DANS L'ABBAYE DE SAINT-SAVIN EN POITOU
(Recueil fie D. Fonleneaii, n° 1 5.)
Aujourd’hui 20 octobre i63i, nous Louis David, écuyer, sieur des Bretonneries, conseiller du Roi, prévôt général de nos seigneurs les connétable et maréchaux de France au gouvernement de Paris et Ile-de-France, et commissaire député de Sa Majesté, sommes arrivés en la ville de Saint-Savin, où étant aux portes d’icelle, nous auraient été fermées, et plusieurs habitants dudit heu étant sur les murailles et dans le portai où serions arrivés, et qu’on nous a dit s’appeler la porte Notre-Dame, nous ayant dit que nous eussions à nous retirer et qu’ils n’ouvriraient pas leurs portes, et était lors sur les trois heures de relevée, leur aurions remontré que y étions de la part du Roi et envoyés par les Provinces où ils ne devaient faire difficulté faire ouverture desdites portes, leur montrant notre bâton de commandement et livrées de nos soldats, avec sommation d’ouvrir, et qu’à faute de ce, ferions rompre lesdites portes et les brûler, et ferions pendre tout ce que nous trouverions en ladite ville de Saint-Savin résistant aux commandements du Roi. Aurions vu par les fentes de ladite porte, que lesdits habitants se mutinaient les uns contre les autres, entendant que les uns disaient qu’il fallait obéir aux commandements du Roi, les autres disant que le sieur des Francs, qui était leur seigneur, ne le voulait pas. Et sur les contestations et irrésolutions desdits habitants, aurions commandé à deux caporaux de notre nouvelle recrue de rompre ladite porte avec' leurs hallebardes ou autrement, et s’efforçant de la rompre, quelques-uns des habitants, plus zélés et affectionnés en devoir, auraient rompu de leur côté la serrure de ladite porte, et ce fait, serions entrés audit Saint-Savin, et logés où pend pour enseigne l’écu de France, où étant, ledit sieur des Francs nous aurait envoyé visiter par un de ses domestiques, et mandé qu’il nous viendrait voir demain matin, pour excuser lesdits habitants et sujets de la faute qu’ils avaient faite.
Et le lendemain, 21e jour du présent mois et an, nous prévôt général et commissaire susdit, étant en notre dit Iqgis de l’Ecu, aurions attendu jusque sur les huit heures du matin nouvelles du sieur des Francs, et ne le voyant point, comme il s’y était obligé de nous voir, serions allés en sa maison, fait perquisition en icelle, où ne l’ayant trouvé pour le prendre prisonnier et les dénommés en la sentence de mort donnée contre le nommé Henri de Neucliëze, écuyer, sieur de Saulon, le nommé la Jeunesse, son homme de chambre, et Charles de Neuchëze, dit l’abbé, ladite sentence en date du 1 6° juillet i63i, et encore sur les avis
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SI
et plaintes qu avons reçus au Pin des violences et voies de fait dont use ledit Henri de Neuchèze, sieur des Francs, et de ce qu’il s’était par diverses fois battu en duel, tenant un chacun des sujets du Roi en sujétion, ce qui était cause que lesdits habitants de ladite ville de Saint- Sa vin n’osaient se plaindre de ses déportements, à raison que ledit sieur des Francs jouit et usurpe 1 abbaye de Saint-Savin sous le nom dudit Charles de Neuchèze, son fils bâtard, et qu’il y avait personnes audit lieu de Saint-Savin qui étaient chargées de prendre possession de ladite abbaye, qui ne l’osaient faire , de crainte de l’effet de ses violences, et que même ledit des Francs avait envoyé ci-devant en la maison d’un exempt des gardes de Sa Majesté ses serviteurs domestiques, qui avaient maltraité ledit exempt; ce qui nous aurait convié (?), pour satisfaire au commandement de Sa dite Majesté, après avoir pris le château et abbaye dudit Saint-Savin et demeure dudit des Francs, de recevoir les plaintes des sujets du Roi, si aucunes sont, contre ledit des Francs, et outre pour donner la sûreté et conserver lesdits sujets du Roi contre l’oppression; et à l’instant est comparu par-devant nous maître Jacques Toucbard, procureur dudit Saint-Savin et sergent royal demeurant audit lieu, qui nous a dit que, sur l’avis qu’il a eu qu’étions en cette ville pour pourvoir aux désordres qui se faisaient journellement par ledit sieur des Francs, nommé Henri de Neuchèze, et par personnes de lui interposées, il se présentait à nous comme porteur d’une procuration passée par deux notaires et sous le scel du Châtelet de Paris, en date du 2 3 septembre dernier, signée A . Rendu , Cresse et Saunier, sous le nom dudit A. Rendu, avec les lettres de l’économinat de ladite abbaye, sous le nom de Rendu, pour en prendre possession; ce qu’il n’a osé faire ni entreprendre à cause des accidents qu’il y eût eus, nous requérant, comme procureur dudit Rendu, et aux péril et fortune dudit Rendu, de prendre la possession de ladite abbaye et le faire jouir suivant les lettres de leconominat de ladite abbaye; et, à cause que ledit des Francs est homme violent, nous requiert d’établir et de mettre garnison en ladite abbaye, telle que nous aviserons bon être, pour empêcher les mauvais effets dudit des Francs et de ses assistants.
