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Notice sur les missions de la Rivière Rouge et du Sault Ste. Marie

La Rivière, Rouge étant peuplée en graade partie de Canadiens ou de leurx descendans, le clergé étant Canadien aussi et tenant encore à l’archevèché de Québec, doit naturellement intéresser le clergé et le peuple du Canaia. Tls voyent dans ce pays des compatriotes et des frères qui se rattachent à eux, surtout sur le point de vue religieux. Nous pensons donc faire plaisir à “03 compatriotes, en donnant auelques détails sur une colonie dont on a beaticoup parié autrefois et dont on connaît peu l'état actuel. Cormme tous les nouveaux étal lissemens, elle a grandi et elle a pris peu à peu les accroïssemens que permet sa position géographique. Située au milieu du continent de l'Amérique du Nord, sans debouchée pour l'exportation de sés produits, elle n’attirera sans doute jamais une grande émigration des pays étrangers, qu’elle pourrait néanmoius nourrir, mais non enrichir.

Cette colonie date de 1811 ou 1812 : elle fat fondée par feue sà ‘seigneurie lord Selkirk qui y envoya des colons tirés d'Écosse. Elle rencontra de grands obtacles à son établissement de la part de la compagnie rivale de celle de la Baie d'Hudson : on <e querella, onse pilla, enfin on en vint aux armes, e! dans un combar livré en juin 1816, dix-neuf personnes perdiren! lu sie, parmi lesquelles était le gouverneur de {a compagnie. Milurd Selkuk était ve- ‘nu en Canada avec sa famille, afin de suivre de plus près les affaires de sa colonie ; il fit même le voyage de la Rivière Rouge. Il serendit en 1816 au Sault Ste. Marie et'de‘là au fort William, sur le lac Supérieur, principal dé- .Pêt des peileteries de la compagie du Nord Onest, 1! empara de ce fort et y passa l'hiver, En 1817, il se rendit à la Riviere Rouge et revint en Canada par les Etats-Unis, en voyageant à travers les prairies, pour atteindre le Mississipi. À son rétour, il intenta un procès à la compagnie du Nord-Ouest: ce procés fit retentir les tribunaux du Haut et du Bas-Uanada, entraîna des dépeñses normes, et fut ensuite transporté en Angleterre où Îl.ne füt Jamais jugé.Pendant son séjour äla Rivière Rougs, Lord Selkirk s’anercévant que cetté petité population, composée en bonne partie de Métis, manquait de principes religieux et moraux, fit signer par les catholiques du lieu une requête à l’évêque de Québec pour demander des prêtres. Mur. J. O. Plessis qui,depuis longtemps, cherchait le moyen de faire prêcher l’Evangile dans ces parties éloignées de son diocèse, saisit cetle occasion, ‘et au prin: tems 1818, M. J. N. Provencher, alors curé de Kamouraskä, fut envoyé Comme chef de’ la mission,avec le titre de vicaire-général ; il eut hour combagnon M. S. J.N, Dumoulir, alors vicaire de Québec ; M. Wm. Edge,

à KOTICE SUR LA RIVIÈRE ROUGE

etclésiastique, fut adjoint comme catéchiste. Ils quittèrent Myntréal le 19 thai, etarrivèrent à la Rivière Rouge le 16 juillet. Cette colonie dévastée pendant les troubles précédens était l’émbiêine de la pauvreté, et en réalité elle réunissait toutes les privations de la vie. Traités avec beaucoup d’égard et de politesse, mangeant à la table du gouverneur de la colonie, les missionnaires ne furent point exempts de prendre part aux privations du pays : on ne voyait sur cette table ni pain, ni légumes, mais uniquement de la viande de vache {bison}, séchée au soleil ou au feu, ou du poisson ; il n’y avait point de lait, point de beurre, souvent même point de thé, ni de sucre.

Dans ces années lä,on semaïit à la pioche ; les champs n’avaient guère pluz détendue que les carrées d’un jardin, on'semait plus pour ävoir de la seience pour une autre année, que dans l’espérance de manger les fruits de son travail. Le peu'de grain qui avait êté semé cette année,1818, avait trèsbelle apparence, lorsque, le 3 d’août, des nuées de sauterelles s’abattirent sur une très grande éténdue du pays, et détruisirent tous les grains et légumes. Pendant qu'ellss faisaient ce dégat,elles déposèrent leurs œufs dans la terre et ensuite elles s’envolèrent pour aller mourir ailleurs. Au priitems de 1819,tous ces œufs produisirent des sauterelles, qui rongèrent la végétation jusqu'à Ja fin de juillet et'au commeneement d’août.Etant alors munies de leurs ailes, elles s’envolèrent dans les airs,en telle quantité que les rayons du soleil le plns ardent ne faisaient pas cligner l’œil qui regardait avec joie le départ d’hôtes aussi malfaisans. Il n’y eut aucune espèce de récolte cette annéeà. Au printems de 1820, chacun s’empzessa de semer une partie du grain qu’il avait en réserve, car on avait toujours soin alors d’en rèse”ver un peu. La saison fut favorable, tout poussait à merveille, l’espérance de l’avenir faisait oublier le malheur passé, lorsque. le 26 juillet, il tomba encore une pluie de sauterelles ; elles changèrent la joie en tristesse : tout fut détruit,des œufs en quantité prodigieuse furent déposés dans la terre, et Pannée 1821 fut encore sans verdure jusqu’au mois d'août. Ces sauterelles s’introduisaient parcout et masgeaient tout,le linge,le drap, etc, il ne fallait rien laisser à leur portée. Depuis 1821,on n’en a pas vu pour faire tort : mais il ne restait plus de semences, le gouverneur de la colonie en envoya chercher à la Prairie du, Chien,sur le Mississipi ; elles-arrivèrent trop tard pour être semées la même année. On apporta aussi de la Prairie du Chien quelques poules qui se sont considérablement muitipliées. Il n’y avait plus d’animaux domestiques, ceux qui avaient été envoyés d'Europe, avec les premiers colons, avaient été dé-truits dans les troubles précédens. Le peu de grain, qui avait êté apporté” de l'a Prairie du Chien, fut distribué aux habitans qui s’empressèrent de le cultiver avec soin, afin de procurer des semences plus abondantes. Tout allait de mieux en mieux, sans pourtant être exempt de quelques fléaux,cha-" que année : des souris,en quantités prodigieuses,firent de grands dégats dans” les champs, elles coupaient le grain par le pied, et mettaient cette paille ” par petits bouts, sans paraître chercher à se nourrir de Pépie. Il n’y avait pas encore de chats pour faire la chasse à cette vermine ; on en eut plus tard et ils rendirent de grands services. Heureusement il n’y a point de rats dans ce pays là ; il n°y a point non plus de punaises. | :

Quelques particuliers firent venir, des Etats-Unis,quelques paires debœufs et quelques vaches en 1822. Une vache, se vendit 25 louis. En 1825,

- un américain amena 4 ou 500 bœuf et vaches qui furent achetés par les habitans qui avaient le moyen de les payer ; le prix des vaches fut de 4 à 10 Jouis. Elles se sont considérablement multipliées depuis et le seraient encore nien plus, si le cultivateur avait la perspective d’une vente avantageuse. En 1825,ia neige tomba en abondance,le 15 octobre,et demeura sur Ja terre; il en tomba beaucoup pendant l’hiver qui fut un des plus froids qui ait été vu depuis 45 ans ; elle fondit tuut à coup,vers la fin d’avril.Leau s'était déjà élevée à la hauteur des côtes,lorsque la glace,qui avait enccre toute son épaisseur.fut entraînée par la violence des eaux, elle ne suivait pas le cours de : la rivière qui est très tortueux, mais, faisant chemin droit, elle râsait arbres et édifices qui se trouvaient sur son jpassege. Chacun se sauva vers les lieux élevés, sans savoir s’il était à l’abri des effets d’une inondation qui continua de croître graduellement pendant près d’un mois. L'eau s’étendit très au loin dans les plaines qui bordent la Rivière Rouge ; il y avait 5 pieds d’eau à l’église de St. Boniface, qui est le lieu le plus élevé à plusieurs lieues à la ronde. On ne pouvait point prendie de poisson, seule ressource du peuple dans le printems ; la misère était grande : elle’ avait été accé'érée par Jarrivte inattendue d’un bon nombre de familles qui passaient ordinairement Phiver dans les prairies, pour vivre dé la chasse de la vache qui se tenait à petite distance de la Rivière Pinibina. La vache disparut totalement, la famine se fil sentir, il mourut dix ou quinze personnes de faim. Toutes les familles seraient mortes, si la compagnie n’eut envoyé au-devant d'elles des” provisions qui arrivèrent trop tard pour plusieurs. La terre ne fut découverte à l’église de St. Boniface, que le 20 juin ; il était trop tard pour semer, lorge seule parvint à maturité à l’aide des chaleurs de juiliet,qui se firent sentir en septembre. La prenière gélée arriva le 17 septembre, cette année-là, et c’est l’époque la plus reculée de son apparition, depuis 25 ans : une fois, elle s’est | fait sentir le 2 du même mois, ele plus souvent c’est du 7 au 8 qu’elle vient mettre fin à l’espérance du cultivateur.

Les colons se trouvant sans provisions et sans habitations furent forcét de s'éloigner : une partie émigra aux Etats-Unis ; le reste se dispersa dans les lieux de chasseet de pêche, en attendant qu’ils pussent reconstruire leurss maisons et se procurer leur nourriture, rar la culture de leurs fermes ; ce qui prit plusieurs années. Personne ne perdit la vie dans cette inondation ; les animaux, en nombre alors, avaient aussi été sauvés. Depuis cette catastrophe, il n’y en a pas eu de pareille. De bonnes récoltes, mêlées de mauvaisesont fait oublier ces malheurs (1).

” La chasse de la vache sauvage a été assez constamment abondanté, 7 ou 800 charrettes’ont continué à aller se charger de leur viande, coupée par tranches minces, etséchée au feu ou au soleil, ce qu’on appelle dans le pays de la viande sèche. Une autre manière de conserver cette viande longtems

(1) La plus abondante fut celle de 1841: elle produisit du bled surtout en : grande quantité et de la plus belle qualité. Des lettres de Ja Rivière Rouge. ‘ dû ?5août 1843, annoncent que celle de cette année surpassera toutes les . précédentes ; les mêmes lettres rapnortent que, le 16 juillet, une certaine étendue du pays fut dévastée parla grêle. Les grains en souffrirent pourtant : moins qu’on ne l’avait d’abord cru ; mais les vitres ne furent pas épargnées,

est de la piler et de la mêler avec du suif fondu, puis, de la mettre dans dés sacs de peaux qui ont été grattés 4’un côté et qui ont encore le poil de l’autre: cetle prépatation s’appelle Pimelekan. Cette sorte de provision est très nourrissante, ot tours à la main du voyageur, qu: nage dans les canots ou qui rame dans les üarges ; il s’en nourrit avec goûf, ce que ne feraient pas volontiers les habitans des villes. Les missionnaires de la Rivière Rouge én . font assez ordinairement leur nourriture journaliere, dans leurs “voyages, la préférant à des vivres salés ; on s’accoutume à tout. L’évêque de Juliopolis, pendant je lonz voyage qu’il fit cette été, depuis le 19 juin jusqu’a" 29 juillet, qu'il ateigmt le Miss'esipi à la chûte St. Antoine ou rivière St. Pierre, n’a pas fait cifficulté des’en nourrir, lorsqu'il manquait de viande fraîche, quoiqu'il eut abondance de provisions salées, tels que jambons, langues etc. Lorsque ce Pimelekun est fait avec de la graisse de inoë!, comme on l’anselle dans le pays, un païais accoutumé à manger la première préparation, trouve cette dernière délicieuse. Cette graisse de moël se tire des os des animaux,coneassés ou pilés et houillis dans de l’eau ; la graisse qui en sort surnage, on l’enlève, on la fait bouillir, pour la faire cuire : en se refroidissant, elle prend la consistanre et la couleur ‘du beurre fondu, elle est excellente pourles fritures. Les chasseurs font, à chaque tour de chasse, une assez grande quantité de cette espèce de graisse. Ces tours de .chasse ont lieu deux fois par été : du 25 juin au 15 août, et du 20 septembre à la Toussaint, sont les époques ordinaires da départ et du retour. Les charrettes sont, depuis quelques années, traînées par des bœufs, en grande partie ; d’autres par des chevaux, les meilleurs coursiers sont réservés pour courir la vache ; exercice violent qui les ruinent en pou d’années. La course -ne se fait pas par tont le monde ; les Métis, accoutumés à cel exercice dès l’enfance, sont ceux qui réussissentle mieux. Un coureur habile, monté surun coursier bien dressé, tue jusqu’à sept vaches sans s'arrêter ; il charge son fusil en allant toujours au galop.

