et à l'Asie ; la plupsirt de ceux que nous possédons viennent de l'Ëspagne; le pigeon couronné de la Nouvelle-Zélande dont la téte sert» dit-on» d'ornementaux chefedes tribûssauvages de ces contrées; Targus aux longues couvertures des ailes semblables à un riche manteau de satin parsemé de taches arrondies en forme d'yeux , comme celles qui ornent lesi i)iunies du paon; la lyre, rie la Nouvelle-Hollande, dont la queue formée de pennes à bai'bes effilées rappelle assez bien la forme d'une lyre antique; puis les pigeons» parmi lesquels on voit de beaux pigeons .voyageurs de l'Amérique du Nord» si cél^ires par leurs m^fratlons.

L'ordre des échassiers, qui comprend huitarmoires,|reDferme des oiseaux disgraciés par la nature, en général diuiiDins, sous le rapport des formes et des couleurs, muis2qui n'eu méritent

pas moins notre attention par ieor s^our, leurs haliitudes, le* voyages périodiques que quelques-uns entreprennent et par les produits que certaines espèces fournissent à Thonime. A leur

t(*fc so pn^enlent les échassiers terrestres: l'îmtniche aux jambes robustes et agiles à la eonrse, et don! les plumes sont si recherchées; le nandou ou autruche d'Amérique > heaucoup plus petit et dont les pattes moins fortes sont munies de trois doigts; le casoar à casqne de Hnde» puis les outardes, parmi lesquelles se fidt remarquer le houbara, reconnaissable aux pimnes effldées qu'elle porte sur les cAtés de la tête; puis les jn-iies et les cip^o^es : la cigogne violette du Bengale et de l'Abyssiiiie, la eigogae maguari du Chili qui ne diffère de la uùtre que par son bec.

Dans les armoires placées entre les fenêtres , nous trouvons d'abord les élégantes aigrettes éclatantes de blancheur; puis les grandes cigognes marabons si bizarres et si laides, mais dont les plumes du dessous de la queue, bhuiches et légères , servent à composer les gracieux panaches qui ornent les chapeaux des dames. Au-dessus de ces aux se voient les spatules au bec aplati, large et arrondi ù son exiieniité, en l'orme de spatule. Puis viennent les ibis au bec long et recourbé et dont une espèce, l'ibis sacré , était, comme tant d'autres animaux, adorée des Égyptiens. Auprès de cet oiseau sacré se voit une momie d'ibis, pièce très-intéres^nte qui a fourni à l'Illustre Guvier l'occasion de démontrer la persistance des caractères spécifiques, puisque les caractères tirés de la forme et du squelette n'ont pas changé au I)out de plus de deux mille ans et sont encore les mêmes dans les espèces actuellement vivantes.

Nous voyons, dans rarmoire suivante, des échassiei*s qui ont le pondes gallinacés; ce sont les Kamichis de T Amérique du Sud, dont nous possédons trois espèces, le Kamicbi Ghala, l'espèce ordinaire du Paraguay; le Kamiclii cornu du Brésil si remarquable parla tige raide qui se dresse sur sa téte, (ti une troisième espèce, probablement nouvelle, provenant de Bogota. Au-dessus

d'ettxsont alignés les nombreuses maubèclies , les chevaliers et nne superbe série de combattants en plumage de printemps. Ces o»eottx offrent le fiiit unique en ornithologie de plumes transi^

toires qui forment une élégante collerette autour du cou des mâles, au printemps seulement, car en automne ces plames tombent et le inàle l essembic alors au jeune de l'année precé-' dente ou à la femelle.

La série des échassiers se termine par les flammants dont le nom indique la couleur ronge de feu de plusieurs parties de leur corps; leurs jambes très^levées, leurs doigts réunis par des palmures, leur long ool, leur bec large et robuste, coudé à angle obtus, donnent à ces oiseaux un caractère particulier qui les fait reconnaître de prime abord. Nous possédons toutes les espèces connues de ce groupe et de plus une espèce nouvelle non décrite provenant de la Cafrerie.

