Notice sur les mémoires et les ouvrages de botanique
En venant solliciter les suffrages de l’Académie, l’auteur a cru devoir faire précéder la liste méthodique de ses publications d’iine’ indication sommaire de la direction générale de ses travaux et deà résultats les plus notables de ses recherches.
I ,es études et les travaux botaniques auxquels M . Germain de Saint-
appartiennent à deux catégories : la Botanique descriptive et l'Organographie végétale. — Pendant une première période, M. G. de S'-P. s'est préparé aux travaux d’organographie et de physiologie
végétale, qu’il devait entreprendre plus tard, par l’examen approfondi de notre végétation indigène. La publication de la Flore descriptive et analytique des environs de Paris (i) a été le résultat immédiat de ces étiides. Cet ouvrage, entièrement écrit d’après nature, dans un langage sévère et concis, et caractérisé par une tendance organographique encore inusitée dans les travaux du même genre, est devenu promptement classique en France et en Europe. — L’abrégé dé ce livre, publié soiis le titre de' Synopsis, servait de vade-mecum à notre illustre maître Adrien de Jussieu dans ses.herborisations publiques.— Cet ouvrage, quiforme un volume compacte de 800 pages, est accompagné d’un volume de planches renfermant environ 5oo figures, dessinées d’après nature par M. G. de S'-P.
Plus tard, M. Germain dè Saint-Pierre a publié : 1° une Introduction à l’étude de la Botanique, destinée à développer chez .les élèves le goût de la science sérieuse et à leur en faciliter l’étude. Cet ouvrage est divisé en quatre livres : livre I er , des études et des travaux botaniques (trente-quatre chapitres) ; livre II, de la recherche des plantes ; livre III, de la récolte et de la préparation des plantes ; livre IV, propriétés médicales et usages économiques des plantes indigènes ou naturalisées en France. — Le livre I" renferme de nombreux détails (résultats de l’expérience pratique de l’auteur) sur les procédés les plus avantageux dans les études micrographiques appliquées à la phytographie, et sur l’application du dessin aux études botaniques.
2°- Un Dictionnaire raisonné latin et français de Botanique (5oo pages compactes). Cet ouvrage n’a rien de commun avec.les compilations parues à diverses époques sous des titres analogues. Les définitions, que l’auteur s’est efforcé de rendre claires et précises, n’ont été empruntées à aucun ouvrage antérieur, et les articles, d’organographie constituent des résumés dans lesquels l’auteur expose, lorsqu’il y a lieu, en les comparant aux théories'admises, les résultats nouveaux auxquels il est lui-même arrivé. — Ces deux derniers ouvrages, publiés sous un titre collectif,. ont été écrits par M. G. de S'-P. comme une sorte de délassement des travaux d’observation de longue haleine dont il poursuivait, déjà depuis longtemps l’exécution.
Les travaux d’organographie et de physiologie végétale dé l’auteur embrassent plus particulièrement deux séries d’études. — La première ■ série a. pour objet la connaissance des organes de la végétation, sj variés et encore si peu étudiés, qui constituent la partie souterraine des plantes (racines, rhizomes, bulbes, tubercules, etc.) — Nonseulement l’auteur a fait connaître certains modes de végétation •spéciaux très-complexés, et d’un grand intérêt.pour l’organographie comparée (par exemple celui du faux bulbe des Ophrydées (armée i85o) ; celui des bulbes descendants des Tulipa, depuis la période germinative; des bulbes pédicellés des Allium, etc.), mais ses observations l’ont conduit à des résultats généraux qui touchent au* points fondamentaux de la science. Telles sont ses Études sur la ger ■> mination des embryons monocotylés, qui lui ont fourni la démonstration du fait si important et si contesté de X individualité des feuilles, et, par conséquent, une nouvelle preuve de X unité de composition orga-
nique dans le règne végétal. Ses études sur la structure de certains bulbes et de certains tubercules, qui, constituant des axes en quelque sorte ébauchés et rudimentaires, éclairent la Structure générale des tiges. Tels sont encore les résultats obtenus sur les caractères et la détermination de la partie désignée sous le nom de collet oü nœud vital chez les végétaux; des recherchés sur T organe désigné chez les racines sous le nom de coléorhize; une étude comparative de Xembryon dans les principaux groupes de la. famille des Graminées ; enfin, dés observations sur l’analogie de structure qûe présentent certains bulbilles'. et billbes pédicellés avec l’ovule végétal avant la période de là fécondation i • \ . .
