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CONSOMMATION A COPENHAGUE PAB TÊTE

Bois de cl^auffage. • Houille.

Mètres cubes.

Hectolitres.

On voit que la consommation de bois diminue en même temps que celle de. la houille augmente; depuis .trente ans les prix du bois de chauffage dépendent de :pliis en plus des prix^de la houille; ils ont ninè tendance marquée à là baisse, quand on fait abstraction des changements' dp prix déterminés par des causes extrinsèques, et notamment par les yariations de la valeur des métaux précieux. •

Le contraire a lieu pour les bois d'œuvré; leur exploitation n'a pas encore l'importance qu'elle mérite; .cela tient surtout à Torganisatioti défectueuse du commerce des bois. Les grande, consommateurs de bois ne vont pas chercher dans des forêts de minime étendue les

petites quantités de bois quiy sont débitées ; ils s'alimentent généralement dans les grands centres du mar-* ché étranger, en Suède, en Norvège, dans, les ports . russes et . allemands de Ja Baltique. C'est donc une quantité de bois très-considérable que. notre pays achète à l'étranger. De 1871— 7ô, l'excédant des importationssur les exportations s'est élevé, année moyenne: r

• * . . MètreB cubes. Francs.

Pour les bois.de chauffage, à 60 000,- l'ÏOOOOO Pour les bois d'œuvre, à . . . . 410 000. 23 000 000.

Total 470 000. 24 500 000.

Si l'on évalue la production de bois du pays même à 0,74 Mill. m. p., le Danemark reçoit de l'étranger le , tiers au moins.de sa consommatioii totale de bois. .

Industries. — Nous avons dît que le peu d'éten- , due des forêts et leur disséi^iination sur toute la surface du pays s'étaient opposés au développement du, corn-/ merce; pour les même^' raisons les industries qui em- \ ploient ,1e bois sont à» .peu. près inconnues. Le Dane-J mark a peu d'eau courante,'^ aussi à peine s'est-il .établi ] • quelques scieries 'à , eau ; à part. la fabrica-tion .dès sa- I bots dans l'intérieur du Jutland, on peut dire, que l'industrie des bois 'en gros n'existe presque pas. La ! carbonisation même se fait sur une très-petite échelle et toujours en dehors de la forêt. Depuis un certain, nombre d'années des fabrique.s j)0ur le façonnage des bois du pays se sont installées dans plusieurs villes , surtout dji Jutland ; quelques-unes d'elles^ semblent pourtant ne ' jouir que d'une prospérité douteuse, les frais de transport absorbant les bénéfices. Quant aux scieries à vapeur de Copenhague, elles débitent 1 plus de bois étranger que de bois- inâigèpe. \

Impôts, — La base de Timpôt grevant les forêts est toujours celle de 1688: le parcours des poros ou panage, bien que cet usage ait disparu depuis longtemps des coutumes rurales. L^étendue'de terrain, capable de nourrir 24 porcs a été prise comme unité fondamentale de contribution (Tende SkovskyldS'Hartkorn).

Tous les iinpôts publics ou communaux sont payés d'après cette base, mais ils ne sont que la moitié de ceux qui frappent Tunité correspondante agraire {Tende Ager- og Engs-Harfkorn). Les forêts payent ordinairement de 2 à 5 francs d^mpôts par hectare.

Administration des forêts de VÊtat — L'administration des forêts domaniales dépend du ministère des finances; le service comprend 3 conservateurs et 22 inspecteurs, assistés de 6 adjoints, 42 gardes généraux, 10 'brigadiers et 230 gardes. L'aménagement est cpnfié à un bureau spécial, composé d'un chef et de 4 à 6 adjoints. La direction centrale appartient au ministre et au chef du département des domaines.