Le dernier ordre des oiseaux , celui des palmipèdes, est re^ présenté par de nombreuses espèces qui occupent huit armoires. Parmi les canards, nous, avons à signaler en première ligne h» Eider, dans tons les états» mâles, femelles et jeunes. Ce sont eux, comme on sait, qui nous donnent leur duvet si léger et si chaud. Nous citerons encore le canard à tétc grise {anas spectabilis)^ du Groenland , oiseau d'une grande rareté, et le canard de Steller, Tune des espèces les plus rares de la Norvège. Plus loin nous signalerons le cygne du Canada, l'oie des Malouines qui vit sur les lacs* du Pérou à une hauteur de 4000 mètres, Toie antarctique du détroit de Magellan, Toie de ndge à téte blanche de la baie d'Hudson , la bcraache de la Nouvelle-Hollande.

Vient ensuite une belle série de mouettes et de goi latids, puis les pufiins aux narines lubuleuses tronquées en avant ; les oiseaux de tempête qui viennent se réfugier sur les vaisseaux <}uand une tempête se prépare t les albatrosses aux ailes puissantes qui leur permettent de voler à de grandes distances des côtes et de se jouer en quelque sorte, malgré leur taille massive, au mille» des vents, déchaînés.

Non» possédons presque fontes les espèces dé pâiéans , qui occupent une armoire enlière; puis nous voyons une belle série de cormoiaiis ; deux espèces <h* frégates, oiseau que Ton ren- «ïontrè quelquefois à plus de 200 lieues des terres; les fous, les |3aiDe-en-queuc ou pluiétoos qui ne quittent jamais les mers intertropicales, circonstance qui les a Êiit encore appeler oiseaux des tropiques; de très4)eaux plongeons au plumage lustré.

Dans la dernière armoire se trouvent avec les gulllemots, les pingouins, les inacai'cux, cinq espèces extrêmement rares de phalaris du K;inHschatka, et en dernier lieu les manchots dont les ailes rudimoataircs ne peuvent plus servir au vol, mais qui nagent avec foclUté , à l'aide de ces tronçons d'aile ^^çonnés comme des rames, et surtout à l'aide de leurs pattes disposées tout à lait en arrière de leur corps,- comme les rames d'un bateau*

A la suite des oiseaux , viennent sept armoires renfermant la collection de poissons*. Qaoiciue attirant moins nos regards, parce qu'ils sont presque tous conservés dans l'esprit de vin , les poissons nous intéressent par leurs formes variées, par leur organisation et par les services qu'ils rendent à l'homme en lui fournissant une nourriture substantielle.

Âpres les percoides qui sont nombreux en espèces, et les joues cuirassées qui comprennent les trigles ou rougets et les poissons volants , neus trouvons au bas de la deuxième ai inuire une petite famille à laquelle on a donné le nom de pharyngiens labyrintbifornies , pai ce qu'ils portent au-dessus de leurs branchies un appareil lamelleux dans lequel l'eau nécessaire à la respiration peut séjourner quelque temps; aussi les poissons de cette fiunille joulssent^ils de la fiiculté de pouvoir passer des journées entières hors de Tean. A côté d'eux sont les scombres auxquels appartiennent les maquereaux, les thons, les espadons; puis les squammipeunes aux nageoires couvertes d'écaillés, parmi les-

^Lear nombre n'est qae de 1400 èriifiroD) il était de 1900 en 1839.

quels les ehélodoiis qui se disUnguent par leurs bdies oouleiûv. Dans l'anDoire suivante les poissons de nos rivières, les carpes, les tanches, les poissons blancs, les brochets. Plus hautlabau^ droie à la bouche largement fendue; les malthées aux nageoires péHirulées , dont une espèce porte le nom de chauvo-souris. Puis, dans la quatrième armoire, les silures que i on recounaitaux longs barbillons qui garnissent leur bouche el dont une espèce^ le silure électrique du Nil, est célèbre par la propriété, qu'elle partage avec la torpille et le gymnote , de produire de fortes dé^ charges d'âectridté.