Quoiqu'il parte une grande qnantité de personnes, à chaque tour de chasse, il en reste néanmoins un plus grand nombre pour la culture de la terre. Cette terre produit très bien les grains et légumes qui $è cultivent en Canada. Depuis que les cultivateurs ont pu se procurer des charrues et des bœufs, ils se sont mis à cultiver des champs plus étendus que dans les commencemens de la colonie. Si le cultivateur était encouragé ‘par la perspective de la vente des produits de ses récoltes, il se ferait une assez grande exportation de grains, au moins relativement à la popülation du pays. Tlen serait de même des animaux domestiques vivans ou en salaisons. On voit que ce pays pent nourrir largement ses hobitans. Mais avec le produit des terres et des animaux, il neleur donnera pas le moyen d’acheter leurs habits, ce qu'il leur a pourtent fallu faire pen-

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il yen eut 200 de cassées à l’église de St. Boniface, 170 au fort Garry, et aux autres édifices en proportion. C’était une grande perte dans un pays où il n°y a pas toujours des vitres en réserve, dans les magasins ; heureusement ils’en trouvait alors, et celles de Péglise furent immédiatement remplacées.

Un coup de vent, arrivé le 18 juin, avait renversé plusieurs granges ; Cas- #6 Les vergues de neuf moulins-à-vent,et abattu une partie des clôtures.

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+ dant longiems. Depuis quatre ou cinq ans, les moutons étant devenus as- As6z communs, ceux qui savaient faire des etoffes en ont profité pour habiller leurs familles ; mais il n’y avait que quelques européens qui connûssent cette branche d'industrie. Les Canadiens qui avaient pris des fem mes du “pays étaient dans l'impossibilité de tirer parti de lalaine de leurs moutons où du lin que leurs terres pouvaient produire. L’évêque de Julicpolis sentait ce besoin, mais il n'avait pas le moyen d’y pourvoir : il fallait faire venir des tisserandes et les payer ; pour cela il follait des passages et de Par- - gen”, choses qu’il n’avait point. En remontant à la Rivière Rouge, en 1887, avec Sir Groige Simpson, ce gentiühotime faisait remmquer, un jour, la bonne étoffe dont les Canadiens qui formaient l’éguipage du canot, étaient : habillés, L’évêque de Jaliopohs lui dit : cette industrie manque à la Rivière : Rouge, mais il faudrait l’y introduire. [lui répondit aussitôt ; je ferai mon- -teret payerai deux tisserandes canadiennes pendant trois ans,si vous voulez :vons chargcr de les faire engager, leur fourvir un logement et les nouriir peusantle même terms. L'évêque accepte, eten 128, deux tiserandes mon- .têrent à la Rivière Rouge, et furent vecunécs à montrer leur méter aux - fenimes et aux filles qui désirèrent l’apprendre. Ceux oui eurent le bon « 88] £1 de profiter de cet avantages’ habilient maintenant avec de bonnes étoffes, fabriquées dans leurs maisons. Ceux qui n’ont pas su en profiter, regret- . tent la faute qu'ils ont commise et désiréraicnt ta réparer. Îls pourront le faire -Anté: Panivée des Sœure-Grises, qui deivent monter ie printems prochain. es filles couragcuses, outre l’éducation qu’elles donneront aux personnes de leur sexe, leur monfreront, de plus, la manière de cultiver la laine et ls - lin, fa tenue du ménage,la cuisine et l’économie ; leur arrivée dans le pays produira, il n’en faut pas douter, un bien inestimable, sous le rapport de l’éducation et de l’industrie; ya, àia Rivière Rouge, plusieurs écoles élémentaires, catholiques et - Protéstantes : une surtout tenue par un maître et une maîtresse, venus d’An- -&leterre, qui donnent principalement aux enfans des menbres de l’hon.com- Pagnie, une éducation analogue à la fortune de leurs pères. ‘ Sur la pointe que forme la Rivière Assineboine, en se jetant dans la . Rivière Rouge, est bâti le Fort Garry. 1l est entouré de murs, et flanqué de Quatre bastions munis de canons ; dans son enceinte, il y a une très belle maison, qui sert de demeure au gouverreur d’Assineboya,qui expédie les af. ‘faires du pays.en l'absence du gouverneur général deRupervs landsaussi plu- *Sieurs vastes hangars et magasins, des logernens pour les engagés, une pri- On, Une cour de justice, où sont jugées les causes majeures, quatre fois par *nnée, par un juge recorder, nommé depuis quatre ans ; les petites causes "Sont Jugées parles magistrats, qui sont au nombre de huit on neuf. La 1éu- - Plon de tous les magistrats, ayant à leur tête le gouverneur, jugeait aussi les “Sauses majeures, avant qu’il y eut un juge. Ily a aussi une douane, un im Pôt de 4 pour cent, sur toutes les importations, excepté les livres, faites nar +la compagnie où autres Commerçans du pays. Cette levée d’argent sert pour les travaux publics, chemins, ponts, etc.

Dix-huit ou vingt milles plus bas que le Fort Garry, et à douze lieues du «Lac Winipick, est le fort de Pierre ou nouveau Fort Garry, plus vaste que le Premier, et qui n’est pas encore fini. De petits vaisseaux naviguent entre

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ce fort et la Rivière au Brochet, au fond du Lae Winipick, pour le transpor des marchandises, qui viennent en barges de ja factorerie d’Yuik, ou des dif. férens produits de la Rivière Rouge qui sont acheminés vers la même facto. rerié ou autres postes du pays.

Dès le commencement de sa colonie, Milord Selkik avait appointé ur gouverneur pour gérer les affaires du pays. Ce mode de gouvernement a subsisté jusqu’en 1825. Pendant ce lapse de 1eme, il ÿ avait un magasir tenu au nom et par un commis de l’hon. compagnie dans le fort Douglass, qui était le fort de Ja colonie. Les colons avaient leurs besoins à ce mags-

sin,en présentant leur demande signée par le gouverneur ; les comptes : étaient payés par Lord Selkirk, qui était censé s’entendre à être remboursé .

par les colons en produit du pays, quandily en aurait ; ce remboursement .

n’a jamais eu lieu pour le plus grand nombre. Après le départ du dernier gouverueur en 1879, les affaires de la colonie furent gérées par un membre de l'hon. compagnie, qui avait le titre de gouverneur. Son successeur a

maintenant le tître de gouverneur d’Assineboya, qui est le nom du territoie ‘

de la Rivière Kouge. Ce gentilhomme est chargé de la gestion de toutes les affaires de la colonie et de {’hon. compagnie, en l’absence du gouverneur général de Rupert’s land. Le nom de Rupert, qre porte le territoire de la Baie d'Hudson, est celui d’un prince bavarois, cousin du roi Charles If, qui lui donna conjointement, avec quelques nobles anglais, ja propriété de l’immense étendue de terrain, dont jouit, exclusivement à tout autre commerant, l’hon. compagnie de la Baie d'Hudson ; cette charte est de 1670.

Il n’y eut ni argent, ni papier monnaie en circulation, depuis la fondation de fa colonie jusqu’en 1823. L’hon. compagnie émit alors des billets d’unchelin, de cinq chelins et de vingt ou d’une livre sterling, qui est le cours du pays. Il n’était pas facile de se procurer de cet argent dans les années de disette de tous produits agricoles ; cependant cette même année, le magesin fut transporté dans Le fort de Ja compagnie, qui ne veudit plus qu’argent complant, comme on a toujours fait depuis cette époque. Quelques an. nées plus tard on introduisit des sous pour la facilité des petits payemens.

Le prix des inarchandises, aux magasins, est calculé sur le prix d’achat en Angleterre, à tant pour cent ; de sorte que les prix changent tous les ans. Un tarif est envoyé, tous les ans, de la factorerie d’York, et les commis le suivent strictement. :

Le premier moulin-à-vent fut en état de moudre vers la fin de 1895 ; le gouverneur de la colonie, qui l’avait fait construire, l'avait vendu à un part culier, avant son départ, la même année. Îl mit dans le contrat l'obligation de moudre pour les habitans et de prendre la mouture du Canada ; unan ou deux plus tard, il eut la permission de prendre le dixième, ce qui est le taux de tous les moulins du pays. Il faut remarquer qu’un moulin n’est guère lucratif dans un pays où le grain ne se vend pas. Ïl y a maintenant dixhuit moulins-à-vent et un à eau, qui appartiennent tous à des particuliers. Avant l'érection du 1er. moulin, on était réduit à moudre avec des moulins de fer, ce qui donnait un grand travail et d’assez méchante fleur. Mais alors, le bled était en si petite quantité, qu'il n°y avait qu’à l'approche des grandes fêtes qu’on pôt se résoudre à en moudreun peu. On voit, par ce récit, que le'‘pain, qui manquait à l’arrivée des missionnaires, a continué de manquer

DAMS LE TERRITOIRE DE LA BAIE D'HUDSON. ÿ

plus où moins généralement, pendant une dixaine d'années, les légumes manquaient dans 11 même proportion. La nourriture de tout le monde était . donc, cle la viande seule, et sans autre assaisonnement que du gel qui se fait ” d'une belle qnalité, en plusieurs endroits du pays. Ce sel ne conserve ponrtant pas Ja viande aussi bien que celui qui vient d'Europe, dont on re sert pour les salaisons. ° « Les premières maisons du pays étaient petites, basses, converles avec des -pidces del bois, qui étaient appuyées sur la s:blière et le faîte de l'édifire. Les ouvertures, qui se trouvaient entre ces pièces de bois, étnient bouchées gigneusement avec de la terre mélée de fnin, ce qui dannait une couverture ‘étanche et à travers laquelle le froid ne se faisait pas sentir : on mettait pardessus une couverture d’écorse d’orme. Il n’y avait pas ordinairement de -planchers de haut dans ces petites cases ; les fenêtres étaient bouchées avec un mevceau de parchemin, fait avec la peau de vaches de prairie gratiée avec soin. Quand ce parchemin est bien fair, il donne 4ssez de Inmière pour voir et travailler dans la maison, surtont quand Île soleil donne dessus ; il ny avait pas d’antres chassis autrefois pour es maisons et même les églises ; co ne fut qu'en 1825 que l'évêque de Juliopoïis pûtee procurer assez de vitres pour en garnir deux chassis de sa chapelle, encore aueiqnes jours plus tard, le 25 août, la grêle vint-elle les casser presque toutes. Les maisons qui se :bâtissent à présent sont plus graniles et sont couvertes en planche eten bar- . deaun de chêne ; elles ont des chassis vitrés. . Le clergé catholique perçoit la dîme des grains et patates des cultivateurs catholiques qu’il dessert. Feu lord Selkirk avait obligé ses coïans à donner trois jours de corvée au commencement de mai, et trois autres jours à la fin : de septembre : le colon était obligé daller avec ses instrumens aratoires et reg enfans et serviteurs. Ce mod: auquel les catholiqnes,presqneïtaus Cana- .diens, n’avaient jamais été accoutumés, leur déplaïsait, et vers 1824, il fut * changé, d’un commun accord, entre l'évêque de Jutiopnlis, le gonvernenr de ‘ la colonie, M. Robert Parker Pelly, le gonverneur de Phon. Compagnie M, - Georre Simpson, maintenant sir G. Simpson, et le conseil 18iemblé pour .' régler cette affaire : (le conseil est composé du gouverneur, des membres de 1 hon.compagnie qui se trouvent présens,des magistrats et de qurlaues autres : personnes instruites du pays ; l’évêque est admis dans ce conseil depuis plu s sieurs années ;) il en fut inséré un acte dans les régistres du cinseil : cette | dime fat portée au même taux que celle du Canada,en y ajontont les patate, io L’hon. Cormpagnie a danné, pour le eupnort de la mission catholique, 0 -- livres sterlings,depuis 1825 jusqu’à 1830 ; depuis cette date, elle donne 100 «iv, sterlings, tous les ans ; elle y ajoute, depuis la première énoqne, urie # allonance de sent pièces, en terme da navs, (une pièce pèse environ cent livres] ; elles contiennent de tout ce qu’ii rt dansune maison : thé, sucre, # chacolat, cefé.poivrevin,etc. La mê: allonarve de 100 liv. sterlings a été «accordée à des opérations des missionnsires catholiques et dont ils n’enrent e'enx-mêmes qu'à se louer. Îlest à remarquer de plus que l’hon. comnagnis ° bi accordé grabis, sur ses “anots, tous les passages des fnistionnaires pour sl. siler et venir, depuis la fondation de la mission jusqu’à maintenant, v com- : pris celui de l'évêque de Julionolis, qui aura lieu ‘au printems de "1844. Le Rivière Rouge est peu boisée ; ‘l'y a du bois seulement sur le berd