Et à l’heure même est entrée dans notre chambre la dame des Francs, femme dudit sieur des Francs, qui a dit nous être venue trouver pour être présente à tout ce que nous ferions concernant ladite abbaye, et qu’elle y avait intérêt; aurait menacé le sieur de la Richardière, en notre présence, de le faire repentir de ce qu’il se plaignait de sondit mari, et que ledit de la Richardière était un poltron qui ne s’était pas voulu battre en duel où ledit des Francs se serait battu, et aussi a dit à icelui la Richardièm qu’il était un voleur et plusieurs autres injures, dont l’aurions blâmée, comme aussi aurait dit plusieurs injures audit Touchard, procureur de l’économe dudit Saint-Savin, et menacé de lui faire bien du mal, et aurions été obligés de sortir de notredite chambre et emmener ladite dame des Francs, à laquelle aurions remontré le préjudice quelle se faisait de parler si hautement, qui nous a dit que, si on dépossédait sondit mari et elle de ladite abbaye, ils feraient bien pis; et après l’avoir conduite vers ladite abbaye, serions retournés en notredit logis et continué notredit procès-verbal; et aussi à l’instant se serait présenté par-devant nous le nommé Bellay, cordonnier, demeurant audit Saint-Savin, neveu de frère Hugues Bellay, religieux et enfermier de l’abbaye de Saint-Savin, qui nous a dit et remontré que ledit sieur des Francs retient sondit oncle prisonnier il y a près d’un an, el qu’il le mit premièrement prisonnier en la
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maison d’un nommé Fougerou, serviteur domestique dudit des Francs, où il le tint environ quinze jours avec des fers aux pieds et aux mains, et le faisait fouetter par ledit Fougerou, le nommé Léonard Touchard, qui est d’ordinaire en sa maison, et qui est celui que nous. y avons trouvé ce jour d’hui, et le nommé de Massy, demeurant audit Saint-Savin. Après, ledit des Francs fit mener sondit oncle dans la tour de Monthoiron, appartenant à la belle-mère dudit des Francs, et distant de Saint-Savin de sept lieues environ, et l’y tint prisonnier encore environ quinze jours; de laquelle tour sondit oncle se sauva par une fenêtre et s en revint audit lieu de Saint-Savin en l’abbaye, croyant que ledit des Francs serait content de lavoir sans cause emprisonné et fait battre; et étant dans ladite abbaye, l’aurait fait prendre par ses domestiques et l’aurait fait mettre chez ledit Fougerou, où il le tint enchaîné et enfergé de pieds et mains plus de deux mois, où fut aussi avec lui, par le commandement dudit sieur des Francs, le meunier du moulin dudit Saint-Savin, qu’il fit aussi enchaîner avec sondit oncle, et. y fut son oncle si longtemps, que ledit Fougerou, ne le pouvant plus nourrir, le porta enchaîné et enfergé sur son col à la porte dudit sieur des Francs. Lequel fut porté par les serviteurs dudit des Francs, nuitamment, au logis d’Antoine Margault, où il est encore à présent enchaîné et enfergé, où il lui fit bâtir chez ledit Margault une prison en une chambre de la maison, qui n’est pas si grande qu’un bout [sic), où il est détenu très-misérable et sans cause, si ce n’est pour n’avoir pas voulu venger les passions dudit des Francs, qui l’a employé et sollicité de commettre plusieurs crimes et assassinats, comme il nous pourrait dire; nous requérant nous transporter chez ledit Margault, faire procès-verbal de l’état de sa misère et lui donner soulagement, ne croyant pas qu’il puisse longuement vivre, cpiand même il serait hors de cette tyrannie; et s’est jeté à genoux devant nous et pleurant, pour obtenir de nous transporter chez ledit Margault et soulager sondit oncle, disant qu’en son particulier il ne se plaint point, en ayant néanmoins beaucoup de sujet, ledit des Francs l’ayant voulu faire tiier par un nommé la Jeunesse, qui est son valet de chambre depuis six mois; que ledit la Jeunesse lui présenta son pistolet à la tête, qui prit un rat, ledit la Jeunesse étant à cheval sur un des chevaux de son maître. Ne sait pourquoi ledit des Francs le voulait faire assassiner, si ce n’est à cause que ledit des Francs lui avait commandé de tuer le juge de Saint-Savin, nommé Arnaudet, et que sondit oncle nous en dira bien davantage. Dit encore que, lorsque lui parlant demeurait au logis de des Francs, il y a environ quatre ans, ledit des Francs lui commandait d’aller aux métairies dépendantes et des environs de Saint-Savin avec une arquebuse tuer des poules et des pigeons, ce qu’il faisait de crainte d’être battu de sondit maître, qui était au temps qu’il lui commandait de tuer le juge de Saint-Savin. Et après lui avoir fait faire lecture de ce qu’il a dit et déclaré ci-dessus, et le serment de lui pris, a dit que la déclaration est véritable, et déclaré ne savoir signer.
(Le même jour, le prévôt général ordonne que le procureur Touchard percevra les revenus de l’abbaye en vertu de la procuration du sieur Rendu, économe, et met une garnison de dix hommes dans le monastère.)
Du 22e dudit mois et an. — Par-devant nous, prévôt général et conseiller député susdit, sont comparus en personnes les vénérables religieux de l’abbaye de Saint-Savin, savoir : le
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prieur du couvent, nommé frère François Goudon, frère Philippe Rigommier, sacristain, frère Jean Arnouldet, enfermier d’icelui couvent, frère Jacques Bretonneau, chantre, et frère Joachim Lhuiliier, pitancier, lesquels faisant la plus grande et saine partie nous sont venus remontrer qu’étant avertis qu’avions mis en possession maître A. Rendu, économe, nommé et pourvu par Sa Majesté, ils avaient intérêt, pour la conservation de leurs droits et pensions ordinaires qui leur sont réglés par nos seigneurs du Parlement, de nous faire ladite remontrance, à lin de continuation du payement suivant ledit arrêt, qu’ils ont dit être entre les mains de leur conseil à Chauvigny, et nous ont représenté un jugement donné à Montmorillon en exécution dudit arrêt, portant condamnation contre les fermiers à faute de payement au profit dudit Bretonneau, sur le refus qu’il nous a dit que le sieur des Francs faisait de le faire payer, et empêchait par toutes voies et menaces, dont il n’a point, quant à présent, été payé de deux quartiers échus et passés...
Que depuis quatorze ans qu’il est dans l’abbaye, le sieur des. Francs l’a toujours vexé et tourmenté par toutes voies; ains, ne se contentant de lui en faire de lui-même, lui en faisait faire par ses serviteurs domestiques qui le menaçaient, et particulièrement ledit sieur des Francs, s’il ne lui donnait cent écus, ce qu’il fut contraint de faire, et lui furent donnés par le père de lui, Bretonneau, sans que pour cela il ait cessé de le tourmenter et oppresser; et dit aussi que le sieur des Francs ne veut permettre à lui ni aux autres religieux de prendre son chauffage dans le bois de l’abbaye, suivant le concordat fait entre eux, le tout par violence, et que, quand on veut alléguer que le nommé Charles de Neucbèze est abbé commendataire, c’est pour sauver sous son nom ladite abbaye, de laquelle le sieur des Francs dispose pleinement et absolument, ledit Charles de Neuchèze n’étant que son bâtard en l’âge de dix-neuf à vingt ans, qui ne fait aucune fonction d’abbé, et ne va en l’église de l’abbaye, et ne l’y avoir jamais vu; sait fort assurément que ledit Charles de Neuchèze ne dispose d’aucune chose de l’abbaye, et que le tout est en la jouissance dudit sieur des Francs, duquel lui ni ses confrères ne peuvent être payés que par procès, et a signé Bretonneau.
Et a été dit par frère François Goudon, prieur, prévôt et chambellan de l’abbaye, que le sieur des Francs jouit et a toujours joui de ladite abbaye depuis vingt ans, sous le nom de plusieurs qui ont été reconnus par lui, prieur, pour abbés commendataires, savoir : d’un nommé Claude Vautron, fds d’un notaire de Dijon, d’un nommé Pierre Grandjean, aussi de Bourgogne, et à présent de Charles de Neuchèze, fils naturel du sieur des Francs, sous le nom desquels le père du sieur des Francs et lui à présent ont toujours joui de ladite abbaye et disposé à leur volonté. Dit que quelques-uns des religieux ont eu procès avec le sieur des Francs sous le nom de Charles de Neuchèze pour leurs pensions, que ledit sieur des Francs ne leur voulait payer, et voulait contraindre lesdits religieux d’aller quérir leur mandement au logis dudit sieur des Francs, qui était sous les ordres de l’abbaye, et en aurait menacé quelques-uns desdits religieux à coups de bâton, ainsi qu’il a ouï dire au frère Rigommier, sacristain, et est ce qu’il a dit à son égard, nous requérant que l’économe à présent pourvu de ladite abbaye soit tenu et contraint de les payer suivant l’arrêt qu’ils ont obtenu contre ledit abbé, et a signé F. Goudon.