La famille de salmoiies renferme le storiioptyx de Hermauu, petit poisson devenu historique, parce qu'il a sei vi pour la description-type qu en a donnée l'illustre Cuvier en la dédiant à notre compatriote Jean Hermann , le fondateur de ce Musée*

Nous voyons au Îm» de la cinquième aniioire deux poissons rmnarquables pur leurs écailles dures et osseuses : le bidiir du Nil et le l^isostée gavial des rivières du Texas, nominé ainsi à cause de la ressemblance de son museau avec cehrî du Gavhil. Au-dessus d'eux se voient les anguilles, les syngnathes ou aiguilles de mer qui portent leurs œufs dans une longue poche située sous leur corps, les hippocampes, les pégases, le remom ou pilote dont la tête est couverte d'une plaque écailleuse qui sert à fixer ce pc^sson contre la carène des vaisseanx*

Au haut de Tarmoire suivante sont placés les diodons., couverts de durs piquants et qui peuvent gonfler leur corps comme une boule; la mole ou poisson-lune de la Méditerranée; les coffres, les balistes , plusieurs petits squales. Enfin la dernière armoire renlei nie les poissons plats : turbots , soles , flétans ; lt\s torpilles, les raies, les lamproies, les myxines qui ressemblent à des vers plutôt qu'à des paissons. G'esit à côté de ces derniers que-se voit un très-petit poisson, Tamphioxus, qui ne semUe être qu'une ébauche, attendu que plusieurs organes sont restés à l'état rudimentaire, tels quils existent d'une manière transitoire dans l'enibryou des vertébrés.

Oo a suspendu au iilafond le squaie otaricau ei la scie ai disposé au-dessttft des armoires Testui^ieoD, le tlioo« la morae et quelques squales semblables au raquin.

Les reptiles occupent sq)t«nnoifesfaitgéesau fmdde la saDe ^ . Nous voyons d'abord les toftues avee leur Imifde carapace : la tortue franche qui attt iul nmt taille colossale ; le caret dont les écailles sont employées dans les arls; la tortue à boîte dont le plastrouj^eut s'ouvrir ou se fermer au gré de l'animal ; puis une armoire contenant les grands lézards ou monitors de rAmérique et de rinde, le gavial du Gange , les caïmans de FAaiériqqe, les crocodiles du Nil » dont deux indhidna ph» gras, sont suspendus «n plafond.

Viennent ensuite les lézards de nos contrées; d'antres espèces à la queue hérissée d'écaillés redressées; les diaj^ons immis d'cxpausions membraneuses (]ui fonctionnent comme des ailes; les iguanes remai>quables par la crête dentelée quioroela {)artie supérieure de leur corps; les marbrés de la Guyane qui ont» conune les .oaniéléons^ la &cullé de cbanger de couleur; les gekkos dont les pattes plissées ou munies de ventouses leur permettent de If rimper fiidlement contre les surfitces les plus lisses ; les caméléons si étranges par leurs changements de couleur, par la discordance de leurs yeux qui peuvent diven?or dans les dii e( litjiis les plus opposées et surtout par la longueur extraordinaire de leur langue qu'ils lancent comme un trait contre l'insecte qu'ils veulent saisir.

Âu baut de rarmoSre se trouvent les scinques dont les formes allongées et les petites pattes qui se raceourcissent de plus en plus et finissent par devenir rudimentalres, indiquent la transition des sauriens aux ophidiens.

Ces derniers animaux ou serpents proprement dits sont représentés dans nos collections par une multitude d espèces remarquables par la vaiiété de leurs couleurs; les grauds pi-

^ Le Huaée en oomple maiotenaDt 4 1 00 ; ceMribré éuH de 000 en 1808.

thons de l'Inde , les énormes boas de rAmérique ; puis les serpents venimeux des contrées tempérées ou chaudes: les vipères d Europe, Thémachate, le naja haie du Cap, la vipère minute et la vipère à panache de la même partie de l'Afrique, le trigonocépbale fer de taiDce de la Martiniqae et deux espèces de crotales <m serpents à sonnette « tous redoutables par Factivité de leur venin*

La demi^ ânooire qui renferme les fiatraeiens nous présente de hideux crapauds ila (-hili , remarquables par leur taille, la c^rpnonille mupfissante de l'Amérique eiu Nr.id, et au haut de Farmoire les pérennibi*anches qui sont à la l'ois munis de poumons pour respirer l'air et de panaches branchiaux qui flottent sur les côtés de leur téte pour la respiration aquatique; nous possédons de ce groupe intéressant le protée qui vit dans les lacs souterrains de la Camioley la sirène de TAitaérique du Sud» l^ ménobranebe des États-Unis et l'axolotl du Mexique.