Les gardes généraux (sJcovfoged) , les brigadiers {ppsynsmanâ) et les gardes {shovleber) font le service de là poUce et de la surveillance; cependant, les gardes qui forment l'élite stable des ouvriers forestiers, prennent part aux travaux d'exploitation et de culture autant que le permet leur service de surveillance. La gestion proprement dite est l'afEaire de l'inspecteur (skovrider) dont les fonctions tiennent à la fois de celles du garde général et de celles de l'inspecteur dans le système français. .11 fait le service administratif, sous sa propre responsabilité et traite les forêts confiées à ses soins conformément aux plans d'aménagement adoptés par le conservateur et ratifiés par le ministère.

L'étendue des inspections est, en moyenne, de 1700 hectares. Les inspecteurs procèdent à la vente des produits, aux enchères publiques; le prix en est versé dans les caisses des Receveurs généraux. Ces derniers sont responsabks des rentrées. Les conservateurs {overf0rsterX sont des agents de contrôle chargés de surveiller et.de vérifier -tous les services; ils. sont, en même temps, les conseillers experts du ministère.

Pour être nommé inspecteur, il faut passer les examens de l'école forestière; les mêmes conditions sont imposées à ceux qui veulent entrer dans le service comme adjoints des inspecteurs ou du chef d'aménagement. Un certain nombre de gardes généraux est également recruté parmi les anciens élèves de l'école.

Surveillance des hois privés, — La surveillance des bois des particuliers appartient au- ministère de l'intérieur. La loi du 27 septembre 1805 avait prescrit le partage de toute propriété indivise, l'abolition du droit de pâturage, et interdit le défrichement des futaies existantes. Le partage des parcelles indivises était pour la plus grande partie effectué dès 1811, le ministère n'a donc ordinairement plus à s'occuper des forêts particulières à ce point de vue, mais sa surveillance est encore nécessaire relativement aux autres dispositions de la loi.

Les propriétaires des grands domaines où se trouvaient dés forêts grevées de droits d'usage, . furent autorisés à s'en affranchir par voie de „cantonnenient moderne", mais à la condition expresse de ne céder aux usagers que des terrains non boisés. Les terres ainsi cédées doivent rester aux mains de leurs nouveaux propriétaires, sans pouvoir être plus tard réunies aux

grands domaines, à moins que ce n^ soit pour en opérer le reboisement. Le3 futaies existant au moment de la promulgation de la loi doivent être tenues en bon état ~ sous peine d'amendes considérables. Il est défendu à tout acquéreur d'une forêt d'y couper sans autorisation, pendant les dix premières années, d'autres bois q^e ceux nécessaires à sa consommation et à celle de ses fermiers. Cette autorisation d'ailleurs n'est jamais refusée, pourvu que les coupes soient réglées par les agents de l'administration et faites sous leur surveillance. Lé ministre de l'intérieur peut autoriser les défrichements^ à condition toutefois que le propriétaire replante un terrain de 1^ même étendue que le bois qu'il veut mettre en Culture, ou de plus grande étendue, si le terrain à défricher est peuplé de- chênes ou de hêtres, et si le terrain à replanter est impropre à la culture de ces essences (Cire, du 2.7 mai 1858). L'ordonnance du 3 décembre 1819 défendait le partage des forêts entre héritiers, à moins que les lots ne fussent au moins de 55 hectares 16 (100 tmder-land), et que le partage ne pût être nuisible aux peuplements. La surveillance est confiée aux agents supérieurs du ministère (amtmawd, bailli, préfet), aux sou»-préfets (her-redsfogeâ) et à 9 agents forestiers désignés à cet effet. Ces derniers ont- l'administration complète des bois des bénéficiaires, curés de paroisses dans les villages, bois peu nombreux d'ailleurs.

Enseignement. — La première école forestière du Danemark fut fondée en 1785 à Kiel en Holstein. Elle s'y maintint sous l'intelligente direction deM.Niemann jusqu'à sa mort, en 1830. Cette école installée dans un duché où l'on parle allemand, où les cours .étaient

faits en allemand, et* qui avait des communications faciles avec le grand pays voisin, où justement, à cette époque la sylviculture floriçsait sous Cotta, G. L. Hartig et d'autres célébrités, communiquait aux forestiers danois, sortant de l'école de Kiel, l'empreinte de l'école allemande. L'école de Kiel fut supprimée en 1832 , et l'école poly- ^ technique de Copenhague fut chargée de renseignement forestier. En 1863, il en fut de nouveau distrait, et confié à l'Académie agricole de Copenhague.