dès rivières. Le feu qui court ordinairement dans le foin, le printems et l’au tômne,contribue grandement à le diminuer.On ne peut pourtant pas dire qu le bois manque. Beaucoup d’espèces de bois qui se trouvent en Canada nes trouvent pas là, tel que le pin, l’érable,la plaine,le merisier, le hêtre, la pru che, eic. On y fait du sucre, avec l’eau qui décuule d’un arbre qu’on appell dans le pays érable giguëre; ile ne ressemble en rien à celle du Canada Ce sucre, qui ne vaut pas celui de notre érable pour le thé, le remplace tré. bien partout aiileurs. Le bois le plus commün est le chène blanc. Ces avec ce buis que toutes les bâtisses du pays sunt construites. Il n°y a poin: de ce qu’on appelle, en Canada,chène rouge ; le bois blanc dont on fait gë. néralement les planchers et les madriers,qui entrent dans la construction de édifice ;, le tremble dont un tire le même parti,l’orme, le lierre qui est l’arbre le plus gros du pays : c’est ordinairement avec le tronc de cet arbre que l’on : fait les plus grands vauots ; on trouve de l’épinette blanche et rouge à une dixaine de lieues de la Rivière Rouge, en partant de sa rive druite. C’est ds cette épiuêétte que l’on tire de grands bois de charpeate et beaucoup de madriers et de pianches. Tous les-arbres fruitiers étrangers paraissent condam: nés à ne jamais réussir dans ce pays-ià : des érabes et des'nogers du Canada, dont on avait semé la graine, ont paru d’abord devoir vivre longtemi sur cette terre étrangére pour eux ; mais bientôt les gelées tardives du printems les ont tuës.Les beaux jours commencent quelquefvis avec le mois d’a. vil, là végétation avance rapidement, mais les furtes gelées qui viennent ensuite, font périr les bourgeons et même les feuilles des arbres qui ne sont pas indigènes, et l’arbre lui-même meurt. Les arbres du pays suuffrent eux-mêmes beaucoup de ces gelées tardives ; 1l n’est pas rare de voir les tremble: couverts de feuilles, à la fin d’avnil une année, et l’année suivante, en avoir à peine autant à la fin de mai. Le printems tardif est ordinairement plus favorable pour tous les grains : en 1841 et 43, on n’a pu semer que vers le six ou huit de mai, etil y eut récolte abondante. On a été longtemps sans voir de bled noir ou coulé ; ce désespoir du cultivateur s’est fait sentir quelquefois.On n’a pas encore vu les mouches, qui empêchent souvent les cultivateurs de se. mer da bled, en plusieurs parties du Canada. La neige disparaît entre le Ier. et le 10 avril, on a vu la giace partir le 6 d’avril et aussi le 8 de mai ; le froid monte,presque tous les hivers,jusqu'à 35 degrés de Réaumur. Les chaleurs de L'été sont quelques fois accablantes,mais de courte durée ; assez souvent ily a du bled d'epié 4la St. Pierre : on en a coupé une fois le 28 ou 29 juillet,mür, de belle qualité. Ordinairement la récolte de bled commence vers ie 15 aôut. : L’égiise de St. Bouilace est bâtie vis-à-vis le confluent de la rivière Assiniboine avec la Rivière Roug2. La Rivière Ronge sort du lac Rouge dans les Etats-Unis; elle reçoit dans son cours un grand nombre de rivières qui parcourent les plaines uninenses qui la ‘bordent de ebaque côté ; elle coule du midi au nordet va se jeter dans le lac Winipick, à environ dix-huit lieues plus bas que l’éghse de St.-Bunitace. Cette église est bâtie en pierre, elle a cent pieds sur quarante-quatre en dedans ; les murs ont vingt-huit pieds de bauteur ; le portail et les clochers ont 75 pieds ; elle possède une jolie son nerie composée de trois petites cloches qui pèsent seize cents et quelques livres ; elles ont êté fondues à Londres par M. T. Mears, et rendent très-bien : les trois notes : fa,sol, la ; elles ont coûté £101 15. Cet achat est le don ds :

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-:850 ames; un prêtre réside dans cette petit& paroisse.

: DANS LE TERRITOIRE DE LA BAIE D'HUDSON. 1j. Ë plusieurs personnes bienveillantes du Canada et amies de l’évêque de Julio.

” polis. L'église de St. Boniface est,sans contredit.le plus bel édifice du pays elle a été bâtie par les dons du clergé et du peuple canadiens qui répondirent généreusement à une‘demiande faite dans ce but par feu Mgr.Panet,en 1831. L'hon. Compagie donna deux cents livres sterlings en deux fois, pour ai- .dér la construcüva de cette église ; plusieurs membres de la même compargnie dunnèrentaussi,les uns £10,les autres £5 pour la même fin.Cetle géné- ‘rosité de leur part ne fut provoquée par aucune demande faite par le clergé : catholique sit Propagation de la Foi de Lyon a pourvu au reste de la dépense. : À cinq ueues de St Boniface et sur la rivière Assiniboine;'est l’église de +St Frangois-Xavier, construite en bois ; elle a SÙ sur 34 pieds. Cette place s'appelle vuigäirement la Prairie du cheval blanc. Sa population est de Trois lieues plus

:haut, sur la même rivière,est une autre chapelle en bois,de 60 pieds sur 2,

-sous linvocation de la Conversion de St. Paul. Ce lieu s’appelle la Prairie

-de Fournier. Autour de cette chapelle,est un village qui renferme une partie des Sauvages convertis à la foi catholique ; les autres s’y rendent de tems en tems pour leurs devoirs religieux et viveut,le reste du tems, dans les lieux de chasse. Un prètre réside aussi à ce ‘poste.

Outre ces.trois résidences, un prêtre fait, depuis 1538, une mission de “plusieurs mois au lac Lapluie, sur la rivière et le tac Winipick. On a commencé, l’an passé, à bâtur une chapelle à Wabassimong,sur la rivière Wini- +pick, (cette rivière est la décharge du lac Lapiuie et du lac des Boïs ; elle tombe dans le lac Winipick). Cette chapelle sera un centre de réunion pour - les Sauvages des environs; ils y recevront l'instruction, à certains tems de l’année. Il y'a déjà dans cette mission naïssante quelques adultes de baptisés et un plus grand nombre d’enfans.

Ua autre prêtre visite, depuis trois ans, les différentes places du lac Mani- :toba, daas le Nord duquel il à bâti une maison qui sert de logement et de * chapelle, sous l’invocation de St. Norbert, Les Sauvages qui demeurent - sur les bords du lac ne forment guère que 30 ou 40 familles ; elles sont chré- : tiennes en grande partie.

- Ua troisiéine prêtre a fait, l’année dernière, un voyage de six mois vers la Montagne de Roches ; il a baptisé 565 enfans. Les Métis etles Sauvages ‘de ces parag!s l'ont reçu avec joie et ont exprimé le désir de le voir revenir au milieu d'eux. L’evêque de Juliopolis, qui cherchait depuis longtems à

“envoyer des missionnaires dans cette partie éloignée de sa jurisdiction,a pris,

“au mois de juin deraier,des arrangemens avec le gouverneur de l’hon. Com- - pagnie ; et le mêins prêtre, qui parie bien la jangue des Sauteux et celle

des Gris, vers lesquels il est envoyé, est parti le 3 juillet pour aller visiter,

“pendant lhiver,les pustes de traite de l’hon. Compagnie vers le nord,instrui- : re les serviteurs et les femmes encore infidèles pour la plupart, et baptiser les senfans. Il doit aussi choisir une place où les Sauvages aimeront à se rêu- “air, afin d’y établir une inission permanente ; il reviendra, l’éré prochain;ren- : contrer évêque de Juliopolis à la Rivière Roue, et repartira avec un autre isprêtre et des hommes pour commencer son établissement. Une lettre de ce iprêtre courageux, du 17 juilletannonce que les Sauvages s9 réjouissaient de (on acrivéo au milieu d'eux, surtout pour y demeurer. Il y a lieu d’espérer . ‘ 4

12 “Noric sûr LA RIVIÈRE ROUGE qüelqués succés de Cette mission, parce qu’elle ira instruire les Sauvages dans leurs terres et loin des habitations, où ils n’ont à recevoir que de mau- Vais exemples de la part de chrétiens qui ne le eont que de non. .. . M. Joseph Norbert Provencher, né à Nicolet le 12 février 1787, un des premiers élèves du Séminaire de Nicolet qu’il vit commencer cimme école élémentaire le 12 mars 1801, fut ordonné prêtre le 21 décembre 1811. M. Provencher, quin’avait pu supporter le séjour du séminaire de Québec à cause de sa faible santé, fut néanmoins nommé vicaire de Québec ‘au sortir . de son ordination. L’épuiserent dans lequel il tombnlété suivant, le força d abandonner la ville : il alla passer anelques mois à Nicolet, où il reprit un peu de forces. Dans l’automne de 1812, il fut envoyé vicaire à Vaudreuil ; au mois d’octobre 1813, il fut nommé vicaire de Deschamnbault et en même terts curé des Grondines. En partant de Québec pour se rendre à Deschambauit, 1l fit une chute vis-à-vis l'hôpital-général : c’était avant le jour, par des chemins trés mauvais; la voiture versa dans un fossé et M. Provencher fut fortement pressé par un pesant compagnon de voyage qui tomba sur Jui : il en fut quitte pour passer une huitaine de jours à ’hôpital-général,avant de se rendre à Deschambault. M. Provencher a souventfdit, en badinant, qne cette chute avait causé le rétablissement de sa santé, qm devint en peu de tems forte et robuste pour durer juseu’à cette année 1813.<ans aucun méiange de maladies graves. En 1814,il fut rommé curé de la Pointe-Claire et da Ste. Anne du Petit-Rapide, isle de Montréal, et au mois d’octobre 1816; il fut chargé de la cure de Kamouraska, en bas de Québec, qu’il quitta de 36 avril 1818, pour devenir le premier missionnaire de la Rivière Rouge. L’évèque de Québec lai donna d’amples pouvoirs et le nomma son grandvicaire, M. S. J. N. Dumoalin lui fnt donné pour compagnon. Ce monsieur tait né le 5 décembre 1793,à Ste. Anne, isle de Montréal ; il était élève du -Séminaire de Nicolet, avait été ordonné prêire le 93 février 1817, et était alors vicaire à Québec. M. Provencher quitta Québec le 25 avril pour st rendre à Montréal, où les préparatifs du voyage furent faits par les agens de Milord Selkirk. Une souscription avait cireulé en Ca nada ; le canot qui portait les missionnaires fnt défrayé aux dépens de cette souscription 3° Milord Selkirk expédia à ses frais un second canot pour plus grande sûreté. Ils par tirent de Montréal le 19 maï,et orrivérent à la RivièreRouge le 16 juillet. Les lequel Milord donnait sur ce terrain qu’esl evrie donnait

ajour &t rouler corne un torrent, lorsq “UAIOFS VEN Ù lence ; ri l’on 60 trove pri

wetle- est poussée par un ‘fort vent, -

r sur quatre miles de largeur, :

quinze arpens :

u sud-est. Ce -

PR

gn pleine prairie. Il arrive de tems en tems des accidens funestes qui blesgent ou estropient et même causent la mort de plusieurs personnes. Ceux qui. Sont sans espoir de se sauver, allurnent ordinairement du feu dans le foin ; le Yent poussant ce feu dans la même direction que celui qui vient derrière le fhalheureux qui a recours à cet expédient, lui livre une place où le feu ne passera plus, mais la chaleur et la cendre le font beaucoup souñirir. Le feu tause souvent d’autres grands dommages en brulant le foin mis en meules par une partie de la population ; elle est par-là exposée à voir périr ses animaux pendant l’hiver ; les gens n’ont pas toujours le tems de transporter fur foin auprès de leurs habitations, dont il est souvent très éloigné ; deplus, dans les années pluvieuses,il est impossible d’aller en toute direction en charrette dans les prairies. On a, depuis quelques années, la précaution d’entou-. rer les meules de foin de quelques raies de charrues afin d’empêcher le feu d’y parvenir. Ïi y a une amende contre ceux qui allument du feu dans les prairies à une certaine époque du printems et de l’automne ; maïs il est rare qu’on connaisse l’auteur d’un incendie qui aura quelquefois causé des dommages considérables.

* À leur arrivée à la Rivière Rouge, les missionnaires furent logés au fort Douglass qui était le siége du gouvernement d’alors. Ce fort était bâti sur la rive gauche de la rivièreRouge,un peu plus bas que l’entrée de la rivière Assiniboine. La jonction de ces deux rivières a donné son nom à la plage environnante qu’on appelle communément Lafourche. Le peu de population qu’il y avait alors dans le pays s’était retirée à la Rivière Pembina, à une vingtaine de lieues plus haut,pour êtze à la proximité de la vache, qui se tenait à peu de distance de ce poste et d’où le fort Douglass tirait ses provi-. Bions.