Le milieu de cette salle des ovipares est occupe'' par de grandes tables couvertes de vitrines dans lesquelles sont étalées , d'une part, la collection des crustacés, parmi lesquels nous signalerons un magnifique bomard des mers d'Amérique ^ donné par l'Association; de l'autre me belle série d'étoiles de nlei^^t d'oursins, une prédense eoMeotion de tforaminilères, coquilles microscopiques dont foarmillele sable des mers, et que M. dTOrbigny a eu l'heureuse Idée de modeler en plfttre, e»lenr donnant des dimensions qui permettent d'étudier leurs formes variées; puis une collection d'œuis d'oisf-aux et de nids, parmi lesquels nous remarquerons surtout celui de la salangane si recherché parles gourmets de la Chine, celui de la mésange rémiz, semblable à un sac de laine, et le aàd merveilleux du toucnal&HMMinri des Pbilippines, composé, de plusieurs bdoitattions construites les unes à la sulle dés âiitres^ et que Toisean suspend à une branche d'arbre pour servir de demeure a plasiem fiinillles<

En quittant la salle des ovipares, on entre dans celle de botanique qui contient l'herbier général enfermé dans des boites

en canon et la flore de TAlsaoe. Les armoires sont oocapéM parles vers intestinaux et les zoophytes pierreux. Nous voyons dans la première ariiioiie une série de poulpes et de seiches conserves chiiis la liqueur, mollusques remarquables par leurs longs bras garnis de ventouses et par l'encre noire, la sepia, qu'ils laissent échapper en abondance quand ils sont inquiétés. Au-dessus d'eux les ascarides , les oxyures, les ténias et une multitude d'autres espèces qui vivent dans les différentes parties du corps de l'homme ou des animaux. Plus loin nous admirons une magnifique gorgone donnée par l'Association; le corail de la Méditerranée; les nouibi cuses espèces do madrépores qui hérissent les côtes de la mer, formeui des récifs ou entourent les lies d'une ceinture de pierre. Toutes ces productions , connues sous le nom vulgaire de phmtes marines , ne sont autre chose , comme chacun sait, que les produits sécrétés par les myriades de polypes qui les recouvrent et qui sont unis entre eux dt manière à vivre d'une vie commune comme les bourgeons d'un arbre. A leur suite viennent les éponges dont on^eut remarquer les formes extrêiiK iikmi variées. Puis une armoire de fruits de conifères ( L dedilieremes productions végétales, parmi lesquelles on remarque un régime de sagouyer et un beau tronc de zamia.

Les semences des diverses phmtes cultivées en Europe sont réunies dans des tables^vitrines et forment une collection inté» ressante pour les agronomes*

Aux deux extrémités de la salle se voit, dans de petites armoires vitrées eu forme d'obélisc^ues, une collection des diverses céréales cultivées en Europe , et le milieu est occupé par une grande rondelle de sapin provenant du Hohwald, sur laquelle on a placé, un morceau d'orme remarquable par sa difformité.

Un long canot d'£squimaux formé d'une peau de phoque est suspendu au plafond, à côté d'un parasol cfakiois, tandis qu'un inunense éventail indieo est placé contre le mur, entre l'herbier et l'armoire renfermant les fruits.

C'est au devant des fenêtres de cette salle que se voient le

relief du BfoDt-Bhuic et les curieux et intéressants reliefs de la partie de la chaîne des Vosges comprise entre Phalsbourg et Schlestadt , refiefe que nous devons au zèle intelligent et à l'habileté de M. Nicolas Saucerotte, ancien conservateur-adjoint de

nos collectious. L'un d'eux représente la conripruration du pays, avec l'indication des vlllafifes, des hameaux, des forêts, des chemins , d'après la grande carte du dépôt de la guerre; l'autre nous offre les mêmes contrées coloriées suivant les terrains , d'après la carte géologique de M. Daubrée. Ces deux plans par&itement exécutés sont d'an intérêt local incontestable et permettent de saisu* fiicOement, et pour ainsi dire d'im coup d'œil, les caractères géognostiques de nos montagnes.