Et a été dit par ledit Rigommier qu’il. y a trois ou quatre ans qu’il est en procès conli-
ait
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nûet contre Charles de Neuchèze, abbé commendataire, qu’il reconnaît pour être fils naturel du sieur de Neuchèze, sieur des Francs, qui jouit du revenu d'icelle sous le nom dudit Charles, pour le payement de sa pension monacale; qu’il a été contraint de quitter et abandonner le couvent pour cause des menaces et violences dont il était menacé par le sieur des Francs, qui même l’en aurait fait condamner par corps par le juge de Châtellerault pour ne l’avoir jamais voulu reconnaître à juge, dont il se serait plaint à la cour avec ses autres confrères; et qu’étant un jour chez le sieur baron des Francs, il l’aurait. voulu battre à coups de bâton sans aucun sujet, l’aurait troublé et empêché plusieurs fois dans son office de sacristain, lui ayant fait couper deux ou trois fois ses cierges sur l’autel, le prêtre célébrant la sainte messe, fait battre ses serviteurs, rompre la porte de l’église et cadenas des fenêtres, desquels excès en partie il a fait paroir à la cour, tant par mémoire qu’il a fournis qu’informations vues par M. l’avocat général, qui sont de présent au greffe de la cour, et outre qu’il appert avoir obtenu arrêt de NN. SS. de la cour pour le payement de ladite pension monacale, il n’a pu faire mettre ledit arrêt à exécution à cause des violences du sieur des Francs, et qu’il lui a fallu enfin, pour avoir le payement des susdites pensions, en dépenser la moitié pour les retirer. Dit aussi savoir que le sieur des Francs a joui de l’abbaye sous le nom de Pierre Grandjean de Bourgogne, et qu’il en jouit encore de présent sous celui de Charles de Neuchèze, son fils naturel, issu, comme il l’a ouï dire, d’une concubine nommée Prudence, et que lui et sesdits confrères souffrent violence et sont empêchés sur le fait de leurs charges, comme ils ont déjà ci-devant représenté à la cour, la liberté de vaquer aux œuvres de l’éghse leur étant ôtée avec leurs droits. Nous a le requérant suppliés d’y pourvoir et d’empêcher qu’à l’avenir ledit des Francs et autres ne les violentent, et de les faire payer de leurs pensions ordinaires par l’économe, suivant et conformément à leur arrêt, et a signé P. Rigommier.
Frère Jean Arnouldet, infirmier,- fait une déposition semblable. Il ajoute : Que le sieur des Francs est tellement violent, que, lorsqu’il disait la messe en ladite abbaye, il est venu casser les cierges qui étaient sur l’autel en célébrant ladite messe, et est venu plusieurs fois dans l’église accompagné de cinq ou six soldats. avec armes à feu; et qu’il y eut dimanche dernier huit jours qu’il fut menacé de madame des Francs pour ne l’avoir attendue à la messe, bien qu’il lui dît l’avoir attendue plus d’une heure. Et signé Arnouldet.
Et encore a été dit par le frère Joachim Lhuillier, pitancier, que depuis six ans en çà qu’il est pourvu de son office, il est troublé par ledit sieur des Francs sous le nom du nommé Denis Chesneau, domestique dudit sieur des Francs, qui ne fait aucune fonction monacale pour n’être de la qualité, et aussi qu’il ne peut être payé de sa pension monacale, etc. Signé J. Lhuillier.
Du lundi 2 3' desdits mois et an. - Par-devant nous, etc. est comparu en sa personne André Barbier, écuyer, sieur de la Poschetière, demeurant à la maison de la Poschetière, près Saint-Savin, âgé de cinquante-cinq ans environ, serment de lui pris en cas requis :
Se plaint des violences qui lui sont faites journellement et à sa. famille par le sieur des
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Francs, sa femme el ses domestiques, disant qu’il y a environ l’espace de quatre ans qu'un des religieux de l’abbaye, nommé frère Jean Barbaron, chambrier, mourut, lequel avait plusieurs meubles et obligations dont ledit des Francs s’empara et a disposé à sa volonté, comme de l’office dudit Barbaron, chambrier, qu’il a vendu neuf cents écus à un nommé Jacquet, président en l’élection du Blanc en Berry, pour faire pourvoir son fils audit office de chambrier; lequel défunt Barbaron, oncle de lui, qui possédait une métairie qui lui appartenait de ses propres, à caiise de la mère dudit Barbaron, de laquelle ledit des Francs voulait s’emparer des fruits, en fit ôter et disposer du bétail de ladite métairie par autorité et violence, étant assisté d’im nommé Toucbard et défunt Jean Fougerou, et quantité de ses valets domestiques, tous armés d’épées, arquebuses et pistolets; «t quelque temps après, que la dame des Francs serait venue en la métairie de Sartiger, assistée de Touchard, Fougerou et de domestiques armés comme il a dit ci-dessus, qui prirent lui déposant à la gorge, et la dame des Francs se saisit de la femme de lui déposant, et en sa présence bailla des soufflets à sadite femme, déchira ses habits, sans qu’il la pût secourir, étant retenu par violence par lesdits Fougerou et autres, la plupart desquels avaient l’épée nue à la gorge de lui déposant, et journellement du depuis, le sieur des Francs et ses domestiques vont en sa maison de la Poschetière, lui gâtent entièrement ses blés et ses vignes sous prétexte de la chasse, si bien qu’il le priait d’abandonner sadite maison de la Poschetière, et, de fait, l’a quittée et abandonnée, et s’en est allé demeurer à Poitiers; comme aussi un sien métayer, à cause des violences du sieur des Francs et les siens, et dans le commencement de ces violences ledit des Francs et les siens faisaient prendre à la vue de lui déposant, qui est gentilhomme, toutes les poulailles de sa maison, et tuer les brebis d’icelle par ses chiens. Dit aussi que ledit des Francs est tellement violent et malfaisant à un chacun, qu’il ne se peut rien ajouter; que tout le monde a sujet de se plaindre de ses déportemenls, aussi bien que lui; que la plupart ne l’osent faire, crainte de ses oppressions; mêmement que ledit. des Francs tient un religieux de ladite abbaye, de son autorité particulière, en une prison qu’il lui a fait construire en cette ville, qui n’est de largeur que de deux pieds et demi, et qui n’a aucune ouverture en trois endroits que de trois doigts ou environ, ayant ledit religieux plusieurs entraves et chaînes de fer aux jambes et aux mains, si bien qu’il est destitué de toute assistance par les violences dudit des Francs, qui est la plus grande misère et horreur qui se puisse dire et imaginer; comme aussi il a fait faire des assassins par les siens au sieur de la Richardière, exempt des gardes du corps du Roi, et fait emporter tous ses meubles de sa maison, la plupart desquels il a de présent chez lui, sous des prétextes qu’il a voulu prendre contre ledit Richardière pour exécuter ses violences contre ledit Richardière; et a signé A. Barbier.