‘ M. S.J. N. Dumoulin fut envoyé, au mois de Septembre de la même année, à la Rivière Pembina ; il y bâtit une maison et une chapelle, instruisit les métis du lieu, en forma une chrétienté édifiante, dont il fat le conseiller, le père et le juge. Ce monsieur s’acquit l'estime et la vénération de tout le monde. Le poste de Pembina, ayant été abandonné en 1823, parce qu’il ge trouvait dans le territoire des Etats-Unis, M. Dumoulin quitta, au grand regret de tout le monde, le pays au mois d’août de la même année, pour revenir en Canada ; il avait acquis quelque connaissance de la langue sauteuse. "M. Thomas Ferruce Destroismaisons, élève du séminaire de Québec, n6 Fe-12 janvier 1796, à St. Pierre de la Rivière du Sud, ordonné prêtre le 17 ‘octobre 1819, fut envoyé à la Rivière Rougeen 1820, pour remplacer M. Provencher qui avait ordre de descendre pour rendre compte de sa mission, à l'évêque de Québec,qui arrivait de Rome.M.Destroismaison était alors vi-

‘eaire à St. Hyacinthe. M. Jh. Sauvez, ecclésiastique, élève de Nicolet, né Je 8 décembre 1794,à Vaudreuil, fut son compagnon de voyage ;' il devait remplacer M. William Edge, autre ecclésiastique, monté à la Rivière Rouge ;Bn 1818; celui-ci était né à Montréal le 1er.décembre 1782 et avait étudié au ‘tollége de la même ville ; il devait descendre avec M. Provencher. Ces deux “Jeunes messieurs n’ont point persévéré dans l’état ecclésiastique. M.Destrois- -aïisons parvint à acquérir quelques connaissances de la langue sauteuse “sans être capable d’instruire en cette langue ; il se fit aimer par l’aménité.

i4& NOTICE SUR LA RIVIÈRE ROUGE

de son caractère. Ce fut lui qui commença à desservir la Prairie du chew: blanc. Il revint en Canada en 1827.

M. Destroismaisons étant arrivé à la Rivière Rouge un dimanchele 7 août 1820, avec M. Sauvez, M. Provencher partit le jeudi suivant avec M. Edge et n’arriva que dans le mois d’octobre. 11 n’était bruit alors que de bulles de nouveaux évêchés, et de ceux qu’on supposait être appelés à les remplir: ce qui ne se disait pas ouvertement. (Ces arrangemens qui venaient de sources de l’autorité ecclésiastique, revêtus de l’approbation de l’autorité ci vile, ne plaisaient pas à tout le clergé Gu pays, ce qui le mit dans un état di malaise qui dura longtems. Mais Dieu qui se joue des jugemens des pauvre: mortels,a fait voir qu’il était l’auteur de ce qu’avaient fait ceux qu’il a établis pour gouverner son église: ces jours mauvais ont passé, les plaies profondes se sont cicatrisées et la ville et le diocèse de Montréal jouissent maintenant des avantages que ce nouvel ordre de choses a amenés.

M. Provencher avait été préconisé à Rome le ler. février 1820, avec Mgr. J. J. Lartigue, ler. évêque Montréal. f] était véritablement venu de: bulles pour le premier. L’évêque de Québec leslui présenta à son arrivée; M. Provencher les lui remit sans les lire ; il fut nommé curé d’Yamachiche. Ce fut là, comme il l’a raconté à quelques amis intimes, que, livré à lui-même, surchargé d’ouvrage, il méditait pendant la nuit, qui était son seul tems libre, les motifs qu’il pouvait avoir de refuser ou d’accepter lPépiscopat. Il ne faut pas creuser bien avant dans son propre cœur pour trouver dés raisons de refuser ces hautes dignités de Eglise, quand on ne les recherche pas; mais, d’un autre côté, il fallait aussi examiner les raisons qu’il y avait d’accepter une dignité qui devait être accompagnée de tant de privations en tout genre. Le danger de faire manquer une mesure qui avait coùté bien des troubles à l’évêque de Québec,les misères que M.Provencher venait d’endurer à la RivièreRouge,se présentant souvent au milieu de ses méditations, lui faisaient craindre qu’elles n’eûssent plus de part que tout autre motif à sa déterminatiôn;il se disait à lui-même:Serviteur lâche et paresseux;tu veux refuser cette dignité de l'Eglise de Jésus-Christ, parcequ’elle est pénible ; tu Paccepterais peut-être avec joie si elle était plus brillante ; du moins il ne viendra dans la téte de personne de te trouver ambitieux, en acceptant une place qui te relègue, pour ta vie, au vout du monde! Quoiqu'il en soit, ce ne fut que dans l’année suivante qu’il accepta ses bulles par la persuasion des évêques de Telmesse et de Saldes. Le premier plan était qu’il retournât à la Rivière Rougè, au printems de 1821. Mais les deux compagnies rivales de la Baie d'Hudson et du Nord Ouest s’étant réunies cette année là; il craïgnît qu’il n’y eût quelques changemens notables dans la colonie de la Rivière Rouge et demanda à retarder sa consécration jusqu’au printems 1822, ce qui fut accepté. Cette consécration devait se faire à Nicolet, mais l’église, à laquelle on avait ajouté des tours, menaçant ruine au printems 18922, la cérémonie fut faite dans l'église paroissiale des Trois Rivières par feu Mer. J. O. Plessis, évêque de Québec, le 12 mai 1892. Par cette date, l’évêque de Juliopolis est maintenant le plus ancien évêque consacré de l'Amérique du Nord,à l'exception du vénérable évêque de Louisville, Mgr. B, J, Flaget, qui a dû avoir 80 ans le 8 novembre der-

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; DANS LE TERRITOIRE DE LA BAIE D'HUDSON. if Sier. Ses bulles lui donnèrent le tître dé Juliopolis en Galatie. L’évèque consécrateur fut assisté des évêques de Saldes, coadjuteur de Québec, et de Telmesse suflragant de l’évêque de Québec pour le district de Montréal : ce fut la première consécration faite par trois évêques en Canada. Le retour de l’évêque de Juliopolis à la Rivière Rouge devait avoir lieu sur les canots expédiés par les agens de Lord Selkirk. Au moment du départ ce passage lui fut refusé sous prétexte qu’il serait plus à Paise dans un canot à” lui seul ; Cela ne faisait pas l’affaire de sa bourse, mais il fallut bien en passer par là.

= M. Jean Harper, né à Québec le 6 septembre 1801, et élève du séminaire de cette ville, fut le compagnon de voyage de l'évêque de Juliopolis après ga consécration en 1822. Ce M. fut pris dans la classe de philosophie à Québec:il reçut la tonsure et tous les ordres à la Rivière Rouge.Ordonné prêtre le 1er novembre 1824, il demeura dans le pays jusqu’au mois d’août 1831. Outre les services qu’il rendit par l'exercice du ministère après sa prétrise, iltint pendant plusieurs années une excellente école où un bon nombre d’enfans apprirent à lire, à écrire, et l’arithmétique dans laquelle plusieurs

; étaient très avancés. (1)

‘M. François Boucher, né le 19 mars 1804, à St. François de la Beauce, élève de Nicolet, monta en 1827 ; il n’était que tonsuré, il reçut tous les ordres dans le pays,où il fut ordonné prêtre le 16 août 1829. Ï1 y exerça son zèle jusqu’en 1833 ; il rendit de bons services,surtout en faisani le catéchisme qu’il aimait à faire et auquel on aimait à assister ; il tint aussi une école dans les premières années de son séjour dans le pays.

.! L’évêque de Juliopolis, chagrin de ne pouvoir faire travailler à [a conversion des Sauvages faute de prêtres qui pârlassent leur langue,résolut de faire le voyage du Canada en 1830.Le premier but de ce voyage était de trouver un prêtre qui voulûtse consacrer à l’étude de la langue sauvage et s’appliquer ensuite à leur conversion, le second était de collecter quelques secours pour la construction de son église. M. G. A. Belcourt fut le prêtre zélé qui se dévoua à ce pénible ministère. Ce M. élève de Nicolet, était né à la Baie du Febvre le 238 avril 1803. Il avait été ordonné prêtre le 10 mars 1827, il était alors euré de Ste. Martine,dans le diocèse de Montréal.il monta avec l’évêque de Juliopolis en 1831, (2) Avant son départ, il avait passé quelques mois au lac des Deux Montagnes pour s’initier dans la

mnt

3 (1) En 1829, l’évêque de Juliopolis bâtit une maison, en pierre, de 45

* pieds sur 36 ; c’était le premier édifice de ce genre érigè dans le pays ; elle

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ne fut pas solidement construite, de sorte que menaçant ruine il a été forcé

d’en bâtir une autre au pignon de l’église neuve ; elle a 70 pieds sur 46 à

. deux étages,dont le fer est en pierre et le 2nd en bois: elle renferme le loge-

ment de l’évéque,des salles d'écoles et une belle sacristie. L’évêque a commencé à l’habiter le 1er décembre 1842.

1 (2) L’évêque de Juliopolis avait écrit,en 1829,à M. T., à Paris, pour s’in-

‘former s’il trouverait moyen de collecter quelque argent pour la construction

de son église, et à son arrivée à Québec,en 1830, il reçut pour réponse que, sa letire ayant été présentée au cardinal de Croï,alors à la tête de la propa-

&ation de la foi, Son Eminence lui avait fait accorder une petite allouance

langue Algonquine qui est la même,a peu de chose près, que celle des Sau. teux de la Riviere Rouge, il continua à étudier cette langue après son arrivée à la Rivière Rouge et il parvint à s’y rendre assez habile pour composer une grammaire qu’il fit imprimer en 1839,ainsi que le catéchisme du diocèse qu'il avait traduit et des cantiques qu’il avait composés en cette langue. Ji travaille depuis plusieurs années à confectionner un dictionnaire qui sera français et sauvage ; il le finira probablement cet hiver.En qualité de missionnaire, M.Belcourt a rendu de grands services à la religionsc’est lui qui le premier s’est appliqué à instruire les sauvages, en commençant par ceux qui demeuraient dans la colonie ou aux environs.Ces Sauvages, accoutumés à voir des chrétiens peu fervens et souvent scandaleux, voyant de leurs yeux l’exercice de différens cultes religieux auxquels ils étaient sollicités de se joindre,ont fini par rester ce qu’ils étaient pour la piupart.M.Belcourt en a pourtant converti un bon nombre qu’il a réunis en village à St. Paul, ceux qui ont embrassé la foi y ont persévéré. Ce fut M. Belcourt qui ouvrit, en 1840, la mission du lac Manitoba ou de la Baïe des Canards. Il y baptisa les enfans et disposa les parens à écouter la parole de Dieu une autre fois; ce ui leur a été offert tous les ans, depuis cette époque.

En 1838,il fit sa première visite au lac Lapluie et à la Rivière Winipick ;il est parvenu, en surmontant beaucoup de difficultés, à gagner la confiance de ces Sauvages qui paraissent disposés à se laisser instruire. II les a visités tons les ans depuis 1838. Une autre qualité,qui a ses utilités dans un pays où tout manque, c’est qu’il est très habile dans la mécanique et surtout excellent tourneur, Sa résidence ordinaire est à la mission de St. Paul. M. Bel. court remplissait le 1er but du voyage de l’évêque de Juliopolis qui était d’a. voir un prêtre pour instruire les Sauvages ; le 2nd qui était de collecter de l’argent pour la construction de son église, fut frempli par une circulaire de feu Mgr. Panet au clergé et aux fidèles de son diocèse.

M. Ch.Ed.Poiré,né à la Pointe Lévi,le 4 août 1810,élève du séminaire de Québec, arriva à la Rivière Rouge en 1832, et y fut ordonné prêtre le 11 février 1833. En continuant ses études théologiques, il tint une école sur un bon pied. Il s’appliqua aussi à l’étude des langues Sauteuse et Crise qui parvint à parler assez bien. Il desservit avec zèle la Prairie du Cheval Blanc pendant plusieurs années. Les langues Sauvages qu’il entendait el parlait le mettaient en état de rendre plus de services à cette population, où il y avait bien des personnes qui ne parlaient pas français, il suivait ordinaire:

ment la caravane des chasseurs où sa présence faisait du bien et arrêtai .

beaucoup de mal. Il quitta la Rivière-Rouge en 1838. M. Belcourt descendit en même tems, fut placé curé de la Pointe Lévi et remonta au printems de 1839.

M. J. .Bte. Thibault, né à la Pointe Lévi le 14 décembre 1816, élève du Séminaire de Québec, monta en 1833, fut ordonné prêtre le 8 septembre de

là-même année, et fut employé à instruire'six jeunes gens qui étudiaient le

de 3,800 fr. Ce fut la première nouvelle qu’il eut de l’existence de la Propa: gation de la Foi de Lyon. Elle a continué depuis à lui faire une allocation tous les ans, excepté en 1835.

