‹ Notice sur les calamariéesChapitre 6 sur 44 · PTS · texte numérisé non relu

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des microspores et des macrospores, différentes de gran-

deur et d'aspect, réunies dans un même épi ou portées par des épis séparés.

Les faisceaux qui forment le cylindre ligneux des tiges et des rameaux sont très grêles et ne s’augmentent jamais par l'addition de bois secondaire. D’autres Calamariées, au contraire, d’après la plupart des paléontologistes, offriraient tantôt uniquement un bois primaire sans trace de bois secondaire, tantôt un bois secondaire rayonnant, analogue à celui des Gymnospermes, c’est-à-dire sans vaisseaux et pouvant atteindre dans certains types, Calamites gigas entre autres, plus de vingt centimètres d'épaisseur, de la surface interne entourant la moelle à la surface externe se terminant au liber; dans les deux cas, ces végétaux se seraient reproduits au moyen de spores, à la manière des Cryptogames.

Comme jusqu'ici les fructifications appartenant aux différents genres de Calamariées sont loin d'être toutes connues, que leur organisation sur les empreintes laisse le plus souvent des doutes sur leur nature cryptogamique ou phanérogamique, que les Cryptogames actuelles offrant du bois secondaire sont extrêmement rares, que les raisons données pour faire de toutes les Calamariées des Cryptosames sont tirées le plus souvent de leur aspect équisétiforme, et que ces raisons sont quelquefois si peu convaincantes que dans des ouvrages classiques on voit les mêmes Calamariées rangées parmi les Cryptogames, et plus loin parmi les Phanérogames, nous croyons inutile d'entrer dans de nouvelles discussions à ce propos. Il en sera de même pour les Sigillaires et nous nous sommes décidé à conserver notre ancienne division.

Nous grouperons donc, comme par le passé, les Calamariées en deux sections :

La première, renfermant des plantes articulées munies seulement de bois primaire, se reproduisant au moyen de

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spores toutes semblables extérieurement, quoique pouvant donner naissance à des prothalles mâles et à des prothalles femelles, comme nos Æquisetum, ou au moyen de microspores et de macrospores, Annularia, Asterophyllites, ete. ;

La seconde comprenant celles qui offrent du bois secondaire plus ou moins développé, Bornia, Arthropitus, Calamodendron. Nous exposerons quelques faits relatifs aux fructifications et à d’autres moyens de reproduction qui paraissent militer en faveur de Ia nature phanérogamique de cette dernière section qui fait plus spécialement l’objet de ce travail.

14e SECTION. — æquisétinees.

Plantes frutescentes, herbacées ou arborescentes, à tiges aériennes dressées, le plus souvent partant de rhizomes, offrant, à peu de chose près, la même organisation que les tiges, à surface lisse (Annularia, Asterophyllites) ou marquée de cannelures longitudinales (£quisetum). Organes appendiculaires, feuilles, racines ou rameaux, disposés en verti-

cilles sur les articulations; tige présentant au centre une

moelle ou une cavité médullaire relativement considérable et souvent des diaphragmes transversaux tendus aux nœuds en forme de cloisons. Cylindre ligneux composé d’une

couronne de faisceaux vasculaires, verticaux, parallèles

dans chaque entre-nœud et alternant d’un entre-nœud au suivant, munis à l'extrémité tournée du côté de la moelle d’un canal aérien, présentant également le même phénomène d’alternance que les faisceaux ligneux; sur le bord externe de la lacune, on remarque deux groupes assez grêles de trachées et de trachéides séparés par un amas de cellules Hbériennes. Ces bandes vasculaires, qui sont peu développées dans l’entre-nœud, prennent beaucoup plus d'importance aux articulations de la tige et surtout des épis.

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Feuilles simples, uninerviées, libres jusqu'à la base ou plus ou moins soudées en forme de collerette étalée ou de gaine dressée contre la tige ou le rameau.

Fructifications généralement spiciformes, formées tantôt d’une série de bractées disposées en verticilles tous fertiles,

tantôt de deux séries également disposées en verticilles

fertiles et stériles alternant entre eux. Les bractées stériles sont peu modifiées ; les bractées fertiles ou sporangiophores sont souvent peltiformes et portent sur la face

interne un nombre pair de sporanges. Ces derniers sont

ou adhérents à la partie horizontale du sporangiophore, ou engagés assez profondément dans la partie du disque peltiforme. Les sporanges ont une enveloppe résistante, formée de cellules dont les parois s’engrènent avec celles des cellules voisines.

Les corps qu'ils renferment peuvent être ou des spores

qui donnent naissance en germant à un prothalle mâle ou

femelle, ou des microspores et des macrospores tantôt réunies sur un même épi, tantôt renfermées dans des épis

séparés.

On sait que les Equisetum vivants sont isosporés, c’està-dire ne renferment qu'une seule espèce de spores produisant, les unes des prothalles mâles, les autres des prothalles femelles, rarement des prothalles portant à la fois des anthéridies et des archégones. Les Equisetum du Lias, du Trias et du terrain houiller, et probablement les Calamites peuvent être rangés parmi les Calamariées isosporées.

Equisetinees isosporees.

Genre Equisetum L.

Le genre Æquisetum est le seul genre qui représente actuellement la famille des Équisétacées, si nombreuse et si différenciée aux époques anciennes.

