‹ Notice sur les élévateurs et plans inclinés pour canauxChapitre 10 sur 19 · ÉLÉVATEDR DU GRAND -WESTERN- CANAL · texte numérisé non relu

ÉLÉVATEDR DU GRAND -WESTERN- CANAL

(Planche VI.)

Description générale. — Le canal Grand-Western, en Angleterre, a été construit principalement pour transporter la houille et la terre à briques. L'exploitation se fait par convois de quatre à huit petits bateaux, traînés par un

«'> TransacL of civil Engin., i838, p. i85 et pi. XVI, XVII, XVIII. — Maiëzieux, Navig. intér., pi. XCIX. — Mary, p. 89 et pi. XV.

cheval. Chaque bateau porte 8 tonnes et ses dimensions sont :

Longueur 7"i95

Largeur i 98

Tirant d^eau en charge o 6g

La hauteur d'eau dans ie canal est de o^^^gi.

La navigation par convois exige nécessairement des bieCs très longs; ce qui, pour une voie navigable artificielle, conduit presque toujours à accumuler les pentes sur un petit nombre de points, et à franchir de grandes hauteurs sur un parcours restreint. C'est pour cet objet qu'a été construit l'élévaleur dont il s'agit. La chute qu il rachète a une hauteur de i/i°',oa.

L'appareil se compose de deux sas mobiles en bois» suspendus à des chaînes, et se faisant l'un à l'autre équilibre autour de trois grandes poulies à axe horizontal; ces sas sont munis à leurs extrémités déportes pissantes, qui les raccordent successivement avec l'un et l'autre des biefs; chacun d'eux se meut verticalement dans un grand puits rectangulaire, l'un montant quand l'autre descend.

Sas mobiles. — Les sas mobiles sont des caisses rectangulaires en bois, renforcées par des cornières en fer. Le fond est un fort châssis en charpente. Trois ceintures verticales en fer plat les enveloppent, et se continuent vers le haut, pour s amarrer à une poutre horizontale en fonte, qui ' est saisie par les chaînes de levage. Aux deux bouts du sas sont des châssis en fonte qui reçoivent les portes, en forme de vannes glissantes, et qui s'appuient successivement sur les têtes de l'un et de l'autre bief par des portées ajustées.

Maçonnerie. — Tout Tappareil fonctionne dans un grand puisard vertical, divisé en deux compartiments par un mur solide, sur lequel reposent les appuis des grandes poulies.

Dans chaque compartiment viennent s'ouvrir, dans le haut et dans le bas, les orifices qui donnent communication avec les biefs amont et aval. Ces ouvertures sont fermées par des portes glissantes, manœuvrées au moyen de chaînes. Le fond du puisard est placé au-dessous du plafond du bief aval, assez bas pour que Teau qui s'y rassemble ne gène pas la manœuvre; cette eau s'écoule par un tuyau spécial. Le mur de face et le mur de refend sont percés de nombreuses baies, qui laissent circuler l'air et la lumière et donnent un accès facile à toutes les parties du mécanisme.

Mécanisme. — Les poidies qui reçoivent les chaînes de levage sont au nombre de trois; elles sont en fonte et ont /i'",88 de diamètre. Chaque poulie est montée sur un tronçon d'arbre en fonte, rendu solidaire des arbres des poulies voisines au moyen d'un embrayage fixe, de sorte que les trois poulies se meuvent avec la même vitesse angulaire. La poulie médiane est munie d'une coiironne dentée, et reçoit l'action d'un engrenage mû par une manivelle à main ; le mouvement est modéré par un frein à ruban , monté sur cet engrenage.

Tout le système est porté sur le sommet du puisard par un solide bâti en fonte.

Les chaînes sont en fer forgé, et d'une forme se rapprochant beaucoup de celle dite chaîne de GalL Chaque bout se termine par un solide boulon fileté, qui traverse la poutre de suspension du sas, et est saisi par un écrou; ou

peut ainsi i*égler avec précision la longueur de course des sas mobiles. Deux brides obliques en fer, avec vis de rappel , frappées sur les extrémités des mêmes poutres, en assurent Thorizontalité.