La déposition de demoiselle Fleurance Ardon, femme d’André Barbier, est de tous points conforme à la précédente. Elle ajoute qu’après l’avoir maltraitée ainsi que son mari, les gens du baron des Francs enlevèrent et emportèrent tous les grains de sa métairie, qu’ils avaient fait battre, et le bétail de ladite métairie. Elle termine en disant que, si M. le prévôt général voulait informer des mauvais déportements du baron et des siens, et que chacun crût avoir la liberté de dire ce qu’il sait, le prévôt général serait plus d’un mois sur le pavé en cet emploi d’informer seulement. Signé F. Ardon.
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Jean Chauvet, écuyer, sieur de la Richardière et de Beauchamp, demeurant à Beauchamp, capitaine, exempt des gardes du corps du Roi, âgé de quarante-cinq ans, après serment de lui pris, au cas requis, a dit :
Qu’il se plaint que, sans cause et sans sujet quelconque, et. ayant toujours eu l’honneur de servir le Roi et encore, en la charge d’exempt, annuellement, le sieur des Francs, demeurant en l’abbaye de Saint-Savin et jouissant d’icelle, l’ait envoyé assassiner par ses domestiques, le 2 7e juin dernier, en sa maison de Beauchamp, proche Saint-Savin d’un quart de lieue, et étaient les assassinateurs les nommés Pierre Huguenot, dit la Jeunesse, Louis Guillaumet et la Vigne, et le nommé Denis Chesneau, qui vinrent le jour susdit en sa maison, sur les trois heures de relevée, armés, savoir, lesdits Guillaumet et Chesneau, de chacun une épée et longue arquebuse, et étaient à pied, et ledit la Jeunesse, monté sur le meilleur des chevaux du baron des Francs, qui était gris, et armé de deux pistolets à l’arçon de sa selle, lesquels entrèrent en la basse-cour de sadite maison, allèrent dans la grange où étaient des batte ùx qui arrangeaient des gerbes, et battirent lesdits hommes, puis vinrent à la porte de lui plaignant, criant à lui en ces mots : « Sors, coquin, cornard, sot! » et plusieurs autres injures. Et voulant ledit plaignant sortir de sa chambre pour savoir ce que c’était, à cause qu’il était auprès de sa femme qui était malade , il prit une carabine en sa main pour aller fermer une porte qui enferme sa petite cour de la grande. Trois hommes lui présentèrent les arquebuses et pistolets et le couchèrent en joue; ledit la Jeunesse lui tira un coup de pistolet, et lui plaignant à l’instant tira sur eux et blessa ledit la Jeunesse, comme il a su du depuis, fort légèrement en une cuisse. Lesquels après cela se retirèrent vers ledit Saint-Savin. Ce fait, lui plaignant s’en alla en l’heure même en la ville de Poitiers faire sa plainte au prévôt des maréchaux dudit lieu, et ne la voulant faire au prévôt de Montmorillon, qui n’est qua une lieue de Saint-Savin, à cause que ledit prévôt est son confident et ami (du sieur des Francs), et duquel il se sert d’ordinaire pour exercer ses violences, à cause qu’il tient quantité de terres qui dépendent de ladite abbaye, lesquelles ledit des Francs lui promet de lui anoblir. Et pendant que ledit plaignant était à Poitiers, ayant ledit des Francs su qu’il y était allé se plaindre, icelui des Francs envoya quérir ledit prévôt de Montmorillon au galop par le nommé Léonard Touchard, qui était d’ordinaire avec lui, et ledit jour qu’ils eurent fait l’assassin (sic), ledit Champagne, seul, sans greffier ni archer, vint audit Saint-Savin trouver le sieur des Francs, et sur les neuf heures du même jour, qui était nuit et heure indue, alla ledit Champagne en la maison du plaignant, assisté de Touchard, qui lui servait de greffier, desdits Chesneau et Guillaumet, qui l’avaient assassiné ledit jour, d’un nommé Lebret, qui est à présent prisonnier par le commandement du Roi ès prisons de Poitiers, dun nommé Lamotte, frère bâtard de ladite dame Deschamps [sic, peut-être des Francs), Jean Fougerou, défunt, le fils d’un nommé Pierre Randon, frère de la suivante de ladite dame des Francs, le nommé Aubert et plusieurs autres valets et domestiques dudit des Francs, comme il lui a été dit et rapporté par sa femme, tous lesquels prirent, volèrent et emportèrent tous les meubles de valeur de plus de deux mille francs, et outre lui volèrent quantité de papiers et obligations pour plus de huit, mille francs, et pour ce faire rompirent tous les coffres qui étaient en sa maison fermés à clef, lui volèrent aussi son argent, où il y avait
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plus de six cents écus. Était aussi avec eux le nommé Lombault, notaire audit Saint-Savin, qui est entièrement à la dévotion de des Francs, et prirent tous ensemble ledit vol sous prétexte de justice, et les officiers ci-dessus dénommés, ledit des Francs s’étant fait adjuger tous les meubles sous le nom de gens à sa dévotion, comme Fougerou et autres, et lesquels meubles ledit des Francs a encore dans sa maison à présent, s’il ne les a fait ôter depuis que sommes arrivés : tous lesdits meubles appartenant audit plaignant furent amenés en trois charrettes, et lui volèrent aussi quantité de blé, dont ils disent et en, emploient soixante et quatorze boisseaux de froment, encore qu’il y en eût bien plus grande quantité, et valoir lors 4 livres le boisseau, ou 3 liv. î o s., lesquels meubles et blés furent enlevés et emmenés par les métayers et meuniers de l’abbaye, et le tout mis au logis de Pierre Rimbaud, receveur de l’abbaye, qui était aussi assistant audit vol. Lui volèrent aussi trois arquebuses, un pistolet et une bandoulière de velours bleu qui lui servait à sa charge, sur l’une desquelles trois arquebuses ou carabines étaient les armes du Roi et le nom du sieur du Haliier, capitaine des gardes, et encore celui du plaignant. Desquels assassinats il a fait sa plainte par-devant le prévôt de Poitiers, et du depuis l’a faite à S. M., qui donne arrêt de défense contre le prévôt de Montmorillon, ledit arrêt du 18 juin dernier, et fut renvoyé au présidial de Poitiers pour lui être fait droit. Néanmoins ledit des Francs ne laisse journellement de menacer le plaignant de le faire assassiner par ledit la Jeunesse, et est tous les jours avec huit ou dix chevaux, sous prétexte d’aller à la chasse, armés d’arquebuses et pistolets, vers la maison du plaignant, en sorte qu’il n’ose sortir de sa maison qu’avec crainte d’être assassiné. Et dit aussi que (le baron des Francs) se servant à tous usages du prévôt de Montmorillon comme il fait, il a fait informer contre les métayers dudit plaignant, afin de rendre ses métairies désertes par leur absence, comme ils ont fait, et ne sont retournés en ses métairies qu’après que ledit plaignant a obtenu arrêt au conseil du Roi contre ledit prévôt et tous autres d attenter a sa personne. Et a bien dit encore que le sieur des Francs est tellement artificieux et violent en ses malices, qu’il les exerce généralement contre un chacun à la ruine de tous ceux contre qui il entreprend, même tient un des religieux de l’abbaye, sans autre cause, à ce qu’il a ouï dire, en la plus grande et détestable prison qui se puisse jamais imaginer, l’ayant fait édifier et construire en une chambre d’un habitant de cette ville nommé Margault, auquel il a donné le droit de prison, et n’a celle qu’il a fait construire pour ledit religieux, nommé Bellay, que deux pieds et demi de longueur et largeur, sans vue aucune, et a ledit Bellay plus de cent livres de fer pesant aux pieds et aux mains, mangé de poux, sans pouvoir s’aider des mains pour se frotter et gratter, et contraint de faire tout sous lui; que ledit Bellay a été amené de Bourgogne et l’a fait recevoir religieux en ladite abbaye, malgré tous ceux qui étaient lors, et a ouï dire que des Francs se voulait servir de cet homme pour le venger de ses passions, pour raison de quoi il est détenu en captivité, où il est à présent, et est tout; et a signé Jean Chambret.
