Notice sur les préparations artificielles de M. Auzoux
1-^43 nécessité d’üvoir sàns cesse présens " à lë ïn'émoire les; minutieux détails de rànàtôniie', et la difficulté de se procurer des sujets , suggéra dans tous les temps, à cèùi qui ont eu les c'orinaîssances les plus parfaites de cette branche de Thistoire naturelle , d’idée de faire des préparations , pussent suppléer aux dissections* ..
C’est dans ce but qu’on a employé la peinture la gravure, la scülptüreenbois, ehliege, en cire, éfeqüè l’on a cherché à conserver les parties naturelles, soit par la dessiccàtion, soit en.
plongées dans des liqueurs spiritueusési Tous ces moyens réunis peuvent servir à rappeler iquelques caractères anatomiques,, mais aucun d’eux ne peut les reproduire tous;
L’insuffisance bien reconnue de tous cès moyens me fit concevoir le projet d’exécuter des pièces d’anatomie artificielles qui présentassent tous les caractères dans lesquels on fait principalement consister l’étude de l’anatomie dite chirurgicale. . A.
Les rapports qu’en ont faits plusieurs sociétés
ANATOMIE ARTmCtEttE.
savantes, la publiçilé ^0,leur.ont donnée les journaux (i), t&nt, français qufiétrangers, me dispenseraient d’en parler si je n’avais remarqué ,
(i) Journal universel des Sciences médicales, t. xxxn, Journal complémentaire du Dictionnaire des Sciences
médicales, t. xvii, 18234-
Journal publié à Naples, 1828 ; J.j^itlWihsd^lhSpciété TnédK^ d’éinül'atiùft, ïSü'Sr) .iiB€vue. emjpclopMùiue, ■ • '
Annales ^h^siolopques, t. y
Bulletin universel des Sciences et de VIndustrie j
jàhV.' r 824 ;''' .
-■‘Bostoni-mèâiçâî 'Jntélligéncer, febrùàry 1824;
Journal de Médecine et dés Sciericés naturelles de
Jftytmal gJiiéral. de Mé^dfci^ / ;
Journal d’Agfiçu.llure^ Je Médecine-et, des Scieftçes, accessoire^ du département de VEure y 1824^ ''X'Màgàzin^jur die Chirurgie, von F -N. Rust. ) à
'G'eEiété dèr Naiit;-iind Heiljtuhdè'
Weiiîïar., 18245’-': ' • '
Constitutionnel du 12 juillet 1824 » '
Le Globe, mars 1825 ;
Le Flambeau, mars 1825 ; ■
Archives générales de Médecine, mars 182.5;
' Bulletin dès Sciences et de VIndustrie, mai i825;
Journal àe^^Fàris', ‘ 6 -juin 1825 ;
BttUetin universel dés Sciences, Yxax x 9 )%^.
ADMTOMIE ARTlKICrEl,T..E.
qiie parmi le trèsr-graad,nombre de savaras qui ont examiné ces pièces (fanalomie , très-peu en avaient une idée juste avant de les avoir vues, et que presque tous onl élé frappés de leur supériorité sur tout ce que ton connaissait dans ce genre jusquù'. présent (if
C’est pourquoi, sans vanter le degré de ,perfeçiion auquel j’ai porté ce nouveau mode de représentation, et sans parler des difficultés que j’ai eu à vaincre, je me borne à faire une description de ces pièces, qui paraîtra oiseuse à ceux qui les ont vues, mais qui devient indispensable pour les personnes que la distance des lieux met dans l’impossibilité d’en juger par le témoignage de leurs yeux.
La matière dont elles sont composées est dé; nature végétale ; elle est presque aussi dure que le bois, mais moins cassante, ce qui est dû à un peu d’élasticité dont elle jouit même après la dèssiccation la plus complète : par sa nature elle n’a rien à' craindre des insectes ni des variations dé la température atmosphérique.
Dans l’état frais elle est molle et susceptible dé prendre et de conserver toutes les formes les plus déliées, avantage qui m’a permis de donner des reliefs absolument identiques (2) et dé faire tout ce
(1) Académie royale de Médecine.