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DANS LE TERRITOIRE DE LA BAIE D'HUDSON. 17 latin. Quoique ceux-ci n’aient point persévéré longtems dans cette étude, ils ‘sont néanmoins suffisamment instruits pour leur utilité, l’un deux fait main- “fenant l’école; tous ayant appris le plain chant rendent service comme chantres.M. Thibaut fut chargé de desservir le poste de St. Boniface pendant Pabsence de l’évêque de Juliopolis,depuis le 17 août 1835 jusqu'au 14 juin 1837 ; l'église était alors en construction, il fit finir les murs,lever le comble et couvrir en planches cten bardeaux ; ce fut pendantle même lapse de fems que ft bâtie la chapelle de St. Paul dont les travaux furent dérigés par M. Bel- <ourt. M. Thibault demeura plusieurs années avec l’évêque de Juliopolis,et desservit la Prairie du Cheval Blanc de 1838 à 39: fI fit la mission de là Baie des Canaris dans le Manitoba, en 1841. Il fit alors bâtir la maison qui sert de chapélle à ce poste. C’est lui qui a fait Pannée derrière 1842, un voyage de six mois pendant lequel il’alla- jusqu’au pied de la fameuse Montagne de Roche, c’est lui qui est parti le 3 juillet de cette année 1843 pour pousser ses courses vers le Nord,afin de rendre service aux catholiques nombreux.et abondonnés de ces parages,c’est lui aussi,qui,à son retour en 1844, doit être chargé d’aller, avec un autre prêtre, établir une mission permanente-dans une place qu’il doit désigner aux Sauvages comme un lieu de rassemblement pour leur apprendre à connaître et à servir Dieu (le Grand Esprit ;) il parle bien les deux langues Sauteuse et Crise, ce qui attache au pays probablement pour longtems. -

:. M. Joseph Arsène Mayrand, né à Deschambault le 3 mai 1811, élève de Nicolet, ordonné prêtre le 6 avril 1838, monta la même añnée à la Rivière Rouge. Ilsejournaa, tantôt à St. Boniface, tantôt à St, Paul pour étudier le sauvage ; il fut en 1839 chargé de la direction de la Prairie du Cheval Blanc, ce qu'il a continué de faire jusqu’au départ de l’évêque de Jultopolis,le 19 juin 1843"; il quitta alors son poste pour se charger de celui de. St. Boniface.[l a appris passablement le Cris qu’il entend suffisamment pour. le service de la mission. " | . M. Jean Edouard Darveau, né à Québec le 17 mars 1816, et élève duséminaire de la même ville, fut ordonné prêtre le 21 février 1841 et monta Ja même année. Il passa l’hiver avec M. Belcourt- pour étudier la langue Sauteuse dont il apprit beaucoup de mots pendant six mois qu’il demeura à St. Paul. Au printems 1842, il fut chargé dela mission de la Baïe des -Ganards dans le Lac Manitoba, ce qui le mit dans la nécessité de parler sauvage. Îlest maintenant chargé de desservir la Prairie du Cheval Blanc, quand sa présence n’est pas nécessaire dans sa mission; en son absence, M. Belcourt doit le remplacer.

: Enfin les deux prêtres que l’évêque de Juliopolis s’attend à emmener avec lui au printems (1844) sont M. Charles Olivier Caron, élève de Nicolet, n6 äsla Rivière du Loup, district des Trois-Rivières, le 24 octobre 1816, ordônné prêtre le 27 août 1842, et en ce momenñf vicaire aux Trois-Rivières. Lautre.est M. Louis Richer Laflèche, né à Ste: Anne de la Pérade, le 4

septembre 181$. [l n’ést encore que. diâcre et professe la rhétorique et le.

géec au séminaire de Nicolet où il a fait son cours d’études.

Voyage de l’Evêque de Juliopolis de la Rivière Rouge en Canada, ef de là à : | Rome, de 1835 à 31. me

. En 1835, l’évêque de Juliopolis descendit eu Canada, avec l'intention M de passer en Europe, et d’aller jusqu’à Rome. Ce voyage ne fut pas en- À frépris pour voir du pays, maïs uniquement afin de pourvoir plus amplement & aux bésoins des missions du Canada. II avait reçu les années précédentes x plusieurs requêtes, de vingt ou trente familles Canadiennes, établies sur la Rivière Wallamette, affluent de la Colombie dans POrégon. Ces bonnes j gens, en décrivant la beauté de leur pays, la fertilité de leurs terres, se plaignaient de manquer de prêtres, pour leur rappeller leurs devoirs de reli- 4 gion,pour instruire et baptiser leurs femmes et leurs enfans.Il montra celte re- 4 quête au gouverneur de l'hon. compagnie qui hivernait à la Rivière Rouge. | Ce M. lui promit sur le champ de lui donner toutes les facilités en son pouvoir, et lui assura des passages par l’intérieur ou par mer. L’évêque voyant que cette affaire prenait une si bonne tournuré, résolut de s’en occuper activement. Il lui fallait d’abord,la jurisdiction, car ses bulles bornaïent la sienne à la Montagne de Roche. Il lui fallait de plus des prêtres et de l'argent. Il décida son voyage pendant hiver de 1834 à 35, eten écrivit même à Québec, afin de préparer les voies à ce voyage, auquel on ne crut guère alors. Î! quitta la Rivière Rouge le 17 août; arrivé à Montréal en octobre, il commença à s’occuper de sa mission. Ilfit connaître à l’évêque de Montréal, le besoin qu’il y avait de la visite d’un prêtre dans la Rivière des Ot- | tawas, où il y avait déjà beaucoup de familles sans aucun secours de la religion. Les catholiques des environs du Fort Coulonge, ayant appris que l’évêque de Juliopolis devait descendre cette année là, guétaient son arrivée, afin de faire baptiser leurs enfans ; n’ayant pu se rendre au Fort pendant le peu de tems que l’évêque y séjourna, ils allaient à sa rencontre sur l’eau,où lui demandaient du rivage,s’il coucheraïit au portage duGrandCalumet,et s’il voudrait baptiser leurs enfans,le soir.La réponse ayant été affirmative,ces braves gens amenèrent leurs enfans de tous côtés, et l'évêque en baptisa une quinzaine, pendant la nuit. Ilsle prièrent aussi de s'intéresser pour eux, auprès de l’évêque de Montréal, afin de leur procurer la visite d’un prêtre, ce qu'il leur promit de bon cœur. L’évêque de Juliopolis, s’étant acquitté de la commission dont il s’était chargé auprès de l’évêque de Montréal, celui-ci donna aussitôt, au prêtre le plus proche, l’ordre de pousser ses courses jusqu’au delà du Fort Coulonge. Il l’informa de plus, de la possibilité d'envoyer des prêtres à Témiskaming, où les Sauvages paraissaient | disposés à écouter la parole de Dieu. Il suffisait d'indiquer à lPévèque de Montréal, le moyen de faire connaïtre Dieu, à des nations qui n’en avaient jamais entendu parler; quoique situées à une assez petite dis- , tance) pour que ce zëté-nasteur s’occupât aussitôt d’exécuter le projet suggé-, ré,et dès l’année suivante 1836,deux prêtres furent envoyés jusqu’à Témiskaming,en évangélisant le long de leur route les catholiques qu’ils purent dé- : couvrir. Depuis 1836, le poste de Témiskaming et même celui d’Abbitibi, un peu plus tard, ont été visités par des missionnaires. De Montréal Vévêque de Juliopolis se rendit à Québec, d’où devait être le point de départ

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: DANS LE TERRITOIRE DE LA BAIE D'HUDSON. 19 id ur l'Europ:. Avant de quitter Montréal, il avait signé, conjointement avec le clergé du district, une requête au Pape, demandant l’érection de 01 Montréal en évêché. Rendu à Québec, il exposa l’état des missions de la Î- Rivière Rouge, la nécessité de procurer les secours de la religion, aux habint ns de la Colombie, qui tendaient les bras au Canada. Il exposa aussi, qu’il €8 sérait grandement tems de travailler à la conversion des Sauvages duSt.Mau- 4 rice. Pour subvenir aux:besoins de ces missions en contemplation, il fallait Ë8 dé l'argent. Alors,il pressa l’évêque de Québec,de demander àRome l’établisse- % sent de l’association de la Propagation de la Foi,‘pour son diocèse. L’èvêque l dé Québec, auquel il suffisait de montrer du bien’à faire, acquiesça à toutes *-4es suggestions de l’évêque de Juliopolis. La jurisdiction sur la Colombie * fut demandée av Pape et obtenue, airsi que l'établissement de la Piopaga- ©”. tiôn de la Foi. Elle fut établie en 1836, et donna des secours, pour com- 1 mencer et continuer les diverses missions, qui se sont faites depuis, dans ‘” lés différentes parties du diocèse de Québec. Il fallait enfin décider le dé- 7" part, qui souffiait quelques objections. M. Jacques Lebourdais, curé de la l- Rivière du Loup, leva les difficultés pécuniaires, en offrant de payer les ® frais du voyage de l’évêque de Juliopolis, pouvu qu’il fût son compagnon et © eût, par là la satisfaction de faire le voyage d'Europe. Son offre fut acceptée ; les autres difficultés s’applanirent, et le départ pour l’Europe eut lieu, - “dé Montreal, le 25 novembre 1835. Les deux voyageurs s’embarquèrent à = Nëw York le 1er décembre, et après une heureuse traversée, ils débarquèrent à Liverpool le 26, et arrivèrent à Londres le 30 décembre. , Ayant expédié.ses affaires, l’évêque de Jaliopolis quitta Londres le 20 janvier, et arriva à Paris le 25. Logé aux missions étrangères, il fit aussitôt connaissance avec les membres du Conseil de la Propagation, qui ne lui avaient rien alloué cette année là, parcequ'il n’avait point reçu d’informations de sa "part. Îlassista à une assemblée du congeil, fit connaître l’état de ses missions et le besoin qu’elles avaient d’être assistées. Il fit, à Paris, plusieurs autres connaissances, qui lui ont bien servi par’la suite. De Paris, il se | dirigea sur Lyon, où il assista aussi à une assemblée du Conseil, et fit con- Maitre sa position critique. Depuis cette époque, il a toujours reçu une al- . Jocation tous les ans.

à De Lyon, les voyageurs se rendirent, par un bâteau à vapeur, à Avignon 1 délà, par terre, à Marseille, où ils passèrent le dimanche de la Quinquagésime le 14 fivrier, le lendemain ils quittèrent Marseille, sur le bâteau Marie Christine, qui les déposa à Gênes, le mardi-gras ; partis de Gênes, le mercredi des cendres, ils étaient le lendemain matin à Livourne, après ‘avoir essuyé une furieuse tempête, pendant la nnit. Enfin, le ler dimanche da carëme, ils débarquèrent à Civita Vecchia, et le lendemain, le 22 Février, ils se rendirent, par terre, à Rome. L’évêque de Juliopolis fit ammédiatement connaissance avec le secrétaire de la Propagande, Mer. “Antoine Maius, maintenant cardinal, et eut plusieurs entretiens avec Son Snminence, le cardinal Fransoni, qui en était préfet ; il sollicita l'expédition «Ses affaires du Canada, pendantes ea éour de Rome, et suivit surtout de

“prés, Pimportante affaire de l'érection de l’évêché de Montréal. Il donna,

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à la demande de la Propagande, des notes sur la ville et le district de Mon, 3 réal ; eites tendaient à faire connaître que le futnr évêché se trouver:'8 pourvu d’une cathédrale,d’un palais épiscopal,de séminaires et colléges por pt préparer les élèves du sanctuaire, de maisons d'éducation pour les personne M da sexe, et d’hôpitaux pour soulager l’humanité souffrante. Ces notes f. 40 rent imprimées et envoyées aux Cardinaux, avant la congrégation, m il devait avoir lieu le 21 mars. Ce fut dans cette congrégation que le Le rection fut décidée ; le Pape l’approuva le dimanche suivant, et les Brei en furent expédiés plus tard. Mgr. Provencher se trouva à Rome, pour! 6 semaine sainte, et eût la facilité d’en suivre les imposantes cérémon Y ies. Îl assista, le jour de Pâques, à la messe célébrée par le Pape à à St. Pierre. L’évêque de Juliopoils, saisi d’un religieux respea Æ que n’inspirait pourtant pas la foule des spectateurs, composée d’étranger :# au pays et au culte, pour la plupart, se disait à lui-même, qu'il fallait alle 4 au ciel, pour voir quelque ehose qui élèvât plus l’âme; mais en mêm .! terms, il disait à Dieu: “Dans ce temple, qui est la merveille du monde, o À vous adore avec moins de respect apparent,qu’à l’autre boutde la.terre, sou ! des toits de chaum2"”. Accueilli du Pape,avec une tendresse toute paternelk il reçut, de sa main, un superbe calice en vermeil ; consseré par lui-même, : et donné comme un souvenir, ce sont ses paroles. À la deraière visite qu'il eut l’honneur de lui faire, il lui demanda sa bénédiction au nom des évé-. ques, du clergé, du peuple, et des Sauvages du Canada, il la reçut à genoux et ensuite le Pape l’embrassa avec la tendresse d’un père pour un enfant Il reçut miütle piastres de la Propagande, et autant de livres qu’il en voulu prendre. Ayant visité les principaux monumens de Rome, il quitta la vill: éternelle le 9 avril ; il gagaa la Lombardie ; il.admira la belle église de St. Charles à Milan,où il se trouva le dimanche 17; de là il se rendit au Simplon,i Genève, .et.arriva à Lyon,le dimañche marin 24 ; et à Paris dans le cours de la semaine suivante. Le 13 maï,il quitta Paris, pour se rendre au Häâvre le lendemain samedi ; le lundi 16, il s’embarqua sur le paqueba Lefrançois ler, arriva à New York vers le 10, et a Montréal le 16 juin ; son voyage ayant duré moins de six mois ; ce qui avait suffi pour/expédier les affaires qu’il avait en vue, et rendre un important service à sès miISSIONS, en faisant connaître leur état actuel, l’espérance qu’elles donnaient et le besoin qu’elles avaient d’être secourues au spirituel et au temparel; ainsi l’évêque de Juliopolis avait pleinement atteint son but. Comme nous l'avons dit plus haut, le passage gratis de deux prêtres, sur les canois de la l'hon. compagnie, avait été donné pour 1836. Malheureusement, l’évêque de’ Québec ne se trouva pas en mesure d’en profiter, ce qui retarda de deux . ans, la mission de la Colombie. L’Ottawa et Témiskaming recevaient, cette année là même 1836, la visite de deux missionnaires. Abbitibi, qui fait partie de la jurisdiction de évêque de Juliopolis, devait bientôt’ avoir part au même bienfait. On prenait, à Québec, des mesures pour faire éyangéliser les Sauvages du St. Maurice. La propagation de Lyon subve- : nait aux besoins de la Rivière Rouge, et était disposée à en faire autant pour Ja Colombie ; aussitôt qu’elle serait informée que des missionnaires ÿ