Demoiselle Catherine Riot, femme de Jean Chauvet, dépose des mêmes faits et presque dans les mêmes termes. Elle dit que les gens du baron des Francs ne lui laissèrent que le lit dans lequel elle était couchée, même la menaçaient de la mettre sur le carreau, si elle ne signait un rapport qu’ils lui présentèrent, et outre faire brûler sa maison; ce quelle signa,
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étant lors si interdite, si touchée de mal, quelle ne savait ce quelle faisait, etc., elc. Signé Catherine Riot.
Gabriel Pignat, sergent royal, demeurant à présent en la paroisse clè Jaulnav, proche Saint- Savin de deux lieues ou environ, le serment de lui pris au cas requis:
Dépose qu'il a été contraint de sortir de Saint-Savin, oii il faisait sa demeure, à cause des violences du sieur des Francs, sans raison contre lui, et prenait son sujet de le menacer sur ce que lui déposant avait fait plusieurs exploits et poursuites à la requête des révérends pères de l'abbaye de Saint-Savin, à l’encontre des fermiers de ladite abbaye, en vertu d’arrêts de nos seigneurs de la cour, à faute de payement par des Francs de leurs pensions monacales; mêmement pour avoir signifié un arrêt du conseil du Roi au sieur des Francs et ses domestiques, à la requête du sieur de la Richardière, exempt des gardes du corps du Roi. Dit que depuis il avait trouvé le sieur des Francs sur le grand chemin allant de Saint-Savin à la Roche de Lussan, qui l’attaqua et lui dit en ces mots : «Voleur, je te trouve ici en beau détail. S’il n’y avait point de témoins présents, je t’apprendrais à me faire des exploits; mais je te le garde (en jurant par la mort Dieu), je t’aurai. » Et encore du depuis, qui fut environ huit jours, qu’il trouva ledit des Francs qui s’en retournait de la chasse qui courait avec d’autres. Le déposant se sauva à la vitesse d’une bonne cavale qu’il a, et fut couru plus de deux cents pas; et, comme ils virent qu’ils ne le pouvaient joindre, ils l’abandonnèrent, cpii fut sur le. grand chemin de Saint-Savin à Hains. Et trouvé, comme il courait encore, par le sieur et demoiselle de la Rochelière, cjui lui demandèrent où il allait si vite, auxquels il répondit qu’il venait de trouver le sieur des Francs et autres qui l’avaient couru, et qu’il lui avait été besoin d’être bien monté. Dit qu’il est violent contre tout le monde, et qu’il se sèrt de gens pour venger ses passions et contre un chacun. Signé Pignat.
(Suivent de nouvelles réclamations des frères Rigommier, sacristain; Arnauldet, infirmier; Bretonneau, chantre, et Lhuillier, pitancier, au sujet de leurs pensions monacales. J. Ferron, procureur fondé de pouvoirs de l’abbé commenclataire Charles de Neuchèze absent, contredit leurs déclarations sur plusieurs points. 11 prétend que Lhuillier n’est point pitancier; que cette charge appartient à Denis Chesneau, aux champs par permission de l’abbè; que l’abbé a de grands dommages et intérêts contre Bretonneau, à raison d’une action criminelle pour laquelle il est condamné par arrêt, en vertu duquel ledit sieur abbé a fait arrêter sa pension. Quant aux autres pensions, le fondé des pouvoirs déclare qu’elles sont payées régulièrement. Toutes ces allégations sont contredites par les religieux.)
Le même jour est comparu Charles Touchard, au nom et comme procureur dudit Rendu, économe, qui nous dit être menacé, sous les noms du sieur des Francs, par sa femme et serviteurs qui sont en ce lieu, qu’il ne lèvera point les fruits pour ledit économat, et quelle 1 en empêcherait, et que, s il va par les fermes et métairies de ladite abbaye, ses amis le peuvent suivre pour apporter son corps, et lorsque nous serions partis de ce lieu, que la garnison par nous établie dans l’abbaye et tous ceux qui seront pour ledit économe pouvaient bien s assurer qu’on les maltraiterait et les chasserait de ladite abbaye, nous requérant pourvoir mûrement et sûrement audit établissement, sûreté et conservation de ceux qui sont employés auparavant notre partement, et que les archers et soldats qui demeureront en ce
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lieu soient par nous commandés de l’assister aux saisies et arrêts qu’il entend faire présentement sur les fermiers et bien-tenants de ladite abbaye pour la conservation des fruits d’icelle, requérant par ce notre ordonné; auquel Toucbard, audit nom, avons octroyé acte de sa remontrance et déclaration , et à lui permis de faire saisir et arrêter entre les mains de tous et chacun les fermiers et bien-tenants de ladite abbaye, pour la conservation des droits d’icelle pour ledit économe, et enjoint à Duchesne, l’un de nos archers et soldats qu’avons laissés en ladite garnison, d’assister à l’exécution de notredite ordonnance, et défense à toutes personnes de violenter ledit Toucbard et tous autres faisant pour lui. Fait et donné, etc. le 2 3 octobre i63i. Signé Touchard.