Ainsi qu on le verra plus loin, le mouvement du système résulte d'une légère différence de poids entre les deux sas. Le poids des longueurs variables de chaînes, suspendues de part et d autre des poulies, entre donc en jeu dans le fonctionnement de l'appareil. Ces différences sont équilibrées au moyen de chaînes à maillons, de même poids par mètre que les chaînes de suspension; elles sont pendues sous le fond du sas, et leur bout inférieur repose sur le fond du puisard; on voit que les longueurs cumulées de la chaîne de compensation, depuis le fond du puits, et de la chaîne de suspension, jusqu'à l'axe de la poulie, constituent ainsi un poids constant, qui n'intervient pas dans les conditions d'équilibre du système.

Manœuvres. — Chaque sas, au bas de sou excursion, porte sur une charpente horizontale, fixée au fond du puisard. La longueur des chaînes de suspension est réglée de telle sorte que la course verticale du sas soit de 5 centimètres plus petite que la différence de niveau entre les deux biefs.

Supposons un des sas au haut de sa course. Lorsqu'on le mettra en communication avec le bief amont, il y entrera un volume d'eau représenté par une tranche d'eau de 5 centimètres de hauteur, c'est-à-dire un lest d'eau supplémentaire d'environ i tonne; ce lest suffit pour surmonter les frottements et l'inertie, et déterminer le mouvement. Cette tranche deau s'écoulera dans le bief aval, quand on mettra le sas en communication avec ce bief.

Quand le sas arrive à la hauteur du bief amont, il reste un jeu de 1 2 millimètres entre le cadre de la porte de ce sas et celui de la porte du bief. Le sas est alors poussé par une forte barre horizontale en fonte, manœuvrée par un verrin qui Tappuie contre la tète du bief, et forme ainsi joint étanche. Il ne reste plus alors, entre les parements des deux portes en regard , qu un espace nuisible extrêmement faible* La porte du bief amont est levée au moyen de chaîne^ s' enroulant sur un treuil; un fort verrou, quun homme pousse du pied, suffit pour rendre cette porte solidaire de celle du sas, qn elle entraîne dans son mouvement d'élévation. Au moment de la levée rapide de ces portes, il se produit, comme au plan de Blackhill, une répercussion de Tonde, et le bateau est entraîné de lui-même hors du sas. Pour déterminer le départ, une fois le frein dégagé, il suffit de desserrer le verrin qui pousse le sas supérieur contre la tête du bief amont; l'appareil se met immédiatement en mouvement.

Au moment d'arriver au bas de sa course, le sas rencontre

deux coins en fer, contre lesquels il glisse, et qui l'appuient,

à joint étanche, contre la tête du bief aval. Deux ergots en

fer, en saillie sur le parement de la porte du sas, sont saisis

par des mortaises correspondantes, pratiquées dans la porte

du bief aval, de sorte que les mouvements de ces deux

portes sont solidaires; elles sont manœuvrées ensemble, au

moyen de treuils et de chaînes amarrées à la porte du bief.

La durée d'une opération est de trois minutes.

Cet élévateur a été construit, vers i838, par M. James

Green. Cet ingénieur en attribue la première idée au docteur

James Anderson, qui aurait écrit une note sur ce sujet, en

1796, dans sa Description agronomique du Comté d'Aberdeen.

ÉLÉVATEUR HYDRAULIQUE D'ANDERTON <'^.

(PlaDebe VU.)

Cet appareil remarquable a été Tobjet d'une description publiée dans les Annales industrielles en 1876. Depuis cette époque, il a été visité à plusieurs reprises par des ingénieui*s de rÉtat, qui en ont fait une étude attentive, ont suivi avec le plus grand soin son fonctionnement, et proposé à TAdministration d'essayer l'application de systèmes analogues sur certains points de nos voies navigables. Nous résumons cidessous les résultats de ces études.

