‹ Notice sur les titres et travaux scientifiquesChapitre 13 sur 13 · Dispositif d'inflammation des photopoudres · texte numérisé non relu

Dispositif d'inflammation des photopoudres

Nous proposons en 1889 d’enfermer la charge de photopoudre destinée à produire l’éclair magnésique dans un morceau de papier nitrifié dit papier Bengale et d’enflammer celui-ci au moyen d’un fil de fulmicoton (fig. 38). Le papier Bengale en brûlant développe une chaleur considérable qui enflamme à coup sur la charge de photopoudre, puis, comme il ne laisse pas de résidus solides, il ne peut nullement former écran à la lumière produite. Ce procédé des plus simples et des plus sûrs est maintenant employé d’une façon courante.

94. Contribution à l'étude des lumières artificielles en photographie.

(Bulletin de la Société française de Photographie, 1892, p. 102.)

Dans cette étude nous montrons la nécessité d’employer des compositions éclairantes de courte durée afin que le sujet n’ait pas le temps de réagir. — Cette condition est surtout nécessaire avec les hystériques qui tombent généralement en catalepsie sous l’influence d’une lumière vive et soudaine.

Nous publions à l’appui les expériences suivantes faites sur une hystérique.

1” expérience.— Éclair magnésique rapide (Photopoudre).

Le sujet est reproduit à l’état normal. La photographie a été exécutée avant qu’il n’ait en le temps de réagir; on le retrouve, en effet, en catalepsie, le corps rejeté en arrière, les bras levés près de la tète dans l’attitude de la frayeur et de l’épouvante.

2' expérience. — Éclair magnésique lent (Lampe à magnésium pur).

Le sujet est saisi au moment où il passe de l’état de veille à celui de catalepsie; le corps, la tête et les bras principalement qui se déplaçaient rapidement sont absolument flous.

95. Des effets physiologiques de l'éclair magnésique chez l'homme normal.

(A. Londe, la Photographie h l’éclair magnésique, p, 30.)

Chez l’homme bien portant 1 apparition soudaine d’une vive lumière produit qu’un seul reflexe, c’est celui de l’occlusion des yeux.

Par contre, l’actinisme de l’éclair est tel que l’on peut exécuter pendant la durée de celui-ci un instantané à l’oblurateur.

La seule condition à réaliser est de n’opérer qu’au moment où 1 actinisme est le plus considérable; il faudra donc pratiquement que l’obturateur ne fonctionne qu’un instant après l’allumage, de façon à travailler au moment le plus lumineux du phénomène. On aura d’autant plus de facilité à réaliser cette condition que la composition sera plus lente.

Pour exécuter la photographie instantanée pendant l’éclair magnésique, il faudra donc employer des poudres lentes et n’opérer que 2 ou 3 centièmes de seconde après l’allumage.

Nous avons fait disposer sur un obturateur Londe et Dessoudeix et sur un Saturne de Leroy (fig. 45) un dispositif d’allumage réglable è volonté qui permet d’enflammer la charge avec l’avance à l’allumage reconnue néces-

La photographie instantanée pendant la durée de l’éclair magnésique est donc acquise désormais.

100. Chronophotoyraphie pendant la durée de l'éclair . magnésique.

Dans nos expériences sur l’analyse de l’éclair magnésique nous avons opéré en exécutant une série d’instantanés successifs à l’intervalle de 4/100 de seconde et avec une vitesse d’obturation de 1/200.

Dans ces conditions, nous étions assurés d’avance de pouvoir reproduire un modèle en mouvement. C’est ainsi que nous avons chronophotographié pendant la durée d’un seul éclairunhomme courant, sautant, etc. (fig. 46).

Pour réaliser cette application nouvelle il faut employer des poudres très actiniques et relativement lentes afin que la durée totale de l’éclair soit supérieure a la durée de fonctionnement des 12 obturateurs. Il sera bon également de n’obtenir la première épreuve que 2 à 3 centièmes de seconde après l’allumage.

vA 1

101. Emploi simultané de la lumière du jour et de la lumière artificielle.

(Bulletin de la Société française de Photographie, 1891, p. 197.),

I/application simultanée de la lumière naturelle et de la lumière artificielle sera très utile pour la photographie des intérieurs peu éclairés et comportant des ouvertures donnant sur l’extérieur (fenêtres, baies,

On sait que dans cette .hypothèse, lorsque l’on pose le temps nécessaire pour obtenir l’intérieur, toutes les ouvertures donnant sur le dehors présentent le phénomène fâcheux du Halo. En posant seulement un temps très court pour avoir sans halo les ouvertures éclairées par la lumière extérieure et en faisant partir un éclair magnésique pour éclairer l’intérieur, on obtiendra des épreuves irréprochables sans traces de halo.

(Expériences faites à l’asile Sainte-Anne dans des ateliers éclairés par des vasistas). (Photo-Journal.)

Par le même procédé nous avons pu obtenir des photographies d’intérieurs avec le paysage que l’on aperçoit par une fenêtre ou une baie ouvertes.

Page 1