Nous arrivons aux salles de minéralogie et de géologie renfci niani d'immenses collections étalées dans des armoires, dans des vitrines et dans plus de deux mille tiroirs.

En entrant dans la grande salle de minéralogie, on voit â gauche, fixé contre le mur, un tableau indiquant la disposition des principaux minéraux d'étude, tableau qui permet au visiteur de trouver facilement les pièces qu'il désire examiner ^

Nous nous arrêtons d'abord devant les diamants , les métaux précieux, les minerais d*or et d ai gent, entre autres une pépite d'or de la Californie , donnée par l'Association , un caillou roulé aurifère trouvé dans TlU , à Strasbourg; des pierres météoriques curieuses, parmi lesquelles nous citerons un fragment du célèbre aérolithe de PaUa» et ùn morceau de fer météorique du Brandebourg; puis une belle suite d'échantillons de fer oligiste de l'Ile d'Elbe et de Frâmont , et un grand nombre de minéraux précieux de Norvège et de Sibérie.

L'une des salles de géologie, celle de droite, renferme dans les aimoircs la collection générale des roches des Vosges étalée en magnifiques échantillons, une belle suite de roches

^Mous avons pensé 6lre utile à nos lecteurs en faisaut impiimer ce tableau à la fin de cette notice.

so

polies par les glaciei s , entre autres une pièce très-grande provenant de la Grimsel. Dans les tables du milieu est exposée une collection générale de roches rangées d'après leur conq^osltioai nuiiéralogiq,ae; tandis que l^s tii^oijurs renfermeDt des suitès lo* cales de toutes les parties de TJSurope , dont les plus riehes sont celles du Jura , du Hartz , de TErzgebiry et du Taunus.

On Yoit fixés contre le mur, près des fenêtres, des plans-re* liefs de l'Allemagne, du Vésuve, de l'Etna; plus] loin de beaux ichtliyosaurcs , ces gigantesques reptiles des premiers temps de ]i'épo(]ue jui-assique» avec des. ptérodactyles fit d'autres ^ssiies curieux.

Notre riche collection, de fossiles commence dans cette fiatte et se conti^uç le long des fenéjtres des dm Mlles snivanlés: ce sont d'abord les fossiles des terrains de transîtîdB* pamû lesquels on distingue surtout les trilobites si nombreuses' dans

le terrain de transition de la liohéme et doiii M. de Barante se propose de décrire environ 300 espèces. L'étude de ees crustacés fossiles et leur nombre incroyable dans cei tains échan-»tillons, nous rappellent nos apus, crustacés qui fourmillent aussi dans nos eaux stagnantes. Qh<û qu'il en soit^ l^examen des fi)ssiles de ces terrains nous a^rend qu'à répoque de leur formation , la mer seule était habitée et qu'elle étâit peuplée sorKmt de zoopliytes cl de crustacés du groupe des trilobites.

Plus loin nous voyons les fossiles de nos localités: ceux du grès bigarré de Soulz-les-Bains et de Saverne; < ( a\ du nuischelkalk; ceux du keuper du Wûrtemberg et de la Fr^conie, Les débris organisés fossiles du lias sont très*riches , grâce aux envote nombreux &its par M. .ËngelhaDdt^ de Niederbronn^ C'est dans ce terrain que se trouvent les gigantesques sauriens qui peuplaient alors la terre: les ichthyosaures , les plésiosaures» les ptérodactyles , sauriens volants qui sembleraient fabuleux, si leurs débris n'étaient pas là pour attester leur existence ; puis ces curieuses bélemnites dont nous possédons de magnifiques séries et dont l'histoire nous rappelle un nom cher au Musée dç

Strasttoiirg» celui de M. VoUz» à <iiii nos oolleetious géologiques doivent une gmnde partie de leurs ricbesses.