(2) Rapport de rihstîtnt.
6 ANATOMIE ARTIFICIELLE
qui a rapport à la myologie, à l’angéiologie, à la
ncvrologie, à la splanchnologie, et à l’osléologie.
On ne peut se faire une idée plus exacte de la manière dont ce sujet artificiel se décompose qu’en se rappelant la marche que l’on suit dans les dissections,
Mjologie.
Chaque muscle se trouve à sa place naturelle avec la forme qui lui convient^ il est coupé à ses attaches, et peut être déplacé, de manière à faire voir toutes ses connexions. De petites chevilles en fer, fixées dans son épaisseur, servent à le maintenir dans sa position; une portion de chaque ex-; trémilé, restant aux os, indique d’une manière précise les attaches, même après son déplacement. La facilité de rapprocher souvent les organes que^ l’on a enlevés permet d’en étudier les rapports, mieux que sur la nature même : les couleurs sont naturelles ; le blanc nacré des tendons et des aponévroses a surtout fixé l’attention ..Les fibres char-, nues sont imitées et peuvent être suivies depuis leur origine jusqu’à leur terminaison. Quant à leurs usages, il suffit d’observer attentivement la direc- , lion des muscles pour se rendre compte de leur mode d’açlian.
udngéiologie.
Les veines et les prières sont, dis tendues et.pré,- §entent les couleurs qui lour sont propresj En
ANATOMIE ARTIFICIELLE
partant de la base du cœur, on voit les troncs former des branches, les branches des rameaux, les rameaux des ramuscules, et on peut les suivre ainsi jusqu’aux anastomoses les plus importantes à connaître.
Les veines ne se voient pas aussi loin que les artères J on retrouve seulement les branches prin-» clpales.
Nécrologie.
Les nerfs offrent la même disposition ainsi que les vaisseaux, ils ne peuvent être isolés, mais ils sont coupés à l’endroit où ils passent d’un organe sur un autre, et ils s’enlèvent^avec lui.
Splanchnologie.
Les viscères occupent la place qui leur convient avec la forme et la couleur qui leur sont propres; quelques-uns sont divisés pour en faire voir la disposition intérieure. Sur un des poumons, par exemple, on peut étudier l’admirable entrelacement des bronches, des veines et artères, pulmonaires, etc.
Ostéologie.,
Tous les os sont entièrement artificiels, si l*on en excepte les dents; ils sont en, partie recouverts par des troncs vasculaires, nerveux, et par quelques
ANATOMIE ARTIFICIELLE
moides de là couche pnofondéi La iêie-offre pl®- ^iïeurs coupes que .l’ou praUquieordînairement pw d!éiude du cerveau^ du pharynx.,,' de *rceil, ei de Viniérieur dé la houdhe^ , ; ^ / .
- fii TjQüTES les parties réunies «onl ;reeouvertes par une enveloppe qui imite la peau.
Le sujet est debout ^ un .Was élevé et recourbé au-dessus de la tête, l’autre pendant à côté du . tj’onPij les membres abdominaux sont dans l’extension ; toulés les parties symétriques du corps ne sont préparées que>suï! tin seul cotéet nous avons cru, pour en diminuer le prix j devoir laisser en place l’autre moitié, à l’exception des viscères contenus dans l’intérieur, des .cavités, egalement susceptibles d’être déplacés.
; Pour donner à celle .pièce tout le degré d’uli- Ulé possible, et , afin : qu’on puisse s’en servir sans, démonstrateur,, une. table synoptique indi’que^ar un numéro; chaque pièce que l’on peut déplacer, et par des lettres alphabétiques, les détails qui s’y remarquent.
Un numéro semblable est fixé sur la partie même, et par sa,posiiion., montre par où l’on doit commencer le déplacement.