Pour prendre les inscriptions d'élève forestier, il faut avoir suivi les classes ' d'un lycée ou d'une école supérieure des sciences appliquées.

Les cours de l'Académie sont de quatre à cinq ans, dont un ou deux employés à l'instruction pratique. L'école forestière est libre et organisée comme les Facultés des sciences en France. L'enseignement théorique est divisé en deux parties; chacune d'elles se termine par une épreuve. La première porte sur les sciences suivantes: mathématiques, physique et météorologie, chimie, géognosie, botanique, zoologie et dessin. La seconde comprend les branches qui suivent: culture des bois, économie forestière et aménagement dés forêts, exploitation, débit. tt estimation des bois, statistique forestière, jurisprudence, géodésie, mécanique et construction des routes, botanique forestière et zoologie forestière. L'instruction est complétée par des excursions et des .exercices pratiques. Dix professeurs sont chargés des cours, et l'école est «pourvue de riches Collections, d'un grand laboratoire de chimie et d'un jardin botanique. Les candidats su bissent en outre deux examens de pratique; le premier est celui' d'admissioq pour lequel on exige des connaissances pratiques

élémentaires d'exploitation et de oulture^; pour le second, on demande l'exécution de l'aménagement d'une forêt, de coupes d'éclaircies , d'ensemencement et le tracé d'une carte forestière assez étendue. Ceux qui ont satisfait à ces examens peuvent seuls entrer dans les services publics; mais un assez grand nombre des anciens élèves de l'école entre en service privé. Depuis cinq ans 3 élèves par an ont passé les examens, tandisque 24 élèves forestiers ont suivi annuellement les cours de l'académie.

. Bibliographie. — Les ouvrages danois sur la sylviculture sont assez peu nombreux, et paraissent être à peu près inconnus à l'étranger, sauf cependant en Suède et en Norvège. Il n'y a ^as de cours complets de sylviculture; néanmoins diverses publications spéciales prouvent que leurs auteurs ont été parfaitement au niveau de la science à l'étranger, et quelquefois même l'ont devancée sur certains points.

Le ininistre d'État, le comte de Reventlow et M. Hansen, professeur* à l'Académie, ont publié de remarquables travaux sur l'économie forestière.- Parmi les auteurs qui, par leurs études exactes et approfondies, ont ouvert des voies nouvelles au traitement des forêts, il faut citer MM. Oppermann, Satauw, Briiel et Schâffer, inspecteurs des forêts. M. Funch, constructeur de la marine, a fait*connaître les qualités des bois propres à la construction navale. M. lé docteur Vaupell, dans ses' études classiques sur l'histoire naturelle des forêts danoises, a signalé lés alternances dés essences et l'envahissement des forêts par le hêtr^. M. lé professeur Steenstrup a contribué également à l'histoire de nos forêts par ses remarquables recherches sur la flore

. préhistarique dés tourbières, et M. le professeur A^S. 0r8teâ. a publié de beaux ouvrages sur les essences forestières en général etc. M. le professeur Schj0dte vient de faire paraître la première partie d'un ouvrage tout à fait remai*quable sur les insectes nuisibles aux forêts. M. Rostrup fait connaître les champignons parasites des arbres. Èbfin il existe des ouvrages statistiques dus à la plume de MM. Niemann, Olufsen et Lutken; la législation forestière a été traitée par MM. Fallesen, Bergs0e et Borup. — Depuis trois ans, une revue forestière, subventionnée par le gouvernement, contient, de nouvelles et sérieuses recherches de mathématique, de chimie, de botanique et de statistique appliquées aux questions forestières. .

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