COMMERCE AVEC EA FRANCE ET SES COLONIES
Si l’on se reporte aux tableaux des importations et des exportations, on obtient, en ce qui concerne la France et ses colonies, les résultats ci-après :
Importations Exportations
Ensemble
— un
soit une différence de T10,072]fr. 80, en faveur de 1898, savoir :
Importations de 1898 . -f- 318. 917 f. 80
Exportations de 1898 . — 208.844 94
I l’autre part, les achats, toujours en excédent sur les ventes, ont dépassé celles-ci de 607,728 fr. 26 en 1898, et de 79,965 fr. 52 en 1897, soit, pour 1898, une différence de 85,61 p.OjO sur 1897.
Enfin, le total général des transactions de la colonie avec l'extérieur ayant été de 5,957,482 fr. 36. la quote-part du commerce national est d'environ 13,63 p. 0[0 sur l'ensemble, tandis que séparément elle est de 23,68 p. 0[0 à l'importation et 3,45 p. Op) à l'exportation.
Celte infériorité du commerce national, bien que moins accentuée qu'en 1897, est due aux causes déjà signalées: défaut de communications rapides, régulières et directes avec la- France, proximité des marchés de- San Francisco et de la Nouvelle-Zélande, élévation du prix de certaines marchandises françaises, défaut d’adaptation de quelques-unes de ces marchandises, notamment les tissus, aux goûts de la population indigène.
On ne saurait, en effet, trop le répéter: nos fabricants de tissus ne pourront voir leur commerce s'étendre dans la colonie, que s'ils s'ingénient à produire bon marché. 11 faut qu'ils se pénétrent de cette vérité : à Tahiti, comme ailleurs, l’acheteur ira toujours à l’objet dont l’apparence sera flatteuse et le prix réduit.
Le chiffre du commerce avec nos autres colonies n'entre que pour une proportion insignifiante dans le décompte général.
Importations
On constate pour l'année 1898 une augmentation sensible
ir.
sur la généralité des articles importés de France. 11 faut attribuer cette augmentation à ce que la colonie a été visitée par trois navires de Bordeaux, contre deux en 181)7, ainsi qu'à des relations plus importantes entre les maisons françaises et étrangères de la place et les maisons françaises en France. La délivrance, par les Messageries Maritimes, du connaissement direct de Marseille à Tahiti, n'est pas étrangère àce résultat (1). Il faut espérer que la colonie jouira, sous peu, du même avantage pour ses expéditions de Tahiti à Marseille. Reste l'objection tirée de l’élévation du fret qui, fixé à 120 francs la tonne (d'un mètre cube), est encore presque 100 p. 100 pl us élevé que parla voie anglaise. Les droits de douane dont sont frappées les marchandises venant par cette dernière voie ne suffisent pas, en nombre de cas, pour combler cette énorme différence. Cet état de choses constitue une cause d'infériorité pour le commerce d’importation et d’exportation de la Métropole avec sa colonie.
Quant aux diminuiions-conslatées sur certains articles, elles sont purement accidentelles, et doivent être attribuées, par exemple, à l'approvisionnement surabondant des magasins (fila place au commencement de l'année, sauf pourtant en ce qui touche les tôles galvanisées donl le prix de revient est trop élevé relativement aux importa lions anglaises.
Exportations
Différences avec lî-98 1897
Nacres . 65.5561. » — 74.855 f. 25
Vanille . 36,519 56 — 131.189 54
Coton, égrené ... » — 2.442 »
Ainsi qu'on le voit, les exportations pour la France ont
(1) Ce connaissement direct n’est délivré que depuis un an à peine.
lit. —
beaucoup diminué, les marchés étrangers ayant paru plus profitables- aux exportateurs.