RAPPORTS
générales sur l’organisation soient connues des jeunes gèns dont la première éducation doit être soignée. Peuton supposer aujourd’hui qu’un homme instruit ignorC' comment et par quels organes s’exécutent nos mouveméns, en quoi consistent les instrumens par lesquels s’opèrent nos sensations et nos principales fonctions ? D’ailleurs, il est indispensable que tout habile dessinateur qui veut devenir peintre ou statuaire, puisse, sans sè livrër aux recherches anatomiques, apprendre comment’les formés sont modifiées constamment dans les moüvèmens par les organes qui les permettent ou les prodüisent. ' •
On a fait dans ce but des préparations d’anatomie artificielle en cire coloriée, qui représentent avec la plus grande'vérité l’apparence ou la surface des différentes couches de nos organes, même de ceux dont la structure est la plus déhcate. Ces pièces que l’art est parvènu â imiter, surtout en France, avec un très-haut degré de perfection, peuvent être de la plus grande utilité aux anatomistes ; mais elles sont sujettes à de grands inconvéniens auxquels les expose la nature même de la substance qui sert à leur confection, savoir ; la fragilité, les fêlures et la décoloration , par l’effet des différentes températures et de l’action de la lumière.
Plusieurs artistes et quelques anatomistes, entr’autres M. AméUne de Caen, ont substitué â ces préparations en cire, des imitations en pâte de carton, modelées et coloriées, qui ont surtout l’avantage de pouvoir être placées, superposées, désunies, rassemblées de manière à ce que les personnes qui se livrent à l’étude peuvent prendre une idée assez exacte des formes, de l'apparence et de la situation naturelle des organes.
M. Auzoux a perfectionné ce genre d’exécution > en
RAPPOUTS.
coinppsant dps inouïe?. ç;reu3f; 4ans lesquels il fait epuler une pâite ductile colôyiée qui s’y imppjime et s’y conforme de manière qu’apr.ès, avoir acquis, ime grande solidité, elle dpuuç une. idée, assez exacte des ps, des muscles et des autre? organes qu’elle doit..représenter.
Ces imîtatious laissent encore à désirer po^ leur exécutioa ;: l’auteur trouvera, certaiiteuientle tpoy.eu de les. perfe-ctionoer , mais elles sont; solides ^ s’agenceuv s’aeerodieat les unes aux autres et.se. décrochent aptisr
tement, de manière à de/^ reUefii\. Ç-bsolument
identiques, et qui peuvent être de quelque ,uû,Hté dans les écoles de dessin de nos départemens, et dans, tous les lieux où il n’y a que trop d,e difficultés; pour SC proeureir des sujets, qui seront cependant indispensable?, à âadier pour les personnes qui désireut. çonnaître à fo,nd l’anatomie;.
Vos commissaires pensent que les travaux- exécutés par M.; Auzqux méritent de l’eucpuragemeptj, pour qu’il puisse les perfectionner.
Signé PoRTAL,
Doméril, rapporteur.
Ç’Académie adopte les conclusions de ce rapport.
Certi^é conforme,
Le Secrétaire perpétuel, Conseiller d’État, Commandeur de V Ordre royal de la Légion-dl Honneur,
Le baron Cu\ier.
académie royale de médecine.
Commission, chqrgoo d]examiner la pme 4’m<^o^ie artifioiello destinée à représenter testes les, pqrties dn corps humain., exécutée pour le Gouvemement:pav.M,,A<v7:.0\}'!s. , Docteur en Médecine.
( Séance générale du 5'juillet iSaS. )
M'éssieùrs,
Dans Tune de vos précédentes Séaiiçes, vous nous avei chargés de vous faire un rapport sur une pièce d’anatomie artificielle représentant un homnae de grandeur naturelle, dont toutes les, parties du corps se détachent une à une, et peuvent se remplacer autant de fois qu’on le désire.
D’après le rapport de vos précédentes Commissions sur les premiers travaux de M. Auzoux, son excellence le Ministre de l’intérieur avait jugé convenable d’accorder des encouragemens à ce jeûne médecin, et de le charger de confectionner nne pièce pour le Gouvernement.
En examinant cette pièce dont nous sommes chargés de vous .entretenir, nous avons été frappés de la supériorité qu’elle présente sur les derniers ouvrages de M. Auzoux, et nous le disons avec confiance, sur tout ce que l’on connaissait dans .ce genre jusqu’à présent., Cette pièce est destinée à représenter tout ce qui a, rapport à la myologie, à l’angéjologie, à la névrologie et à la splanchnologie. Toutes les parties sont adaptées
rapports.
sur un squelette qui, lui-même, est totalement artificiel, à l’exception des dents.