Du vendredi 1 4 desdits mois et an. — Jacques Biseuii, dit Duchesne, l’un de nos archers, nous aurait rapporté que, sur le commandement que lui venons de faire présentement d’aller dire à maître Raveau, notaire audit Saint-Savin, qu’il vînt parler à nous, qu’avions affaire de lui, qu’on lui aurait dit, allant à la maison dudit notaire, qu’il était avec la dame des Francs, où serait allé avec Jacques Billot, l’un des archers de la maréchaussée de Cbinon, où étant, et après avoir salué ladite dame, aurait dit au notaire qu’il vînt parler à nous, ce qu’il voulait faire; mais ladite dame lui aurait dit quelle ne le voulait pas, et qu’ils n’avaient que faire de venir à son logis; que s’ils n’en sortaient pas présentement, elle les ferait bien sortir de force, et que le prévôt de l’Isle, leur capitaine, et eux, n’étaient que des voleurs; quelle nous ferait repentir d’être venus audit Saint-Savin, et quelle empêchait que ledit notaire vînt nous trouver. Après lequel rapport fait par les dessusdits * aurions ordonné auxdits Duchesne, Billot, d’y retourner et prendre avec eux des soldats de notredite compagnie, et d’amener ledit notaire parler à nous, ce qu’ils auraient fait; et étant retournés en la maison de la dame des Francs, et au sortir d’icelle, ladite dame aurait pris un pot de nuit plein d’urine et vilenies qu’elle aurait jeté au visage dudit Duchesne, d’un nommé Doubleau, et leur aurait dit qu’ils étaient des marauds et des coquins, et voulu prendre un bâton pour les frapper, et qu’ils souffrirent les violences de ladite dame sans lui faire ni médire aucune chose, de peur d’être blâmés de nous; et ont signé : Jacques Biseuil, Doubleau, Billot.
(Le même jour, le prévôt général prend plusieurs décisions pour le payement des fermages de l’abbaye, la conservation des revenus, les quittances des bien-tenants, etc. puis il reçoit une déposition des religieux déjà nommés, au sujet de la prison du nommé Bellay. J’ai jugé inutile' de transcrire cette déposition, qui ne fait que reproduire les précédentes. On sera sans doute surpris que les religieux de Saint-Savin aient fait si tard cette démarche, et que le prévôt l’ait attendue pour vérifier les faits horribles qui avaient été signalés dès le premier jour de son arrivée à Saint-Savin.)
Suivant la réquisition et plainte des dessusdits, nous sommes transportés en la maison dudit Margault, sise en ladite ville de Saint-Savin, et étant en la chambre de lui * avons demandé où était ledit. Bellay, religieux prisonnier; nous a ouvert une porte et nous a fait voir une muraille dans laquelle il y avait ouverture de vue à quatre doigts, laquelle a sa vue dans une petite chambre obscure, et que ladite muraille avait été faite faire par ledit des Francs et l’abbé pour y tenir exprès ledit Bellay, religieux, qui y avait été apporté dès le 8° jour de
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mai dernier, auquel avons fait commandement de faire . ouverture d’une petite porte de hauteur de deux pieds et demi et de largeur d’un pied et demi, et faire sortir ledit Bellay, à l’ouverture de laquelle aurions senti une si grande puanteur et infection, que n’avons pu demeurer à ladite porte. Et. sommes rentrés en là chambre de Margault en présence de quantité de personnes, où ledit Margault a amené ledit Bellay, enchaîné et enfergé d’entraves qu’on donne aux chevaux, et en avait deux paires aux jambes et aux cuisses, et aux mains avait une barre de fer avec des menottes et cadenas. Ledit Bellay, se voulant avancer, serait tombé par terre, et l’ayant fait relever et prendre par nos soldats et fait asseoir dans une chaise, l’aurions interrogé doucement sur les causes de sa prison, et lui faisant des questions et propositions, l’aurions trouvé tout égaré et aliéné de sens, nous témoignant néanmoins avoir grande aise de nous voir, et aurait dit qu’il ne nous pouvait déclarer son mal qu’en particulier. Signé R. Margault.
Ce fait, nous sommes retirés à notre hôtel et avons envoyé quérir ledit Bellay par nos archers, cpii font apporté, pour ouïr ses plaintes en liberté, et est venu avec Bellay ledit Margault, qui nous a représenté un papier en petit volume contenant huit feuillets, dont il y en a un et demi écrit, et en la première feuille est la charge et écrou dudit Bellay, signé Touciiard, ladite charge et écrou en date du 8e mai dernier; lequel papier a été rendu à l’instant audit Margault, et fait retirer le monde pour ouïr ledit Bellay, lequel a été apporté en notre logis enlravé de trois chaînes servant à entraver les chevaux dans la campagne et menottes, comme est ci-dessus déclaré. Lequel Bellay avons fait mettre en une chaise, et tenu par deux de nos soldats, et le voulant interroger, le cœur lui a failli à cause du grand jour, comme nous croyons; et, après avoir pris ses esprits, nous a dit en ces mots : « Monsieur, je suis bien affligé, mais Dieu me fait une grande grâce, et me la ferait très-grande si je mourais présentement devant vous, tant j’ai peur et appréhension de retourner au lieu dont je viens de sortir. Promettez-moi la liberté, ou au moins que je ne sois pas emprisonné et captif en un lieu si odieux et si horrible. Ayez pitié de votre semblable, monsieur, et voyez trois chaînes et entraves qu’on donne à trois chevaux pour les garder. Voyez cette barre de fer et menotte que j’ai aux mains depuis huit mois, et les peaux endurcies quelles m’ont faites; mes blessures et trous aux jambes et mains se sont guéries d’elles-mêmes, et ces grosses peaux les ont couvertes. Cela n’est rien, monsieur, au respect du lieu de ma prison, qui n’est pas de longueur et de largeur de deux pieds et demi. Dieu me ferait beaucoup de grâce si j’étais mort plutôt que' d’être prisonnier de cette façon. — Et sur le sujet de sadite prison, nous a dit qu’il y a onze ans que le sieur des Francs étant à Paris lui lit promettre qu’il viendrait demeurer en ce lieu de Saint-Savin, où il lui donnerait place en son abbaye et le ferait prieur d’icelle, et se voulait lier en lui de toutes ses affaires, et le persuada tant, qu’il lui promit de venir. De fait vint trouver ledit des Francs en cedit lieu, où il demeura en la maison de la Plante, archer, environ de deux mois, puis après lui donna une place moyenne en l’abbaye et l’office d’enfermier avec translation de sa sainteté, et quelque temps après employa cependant ledit à le garder, à cause qu’il était malveillant d’un chacun et mêmement des religieux, auxquels il faisait du mal, et ne les voulait payer de leurs pensions, où ledit des Francs l’employa de vouloir couper les bras et les jambes au sacristain de ladite