Canal de Trent et Mersey. — Le canal du Grand Trunck, ou canal de Trent et Mersey, construit vers la fin du siècle dernier, sur les pians de Brindiey, sert de tronc commun à un réseau considérable de lignes navigables, qui réunissent Liverpool aux centres industriels répartis dans le sud et l'est de l'Angleterre, et notamment aux grands ports de Londres, de Hull et de Bristol. Il s'embranche, à Preston Brook, sur le canal du duc de BridgewateTy qui tombe, à quelque distance de là, dans la Mersey. Dans cette partie de son parcours, le canal longe la Weaver, rivière importante près de son embouchure dans la Mersey, et qui est le siège d'une navigation active.

Depuis longtemps il était question de pratiquer à Anderton une jonction entre la rivière et le canal , afin d'éviter le transbordement des marchandises.

L'idée d'employer des écluses dut être écartée, à cause

<»» Ann. induêt. 1876, col. 6/^9, 678, 730 et pi. XGV et XCVI. — Bellingralh , p. 9o3 et pi. VIII. — De Jtfas et VëliHart. — Berthet. — Berlin. — Quinette de Rochemont. — Min. ofProeedings, vol. XLV, p. 107.

des ressources iiisuflTisanles de raiimentation du canal. Après de nombreuses études, M. Ë. L* Williams, sur les conseils de M. Ëdwin Clark, se décida pour le système d'élévateur hydraulique dont nous allons donner la description.

Dispositions générales. — Le canal est tracé au sommet d'un coteau rapide, dont le pied est baigné par la Weaver, qu'il domine d'une hauteur de iB^jSS.

L'élévateur est établi dans une île qui partage la rivière en deux bras inégaux; il est construit au-dessus d'une fosse à parois maçonnées, reliée au bras navigable de la rivière au moyeu d'un chenal artificiel; le sommet de l'élévateur communique, à l'aide, d'uu pont-canal eu fer, qui passe au-dessus du petit bras de la rivière, avec un bassin qui fait partie du bief du canal.

Gomme l'élévateur du Grand-Western-Canal, celui d'Anderton se compose de deux caissons, ou sas pleins d'eau, dans lesquels flottent les bateaux; l'un monte quand l'autre descend. Ces deux sas, ayant les mêmes dimensions, se font équilibre quand l'eau est tenue dans l'un et dans 1 autre à la même hauteur. Mais ici ce n'est plus par l'intermédiaire de chaînes et de poulies que cet équilibre s'établit : la transmission des forces se fait par l'eau comprimée.

Tel est le point caractéristique du système. Chaque sas repose sur la tête d'un énorme piston de presse hydraulique, dont le cylindre s'enfonce dans le sol qui forme le fond de la rivière ; les deux cylindres sont égaux et reliés par tin tuyau ; le volume d'eau compris entre les deux pistons est dès lors invariable, et l'un des sas ne peut descendre sans que l'autre remonte d'une quantité précisément égale. Pour déterminer le mouvement de cette balance hydraulique dans un sens

ou dans Tautre, il suftit d'ajouter dans Tun des sas un lest d'eau supplémentaire, qui surmonte les résistances dues aux frottements et à Tinertie.

Chaque sas, arrivé au haut de sa course, se raccorde, à joint étanche, par son extrémité avec la tète du bief supérieur. Le même système ne pouvait, à Ânderton, être appliqué pour la communication avec le bief aval, qui est ici une rivière et non pas un canal. Ainsi, dans le bas, le sas s'im* merge dansleau de la rivière, et la porte n'est ouverte que lorsque les plans d'eau se sont mis de niveau à l'intérieur et à l'extérieur du caisson. Mais au moment de cette immersion, le sas descendant perd une partie de son poids; il cesse donc de faire équilibre au sas montant; la machine s'arrêterait et n'irait pa^ à fond de course, sans les dispositions spéciales dont nous allons indiquer le principe.

La communication entre les deux cylindres est établie, non par un simple tuyau à robinet, mais par une distribution permettant de mettre chaque cylindre en relation, soit avec le cylindre voisin, soit avec un échappement sans pression, soit enfin avec une conduite d'eau comprimée. Le jeu de ce système est facile à comprendre. Lorsque le mouvement de l'appareil s'arrête, par suite de l'immersion partielle du sas descendant, on ferme la communication entre les deux cylindres; puis, en manœuvrant convenablement la distribution, on met le cylindre du sas descendant en relation avec l'échappement, et son propre poids lui fait achever son excursion; de son côté, le cylindre du sas montant est mis en relation avec l'eau comprimée, qui achève de l'élever jusqu'au niveau du bief supérieur.