Immédiatement au-dessous de la peau, qui ne s’enlève que d’un seul côté du coxps, on trouve les veines soi^ cutanées et les muscles de la couche superficielle. En enlevant isolément chaque muscle, et avec lui les vaisseaux et les nerfs qui rampent à sa surface, ôn met à découvert les parties subjacentes ; en déplaçant ces dernières à leur tour, on arrive au squelette qu’on voit recouvert seulement de quelques muscles et de quelques vaisseaux dont le déplacement est inutile : on peut ainsi voir tous les organes qui forment les membres et le tronc^ en connaître la grandeur, la figure, la situation, et en étudier les rapports.
D’un autre côté, les cavités peuvent être ouvertes, et l’on peut voir le détail de ce qu’elles renferment. Le cerveau peut être extrait du crâne, et au moyen de coupes pratiquées dans son épaisseur, on peut saisir tout ce que cette masse présente de remarquable.
L’œil peut être étudié séparément. Les muscles, les vaisseaux, les nerfs, les membranes qui entrent daris sa composition, les parties transparentes imitées en verre, tout y est représenté avec le plus grand soin, jusqu’à l’àrtère centrale de la rétine. .
Une coupe transversale pratiquée à la base du crâne permet d’étudier dans leurs différentes directions les parties musculeuses du pharynx, lequel, ouvert à s^ partie postérieure, laisse voir la disposition de l’arrièrebouche et du<larynx.
On trouve dans les cavités thoraciques et abdominales tout ce que ces cavités contiennent dans l’état naturel. Des coupes pratiquées dans l’épaisseur, des viscères permettent.d’en étudier la disposition intérieure;
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énfinVcliacuii des viscères enlevé séparément, on trouve sur la'colonne-vertébrale , le canal thoracique, la veine azygos et le-grand nerf sympathique. :
Telle est la description sommaire de cette grande pièce artificielle, et ce que nous venons d’en faire connaître établit,- d’une manière assez évidente, la supériorité que cette sorte de pièce doit acquérir sur celles qui ne peuvent se démonter, et ne représentent jamais que les mêmes surfaces.
On avait senti depuis long - temps l’insuffisance des moyens artificiels pour faire connaître les parties du corps humain qui ne représentent que des superficies: Dès l’année 1682 , Ramehnus fit paraître un ouvrage d’anatomie qu’il accompagna de planches sur lesquelles il faisait voir, au moyen de petits feuillets appliqués les uns sur. les autres, et découpés de grandeur convenable , toutes les parties du corps humain depuis la peau jusqu’aux: os.
Tout en rendant justice au zèle et au talent des célèbres artistes qui ont exécuté les belles pièces en cire que possèdent plusieurs cabinets de l’Europe, et notamment les galeries de la Faculté de Médecine de Paris !,=èni ne peut se dissimuler que toutes ces pièces ont l’inconvénient de ne présenter qu’une, surface qui ne permet pas de voir les parties sous-jacentes. . , ^
Fontana, frappé de cette imperfection, fit un trèi^ grand nombre d’essais afin de parvenir à repi’ésenter-sur une seule pièce plusieurs couches successives. Il en exécuta en cire sur lesquelles on pouvait déplacer quelques muscles ; mais l’extrême fragilité de cette matière lui fit sentir la nécessité de se servir d’une matière plus solide. Il employa le mastic des vitriers, la pâte dont-on fait le pain, et il s’arrêta, enfin au bois, plus commode que
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tout€S les autres substances , quoiqu’il lui trouvât l'i^ convénient d’être long à travailler, de se tourno^Uÿ, et d’être déformé, par les variations de la tetupéraUtte., qui font succéder l’humidité à la sécheresse ou la sécheresse à rhumidité. Il attacha au cabinet de Fldréncfe un ateher de sculpteurs en bois, par lesquels il,fit exéciutér des pièces en bois bknc dont toutes les parties se démontaient.