à DANS LE TERRITOIRE DE LA BAIE D’HUDSON.. 2F £

Méraient parvenus. Les missions intérieures allaient être secourues par la Lpropagation, établie dans le diocèse de Québec, en 1836, et dans celni de : Montréal, en 1838. Quoique l’évêque de Juliopolis ne fût pas Pauteur de ‘tous ces arrangemenr, il avait, néanmoins, contribué à tous, plus ou moins ;. ifne lui manquait plus que deux prêtres, pour la Colombie. Il passa le igste de l’année en Canada, et s’occupa de cette importante affaire. l “‘frouva d’abord M. Modeste Demers, né le 11 octobre 1809, à St. Nicolas,. ‘élève du séminaire de Québec, ordonné prêtre le 7 février 1836, et alors vicaire aux Trois Pistoles. Plus tard, il se procura M. F: N. Blanchet, né: &:St. Pierre, rivière du Sud,le 3 septembre,ordonné prêtre le 18 juillet 1819, ét alors curé des Cèdres. Il se trouvait avec deux prêtres zélés,prêts à partir ‘8u printems 1837. Malheureusement le passage fut refusé pour la Colombie. ‘M. Demers monta, avec l’évêque de Juliopolis,. pour la mission de la Ri- YViére Rouge, et M. Blanchet resta aux Cédres. Le printems suivant 1838, le passage qui avait été refusé,l’année précédente fut accordé; et M. Blanchet se mit en route pour la Colombie. Il partit de Montréal le 3 mai ‘1838, et arriva à la Rivière Rouge le 5 juin, estimant à 700 lieues la route qu’il venait de parcourir. Il quitta la Rivière Ronge le 10 juillet, se rendit à la Rivière au Brochet d’où ii partit le 26, il remonta la Rivière Saskatcha- Wan jusqu’à Edmonton où il arriva le 6 septembre, delà il alla acheval au Æort Assiniboine sur la Rivière Athabaska. Il laissa ce poste le 16 en ‘barge, le 28 il découvrit la fameuse montagne de roche, sur la cîme de laquelle il était le 10 octobre, se croyant alors à 1400 lieues de Montréal. De R parcourant encore environ 400 lieues de route sur la dangereuse Colombie H arriva à Vancouver le 24 Nov. estimant toute sa route à 1856 lieues. M. Mayrand qui l’avait accompagné, resta à la Rivière Rouge, et M. Demers reprit sa premiere destination qui était la Colombie. : Depuis l’établissement de la mission de la Colombie, objet de ses plus chers désirs, évêque de Juliopolis resta à la Rivière Rouge, où il était arrivé le 14 juin 1837, au retour de son voyage d'Europe. Ïl s’occupa du soin d’étendre:les excursions des missionnaires,comme on l’a vu plus haut. M. Blanchet..demandait des prêtres depuis son arrivée à la Colombie.N’ayant pu:leur obtenir . des passages, par l’intérieur, Mgr. de Québec se détermina à les.envoyer ‘par la voie de Boston. Ces deux prêtres furent- M. J. Bte. Zacharie “Bolduc, né le 30 novembre 1818, à St. Joachim, ordonné prêtre le 22 août 1841, et M. Antoine Langlois, né à St. François, rivière du Sud, le 10 no- ,vembre 1812, et ordonné prêtre le ler. mai 1838. Ils s’embarquèrent à Boston le 12 septembre 1841,et le 29 décembre i!s débarquèreut à-Valparaiso cpans le Chili; îls en partirent le 5 mars et débarquèrent le 7 avril aux îles Gambier ; ils les quittèrent le 12. et arrivérent le 4 mai, jour de l’Ascension, a Tahiti, Iles Marquises ;.ils en pärtirent le 20 .mai pour les Isles Sandwich, zOù ils abordèrent le 20 juin, à l’isle Oahu (hoaou); le 18 aoûtils s’embarquèrent sur la barge Cawlitz, appartenant à l'hon. Compagnie ; le 12 septembre, A hs mirent pied à terre à l'entrée de la Colombie, dans.le lieu où était autrefois ‘le fort George ou Astona. Delà à Vancouver il y a environ 30 lieues, distance qu’ils narcoururent en canot ; ils arrivèrent le 15 septembre à Van-

MARLRS

vouver, et le 17 à Wallamette. Ces deux intrépides voyageurs joigniregu alors, comme missionnaires, leurs travaux à ceux de M. F. N. Blanchet#é;, M. Modeste Demers, qui travaillait depuis le 24 novembre 1838 à rappidu Jer aux catholiques, presque tous Canadiens, les principes de leur religiana®r à fes apprendre à leurs femmes et à leurs enfans, et enfin à faire connaît qé#] Dieu aux Sauvages infidèles du pays. Il leur fallut, pour ainsi dire, se mr ii tiplier afin de se transporter en plusieurs places et empêcher par-là les diffé sé rentes tribus sauvages de se laisser entraîner aux prédications des ministr {ét venus d'Amérique. MM. Langlois ei Bolduc fournirent le moyen de fa; Si

plus aisément face à l’ennemi. , ‘sa N'ayant pas le tems de suivre les missionnaires de lOrégon dans leurqi courses évangéliques, nous donnons par année la liste des bâptèmes qu'ig& ont administrés depuis leur arrivée, en 1839——— 309, ° : 1840— 104. où

1841 510. ‘sat

1842 965. av

1843-———653. pr

Un?

n Total, 2541. fè Au mois d’août,arrivèrent les bulles qui érigeaient Montreal en évêché àra transféraient à ce nouveau siége Mgr. J. J. Lartigue, évêque de Telmesse-- La cérémorie imposante de la prise de possession de sa cathédrale eut lievi” 16 8 septembre de cette même année 1836 ; l’évêque de Juliopolis eut lajn satisfaction de l’introniser au milieu d’un clergé, composé d’une centaine dep prêtres et d’une foule immense, accourue pour être témoin d'une cérémonie ir qu’on n’avait pas encore vue, à Montréal. L’évêque de Juliopolis fit, à p cette occasion, un petit discours, qui fut imprimé dans la Minerve du 12 Hi séptembre 1836. Il félicita le nouvel évéque de Montréal, de devenir évêque de Ville-Marie, le jour de la naissance de Marie, de ce qu’il devenait le d premier évêque de Montréal, à la demande de son clergé, ce qui lui don- n nait une assurance de son respect et de sa soumission. Adressant la parole Ÿ au clergé, il lui rappela sa demande au Pape, de l’autorane précédent et, C que pour être conséquent dans sa démarche, il devait rendre le fardeau de î Pépiscopat agréable et léger, à son nouvel évêque, par sa soumission et sa € ‘conduite régulière. Puis enfin, s'adressant aux citoyens de Montréal, il € les congratula de l’honneur qu'ils avaient de voir leur ville devenir évèché, 1 et d’avoir pour leur évêque un de leurs concitoyens, dont le mérite et les : vertus leur étaient bien connus. Le | . 4 ‘En 1889, le 26 mars, la maison qu’il avait donnée, pour logement aux : tisséranides, brûla par accident ou plutôt par imprudence. On avait mis sécher du lin‘sur un poële; ce lin prit feu, et dans la première frayeur,.on ; le jeta sur d’autre lin qui était près du poêle ; le feu se communiquä avec la rapidité de l'éclair. A peine les apprenties purent-ellés se sauver, avec ce qu’elles avaient sur le corps ; leürs hardes et les fournitures de la boutique; tout, fut brûlé. C'était déjà une perte irréparanle pour plusieuis articles, dans un pays comme la Rivière Rouge. On avait apporté du Canada plu-

Me nra ustensils, qui furent détruits, et qu’on ne pouvait se procurer qu’au et is d'octobre suivant.L’évêqne de Juliopolis s’occupa à remonter cette bou- Phtique des principaux outils en les empruntant, etdonna pour! logement une Sidihartie de sa maison.La perte la plus considérable, fut ceile des portes et chassis aitge l'église, qui avaient été dépasés dans un bout de celte maison, qui Sr Niyhit de boutique de menuisier. Cette maison de 50 pieds sur 98, était la R pfémière qu’il avait bâtie à son arrivée,en 1818 ; elle avait été son logement tr depuis cette époque jusqu’à Noël 1829. Alors.il commença à habiter la mai- & gon de pierre, bâtie peu solidement, dont il a été question plus haut, et qui fut ‘sa'demeure jusqu’au Îer. décembre 1849, qu’il commença à habiter celle Urq’il a bâtie au pignon de l’église, dans laquelle il a son logement, celui des 1i$boles et une sacristie. Peu s’en fallut qûe la chapelle en bois, sur laquelle T° vent paussait la flamme, ne brûlât aussi ; le feu y prit à plusieurs fois et of transporta äilleurs tout ce qu'elle contenait. On peut dire qu’elle fut ‘sauvée avec des pelottes de neige, que la foule accourue de toute part, jeta avec abondance sur là couverture. Si cette chapelle ent brûlée, il aurait probablement été impossible d’empècher l'incendie de l’église ile pierre, qui n’était éloignée que de quelques pieds de la vieille sacristie.e Dieu ne voujüt, pas détruire, en un instant, l’ouvrage de bien des années, et qui en auëtrdit demandé plusieurs pour le réparer.

8e--“Pendant les añnées qni s’écoulèrent depuis son arrivée à la Rivière Rouge; ef'évèque de Juliopolis s’occupa des moyens de procurer au pays de bonnes li iistitutrices tirées de quelque ordre religieux : il avait écrit à ce enjet à Mgr. k PEvèque d'Amiens, qu'il avait connu à Lyon; en réponse, Sa Grandeur lui I indiqua des maisons-mères à Paris et à Lyon. Il n’était guère plus avancé ; puisqu’il n’avait personne pour traiter cette affaire en Europe. Une autre fois * i'avait écrit au vénérable évêque de Louisville, Mer. B. J. Flaget pour lüi € demander des Sœurs de Lorette dont il avait eu connaissance par les Annales ê dé la Propagation de Lyon; il ne reçut pas de rénonse. Dans tes dernières an- : nées, il s’adressa à Mr. M. Loras, évêque de Dubuque, le priant de Jui pro- 2 ‘éurer trois ou quatre institafrices, ‘tirées de quelque congrégation religieuse des Etats-Unis. Sa Grandeur lui répondit qu’-Île n’avait pas l’espérance de ? frouver aux Etats-Unis les institntrices qu’il cherchait,mais qu'elle allait tâcher è dé lai en obtenir de l’ordre deSt.Joseph deLyon, en faisant dès le même jour sa démande à la supérieure-générale ; il reçut une réponse négative. Mgr. de : Québec, qui fit une semblable démarche plus tard, ne fut pas plus heureux. Ne pouvant rien conelure par lettres, Mgr. Provencher résolut d’aller lui-même aux Etats-Unis, en Canada, et même en Europe s'il ne trouvait pas, dans ces ‘déux places, ce qu’il cherchait. Mgr. de Québec et son coadjuteur lengägérent à ce voyage par leurs lettres du mois de novembre 1842, qu’il reçut en jiars 1843; le. voyage fat décidé dès lors et le départ fixé après Parrivée dès canots, au mois de juin. L’évêque eut soin de disposer les choses pour de les missions ne souffrissent point de son absence ; et tout étant prèt, il “pärtit de St. Boniface le 19 juin avant-.midi. Il prit sa route à travers les Prairies, pour atteindre le Mississipi à la chute St. Antoine ou Rivière St Pierre. C'ést sur la pointe élevée qui ss trouve à l’entrée de: cette rivière