Quant au lest d'eau supplémentaire du sas descendant,

on lobtient par un artifice analogue à celui employé au Grand-Western-Canal.

La hauteur de Teau dans le sas montant est ré^ée par des déversoirs d'une forme particulière, de tdie sorte qu elle soit toujours plus petite que dans Tautre sas.

Dimensions principales. — L'élévateur d'Anderton rachète une chute de 1 5'°^,35 de hauteur.

Chaque sas a fÀ^^^Sb de long et A"', 7 3 de large; avec une hauteur d'eau minima de 1°", 3 7, il admet, soit un bateau chargé de 80 à 100 tonnes, soit deux bateaux de 3o tonnes.

Le poids d'un sas plein d'eau est d'environ 2/10 tonnes; le diamètre du piston de chaque presse est de o°',9i, cor-* respondant à une pression de 37 kilogrammes par centi-mètre carré. La hauteur d'eau est de 1^,37 dans le sas montant et de l'^jSâ dans le sas descendant; la prépondérance de ce dernier est donc représentée par une tranche d'eau de 0°*, 1 5 de hauteur, correspondant à un poids d'environ i5 tonnes, soit à peu près 3 p. 0/0 du poids total des masses en mouvement. Ce poids de 1 5 tonnes répond à une pression de 9*^,3 par centimètre carré de l'aire de chaque piston.

Le diamètre de l'accumulateur est de 6°',53 et sa course de /i"*,!!.

Sas mobiles. — Les sas mobiles sont de grands caissons en tôle. Les parois latérales sont constituées par de solides poutres pleines, en forme de ventre de poisson, ayant 2a"',85 de longueur, 2°',9o de hauteur au milieu, et 2^,28 aux extrémités. Elles sont reliées dans le bas par

des poutrelles de o'^^Sâ.de hauteur, et la rigidité de lassemblage est assurée par de larges goussets extérieurs; enfin le grillage, sur lequel repose le fond en tôle du caisson, est complété par des longrines de o'^^ati de hauteur. Les deux grandes poutres longitudinales reposent, en leur milieu, au moyen dun solide assemblage, sur la tète du piston, et lui transmettent la pression résultant du poids de tout le caisson. Cet assemblage est formé par un sabot en fonte, de i°',P7 de hauteur, alésé pour s'adapter à la tête du piston, et qui forme le centre d'un fort croisillon en tôle et cornières, lequel s'assemble à la semelle inférieure des poutres longitudinales.

Les deux extrémités du sas sont armées d'un cadre en fonte, formant glissières pour les portes; de plus, le cadre qui regarde le pont-canal est disposé de manière à faire joint avec la tête de ce pont.

Presses hydrauliques. — Les presses hydrauliques qui supportent les sas sont constituées, comme celles que l'on voit souvent dans les ascenseurs, par un long piston plongeur en fonte, exactement tourné au diamètre de o°',9i .

Ce piston pénètre dans le corps de pompe, qui est également en fonte, par un presse-étoupe, placé dans une logette en fonte, qui permet de le graisser et de refaire le joint.

Le toit de cette logette, traversé par le piston, est muni également d'un presse-étoupe , pour empêcher l'invasion de l'eau de la rivière.

Le piston et son cylindre sont l'un et l'autre en trois longueurs, assemblées par brides et boulons; les joints du piston sont faits au minium ; ceux du cylindre sont faits également au minium, mais avec intercalation d'un anneau

en fil de plomb, lequel, en s'écrasant sous la pression des boulons, donne une étanchéité complète. Les presses, les tuyaux et toutes les pièces ont été essayées, avant la mise en place, à une pression de /i6 kilogrammes par centimètre carré.