Les fossiles du terrain Jurassique proprement dit viennent ensuite ; nous avons tous les étages de ce terrain puissant , avec toutes ses divisions et ses subdivisions. La craie est moins richement représentée , ce qui lient à l'absence de ce terrain dans nos environs. terrain tertiaire est assez ricbe et présente sm>tout une multitude de coquilles dont quelques-unes paraissent aussi frskiies et aussi récentes qije si elles venaient d'ékre récoltées*

Sous le rapport des plantes fossiles, notre ooUectSon est, sans

contredit, une des plus riches qui existent. Nous en avons de la Croatie» de la Silésie , de la Bohème, de la iloiig^i ie, de la Suède et surtout de l'Alsace; la niagnifiquo collection des plantes fossiles du grès bigarré de Souiz-ies-liains est unique eu songenre^ tant sous le rapport du ooiubre d«s espèces qae pour la beauté des échantillons.

Nous ne quitterons pas cette salle des productioats antédiiaviennes sans mentimmer les enq[>relntes du Ghirotherium de Hildburghausen dans le grès bigarré et une rare empreinte de pattes de tortue provenant du grès bigarré du Jaegerthal près NiederltfOiin.

Nous ne ferons que traverser la salle d'anatomie renfermant des squelettes de vertébrés , des crânes de manmiifères et de quelques races humaines» des préparations anatonukiues et une momie égyptienne. Nous signalerons toutefois, en passant, les squelettes de rantniche, du casoar, du kanguroo; plusieurs squelettes de phoques, celui d'un renne, celui de l'antilope bleue et les squelettes du chameau, du tapir et du lion.

Contre le mur sont hxés deux modèles, en pldire , représentant l'un , le grand reptile de Maëstricbt ou Mosasaure , espèce voisine des iguanes; l'autre, le squelette presque complet d'un piésiosauie.

l4i salle des mammifères -est située parallèlement à celle des^ -

ovipares et ôeeupe Taile drdte du bâtimeiit Leur nombre s*est

aussi considérablement accru; il était de 540 en 1838, aujourd'hui nous en comptons près de 1000.

Nous commencerons la rovno Ho ros nnimaux par les pièces remarquables logées dans la grande armoire du tond. Ce sont d'abord le lama ordinaire ou guanaoo, qui habite les montagnes les plus élevées du Chili et du Pérou , aiiinial dont Torganisati^Hit semblable à celle des chameaux, Fa Ihit nommer chameau du Nouveau-Monde et qui reiid à l'homme d'immenses services en portant des fardeaux , en lui fournissant une chair estimée et surtout par la laine précieuse qui foi'nie sa toison. Puis une série d'antilopes magniliques du ( ontinent airicain : l'antilope de Harris, le coudou ou strepsiceros , aux cornes contournées en spirale, l'eUipfllprymnus mâle et femelle, le bubale de la Cafrerie et quelques autres espèces. Au bout de Tarmcwre nous voyons un groupe magnifique de rennes , ces animaux si utiles , véritable providence des peuples du Nord, comme le chameau pour l'Arabe , le lama pour l'habitant du Pérou , le phoque pour le Grœnlanihiisi. Nous avons les rennes de la Sibéiie, de la Lajionie, de " la Noi vcye et du tîrœalaud; plusieurs ont encore les bois couverts de leur peau veloutée, circiMistance intéressante qui démontre le mode de formation de ces productions singulières sujettes à tomber tons les ans pour repousser l'année suivante. De grands et beaux phoques, la plupart des mers du Nord, remplissent le reste de l'armoire. Revenons sur nos pas pour suivre dans notre examen l'ordre de classification , et commençons par les singes, ces (Hres bizarres, à figuic Immaine, (pii se servent avec tant d'agilité de leurs quatre mains pour grimper, gambader, voltiger sur les arbres des immenses forêts des deux continents.

Dans la première armoire se trouve une fiunille entière du colobe guéréza de l'AbyssInie, sans contredit l'une des espèces

les plus belles et les plus rares , remarquable par les longs poils blancs et soyeux qui couvrent comme d'un manteau sa robe

iâ

noire; puis nou» voyou» iioe belle série de gibbons am bra» d'une longueur démesurée, Tentelle vénérée des Indiens, VhSL*

madryas , le mandrill , le singe hurleur des forêts du Brésil et la pétulante famille des sapa jous.