La deuxième, série des travaux de philosophie botanique de Mi G. de S*-P. a pour objet l’étude des anomalies dans le règne végétal; l’auteur s’est efforcé de recueillir dans la nature un' nombre 1 d’observations suffisant pour pouvoir présenter un-travail d'ensemble fondé sur des observations toutes originales. — Il voit, dans les accidents téràtologiques, l’amplification'ou le déplacement de faits qui ont leurs analogues dans l’ordre normal. Gestfaits, amplifiés accidentelle-• ment, livrent à l’observateiir le secret des-organismes normaux.
Parmi les. résultats généraux les plus importants que l’auteqr a" obtenus dé ses études tératologiques sont les suivants -. Un grand; nombre de- faits considérés par les phytologistes comme des soudures ou des fusions, appartiennent, au contraire, à la classe des organes unitaires doublés ou multiplié». — Selon M. G. de S*-P., le phénomène connu sous le nom, de Fasciation et le phénomène connu sous le nom de Multiplication par Dédoublement constituent, non pas seulement
deux phénomènes qui s’observent souvent sur un même végétal, ils constituent deux phases d’un même phénomène (la Divulsion) -, ce phénomène se manifeste chez les organes axïles et chez les organes foliaires, y compris même l’ovule végétal. L’étude du phénomène de la divulsion, qui joue un rôle d’une haute importance en tératologie végétale, a permis à l’auteur de constater chez les Végétaux l’exactitude de la loi d’Union similaire, trouvée et formulée dans-le règne animal par E. Geoffroy-Saint-Hilaire.
Un résultat, d’une valeur organograph'ique non moins grande, obtenu par M. G. de S*-P., est la démonstration de la nature foliaire des tuniques de l’ovule, y compris le nucelle. Ces faits sont tellement, en opposition avec, les idées qui sont actuellement admises sur la nature de l’ovule, que l’auteur n’est point encore parvenu à porter la-conviction dans l’esprit de ses savants contradicteurs. —Ce résultat, auquel M. G. de S'-P. était déjà arrivé par l’étude du développement de l’ovule à l’état normal, et par la comparaison de l’ovule avec certains bourgeons bulbeux d’une forme et d’une structure analogue, devient surtout manifeste par l’examen des Ovules anormaux dont les téguments se développent en véritables feuilles, surtout si Ton observe toutes les gradations qui existent chez une même plante, entre les ovules normaux et les ovules anormaux.
Nous mentionnerons encore l’étude des anomalies chez les fruits à ovaires dits adhérents; il résulte de cette étude, pour M. G. deS'-P., que l’enveloppe externe de ces ovaires n’est pas constituée, comme on l’admet généralement, par les pièces soudées du calice, mais est le résultat des décurrences soudées entré elles de tous les organes de là
fleur, décurrences qui constituent, par leur réunion, un organe de
Enfin M. G. de S'-P. à constaté Vhermaphroditisme chez des organes unitaires; une seule feuille est, dans certains cas, en même temps conformée en feuille staminale et en feuille carpellaire, et présente, dans son épaisseur, du pollen bien conformé; sur ses bords des ovules, et à son extrémité un stigmate. Ces observations démontrent , d’.une part, qu ’il n’y a pas, chez les végétaux, d’organe essentiellement mâle et d’organe essentiellement femelle, puisque l’organe le plus; simple, la feuille, peut offrir simultanément les attributs des deux sexes. Elles démontrent, d’autre part, qu’il n’existe aucune analogie entre la formation pollinique qui a lieu dans l’épaisseur de la feuille et Information ovulaire qui a lieu à l’extérieur de la feuille. La formation mâle est une modification du tissu propre de l’organe, la formation femelle est un bourgeonnement.