Les corps de pompe sont disposés dans un puits formé de tuyaux de fonte de i'",68 de diamètre, enfoncés dans le sol au moyen de Tair comprimé. Leur pied, ajusté dans, une plaque de fondation en fonte, repose, par Tintermédiaire de deux cours de madriers croisés, de o^^jio d'épaisseur, sur un lit en béton de ciment de Portland; du béton a été également coulé sur le pourtour de la plaque de fondation , pour la rendre solidaire avec la virole en fonte qui forme la base du revêtement du puits. La dernière virole du haut contribue également à soutenir le corps de pompe, et transmet la charge au sol avoisinant au moyen dune large nervure, .

Pont-canal. — Le pont-canal franchit le petit bras de la Weaver, soutenu par des colonnes en fonte. Sa largeur est de io'",û5, et sa longueur de 69°*,53, divisée en trois travées, de g'",!^, 22^,86, t7"",53, cette dernière aboutissant au bief du canal de Trent et Mersey. Il est constitué par trois poutres longitudinales en tôle, formant les parois de deux bâches qui correspondent aux ouvertures des deux sas.

Ces poutres, en forme de double T, ont 2^,59 de hauteur. Elles son tentretoisées par des poutrelles, de o°*,53 de hauteur, qui forment, avec des longrines de o°*,2 3, le grillage sur lequel repose le plancher en tôle. Des goussets complètent 1 assemblage des poutres et des poutrelles; de

Élévateurs. 5

plu8, des arcs en tôle supérieurs contribuent au contreventement.

Le tirant d'eau dans le pont-canal est de l'^fôo. Le poids total, eau et métal, est de 1,070 tonnes.

Les colonnes de fonte qui soutiennent les poutres forment trois palées : la première est contiguë à l'élévateur, les deux autres sont élevées sur les deux rives du petit bras de la Weaver.

L'extrémité de la double bâche porte sur une plaque en fonte, encastrée dans la maçonnerie formant la paroi du canal; cette plaque ^ést assemblée, au moyen de boulons, avec le bord de la tôle de fond des bâches, et le joint est enduit de minium et calfaté; les joints verticaux sont étanchés par une fourrure en bois, et un coulis de ciment qui la réu* nit à la maçonnerie.

Les colonnes des palées intermédiaires reposent sur un soubassement en béton de ciment, coulé dans une enveloppe en fonte.

Guidage. — Dans les ascenseurs hydrauliques ordinaires, les poids de la cabine et du piston sont équilibrés presque entièrement par des contrepoids, de telle sorte que, sur la plus grande partie de la longueur, le métal du piston ne travaille qu'à la traction; on peut, dans ces conditions, ne lui donner qu'un diamètre très petit par rapport à sa longueur.

A Anderton, il en est tout autrement; le piston porte la totalité de la charge constituée par le sas plein d'eau; il travaille comme une colonne chargée de bout; il est donc nécessaire, d'une part, que son diamètre soit assez considérable (il est ici de ^ de la course), et, d'autre part, que la

charge soit guidée, dans son mouvement vertical, avec une très grande précision.

Pour répondre à cette dernièi*e condition, on a muni les quatre angles de chaque sas de patins en fonte d^une grande hauteur, glissant dans des guides fixés à des colonnes verticales. Guides et patins sont soigneusement dressés et ajustés. Les colonnes elles«-mèmes doivent être parfaitement stables et solidement contreventées, pour résister à toute poussée oblique. L ensemble de ces colonnes constitue une charpente métallique qu il est intéressant d'étudier.

Les colonnes-guides sont disposées comme il suit : une colonne à chaque angle de la fosse, une colonne au milieu des petits cÀtés du* rectangle , enfin, du côté de Ifl rivière, une colonne implantée sur le prolongement de l'axe longi*tudinal de l'appareil, et formant culée triangulaire avec les trois colonnes-guides voisines. Ces colonnes reposent sur une solide fondation en brique et béton, dans laquelle leur pied est noyé; elles sont en outre remplies de ballast.

Les trois colonnes du côté du pont-canal sont vigoureusement reliées aux colonnes voisines, servant de support à ce pont. Les quatres colonnes de la culée triangulaire, dq côté de la rivière, sont rendues solidaires entre elles par des poutrelles de tète et un ensemble complet d'entretoises et de contreventemeiits. Entre ces deux points d'appui règne une double ceinture d'entretoises : au sommet, une poutre en treillis portant la passerelle de manœuvre; à mi-hauteur, des poutrelles en double* T horizontales , suspendues par des tringles au treillis supérieur.