Après les singes sont placées les chauves-souris , à la téte desquelles se distin^^ue le galéopilbèque ou chat-volant qui n'a pas encore de véritables ailes , ma» qui peut se sout^r quelque temps dans l'air à l'aide de la vaste mmbrane qui unit ses quatre extrémités. Mus bas les grandes roussettes ou ebauves-souri» frugivores des pays chauds; les insectivores de nos pays : béris^ sons , taupes , musaraignes , desroans.

Parmi les carnivores nous renKiKjdPfous un très-beau glouton ; plusieurs bea*ix ours , cnli *' aunes l'ours noir d'Amérique et l'ours jongleur de l'iude; les inoufTettes et les zorilies , renommées par l'odeur affreuse qu'exhalent leura gbmdes anales ; une belle suite de loutres dont l'Algérie nous a fourni une espèce nouvelle » les martres y les putois à la riche fourture ; le loup dés Pyrénées donné par l'Association ; une très-bette série de renards comprenant (iuaLorz,e esp(N:es, parmi lesquelles nous remarquerons surtout l'isaiis ou renard bleu de Sibérie. Viennent ensiiiie douze espèces de mangoustes, dont l'une, connue sous le nom de rat de Pharaon, détruit les œufs des crocodiles; les geœttes qui ont le port, l'agilité et les appétits carnassiers des chats ; hi dvette et le zibetb, renommés par leur parihmmuiBqué ;puis troia espèces de hyènes , te protèle du €ap et enfin la belle fiunUle des chats: le léopard de TAbyssinie, la panthère <P Afrique, le puma du Cliili, le cougouar du Brésil et de l'Amérique seplentrionale et une suite remarquable de ioups-cerviei>s dont ime espèce de TEstramadure.

Arrivés à l'extrémité de cette série d'armiHres, nous nous trouvons devant trois élans magnifiques dont d^x proviennent du nord de l'Europe « tandis que le troisième» beaucoup plus rare , remarquable par son beau pelage noir lustré, est or%n>iitnre do nord de l'Amérique; il a été acheté par l'Associaiionw

k côté de«e groiit>e întéreKaAt se trasve un trè»>bel éléphnit des Indes, un rhîuicëros de Snmatra et plusieurs phacoclières

dont nous possédons les deux espèces connues : le phacochère d'Élhiopie et 1» j ihai oi hère d'Élian, mâle , femelle et jeune; ces trots derniers individus » provenant de i Abyssinie, ont été donnés par L'Association.

Parmi les rongeurs nous reinrqumns «ne armoire entière delièrresdé toiîs les pays : le Kèmbîânc de la Sùnse» avec tontes sés Tariétés de pelage, le llèm méridioiial, le lièvre variable de Sibérie^ boréaf de' la Non^e, gris de la Suède, les lièvres blancs de l'Écosse et du (lanada, le lièvre d'Irlande , le tolaï des steppes de la Russie, les < spices du Cap, de l'Égyptc, del'Abyssinie, de Java, du Brésil et des forets de l'Amérique du Nord.

Dans les armoires suivantes nous signalerons le sanglier du Jkésàf le babiroussa des lies de TOcéan Indien, remarquable par ses qBStre.défenses longues et recourbées, le tapir d'Aral nkpie, une beDe suite d'antilopes aux* jambes fines et légères, le cfaevrotain porte-mnsc; Tisard ou cèainols des Pyrénées dans ses différents pelages, les chamois de la Suisse à leurs diflférenis âges , deux beaux mouflons mâle et femelle , et une suite trèsriche de bouquetins , ces tiei^ habitants des grandes chaînes de montagnes qui semblent se complaire à gravir les rocs les plus escarpés , bordés d'affireux préçipiees; nods possédons le bouquetin durSînaû', celui des Pyrénées, eàm du Piémonl dont les edmes sont énormes dans le mâle; le bouquetin de TAltai et enfin le bouquetin d'Espagne , espèce nouvelle rapportée de la Sierra-Nevada par M. Schimper et qui n'existait encore daus aucun musée avant le voyage de notre zèle coileguo.