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abbaye, Bretonneau, et au nommé Letardet, ce qu’il ne voulut faire, même que commandé de porter toujours une courte épée sous la robe pour faire peur et mal, s’il en était besoin, à sesdits confrères, ce qu’il ne voulut faire, dont il commença à haïr lui répondant; l’employa aussi à tuer, avec son neveu Claude Bellay, M. d’Argenson (om d’ArgentonP), maître des requêtes, ce qu’il ne voulut aussi faire. Cinq ans sont ou environ, et pour cet effet l’avait mis dans le prieuré de Nau-l’Abbé avec sondit neveu, et lui envoya quatre soldats, et lui avait recommandé qu’au temps que ledit sieur d’Arg'enson viendrait audit lieu de Naul’Abbé, qui est un bénéfice qu’il disputait contre lui répondant, qui le tenait sous son nom au profit dudit des Francs, qu’il le tuât, assisté de sondit neveu, et pour cet effet lui avait envoyé deux pistolets pour faire le coup, sous compte et promesse d’un accommodement; ce qu’il n’a voulu faire. Et le gourmanda fort de ce qu’il n’avait pas tué un gentilhomme nommé Fondbauldry, qui était venu lui parler de la part du sieur d’Argenson. Puis après lui a voulu faire mal du depuis pour n’avoir pas voulu consentir et prostituer en ses mains une sienne nièce, nommée Perrette Bellay, à présent femme de Léonard Lamour. Depuis a toujours fait du mal audit répondant, lui a dénié le payement de sa pension alimentaire monacale, et lui a fait du pis qu’il a pu, l’ayant fait battre plusieurs fois, et fait mettre prisonnier en plusieurs endroits, comme à la maison de défunt Fougerou, l’un de ses affidés, et de chez ledit Fougerou fut amené par les domestiques de des Francs à Châtellerault, où les geôliers des prisons ne le voulaient recevoir, et dudit Châtellerault le menèrent prisonnier dans la grosse tour de Monthoiron, appartenant à la mère de la femme dudit des Francs, où il demeura deux fois vingt-quatre heures sans boire ni manger; de laquelle tour ledit parlant sortit et s’en vint en l’abbaye de Saint-Savin, où étant, fut repris par les serviteurs domestiques dudit des Francs, qui lui donnèrent plusieurs coups de pied et bâton, desquels coups il est rompu, ainsi qu’il nous a fait voir, comme aussi d’un coup depée sur le poignet du bras, lui déchirant ses vêtements, et le ramenèrent au logis de Fougerou, où il a demeuré un mois ou environ au pain et à l’eau; ce que voyant ledit Fougerou, et. considérant la misère dudit Bellay parlant, n’ayant moyen de l’alimenter, prit ledit Bellay sur son cou, tout entravé de fers et chaînes, et le porta à la porte dudit des Francs sur les six à sept heures du soir, et fut encore ledit parlant repris par les serviteurs dudit des Francs et porté dans la chambre de Margault et mené dans un petit colombier de la maison dudit Margault, et y fut pendant vingt-quatre heures que l’on bâtit un petit enclos au côté d’une chambre, qui n’a seulement que deux pieds et demi de largeur et longueur, et trois doigts de vue dans une chambre fort obscure; dans lequel enclos il fut mis et enchaîné à une pierre avec des entraves, chaînes et menottes qu’il a encore aux pieds et mains, où il a demeuré jusqu’à présent, nourri au pain et à l’eau, ledit pain n’étant que moitié d’avoine et d’orge, et ledit répondant plein et couvert de poux, comme nous l’avons vu les faire tomber de dessus son estomac et dessus ses mains en si grande quantité, que le nombre ne s’en peut écrire, et a signé. — Et a dit encore que, sur le sujet de l’assassin que le sieur des Francs voulait qu’il fit au sieur d’Argenson , il y en a deux lettres à lui écrites par le sieur des Francs, qui sont obscures et en mots couverts, lesquelles il croit être entre les mains du juge de Saint-Savin, qui lui ont été données par Léonard Lamour, qui a épousé sa nièce. Signé IL Bellay.
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Perrette Bellay, femme de Leonard Lamour et nièce de frère Hugues Bellay, enfermur de l’abbaye de Saint-Savin, demeurant au village de la Vieille-Verrière et à une lieue de Saint-Savin, laquelle nous a remontré et fait plainte que ledit Bellay, son oncle, est détenu prisonnier par le sieur des Francs, depuis huit mois en çà, dans un lieu si misérable, que ne sait plus s’imaginer, et que c’est à cause que sondit oncle n’a voulu adhérer aux pernicieux desseins ët volonté dudit des Francs, et pour n avoir voulu prostituer ladite Perrette audit des Francs, et que six mois sont ou environ que Charles de Neuchèze, abbé et fils bâtard dudit des Francs, vint trouver ladite parlante au bord de la rivière, et lui dit, si elle voulait aller dans le jardin de la chambrière parler audit des Francs, son père, et lui vouloir adhérer à ce qu’il lui demanderait, que ledit des Francs lui rendrait son oncle qu’il tenait prisonnier; à quoi ladite parlante ne voulut adhérer, et sait que ledit des Francs et sa femme sont violents; et est tout, et a déclaré ne savoir signer.
Ce fait, avons ordonné que ledit Bellay, religieux, sera mené et conduit en la maison dudit Margault, dont il a été extrait et tiré, de notre ordonnance, pour recevoir sa plainte en notre logis, et remettre ledit Bellay aux mains dudit Margault, avec injonction que lui faisons de lui faire meilleur traitement, lui ôter la plus grande partie des fers et entraves qu’il a aux jambes, et lui donner la liberté de dire son office et faire ses prières comme il est obligé; lequel Bellay, religieux, oyant notre présente ordonnance, s’est jeté parterre avec lesdits fers, et s’est écrié : « Monsieur, faites-moi pendre présentement ou me faites noyer, si voulez me renvoyer au lieu dont je viens de sortir. Mon Dieu! n’y a-t-il point de juges qui aient pitié de ma grande misère? » Et à ses clameurs sont entrés plusieurs habitants dudit Saint-Savin en notre chambre, qui ont trouvé ledit Bellay par terre, nous baisant les pieds et nous requérant de fêter de sa misère; la plupart desquels habitants jetaient des larmes de voir ledit Bellay au piteux état qu’il était, et quelques-uns d’eux se sont mis à genoux, nous requérant d’avoir pitié dudit Bellay et de lui faire ôter ses fers. Voyant l’état pitoyable d’icelui Bellay, avons estimé que le Roi et nos seigneurs de son conseil et du parlement trouveront bon donner intervalle aux maux et souffrances dudit Bellay, lequel avons mis entre les mains de Jacques Biseuil, sieur Duchesne, l’un de nos archers, qui a bien voulu par charité se charger de sa personne, auquel avons enjoint et aux soldats le laisser avec lui en la garnison dudit Saint-Savin, de le garder et veiller et le soulager aussi, afin qu’avec leur sûreté il puisse avoir plus de liberté jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné, et que ledit Bellay ou ses amis se soient pourvus pour lui vers le Roi et nos seigneurs du parlement, ainsi qu’ils verront être à faire; et moyennant ce, ledit Margault demeure déchargé dudit Bellay, laquelle décharge sera faite sur le papier qu’il nous a présenté par notre greffier, et lequel Margault nous a dit sur ce , que les sieurs des Francs et son fils bâtard l’envoyèrent quérir le 8e jour de mai dernier, et lui commandèrent de recevoir ledit Bellay, religieux, et qu’il demeurât en l’état qu’il était avec ses chaînes et fers; que ledit Bellay était en la cuisine de la maison dudit des Francs, enchaîné comme le voyons, et que ledit des Francs et abbé firent bâtir dès le lendemain le lieu de la prison où l’avons trouvé, lui enjoignant de le bien garder et ne lui bailler que du pain et de l’eau; néanmoins parfois lui a donné de la viande à l’insu dudit des Francs et abbé, et avait grande pitié et compassion
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du mal que souffrait ledit Bellay; que ledit des Francs et abbé lui donnaient tous les mois cinq écus pour sa nourriture et garde, nous requérant ledit Margault de ne remettre point ledit Bellay entre ses mains et l’en décharger, et que ferons une œuvre méritoire devant Dieu et le monde, et nous a dit qu’il est garde-bois de ladite abbaye et conciergerie, et n’a voulu signer.