Pour faciliter les réparations, on a ménagé entre les co-

ionnes-guides assez d'espace pour que le sas, détaché de son

. piston et flottant comme un bateau , puisse être conduit

hors de la fosse. En outre, celle-ci peul être isolée de la rivière au moyen d'un batardeau provisoire en bois, de manière à constituer une enceinte facile à épuiser.

. Portes et joints. — Chaque sas est muni, à ses deux extrémités, d'une porte de tôle en forme de vanne levante; ,ces portes glissent dans des rainures pratiquées dans un châssis en fonte, Gxé à la tète du sas, et qui, se prolongeant vers le haut, sert à la fois de contreventement supérieur et de point d appui aux poulies de renvoi des chaînes de levage.

Ces chaînes sont au nombre de trois pour chaque porte : deux chaînes amarrées au bord supérieur de la porte, près de ses extrémités, sont renvoyées à des contrepoids; lai^tre chaîne, qui est en réalité la chaîne de levage, passe sur une poulie mouflée, attachée à la porte, et va s'enrouler sur un petit treuil à main qui sert à la faire mouvoir.

Le poids d'une porte est de i,35o kilogrammes; il est presque entièrement équilibré par les contrepoids.

Les cadres de support des chaînes sont assez hauts pour que les portes, une fois levées, laissent en dessous un passage de 2", a 8 de hauteur au-dessus du plan d'eau, suffisant pour les plus grands bateaux fréquentant le canal. La levée d'une porte dure environ une minute et demie.

Ces cadres sont munis intérieurement d'un boudin de caoutchouc, qui forme joint sur les deux côtés verticaux et le bas de la porte, lorsque celle-ci est appuyée par la pression de l'eau.

Chacune des deux bâches qui constituent le pont-canal se termine, à ses deux extrémités, par des portes semblables à celles des sas, et se manœuvrant d^ la même manière. La

porte qui regarde Télévateur doit être levée et baissée à chaque manœuvre; la porte opposée joue principalement le vole de porte de garde.

Le sas, arrivé au haut de sa course, doit faire suite au bief, et former avec lui joint étanche. A cet effet, les extrémités correspondantes du sas et du pont-canal sont taillées en biseau, suivant deux plans inclinés parallèles; l'ouverture du sas est encadrée par une garniture en bois, celui de la bâche par un boudin en caoutchouc, de 76 millimètres de diamètre, fixé par des attaches en fonte malléable; le moùveaient ascensionnel du sas suffit pour comprimer le boudin et assurer une étanchéité parfaite. Les portes en regard sont profilées de telle sorte, qu une fois le sas amené dans le prolongement du bief, il ne reste entre elles qu'un espace nuisible très faible; cet espace peut être rempli par une petite vanne s'ouvrant à travers la porte de laqueduc, et vidé par un tuyau conduisant Teau daus le bief intérieur.

Acciuniilateur et machines. — Les machines, les chaudières et l'accumulateur sont placés sous la première travée du pont-canal, du côté de l'élévateur.

L'accumulateur se compose d'un piston plongeur chargé d'un lest en maçonnerie; son diamètre est de o",53, sa course de /i",! 1 ; il peut ainsi contenir une réserve d'eau comprimée suffisante pour faire parcourir à l'un des sas une levée de i'",37. Il est chargé par une machine à vapeur qui agit sur des pompes foulantes ordinaires.

Comme on l'a vu plus haut, chacune des deux presses communique, par des robinets spéciaux, avec la presse voisine, avec l'accumulateur et avec l'échappement, lequel se fait dans le bief supérieur; il y a donc en tout cinq robinets.

Bavoir : un robinet de communication, deux allant à laccumuiateur (un pour chaque presse), deux à Féchappement. Tous ces robinets sont manœuvres par un seul mécanicien, qui les actionne au moyen de transmissions. Les cinq volante qui commandent ces robineto sont groupés dans une cabine élevée au-dessus de la tête du pont-canal, et les positions de ces différents volants traduisent aux yeux celles des robinete qu^'Is commandent, de manière à écarter les erreurs et les fausses manœuvres.