La dernière armoire de la ligne que nous venons de parcourir r^erme les édentés: les tardigrades ou paresseux, aux formes disgracieuses^ au pdage semblable à de i'berbe sécliée ; les tatous de l'Amérique du Sad« ccnnme les précédents , doot le corps eiitonré d'mie cuirasse osseuse, peut se rouler complètement en boule ; les fourmiliers, dont les uns, originaires de

8ft

l'ancien contiaeui, sout couverts de lameUiei» écaiileuses et ti aiicbantes, susceptibles de se redresser pour garantir œs animaux conU'e la dent meurtrière des carnîTores; tandis fiie les autres, qui appartiennent à TAmérique, ont le «orps^^Mii ét Uuigs fOils ou <i*iitt duvet Uuoeiix. ¥utm iM'tenûniam mm signalerons aussi roryoCérs|»9 Cj|p« déirait les ^nids tde tennites à l'aide de ses ongles robustes et se nourrit de ces in"

De chaque côté de cette double série d'armoires sont disposées des lables-viti ines qui renfermeut la collection de coquilles dont les espèces uuivalves sont nombreuses et bien rangées.

Au-dessus de ces tables, dans des vitrines verticales, garanties de la lumière par des rideaux verts» se trouvent d'un côté les papillons y de Tautre un commencement de coUebtioudes autres ordres d'insectes.

' Enfin dans les grandes boites appliquées contre le mur, on a placé les arachnides, les crustacés conservés dans l'esprit de vin et plusieurs zoophytes.

La grande et belle collection de coléoptères de M. Silbermann, dont le Musée vient de faire l'acquisition . est placée dans une de nos salles de travail; ^e est mise, sous la survefllance de l'un de nous , à la disposition des amateurs qui désirent la consulter.

Telle est, Messieurs, l'énumération rapide des principaux objets que renferme notre Musée. Les limites d'une simple notice lie m'ont pas permis d'entrer dans plus de détails; mais cette revue suffira, je l'espère, pour vous donner une idée de l'importance et de l'utilité de ce bel établissement.

Cependant, malgré l'extension rapide qu'il a prise, surtout dans ces dernières années , il ne faudrait pas croire qu'il n'est plus susceptible d'amélioration. Loin de là, au contraire, nous avons encore bien des lacunes à remplir; une foule de types intéressants nous manquent, et c'est précisément parce que le Musée de btrasbom'g compte déjà parmi les établissements de premier

01 di e , qu il est nécessaire de !e maintenir à ce ran^en le complétant peu à peu, dans les limites du possible. Voilà pourquoi nous avons fait appel au patriotisme éclairé des habitants de Strasbourg. Cet appel a été entendu et les objets acquis par les fonds de l'Association montrent déjà les services signalés que ▼otre concours est appelé à nous rendre.

|>5T( jplii

Ipon

:éoi

1er

ai ag(

slath orthose (fin)) magnésifères. — Baryte carbonâtée. — ^Iigne. p^ltirytocalcite. — Plomb carbonaté. — Cuivres

Lhmite ...

mérite. — Grenat.

— Liévrite. — Dich

as, — Topaze. — Et ite. ^ Ilfnërite. H

ulite

«yroxëne. — Hyper^**s<^iii^'té» — Cobalt ai séûiaté. — Nickel ar-

jiivre

pbibole. — Âsbestej

;on. — Emeraude.j^rséniosidérUe • • • •

Vilhelmiiie. — Talc sal&tée. — Plomb siilfoté. — Ânliycirite.

iotype. — Prehoite.

babasie. — Analcyi ^^ij^jinite. — Alunite. — Potasse sulfatée, édite. - Faiyasile j^l^

.ollyrite. — Halloysi

ile. — Kérolite. — ler. — Gérite. — ite. — Dioptase.

Dite

acite. — Soude bor

ux carbonatée . .

Woefalerite. — MicroUte. — Pyrocfalore •

Tschewkioite. ^ Polykrase. — iGschyiiite.

ui carbouatée (tiii)^ie. — Bitume. — Succin,

agooite (ûo). — er carbomité. —

itèmes cristallins

NDHEBO TITMRt.

ria phosphaté. — Wawellîle. Kalaite. — tes de mauganèse, de ier» de cuivre et\ 24

mm**

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