Ce fait, nous sommes transportés, pe requérant ledit maître Jacques Touchard, et lui présent, en la métairie et grange des dîmes de ladite abbaye de Saint-Savin, de l’autre côté de la rivière et en longueur de ladite abbaye, environ quatre cents pas, pour voir lesdits blés et foins de ladite abbaye et en faire foi, où étant, avons vu la dame des Francs, qui venait à la grange et métairie; et trouvant la porte de ladite grange fermée et demandant la clef, nous aurait ladite dame dit plusieurs paroles injurieuses et dit quelle avait la clef et quelle ne l’ouvrirait point, et que tous les blés et fruits qui étaient dans cette grange étaient à elle, quelle les avait achetés de l’abbé, se moquait de nous, et après, aurait été même ouvrir la porte de ladite grange en présence du procureur de cour dudit Saint-Savin, d’un notaire et d’un chirurgien et plusieurs femmes, où était aussi le prieur de ladite abbaye, lorsqu’elle nous disait toutes sortes de paroles violentes, et quelle saurait bien avoir la raison de ce qu’on entreprenait de déposséder son mari et elle, et quelle allait de pair avec les princesses du sang. Pour toutes réponses, lui aurions dit que cela était bon à alléguer et dire en son village, et n’ayant voulu nous donner le cadenas de ladite grange ni la clef, aurions été contraints d’y faire mettre un autre cadenas, et pour cet effet avons mandé un serrurier de Saint-Savin et fait sceller, laquelle nous aurait dit quelle lèverait les sceaux, romprait tout ce qui était à ladite grange malgré nous. A laquelle aurions fait défense de troubler ledit économe, et lui aurions dit que faisions ladite saisie tant pour la conservation dudit économat que pour la recherche des crimes qu’ont commis lesdits des Francs et son fils bâtard, pour raison desquels ils sont condamnés, savoir sondit mari à avoir la tête tranchée et ledit abbé à être pendu, avec condamnation de grandes réparations et d’amendes, toutes lesquelles saisies faisons pour la conservation desdits droits à qui il appartiendra. Ains laquelle nous aurait dit quelle ne souciait de l’économe ni des crimes, et quelle jouirait malgré tout le monde de ladite abbaye. Ce fait, nous sommes retirés en notre logis audit Saint-Savin. Signé J. Touciiard.
Du samedi 2 5e du présent mois et an, avons mandé Pierre Rainbault, ce requérant ledit Touchard audit nom pour représenter par-devant nous registre de recette des rentes de ladite abbaye, ce qu’il a fait, lequel lui a été présentement rendu en mains, à la charge d’en aider audit Touchard pour ledit économe et lui payant raisonnablement les extraits dont ledit Touchard aura affaire, et a signé Pierre Rainbault.
Ce fait, avons ordonné à nos archers et soldats se présenter présentement devant notre hôtel pour s’acheminer vers Fondmorant, la Feuillade et le Vouet, pour conserver les commandements de sa majesté, et avons laissé ledit Biseuil et soldats tirés de notre compagnie en garnison à ladite abbaye, auxquels avons enjoint de bien servir le Roi, et ne souffrir qu’aucune assemblée se fasse en ladite abbaye, nous donner avis des factions et entreprises
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qu’ils découvriront, si aucunes se font contre l’autorité de sa majesté, vivant doucement et sagement avec les religieux et habitants dudit Sain t-Savin, sur peine de la vie, et de châtier de prison et de punition les soldats qui contreviendront à notre' présente ordonnance, nous en donner avis pour les faire châtier, ce qu’il a promis faire.
Nous a représenté frère Philippe Rigommier, religieux, sacristain dudit Saint-Savin, qu’il y a une grosse tour en icelle abbaye, regardant sur le marché, appelée la tour du Chambrier, qui est inutile et forte, et nous a requis de lui donner la liberté d’y habiter et d’y demeurer, au pied de laquelle un peti t jardin dépendant de la tour qui est infructueux et qu’il entretiendra et le mettra en meilleur état qu’il n’est, ce que lui avons accordé. Signé Pierre Rigommier, sacristain, et Jacques Riseuil.
Et voulant partir, avons été priés et requis par Augustin Brelhonneau, demeurant au lieu du Petit-Pin, paroisse du mont Saint-Savin, de recevoir sa plainte des violences dont lui a usé ledit sieur des Francs, et nous a dit qu’il y a douze ans ou environ qu’il fit pourvoir par Sa Sainteté de l’office de chantre en l’abbaye de Saint-Savin son fils, et. voyant le sieur des Francs le fils dudit Auguslin Brethonneau dans ladite abbaye, et qu’il voulait jeter tant ledit Brelhonneau que son fils sous les bouchaux du moulin (probablement les roues) qui est proche de l’abbaye, et pour éviter aux grandes violences dudit des Francs, ledit Brethonneau, par l’entremise de feu maître François Perrier, procureur fiscal de ladite abbaye, promit cent écus audit des Francs, dont il en paya cinquante écus, et des autres cinquante écus fit donner obligation audit Brethonneau sous le nom d’un gentilhomme du bas Poitou, et quelque temps après ledit Brethonneau dit au sieur des Francs qu’il le suppliait très-humblement de ne le plus violenter et souffrir sondit fils en ladite abbaye, puisqu’il lui avait donné les cent écus, lequel des Francs lui dit en jurant qu’il në le souffrirait en aucune façon, et que les cent écus qu’il avait baillés serviraient à le plaider; et de fait l’a toujours plaidé et violenté,, même donna charge à un de ses domestiques de tuer ledit Brethonneau d’un coup de pistolet dans la tête, ce que ne voulant faire ledit serviteur domestique, ce lut cause qu’il s’en alla du service du sieur des Francs. Outre, va ledit des Francs avec sept ou huit chevaux, sous prétexte d’aller à la chasse, dans les héritages dudit Brethonneau, et. particulièrement au village du Pin, en une terre où il a force et abondance de grains, qu’il lui fait rompre et couper, et même gâter toutes ses vignes et blés, et lui promet de le ruiner; et est tout, et a signé A. Brethonneau. Signé Louis David et J. CÉsus Lesné1.
1 Cette pièce a été transcrite sur une ancienne copie de récriture du temps, qui est dans les archives des religieux de l’abbaye de Saint-Savin, layette 2, liasse, 2, n° 4- [Noie de clom Fonlcneaa.)