,Le mécanisme qui sert-a fixer chaque partie est tellement simple, qu’une élude de quelques >beures,, avec le secours du tableau, suffit pour ap-
AKATOMIE , ARTiFICiEtiLE. 9
prfifiidre àrdémoater lelà- reiïiDnter )toüt€ ià ;pièce, jQB/qa’iin® maÊiaièxereéé .peutiaké eniqtiiiïzé mk
. Utilité d0 C 0 S JRikces. f ^ Tijaii;-
On‘<S3nvi©nt qu© ces piieces séa/és'ne saffifaient ^ôint jpom* Tin babil© opépateur «i un savant physiologiste; que «e »«st que-par la dissection' nielhodique et -répétée de -l^onstae et des àôïmaux qa’On parvient à connaître ies différences ^e présententdcs- divers tissus , déurs degrés' de connèsion, ©t i’arrangementïntimedes parties qui entrent*dans leur composition . ; Mais les juges éclairés éüxqüéîs elles -ont été soumises ne craignent pas d’assurer qu’à i’aide de ces pièces artificielles; l’élève laborieux acquerra , en quelques semaines ; des connaissances précises de la situation, de i’é^ tendue, de la> figure, dé la direction, • de la couleur, des attaches, des rapports des muscles, de l’origine, du traj'eï, de la division, de la distribution des vaisseaux et des nerfs, et de la dispcéition des viscères, et qu’il lui suffira ensuite de passer un temps très-court dans un amphithéâtre pour avoir de celte branche de la médecine les connaissances les plus parfaites et ies plus étendues; connaissances, qui, par tout autre moyen et par l’étude de la nature même, lui auraient coûté plusieurs années d’un travail opiniâtre, dégoûtant et quelquefois funeste.
.-lo ANATOBiïE ARTIFlCltLLË.
L’utilité de ces pièces ne se borne point à facile ter l’étude de l’anatomie. Le médecin qui cherche à reconnaître un organe malade, et surtout l’opérateur qui a besoin de se rappeler la disposition des parties au moment de pratiquer une opération, trouveront sur cette pièce les préparations les plus, minutieuses comme les plus délicates de toutes les régions du corps humain.
Dans un Cours même d’anatomie ( pour me servir des expressions d’un de nos premiers maîtres ), il serait à désirer que près du cadavre on plaçât une pièce semblable j T élève se ferait bien plus facilement une juste idée de T ensemble du corps humain ayant sous les yeux des tableaux qùil est obligé de se représenter par la pensée, et retirerait ainsi beaucoup plus de fruit de la leçon du profes-f seur.
Si ces pièces sont utiles aux médecins , de quel avantage ne seront-elles pas pour les peintres, les statuaires, et surtout pour cette nombreuse classe de savans qui connaît tout, excepté sa propre orgar nisation !
Pièce pour les AccOuchemens.
M. Auzoux s’occupe d’exécuter, d’après le même procédé, une pièce relative aux accouchemens, qui représentera la femme aux différentes époques de la grossesse.
Celte pièce se compose d’une femme vue de-
ANATOMIE ARTIFICIELLEw II
puis la partie moyenne des cuisses jusqu’au diaphragme. ' '
Tontes les parties seront représentées et pourront être déplacées isolément.': v
Celles qui n’éprouvent aucun changement pen dant la gestation serviront pour toutes' les époques ; celles, au contraire, qui éprouvent des changemens, seront remplacées par d’autres. C’est ainsi que les organes contenus dans la cavité dû bassin seront reproduits autant de fois qu’on voudra représenter d’époques de la grossesse, et avec les modifications convenables. Ces pièces de rechange s’adapteront toutes sur un même tronc qui servira de base.
L’pitérüs, par exemple, imité dans l’état de vacuité, sera remplacé par une pièce de rechange représentant une autre époque de la grossesse, et de même des autres parties.
Nqn-seulement on pourra voir l’utérus extérieurement et ses rapports avec les parties environnantes J mais, au moyen de coupes^ on verra les changemens survenus dans son organisation sa disposition intérieure, la forme du placenta, sa communication avec le fœtus, le fœtus luimême dans la position qu’il prend le plus ordinairement.
On peut s’inscrire dès à présent pour cette pièce,
la
ANAMOMIE ARTIFIClELLfi.