En dehors de ses études sur la végétation souterraine des plantes et sur la tératologie, l’auteur a publié des recherches sur différents autres points de l’organographie végétale. Telles sont ses recherches sur l’origine et la nature des Lenticelles et des productions subéreuses; M. G. de S‘-P. a démontré que le premier état des lenticelles est un poil, une glande ou un soulèvement de l’épiderme, dont la destruction laisse une ouverture par laquelle fait hernie le tissu cellulaire sous-jacent, les productions épidermiques subéreuses de l Orme, par exemple, et celles du Chêne-Liège reconnaissent une origine identique à celle des lenticelles, la différence est tout entière dans l'intensité de la production de la matière subéreuse. Les leriti-
celles paraissent avoir pour rôle physiologique de déterminer le fendillement dé l’écorce et de faciliter par ce débridement l’accroissement des tiges ligneuses en diamètre. L’auteur a reconnu la présence des lenticelles chez les racines, chez les tiges herbacées, chez les feuilles et surtout chez un grand nombre de fruits.
Enfin nous citerons un travail sur la détermination des diverses parties de l’inflorescence et de la fleur dans la famille des Graminées, et sur la terminologie rationnelle à adopter sur ces différents points dans le langage descriptif; — un travail sur la valeur morphologique des verticilles foliaires dans la famille dès Rubiacées ; — une étude sur l’inflorescence anomale et la fleur dite centrale des Daucus; — une. classification des fruits, etc., etc.
M. Germain de 'Saint-Pierre a consacré un temps considérable à dessiner, d’après nature, les sujets et les analyses de toutes ses obser varions, et se propose de reproduire également lui-même tous ses dessins paç la gravure; ce projet est en voie d’exécution. Lé nombre des dessins organogràphique's ainsi recueillis est de quatre à cinq mille; plusieurs séries ont été communiquées à l’Académie et à diverses Sociétés, sa vantes. “
Les travaux orgahographiques de M. Germain de Saint-Pierre ont été’publiés jusqu’à ce jour par extraits'dans des Notices et dans des. Mémoires insérés dans divers Recueils, et en particulier dans les Procès-verbaux des . séances de là Société Philomathique, les Comptes rendus des séances de l'ticadémie des Sciences, le Bulletin de la Société Botanique de France, les Comptes rendus des .séances ■ de la Société de Biologie, etc.
Ces recherches, partiellement résumées dans ces Notices, sont actuellement en voie de publication in-extenso. Une première publication comprend l’histoire iconographique des anomalies dans le règne végétal. — Une deuxième publication comprend les recherches de l’auteur sur l’organographie et la physiologie végétale ; elle renferme plusieurs séries d’études et notamment des travaux très-étendus sur là rhizographie. — Les titres de ces ouvrages sont les suivants :
,i°. Histoire iconographique des Anomalies de l’organisation dans le règne végétal, pu Série méthodique d’observations raisonnées de Tératologie végétale, ■ recueillies ,, décrites, .figurées et gravées par M. Germain de Saint-Pierre. — Cet ouvrage, de format grand in-folio, renfermera environ ioo planches. — Les deux premières livraisons, contenant chacune 8 planches, sont sous presse. •
2°. Archives de Biologie végétale, ou Recherches expérimentales et Observations nouvelles surfis divers phénàmèries de la végétation et sur les mœurs des plantes, recueillies, décrites, figurées' et gravées par M. Germain de Saint-Pierre. '— Cet'ouvrage, de format grand in-4°, paraîtra par fascicules, de 4 planches et une feuille de texte.—La première livraison est sous presse.