Les divers tuyaux sont revêtus de feutre et munis débouchons de vidange, afin d'éviter les effete des gelées.

Déversolrs^régulateurs. — Quand un des sas descend dans la fosse, il faut toujours qu'il s'immerge d'au mdins i%5a, afin que les bateaux puissent y entrer et en sortir facilenxent, et cette immersion est parfois plus grande quand la rivière est en crue. Dans ces conditions, la hauteur d'eau dans ce sas serait au moins aussi grande que dans le sas descendant Or il est nécessaire, comme on l'a vu, que la hauteur d'eau dans le sas ascendant soit de o'^fiB moins grande que dans le sas descendant.

Ce résultat a été obtenu par un moyen aussi simple qu'ingénieux. On a, à cet effet, attaché au flanc des sas des déversoirs d'une forme spéciale, et que nous allons décrire :

Qu'on imagine un siphon dont la petite branche plonge dans l'eau du sas jusqu'au niveau que doit atteindre l'eau dans le sas ascendant; le coude supérieur est placé au-dessus du niyeâu de leau dans le bief descendant; la grande branche, qui est extérieure au sas, a dans sa partie basse une section beaucoup plus large que l'autre.

Actuellement, quand le sas s'immerge dans le bief infc-

rieur, le siphou se remplit d'eau qui refoule Tair à travers Teau du sas. Lorsque ensuite le sas s élève au-dessus du niveau ambiant, ce qui reste d'air est aspiré par la branche extérieure, et d'autant plus vite que la section de cette branche est plus grande. Le siphon s'amorce, et fonctionne pour vider le sas, dont l'eau st'abaisse, jusqu'à ce que, l'orifice de la petite branche venant à émerger, l'air rentre et l'écoulement cesse.

Douze déversoirs pareils sont attachés aux parois longitudinales de chacun des sas.

Dispositions diverses. — Signalons encore quelques détails inséressants.

Les appareils mécaniques, tels que ceux dont il est ici question, ne fonctionneht régulièrement qu'à la condition d'être tenus constamment en bon état, bien réglés et bien graissés. L'entretien des presse-étoupes exige surtout une surveillance assidue. Aussi, les constructeurs se sont- ils attachés à disposer tous les joints de telle sorte que l'accès et la visite en soient faciles.

Les presse-étoupes des deux pistons sont enfermés dans une galerie en métal, passant sous le Ht de la rivière, et à laquelle on accède par un puits muni d'un escalier. Les pistons traversent le toit de cette galerie par un contre-presseétoupes, dont la tenue exige moins de soin, parce que la pression de l'eau est faible etjjue, d'ailleurs, des fuites légères ne présenteraient pas ici de graves inconvénients. Le tuyau de communication entre les deux presses est disposé dans la même galerie, ainsi que le robinet placé sur ce tuyau. Tous les autres tuyaux et robinets sont à 1 extérieur et facilement accessibles.

L accumulateur est pourvu des appareils de sûreté ordinaires. En outre, un dispositif spécial a pour objet d empêcher que, par suite de TinattenUon de l'homme chargé de la manœuvre, le sas montant ne s'élève au-dessus du niveau auquel ii doit s arrêter. A cet effet, lorsque le sas est arrivé à sa hauteur normale, un taquet qui lui est flxé vient toucher une soupape branchée sur le tuyau de communication entre l'accumulateur et la presse. Si le sas continue son mouvement ascensionnel, la soupape s'ouvre, l'eau s'échappe, la pression tombe et le sas s'arrête, en même temps que, averti par le bruit que fait l'eau en sortant de la soupape sous forte pression, le mécanicien peut fermer immédiatement le robinet de l'accumulateur.

Une passerelle en bois est installée sur la ceinture en treillis qui couronne l'appareil; elle se continue avec la passerelle établie sur les deux poutres de rive du pontcanal.

La cabine du mécanicien, élevée au-dessus de la tête du pont , assez haut pour que les bateaux puissent passer par dessous, a vue sur lout l'appareil. Des escaliers en bois donnent accès aux diverses parties.