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Les Prêles se reconnaissent aisément à leur tige droite

et raide, cannelée en long, formée d’un grand nombre d'articles tous semblables placés les uns à la suite des autres. À chaque articulation on aperçoit, dans certaines espèces, les feuilles formant de petites lames vertes ou brunes, soudées ensemble de façon à composer une collerette autour de la tige (pl. À, fig. 1).

Les rameaux, quand ils existent, naissent par verticilles au niveau des articulations et proviennent de bourgeons latéraux, endogènes, verticillés, placés au milieu de l’intervalle qui sépare deux lames foliaires voisines; ils ont exactement l’organisation de la tige qui les porte.

Dans le tissu des Prêles c'est le tissu tégumentaire qui se diversifie le plus.

Les faisceaux vasculaires sont grêles et leurs trachéides ne se lignifient que très peu, comme cela arrive dans les plantes aquatiques et poussant dans les marécages. La solidité de la tige est due au système tégumentaire dont l’épiderme est très développé et durci par des sécrétions siliceuses, et en même temps à la présence de bandes hypodermiques assez nombreuses, formant une couche de sclérenchyme continu à parois brunes dans les rhizomes, et des faisceaux fortement développés et incolores le long des cannelures de la tige aérienne.

Les cannelures qui sillonnent extérieurement la tige alternent d’un entre-nœud à l’autre et sont plus ou moins accusées.

La tige peut être comparée à deux cylindres creux inti= mement juxtaposés,; l’un est extérieur et forme l'écorce; l’autre est intérieur et constitue le cylindre ligneux. La ligne de démarcation des deux cylindres est l’endoderme, E (fig. 2, pl. A). Dans une coupe transversale de la tige on reconnait facilement deux systèmes de lacunes, l’un cortical, l’autre appartenant au système ligneux.

Les lacunes corticales correspondent aux sillons de là

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| tige, elles naissent dans le tissu fondamental par disjonction et en partie par destruction des cellules; elles peuvent

manquer dans les jeunes rameaux et les tiges de quelques espèces.

Les lacunes centrales au contraire dépendent du système ligneux; elles ne manquent jamais dans l'intervalle de

. deux nœuds : on leur a donné pour ce motif le nom de lacunes essentielles; elles alternent avec les premières, correspondent par conséquent aux côtes longitudinales

extérieures de la tige.

Les faisceaux vasculaires, toujoursitrès grêles, bordent extérieurement les lacunes, sont disposés en cercle, et parallèles entre eux dans le sens vertical.

Chaque faisceau est formé de deux bandes vasculaires, h, h, distinctes, faisant entre elles un certain angle, et convergeant vers la lacune essentielle (pl. A, fig. 3); les extrémités internes de ces bandes sont formées d'éléments annelés et spiralés dont la plupart se détruisent promptement en même temps que les cellules à parois minces et molles qui les séparent, et il se forme à leur place cette lacune longitudinale. |

En dehors de la lacune et dans l'angle formé par les deux bandes vasculaires divergentes dont les extrémités extérieures persistent et ne forment pas de lacunes, se trouvent des éléments à minces parois, plus en dehors, du parenchyme libérien, /, entremêlé de cellules et de tubes grillagés, enfin des cellules étroites à parois écrasées ana: logues à du liber primaire, p L, fig. 3.

Le faisceau tout entier est entouré par un tissu parens chymateux et par une gaine protectrice ; quelquefois cette dernière enveloppe l’ensemble des faisceaux de la tige. Toute branche de Prêle consiste en une série d'articles creux et terminés par une cloison transversale; chaque article se prolonge par la gaine foliaire dont nous avons parlé et qui embrasse l’entre-nœud supérieur; celle-ci se

divise, sur ses bords, en un nombre de dents égal à celui des lames foliaires qui constituent la gaine ; à chaque dent aboutit un faisceau vasculaire, lequel, après avoir parcouru la gaine longitudinalement, pénètre dans l’intérieur de la tige et vient aboutir au cylindre ligneux.

Les saillies des nervures de la gaine sont en continuation avec les cannelures de l’article dont elle est le prolongement et alternent avec les cannelures de l’article qu'elle enveloppe. Sur une coupe longitudinale tangentielle passant à la surface du cylindre ligneux, les faisceaux vasculaires composés, ainsi que nous l'avons dit, de deux bandes distinctes, se montrent disposés parallèlement dans toute la longueur des entre-nœuds; à l'articulation chacune des bandes s’écarte de sa voisine, le faisceau se bifurque par conséquent, les bandes de bifurcation de deux faisceaux voisins se disposent dans l’entre-nœud suivant parallèlement, sans se confondre, et donnent naissance à un système de faisceaux disposés exactement comme ceux de l’entrenœud précédent, mais en alternance avec eux. La même organisation se retrouve sur toute la longueur de la tige des rameaux et des rhizomes.

Nous avons dit précédemment que les rameaux sont fixés aux nœuds et proviennent exclusivement de bourgeons endogènes; ces bourgeons naissent à l’intérieur du tissu des plus jeunes bourrelets foliaires, longtemps avant la différenciation des faisceaux vasculaires et dans l’angle qui sépare deux dents consécutives de la gaine; par conséquent ils sont alternes avec les cordons foliaires qui se dirigent dans ces dents. |

Ce n’est qu'après que le sommet de la plante s’est entouré de plusieurs gaines foliaires que les bourgeons endogènes se développent et percent la base de la gaine qui leur correspond ; ils peuvent quelquefois rester à l’état expectant pendant longtemps ou ne pas se développer du tout. Il se forme toujours autant de bourgeons endogènes

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