‹ Notice sur les peintures de l'église de Saint-SavinChapitre 22 sur 52 · FOND DE LA NICHE, OU TYMPAN AU-DESSUS DE L’ARCADE DONNANT DANS LA NEF · texte numérisé non relu

FOND DE LA NICHE, OU TYMPAN AU-DESSUS DE L’ARCADE DONNANT DANS LA NEF

M. Dans la partie supérieure de ce tympan, on aperçoit, disons mieux, on devine une composition qui n’a été, je crois, traitée que rarement par les artistes byzantins : c’est une descente de croix. Tout le haut du corps du Christ a disparu, le mortier s’étant, depuis longtemps détaché de la muraille. Cette figure est colossale. Ses pieds touchent presque à terre; les disciples et les saintes femmes, d’une moindre proportion, mais cependant grands comme nature, paraissent s’empresser autour du Sauveur. Les jambes et la partie inférieure des draperies, seules parties conservées, font juger de leurs mouvements. Deux personnages, qui vont recevoir le Christ dans leurs bras, sont montés, non point sur une échelle, mais sur une espèce de petit tabouret placé au pied de la croix.

N, O. Deux anges, de faible proportion et fort effacés, occupent les espèces de pendentifs entre le bas de la composition précédente et l’archivolte de Tare qui donne dans la nef. Cette archivolte est ornée d’un rinceau, qui se termine par des têtes fantastiques d’un très-mauvais dessin. (Voir le Frontispice. )

T, P, deux compositions peintes l’une au-dessus de l’autre sur le côté gauche de la niche, devenues absolument méconnaissables. On ht cependant sur le fond de l’une d’elles, T, le mot christicolis , ainsi écrit : XPICOLIS.

R. Sur le côté opposé de la niche on trouve des vestiges un peu plus distincts. Il est facile de reconnaître un sarcophage vide, à cannelures ondées, dans un édicule ou une espèce de crypte voûtée, au-dessus de laquelle quelques soldats paraissent à mi-corps, couchés sur leurs boucliers et endormis. Dans l’édicule, au-dessus du cercueil, on voit un objet carré, peint en rouge avec des ornements jaunes: c’est, je le présume, une lampe funéraire. On ht sur le fond et près du sarcophage : SEPVLCRO DNI [sic) . Les soldats ont des cuirasses à

DE L’ÉGLISE DE SAINT-SAVIN

écailles et des casques à nasal, pointus du cimier, fort semblables à ceux de la tapisserie de Bayeux. Le sujet n’a besoin d’aucune explication.

S, apparition de Jésus-Christ à Marie-Madeleine. Les têtes seules sont assez bien conservées : celle de la sainte est remarquable par l’expression de vive tendresse mêlée de douleur. La recherche de l’expression est rare, comme on sait, chez les artistes du moyen âge. Cette fresque se distingue encore par le type des têtes, qui s’éloignent de cet ovale de convention qu’on observe presque toujours dans les peintures byzantines.

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