Fonctionnement et manœuvres. — Les détails qui précèdent suffisent pour faire comprendre facilement comment s'opèrent les manœuvres.

Supposons les deux sas en route : l'un A montant avec une hauteur d'eau de i'°,37, l'autre B descendant avec une hauteur d'eau de i°*,59. Les deux presses communiquent librement, et, en cas de besoin, la vitesse est modérée par une fermeture partielle du robinet de communication. Quand le sas B commence à s'immerger dans le bief aval, le mouve-

ment s'arrête; le mécdnicien ferme alors la communication entre les deux cylindres, et met le sas B en relation avec l'échappement, et le sas A en relation avec l'accumulateur; les deux sas achèvent leur course; le mécanicien ferme tous les robinets.

A ce moment, le sas B est immergé de telle sorte que le niveau de l'eau extérieur atteigne ou dépasse le niveau intérieur; les portes cessent donc d'appuyer sur leur siège en caoutchouc; on lève celle qui regarde le chenal; le bateau contenu dans le sas sort librement, et est remplacé par un bateau montant; puis on baisse la porte. En même temps le sas A est venu appliquer sa tête en biseau contre le boudin en caoutchouc qui garnit la tête du pont-canal; le joint est donc fait. On remplit l'espace nuisible; la porte de l'aqueduc, également pressée sur ses deux faces, se lève facilement; la porte du sas, étant alors détachée de son siège par la pression extérieure, peut être levée à son tour; le sas reçoit du pont-canal la tranche d'eau complémentaire de 1 5 centimètres. Le bateau peut alors sortir, et, dès qu'il a franchi le pont-canal, qui ne présente qu'une voie à son passage, un second bateau est amené par le même chemin. Les portes du pont et du sas sont refermées, et Ion fait écouler l'eau contenue dans l'espace nuisible.

A ce moment, tout est prêt pour une nouvelle manœuvre : il suffit d'ouvrir la communication entre les deux presses , pour que les deux sas se mettent en mouvement. Au départ, le sas B étant immergé, la prépondérance du sas A est considérable; mais elle décroît rapidement. A mesure que le sas B s'élève, l'excès d'eau qu'il contient s*échappe par les déversoirs régulateurs, et l'eau s'y établit promptement à une hauteur de i",37.

La 4mr^ tnm-^i^tXtt «f uik •iptsradiMà cal iitvnrmm un quart (Tfknn^ ^ .

Le s]f«rtèflK 4a ti^iu sa» épi^^cés ot d uk ■a n g uir e fiKÎle et ijyîiii?; d B*cûre «fv'xBe biÀi^ 4>^pcB9e 4e force ■Mlrke. La nrirritr à vapsor alaficrwsl que pov £ûfe parawrir aa sas zi«>cUiit la d<nLi^ paiiîe de sa covrse, 9«r 1**37 dif Itxiz«*^tir: eiie a*a d»Mca Jbvmîr qae —^ soît 9 p. o o csTÎToo da traïad d'^Iievat&iM. Toatefais. si Fane de» prf II Yenaît à se d*>raB;^, Faotre presse poarraH à b rîgaear £ûre le sernce: aaê la maàiinm auart alors à feamir b toUiité da traïad, et b aorrlie se troarerait eosndérabieaieat ralenlie.

— Lêl^ratear d'Aaderlon a fié nm en sernce en jajîîet 187a.

La conceptîoo et les desms sont das a M. Edvîa Cbrk; Fexéealion a élé sarretflêe par M. Sidenghasi Daer« assistant deM.QarL Les naçonnerîesetlefoaçagedespahsont été bits par b GNamissioa de b WeaTer« avec M. Sandeman romme directeor.

Lat partie métaliiqae et I» machines ont été constmiles et montées par MM. Emmer»», Margatroyd et Co (de Stockport éL Lîrerpool).

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f'agil îâ de petiiei hanpg% de ^5 tonnes de d mgtawji t atie. qui peavenf «s loger den par denx dans les sk. « qui oondaîrail à qoalrp opmtioiis compléles par iKore.

D'après M. Saiuleniaii, les dépeuses d^iustaliatiou oui été lessoÎTantes:

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