Le Gouvernement consulaire fit des sacrifices considérables pour acquérir une de ces pièces; mais cette pièce a paru à nos anatomistes tellement imparfaite, qn’dle est restée enfermée dans les magasins de là Faculté:^ ét que dans le temps même de son arrivée à Paris; on ite jugea pas à propos de lui donner les honneurs de l’exposition;
Enfin dans ces derniers temps, M. Ameline, professeur à l’École secondaire de Caen, vous'a présenté des pièces anatomiques dont toutes les parties se démontent. Ce premier essai a dû mériter vos éloges; mais nous ne eraignons pas d’assurer que les pièces de M. Auzoïki, sous le rapport de l’exécution, de lamultitude des détails et de l’exactitude, sent bien Supérieures à celles de M. ^kUieline, avêe lesquelles elles n’ônt de commun que de tendre au même but. ,
Si l’on compare ce genre de représentation; dû corps humain avec lés autres moyens, employés jusqu’à ce jour, ou verra qu’il a sur eux les avantages suivaris :
' De permettre de voir sur un même sujet toutes les parties anatomiques ; . ;
2°. De permettre le déplacement, de chaque pièce; pour en étudier toutes les faces et tous les rapports, pi
3 °. B’étfe assez solide pour résister à toutes les .và^ riatious de l’atmosphère ; d’être inattaquable par les
RAlPtORTS.-
ÎTisették, et <ïè pouvoir éti-e mis entre les mains des élèves saris que îeS naoindres parties qui coinpoSênt-cfft âsseniïjlagé si corripliqué risqüènt d’être. câssées <wi<;dé^. foriiîées ; ' ’ . ■ ' : . - : : - ,,
4 °^ Eir&n, d’être îïeâûcôup inïrim. coâtèux qiie t6ut ce, que l’ôri à irenté jus ^’4 nos jours ’poui' àriâvea’ auri1ft‘êi»e résultat, quoiqu’on éU fut resté bien éloigné.. , .
Nous rie rions étendrons pas davantage sur l’utilité de céspiètes, qui Sejn gériéralement sentie. Qd’il nous suffise d’a|butér qU’élles poutraient peut - êti’e, par une rontiaisSarice prélîiniriaire de la situation et des rapports des parties, simplifier beaucoup l’étude de ranatomifi., en facilitant les dissections indispensables pour l’étude de là rriédétine , cé qui procurerait le grand avantage de soustraire un très-grand nombre d’élèves aux accideris causés par un séjour trop prolongé dans les amphithéâtres de 'dissection ; qu’elles peuvent suppléer aux cadavres dans les beux où il n’est pas possible de s’en procurer, et qu’a la rigueur, par l’étude de semblables pièces et la dissection de quelques aüimàux, on peut acquérir sur la structure du corps humain des connaissances suffisantes dans bien des cas, et beaucoup plus précises que celles qu’on peut acquérir par tout autre moyen artificiel. *
La„Fran,çe a donc aujourd’hui ravàritâge de éurpas'ser les autres, pays dans l’art des imitations anatomiqués, et c’est une justice de dire que M., Auzoux a fait arriver cet art â üri degré de perfection qui doit lui mériter, les plus grands éloges. . ' = '
Votre Commission pense qu’il est de l’honneur de là Compagnie de soutenir le zèle dë M. Auzoux et d’ëncburagër la louable^ entreprise qu’il poursuit ayec. une activité si bien soutenue, afin de faire profiter notre patrie
RAPPOUTSi
des fruits de cette heurèuse découyerté. En conséqyieiiçe, elle à l’honneur de proposer à rAcadémie d’écrire à son excellence le Ministre de l’intérieur j qm, d’ailleurs, l’a précédemment consultée sur cet objet, pour lui faire érJnhaître le mérite de;ce;nouveau tray^ de notre jeune éonfrère ; poùr. lui:exprimer le désir de voir placer im modèle semblable dans chacune des vmespù le Gouvernement rassemble desr. colle ctioiis de- livres ainsi , que des objets-d’anatomie ou d’histoire naturelle, et.spécialement pour le prier de vouloir bien lui accorder à; èUemême une de ces pièces, dont elle désirerait enrichir ses collections. ; - ..[j
L’Académie adopte le rapport et ses conclusions^,
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- , DESGEIiETTES, . , ,
' ‘ ‘ ' ' Alard y rapporteur, '
Certifié conforme j ■ ' '/ ' ' ' ‘
Le Secrétaire perpétuellyé'-.f:
, .PARISEfi
Nota. M. le professeur-Bée!avd, dont nous pleurons la perte, faisait, partie de la Commission chargée de ce rapport : nous ne doutons pas que son opiniôii 'ne nous eût été faJvoràBl'e.'Noüsînon^ rappelons avec plaisir que, lors dé la présentation que nous fîmes de.éés pièces à la Faculté dé Médecine, il leur donna les éloges les plus flatteurs, et nous savons que, depuis, il répétait souvent à ses nombreux amis qu’elles étaient exactes; qu’eÜes simplifieraient beau-* coup l’étude de l’anatomie; qu’elles seraient d’une grande utilité aux médecins, aux chirurgiens et même aux professeurs, et qu’elles né contribueraient pas peu à'propager les connaissances anatomiques dans toutes les classes de la société. ' ,