2 NOTICE SUR LA RIVIÈRE ROUGE c dans le Mississipi,qu’est bâti le fort Snelling, qui est le poste militaire le pl en avant sur le Mississipi, deux lieues plus bas que’la chute. Mais avantÿ parler de ces places, il faut y parvenir et dire un mot de ce voyage fait àt façon du nomade tartare. Conime il peut y avoir du danger, de la part d; Sauvages,en voyägeant dans ces prairies, tous ceux qui veulent aller à la R. vière St. Pierre s’attendent et forment une caravane : celle de cette anti: était composée de 27 charrettes chargées de provisions, garnitures, cuir, € que les colons de la Rivière Rouge se proposaient de vendre là; il y até aussi des bœufs,des vaches,des veaux conduits dans le même but. Ceremk , ras joint à.la chaleur qui accable les bêtes de somme, empêche de faire u; longue marche chaque jour ; voici;.à peu près, le partage le plus avantage, de la journée :. on part de bon matin, et on marche jusqu’à ce que les bœrf et chevaux paraissent fatigués; alors on les dételle auprès d’un lieu où il y? de l’eau et'de l’herbe, c’est à cette première halte que se fait Le déjeûne., quand les animaux paraissent reposés on part, pour marcher jusqu’à ce qu] paraissent encore épuisés, alors on les déteile de nouveau dans un lieu ava { tageux, c’est à cette seconde halte que se fait le dîner ; la caravane se rex ] en marche après un repos qui a été plus ou moins long,d’après la chaleur,ett } ne s’arrête qu’au couchet du soleil. Alors on faitun rond avec les charrettes do:

le bout desessieux se touche et dont les timons en sont dehers; tout le mont; campe dans ce rond: cette précaution est-pour prévenir les surprises dei, part des Sauvages ennemis. (1) C’est-dans ce rond qu’on allume le feu 04

1) La caravane püt juger de la sagesse de cette précaution, quoiqu'e : eût dû..en tirer. peu d'avantage, comme on: va le voir. Quelques jours ava” d'arriver au Mississippi, elle fut visitée par un parti de guerre, venant duk : la Sangsue, et allant attaquer les Sioux ; il avait découvert la -caravane : jour précédent. Un de la bande ayant perdu ses bœufs, retourna au dernit . campement pour les chercher ; après son départ-on lestrouva dans le vo sinage,alors on tira plusieurs coups de fusil,pour rappeler celui qui était par , il entendit le’signal, mais les échos portèrent le son jusqu'aux oreilles de : Sauvages, qui étaient venus en canois par les lacs et les rivières, ils étaie: : alors sur les bords'de celle de la Queue de Loutre. Ïls voulurent savoir c : que cela signifiait, ils approchèrent le campement en se cachant, comn * ils n’avaient pas intention de fairé du mal aux blancs, mais bien aux Siou qui auraient pu être avec EUX ; ils ne se montrèrent pas le soir ;- pendant l nuit ils cernèrent le camp ; il pleuvait, une sentinelle crut.en voir un au nl Jieu des ténèbres, et ne dit rien ; deux sentinelles gardaient le camp et vi: Jaient à ce que les animaux ne’s’éloignassent pas {rop ; la lère garde cut 4 mehnçait lorsque les ténèbres se faisaient sentir, chacun alors lui livrait #4 “animaux, et les sentinelles s’exposaient à des reproches si elles les laissaieï? #égarer. La 2e garde commençait vers minuit et allait jusqu’au jour. L° Sauvages qui avaient passé la nuit tout autour du camp. y entrèrent au Jo! à eñ criant de tous côtés, bon jour, bon jour ; tout le monde était couché, . quoique chactin eût son arme auprès de lui, si ces Sauvages eussent été à : vrais ennemis, ils auraient pu détruire toute ja caravane. Les sentinel! :

du 6e re pe. rer

chacun fait cuir son souper ; ceux qui ont des tentes les montent, les autres Fébuchent sous leurs charrettes, qui sont toutes couvertes de peaux et à ntBäbri de la pluie. On a soin, autant que possible, de camper où il y a du à bois ; le guide avertit s’il ne doit pas y en avoir pour l’autre campement où dôme pour plusieurs : alors chacun prend quelques morceaux de bois sur sa Rcharrette ; et si ce bois vient à nanquer avant d’aniver où il y en a, on fair, téfce cas, du feu avec du fumier de-vache, qui ne manque pas dans les endébits fréquentés par les troupeaux de bisons qui parcourent ces prairies.

df#On traverse ordinairement les rivières à gué. On a soin de diriger sa À marche pour les passer à leur source, surtout dans le printems ; on fait des U fünts sur celles qui ne sont pas guéables, et si elles sont trop larges pour que AAËs arbres atteignent d’une rive à l’autre, alors on fait un radeau sur lequel K$b met le bagage, ainsi que ceux qui ne peuvent traverser à la nage ; ce ra- J'déau est poussé avec des perches, si la rivière est large, ou tiré avec des cor- & dés attachées de chaque côté : avec l’une on le conduit d’un côté et avec * Pâutre on le ramène pour le charger de nouveau. Toutes les rivières qui se i fféuvent sur cette route sont étroites et guéables en été. Avec cette marche Jénte, la caravane arriva au Mississipi le 22 juillet, un peu plus haut que ‘ Véntrée de la Rivière des Sagues qu’elle traversa sept ou huit fois avant d’y * parvenir ; quoique le Mississipi eût beaucoup baissé, il étaitentcore très haut, ‘large et rapide à l’endroit où la caravane de l’année précédente l’avait traversé à gué.Les personnes traversèrent dans des canots d’écorse,qui furent loués 1 desSauvages qui se trouvèrent là heureuseinent.Il en fut de même du bagage ; leëicharrettes furent conduites au large, attachées par trois avec les tanots et

poeitssct = CE

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‘qui n’étaient guère sur leurs gardes, ne donnèrent l’alerte qu’au moment où

‘Pénnemi entraït de tous côtés dans le camp. Îls étaient 22 armés et en cos- ‘me de guerre, c’est-à-dire,barbouillés de leur mieux. On acheta d’eux un can nt d’écerce, pour traverser le Mississippi, qu’ils dirent être très baut gonflé. H fallait aller chercher ce canot à leur campement, sur la rivière la Queue de Loutre. Les Sauvages qui étaient restés à ce cnmpement, après k*départ de leurs compagnons,avaient entendu les coups de fusil qui avaient ‘été tirés la veille ; ils avaient cru que leurs'gens avaient été attaqués par ‘és Sioux et même tués, ce qu’ils crurent certain en ne les voyant pas leveir le soir, ainsi qu’ils avaient promis. Croyant donc leurs compagnons orts'et se trouvant en danger eux-mêmes, ils-s’étaient retirés dans une peane isle' et avaient fait le sacrifice de leurs ‘chaudières, ils: coupaient déjà ëürs Canots en pièces ; lorsque ceux qui allaient chercher le canot les ap- ‘Pelèrent, ils ne répondirent pas ; ayant entendu-hennir le cheval qui menait 4h:charrette, destinée à porter le canot, ils furent encore plus effrayés ; sa- Æhiant bien que leurs géns n’avaient pas de chevaux. Enfin, ceux qui les sppelaient se‘firent connaître, ils vinrent alors les chercher. Tous visitérent 8 camp et y passèrent la journée, cherchant à égayer, par leurs chants et tBurs dances, ceux qui auraient mieux aimés les voir loin, car ils les forcèid -,r . .e OT - - .. —— Me on je

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ensuite tirées avec des cordes dont les canots conduisaient un bout à ter La caravane côtoya ensuite la rive gauche du Mississipi, traversa les petit rivières St. François et du Rum et arriva à la chute St. Antoine le 29, ve midi. La chute St. Antoine n’a que 16 ou 17 pieds de hauteur ; elle esta environ deux lieues plus haut que le fort Snelling. L’évêque de Juliopolis: rendit le soir à St. Paul, trois lieues plus bas que ce fort et sur la rive gaucté du Mississipi. Les habitans de ceite place sont presque tous originaires {4 Ja Rivière Rouge. Il y a une petite chapelle dédiée à St. Paul: c’est; nom du patron de cette chapelle qu’est venu le nom de la place. Il y dit. | messe le lendemain, 30 juillet. Mr Galtier qui dessert le poste de St. Paul:} celui de St. Pierre sur la rive droite du Mississipi à Pentrée de la Rivière S: Pierre, était à Dubuque. Sur la rivière St. Pierre, il y a des villages siow{ Un prêtre du diocèse de Dubuque, M. Ravoux, demeure au milieu d’eux de: puis trois ans ; il a appris leur langue, dans laquelle il a composé un cat chisme, au’il a feitimprimer. Un second prêtre, M. Godfert, lui a êté adjoi : au mois d’août dernier. Le lundi, ler. août, l’évêque de Juliopolis se reni vis-à-vis la Rivière St. Pierre et aussi du fort Snelling qui est sur la mên rive droite, traversa le Mississipi et alla s'emparer de la maison de M. Galiit où il n’y avait personne. Le lendemain, il arriva un bateau à vapeur st lequel était M. Galtier, qu’il ne put voir jue quelques heures, ne voular pas perdre l’occasion du bateau qui repartit le même jour. | L’évêque de Juliopolis descendit le Mississipi environ 300 milles, arriva la Prairie du Chien à 9 heures du soir le lendemain, 2 août ; il passa la nu à bord, le jeudi il alla voir M. Cretin, prêtre de Lyon, vicaire général i Pévêque de Dubuque et homme très aimable. Quittant cette ville vers ne heures et parcourant 65 milles,il arriva vers 5 heures du soir à Dubuque,vil encore nouvelle,adossée à une côte très élevée, comme sont presque partoi les bords du Mississipi. Elle est le siége épiscopal de Mgr. M. Loras, à

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dommage ; ils demandèrent seulement un peu de poudre et quelques balle: pour tuer des animaux en s’en retournant; chacun leur en donva un pe L'évêque de Juliopolis leur dit : ‘retournez dans votre pays;,les Sioux ne vol ont point {ait du mal, au moinsdernièrement. Le grand maître défend à tuer ses semblables sans raisons. Vous êtes en petit nombre et vous pour riez vous faire tous: tuer.” Nous ne vous donnerions pas de munitions, : nous savions que vous dûssiez aller attaquer les Sioux. Nous allons dan leur pays, uous autres, et s’ils savent qu’ils ont été tués avec des balles qu nous vous avons données;’ls se vengeront sur nous.” Îl paraît qu ils n suivirent pas ce conseil, car ce sont probablement quatre. de. cette band qui allèrent voler des chevaux, dans un camp de Sioux, quelques Jour plus tard, et qui furent tués tous quatre ; ils tuèrent un Sioux en se défer dant, C’est ce que l’évêque de Juliopolis apprit en embarquant sur le bé. teau-à-vapeur, à la rivière St. Pierre. Dans ce moment là, les Sciouxt : les Sauteurs s’assemblèrent au fort Snelling pour faire la paix ; ils la fret

en effet quelquss jours plus tard. Elle n’est pas ordinairement de longi durée.

