‹ Notice sur les poids, mesures et monnaies de Tunis, et sur leurs rapportsChapitre 1 sur 6 · MESURES DE LONGUEUR · texte numérisé non relu

MESURES DE LONGUEUR

■ i ES règles de fer employées à Tunis sous le nom de

Draâ «.1.3 ouP/cf(i),sontd'une exécution et d'une

graduation si grossières, qu'on ne peut guère espérer d'arriver à une détermination exacte de leur longueur totale, et de leur rapport avec le mètre, d'après un échantillon unique : pour cela, il sera nécessaire de faire la comparaison de plusieurs de ces règles entre elles , et d'en prendre le résultat moyen (a). N'ayant qu'une seule des trois grandeurs à ma disposition, il ma été impossible de faire ce que je viens d'indiquer ; cependant , j'espère m'étre assez rapproché de la vérité par les soins extrêmes, et , je puis dire minutieux , que j'ai mis en usage pour y parvenir.

(i) Du grec 'Krri:^^^ coudée, (^) Note C.

L'étalon dont je me suis servi, est de cuivre et d'une exécution qui ne laisse rien à désirer; il est divisé dans toute sa longueur en aSoo parties, et cette longueur surpassant celle de la plus grande des trois règles, j'ai pu les comparer directement, par apposition sur une table en marbre que j'avais dressée à cet effet.

Quelque grossier que soit le travail des règles^ je n'ai pas moins pris note de la température , et du corps sur lequel elles reposaient, et de l'atmosphère, qui était, au momentde l'expérience, à ao®*^"* . Cependant, je n'ai pas jugé nécessaire de tenir compte de la dilatation que devait entraîner cette élévation de température au-dessus de la glace fondante , à laquelle on a coutume de ramener les expériences de ce genre: je me contenterai d'observer, que l'erreur ainsi négligée, n'excéderait pas ~ de millimètre sur la longueur toitale de la plus grande ; — erreur tout à fait insensible dans une comparaison susceptible de si peu d'exactitude , et pu certainement on ne peut répondre d'une erreur dix fois plus grande.

Après avoir fait la comparaison de la manière que je viens d'indiquer,j'ai été assez heureux pour pouvoir m'assurer de son exactitude par un moyen encore plus précis , et que je dois à l'obligeance extrême des habiles successeurs de Fortin , qui ont bien voulu mettre à ma disposition leur machine à diviser.

Le résultât de cette seconde comparaison a pleinement confirmé la première, ou offre sî peu de différence qu'on aurait pu la regarder comme nulle, s'il y avait quelque chose à négliger en fait d'exactitude.

Chaque règle porte 1 6 divisions (i ), qu'on pouvait présumer être égales entre elles; cependant, vérification faite , je n'ai trouvé que i4 de ces divisions qui s'accordent entre elles , au moins à peu de chose près; les deux qui terminent de part et d'autre chaque règle sont plus longues que les autres, et dans l'une surtout, cet excès me parait être trop considérable pour être dû au hasard, ou à la négligence de l'ouvrier. — Ne serait-ce pas à dessein que celui-ci donne, et que le gouvernement tplère (comme il est d'usage en France) un léger excès en plus , dans les mesures destinées aux besoins du commerce ?

Si ma conjecture est juste , les longueurs que j'ai trouvées doivent pécher un peu par excès ; puisque chaque règle se trouve un peu trop longue, comparée avec le produit qui résulte, en multipliant leur somme par la moyenne de ces divisions.

Le Pic Arabe que je trouve de o")4883 (2), me parait être identique avec la coudée employée par les astronomes du khalife Al-Mamoun; car,

(1) Note D. (2) Note E.

en supposant 67 niilles(ï)arabes au degré , et 4000 coudées au mille , ou trouve pour la valeur de la coudée o",487329.

Ce dernier nombre donne pour la valeur du mille i949'"5 ou 1000***'*** juste : ainsi le pic Arabe serait à la toise, comme i : 4; et au pied comme 3 : a : rapports simples , dont l'importance se fera sentir, à mesure que les relations, qui résulteront de l'occupation ai Alger ^ deviendront plus fréquentes ; ce pic, étant en usage à Alger, ainsi qu'à Tripoli et au Maroc j où Ton ne se sert point des mesures turques (a).

(i) Note F.

(a) Je cite ce fait à l'appui de l'hypothèse que je viens d'avancer. Car les habitants de ce pays sont, par leur position géographique, leur gouvernement, et leurs mœurs , isolés en quelque sorte de tous les autres peuples; aussi ont-ils du conserver avec moins d'altération que partout ailleurs, la religion, les lois, les usages et les mesures que les Arabes leur imposèrent, lorsqu'ils en firent la conquête.

* Le pic Hendazé sert à mesurer les draps et les étoffes de laine; le pic Turc^ les étoffes de soie et de ûl ; et le pic Arabe ^ la toile et les étoffes de coton.

MESURES DE LONGUEUR (i).

Première comparaison. . . Maghiite a diviser.

^jltXjbJl &lj«^J I mètre. mètre. ponces angbig.

-^ Cr I 0,6730 .... 0,6728 .... 26,500

Draâ ou Pic Hendazé * )

Turc

c5l/ ^'^^ ( 0,4884 .... 0,4883 .... 19,225 Arabe.

Les longueurs respectives de ces trois pics sont, d'après Kelly : (Cambiste universel , tome II, p. ^45.)

mètre. poaces anglais.

La conversion en mesures anglaises a été effectuée, en supposant la yaleur du mètre égale à 39,37079 pouces anglais; d'après une comparaison récente, faite avec le plus grand soin par le capitaine Katcr, (Traiis. Philos., P. I, p. 109, année 1818.) Cette comparaison donne pour la valeur du pied anglais en mètre 0'",3047945, et pour celle du mètre en pied anglais 3,2808992.

(i) Notes G et il.

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