terdyon, qui reçut l’évêque de Juliopolis avec la politesse et la cordialité franetigäise ; là il apprit que la Supérieure Générale de l’ordre de St. Joseph de vaLyon avait donné une réponse négative à la demande que Mer. Loras lui estavait faite de trois de ses filles pour la Rivière Rouge. lis L'évêque Loras avait amené de Philadelphie, en revenant du concile ucde-Bahimore, en 1843, cinq religieuses, et en attendait encore quatorze il 8 défait disposé à en donner trois à l’évêque de Juliopolis,mais elles ne parlaient it; pas un mot de français ; ce qui fnt un obstacle insurmontable, néanmoins, lit, Pévêque de Juliopolis ne renonça pas tout à fait à en prendre, s’il ne pouul:yBit en trouver ailleurs, qui pariassent français et anglais. Le dimanche 6 : Saoût.il eut le plaisir,;au sortir de la messe,de trouver à l'évéché, Mgr. Ecclesuton, archevêque de Baltimore, qui voyageait pour sa santé et qui se rendait, dayec son grand vicaire, M. Deluol, à St. Louis. L'évêque de Juliopolis até quitta Dubuque le mercredi, coucha à Galena, distant de 26 milles, et aroù riva le dimanche soir, 13 août, à St. Louis, trop tard pour débarquer. De ni Câlena à St. Louis,il y a 405 milles.(1) Le lendemain,l’évêque de Juliopon lis. se fit conduire à l’évéché, où il fat reçu par les prêtres ‘qui y sont k attachés. Mgr. P. R. Kenrick, coadjuteur, mainteuant évêque de a St Louis, était allé à Kaskaskia, à 81 milles, avec Mgr. l'archevêque et ai M. Deluol;ils arrivèrent tous le lundi 14, après midi. L’archevêque partit en-diligence à 4 heures du matin, le 15. L’évêque de Juliopolis chanta la a messe pontificalement ce jour là, fête de P’Assomption,qui y est d'obligation ; u fe coadjuteur alla donner la confirmarion à Kahokia. L’évêque de Juliopolis é tenta de se procurer des sœurs de St. Joseph, dont il existe une commupaux 1& à sept milles de la ville ; n’ayant pu s’arranger, il renonça à l’espérance } d’énvoyer des institutrices à la Rivière Rouge, par les voitures qui l'avaient : amené, et écrivit à ses gens de s’en relourner aussitôt qu’ils seraient prêts. 4 Mgr.le cordjuteur de St.Louis lui fit visiter les établissemens de la ville ’uni- - sersité des Jésuites, deux asyles d’orphelins, tenus par des sœurs de charité, : Ainsi que l’hôpital, le couvent des dames du Sacré Cœur, et, comblé de poj Jitesses,il quitta St. Louis le 22,accompagné de plusieurs RR. PP. Jésuites, |-qui se rendaient à Cincinnati, pour Pouverture des classes. Embarqué fur un bâteau-à-vapeur, il descendit le Mississipi, (180 milles) jusqu’à l’en- {rée de POhio, qu’il remonta (378 milles) pour arriver à Louisville, où il débarqua le 25 août. L’evêque de Julioplis vit le vénérable évêque de Louisville, 43 (1) Les eaux du Mississipi qui se gonflent considérablement; dans les Amois de juin et juillet, deviennent ensuite très basses, de manière que les ateaux-à-vapeur s’échouent souvent eur le sable. Celui sur lequel l’évêque de J uliopolis s'était embarqué à Dubuque, s'appelait Rapids. Il perdit son {existence et son nom,dans le 2nd rapide du Mississipi. Il était considérablement chargé de plomb. Malgré la précaution.que prit le capitaine, de charser un chaland de ce plomb, au haut du rapide, son bateau donna sur nsgor qu e eur dedans ; il ne put pas caller, mais il demeura là. Les une bo i ‘dans À tems du naufrage. nne peur, furent reçus par un bateau qui passa

Mgr.B.J.Flaget,lui demanda des religieuses de Lorette sans en obtenir,parck quelles ne sont pas assez nombreuses. Traité avec beaucoup de politesse, pé Pévêque et les prêtres, il quitta Louisville le 27, et arriva le 28 à Cincirinatf en remontant l’Ohio encore,(131 milles}; ce qui faisait 689 milles depuis sé Louis. Le coadjuteur de Louisville était en Europe, dinsi que l’évêque 4 Cincinnati, Mer. Purcell. Il logea au collège de St. Frs.Xavier.tenu par ki Jésuites, qui avaient voyagé avec lui depuis St. Louis. On lui avait indiqu‘|

tête avec orgueil

Ja distance-entre Cincinnati et Cleveland, est de 252 milles. Le samedi ? ? + % ‘ - Là 94 D + .s Lu ‘ # 2

Sheures du matin, tous’lés voyageurs, artivés de différens côtés, s’embar

Juliopolis y:passa ce -jour là, qui était dimanche, y dit la messe’ pou les Allemands, et assista à celle des frlandais, chantée par le crré du lieu,

fiat

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LE DANS LE TERRITOIRE DE LA BAIE D'HUDSON. 29 à

Éévendredi suivant, 8 septembre, et il se rembarqua à 9 heures, et le lendeximain à 8 heures il était à Montréal, ayant fait depuis Kingston 209 milles, WA parcourut 180 milles pour se rendre à Québec,ce qui fait 2,497 milles ou ÿ 8324 lieues, de route parcourue par l’évêque de Juliopolis ; à partir du fort Snelling ou riviere St. Pierre, ou encore de la chûte St. Antoine, qui est

FE

4.2 lieues plus haut que le fort.(2) Toute sa dépense pour payer ses repas et 8 voitures sur terre et sur l’eau, monte, sauf erreur, à £13 7 O0, ce qui fait “Xoir qu'on voyage à bon marché dans les Etats-Unis.

Le plaisir inné, qu’éprouvent les hommes, en revoyant le pays qui

: tive de trouver ce qu’il cherchait, dans une communauté, dont il connaissait , tout le mérite. Comme elle n’avait qu’une seule maison, hore de la

grand nombre de maisons d'éducation, dans les diocèses de Québec, de Montréal, et même de Kingston, elles n’auraient pu lui donner des institutrices,sans se gêner,on du moins,sans retarder des établissemens dans le pays; g'étail pourtant sur cette communauté qu’il avait porté ses vues, ne sachant pas que les SeursGrises se livrassent aussi à l’éducation.il se trouva heureux de n être pas dans la nécessité de faire sa demande,et en cela il crut rendre " Bervice 2 Sa patrie,en lui laissant trois ou quatre institutrices de plus. | é traita d’abord avec la communauté le projet de cet établissement lointain;et l’évêque de Juliopolis, comptant sur la bonne volonté . des Sœurs Grises,leur écrivit le 19 octobre pour leur demander trois sujets ca- : : pables de former à la Rivière Rouge une Maison de leur Institut,s’engageant, ‘de son côté,à fonder et doter la nouvelle eommunauté.Cette affaire était pour ces bonnes Sœurs trop importante pour se décider sur Je champ. Elles prirent “neuf Jours pour consulter Dieu et s’assurer de sa sainte volonté.Pendant donc tout ce tem il se fit de ferventes prières, tant dans la communauté que dans Jes salles des pauvres et des orphelines, afin d'obtenir les lumières de l’Es- . (2. cn peut supposer 160 lieues de St. Boniface à la chûte St. Antoine, N qi il onne 5 lieues par Jour; car sur les quarante jours qui s’écoulèrent depuis le 19 juin au 29 juillet, il faut en retrancher huit, pendant l ] .-On ne marcha poi j pliée pee en aies : a point du tout. Il reste 32 qui, multipliés par cinq, donnent

#160 : a! « Qu gi Jontant 160 à 8324 on aura 9924 lieues de route de St. Boniface à.

prit-Saint. La neuvaine terminée, le conseil, chargé de faire les affaires majeures de cette communauté, s’assembla le 30 octobre et il y fut décidé que l’on se chargerait de cette fondation qui offrait au zèle et au dévouement un vaste champ, et qu’au lieu de trois sujets il en faudrait donner quatre. Il ne restait plus qu’à faire le choix des quatre fonJatrices. Pour ne pas se tromper dans un choix si important, l’on recourut de nouveau au ciel; et pendant neuf jours les prières continuèrent dans tout l'hôpital, afin qu’il plût au Seigneur de désigner celles qu’il appelait à aller si loin exercer leur charité. De si sages précautions et tant de prières devaient toucher le cœur de celui qui déclare dans l’Écriture qu’il est venu eur la terre apporter le feu de ia charité, et que son désir est de le répandre partout. Le sept novembre, le conseil des douze s’étant de nouveau assemblé, il nomma, pour aller fonder une maison de l'institut des Sœurs de Charité à St. Boniface de la Rivière Rouge, les Sœurs Valade, Lagrave, Coutlée dite St. Joseph et Lafrance. Ces vertueuses filles, après y avoir sérieusement pensé devant Dieu pendant neuf jours, voyant dans l’élection du conseil une marque de la volonté de Dieu qui les-appelait à cette mission lointaine, s’y soumirent avec joie et courage. Aussitôt qu’elles eurent fait leur sacrifice, le conseil s’assembla pour procéder à la formation de la nouvelle communauté en fesant l’élection des officières :

La Sr. Marie Louise Valade, née à Ste. Anne des Plaines le 26 décembre 1808, professe depuis le 21 octobre 1828, fut nommée supérieure ;

La Sr. Maris Margnerite Eulalie Lagrave, née le 2 maï 1805 à St. Chaïles de la rivière Chambly, presse depuis le 23 décerabre 1823, fut nommée “assistante ;

La Sr. Anastasie Gertrude Coutlée dite de St. Joseph, née aux Cèdres le 15 novembre 1819, profésse depuis le 1er. juin 1838, fut nommée maîtresse

La Sr. Marie Edwige Lafrance, née à la Point2-aux-Trembles de Québec le 13-mai.1815,.professe depuis le 13 juillet 1840, fut adjointe aux premières

€ M. F. N. Blanchet;-missionnaire de le éque de Juliopolis s’intéressæ

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DANS LE TERRITOIRE DE LA BAIE D'HUDSON. 3i

äu progrès de la religion dans ce nouveau vicariat apostolïque. Il fallait aussi des institufrices, des prêtres et les moyens de les souténir ; les évêques de Québec et de Montréal jugèrent à propos de mettre ce vicariat en relation avec l’Europe, d’où il pourrait tirer des secours et des prêtres plus facilement que du Canada, qui manque des uns et des autre. Dès lors ii fut décidé que l’évêque de Juliopolis ferait le voyage d’Europe afin de s’occuper plus efficacement des besoins de sa propre mission et de ceux de la Colombie, qui cessait d’en faire partie. Son départ de Boston, d’abord fixé au.16 décembre, fut remis au lèr. janvier 1844, tems où i! pourrait avoir un compagnon de voyage, ce qu’il n’aurait pas eu en partant le 16.

M. F. N. Blanchet n2 pourra apprendre sa promotion à lépiscopat que vers le commencement de novembre 1844 ; il ne recevra que vers le moïs de février ou mars 1845, ce qui lui est nécessaire pour sa consécration, comme crosse, mître, bagne, etc.;s il faudra ensuite qu’il aïlle chercher un évêque consécrateur, probablement aux Isles Sandwich. Pour peu qu’il éprouve de retard, il pourrait bien atteindre 1846 avant qu’il soit sacré et de retour à la Colombie. On voit par-là qu’il devient nécessaire de faire pour lui des démarches qu’il ferait trop tard lui-même, et que ces missions souffriraient plus qu’elles ne tireraient d'avantage du nouvel ordre de chose ; car ce vicariat étant séparé de l'évêché de Québec, on n’y enverra plus de prêtres du Canada ; par-là ii serait, pendant trois ou quatre ans,sans recevoir d'autres mis- Sionnaires, qui sont cependant si nécessaires pour parcourir l’immense étendue de pays livrée à leur zèle.

La population de la Rivière Rouge est d’environ 5500 dont 3175 catholiques. Tly a 730 maisons habitées.

Le ler. ministre de l’Eglise établie arriva à la Rivière Rouge dans l’autome de 1820.[! bâtit la 1ère. chapelle dédiée au culte protestant; elle était en bois et située à environ deux milles plus bas que la Rivière Assiniboine et sur la rive gauche de la Rivière Rouge: elle a été remplacée par une église en pierre en 1832.Il y a deux autres chapelles en bois,plus bas que la 1ère. et sur le même côté de la rivière. Plus bas que ces trois et sur la rive droite yen a une autre en bois aussi, autour de laquelle il y a un petit village sauvage ; un ministre demeure dans ce village. Trois autres ministres de la même croyance exercent leur zèle au milieu de la population protestante établie sur les bords de la Rivière Rougejelle est composée de 2345 individus.

Outre les ministres de l’église établie, il y a quatre ministres méthodisteswesleyens, venus tous quatre en 1840. En hommes courageux, ils se sont partagé l’immense territoire de la Baie d’Hudson et ont entrepris la conver-

sion des Sauvages, par tous les coins du pays: M. George Barnley s’est fixé à Moose, sur la baie James,et exerce son zèle auprès des Sauvages qui fré- Quentent ce poste. M. William Mason a été chargé du département du lac Lapluie et de la rivière Winipick. M... Evans réside à la rivière au Brochet, au fond du lac Winipick. Enfin M. T. Rundie a eu en partage la

iviére Saskatshawwan et places environnantes ; il demeure à Edmonton. Ces révérends Messieurs, n’ayant à peu prés personne de leur croyance dans

le Pays, travaillent à gagner des ouailles parmi les Sauvages de leurs arror.

isSemens,

Ces notes, écrites à la hâte, seraient devenues plus intéressantes si le : tems avait permis d’y joindre de plus amples détails sur l’histoire du pays et surtout sur les missions de la Rivière Rouge et de la Colombie. Ceux qui désireraient de plus amples informations, pourraient lire les Rapports des Missions imprimés à Québec;tous les ans depuis 1839 ; ils y trouveront les lettres des missionnaires de la Rivière Rouge et de la Colombie : lesquelles contiennent le récit de leurs travaux, voyages, difficultés et suecès auprès des différentes tribus sauvages qu’ils ont commencé à évangéliser. Dans ce que l’on vient d’imprimer dans les Mélanges, on a eu principalement en vue de conserver un grand nombre de dates, .qui s’oublient facilement et qu’on ne trouverait pas ailleurs. Dans cinquante ans, on aimera à les trouver et on les appréciera plus qu’aujourd’hui..

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