E. CONGRÈS SCIENTIFIQUES
is successifs annuel
Président de la Section de chimie analytique ai de chimie industrielle depuis 1921.
1921. — Président de la Commission française des réactifs purs pour ai lyses.
Délégué à la conférence internationale de la chimie, depuis 1922.
1922. — Président de la Commission permanente internationale des réacli analytiques.
il. - EXPOSÉ SYNTHÉTIQUE
L’étude de la chimie pure m’a constamment attiré, mais je dois à la vérité d’ajouter que je l’ai toujours considérée comme insuffisante à me procurer une satisfaction complète de l’esprit, analogue à celle que j’éprouve lorsque j’entrevois l’utilisation d’une nouvelle connaissance chimique.
C’est cette tendance d’esprit qui m’a incité, dès l’origine de mes premiers travaux, à me consacrer à l’étude des composés organiques, les alcools cétoniques, que je pressentais jouer un rôle dans le métabolisme des organismes animaux ou végétaux (opinion qui reçut une confirmation du fait que je réussis à obtenir ces alcools cétoniques par voie biochimique), alcools dont l’histoire était à peine ébauchée à l’époque.
Cette première étude, dont les étapes successives furent jalonnées par treize notes, publiée aux comptes rendus de l’Académie des Sciences (1 à 7 et 9 à 15) (1), fit l’objet d’un travail d’ensemble, à la faveur duquel, en 1905, j’obtins le titre de docteur ès sciences., le prix Cahours décerné par l’Académie des Sciences, ainsi que celui de chimie organique qui me fut accordé par la Société chimique de France.
Ce fut également dans le même ordre d’idées, qu’une fois ce premier travail terminé, je proposai à M. Maurice Hanriot, le maître auquel je dois tant de reconnaissance, de le seconder dans l’étude chimique des produits de déchlorations successives des chloraloses.
Cette étude, que nous étendîmes à toutes les chloraloses décrites précédemment par M. FIanriot, nous, conduisit à préparer des composés (21-59-66), dont l’étude physiologique fut, peu après, abordée par divers auteurs, en particulier par Tiffeneau qui’
(1) Les numéros indiqués dans lions qui fait suite page 16.
corps de l’exposé,
liste des pubïica-
complétant les études classiques de Ch. Richet, put, en s’appuyant sur nos résultats, en déduire des conséquences importantes relativement au mécanisme de l’action hypnotique des chloraloses. 1
Tandis que diverses recherches de chimie pure sollicitaient mon® intérêt, la nature même de mes fonctions de chef de travau* d’analyse me détermina, logiquement, à aborder l’étude d’un’ certain nombre de problèmes analytiques insuffisamment résolus.^';
En 1905, l’application de la nouvelle loi relative à la répression^ des fraudes avait fait ressortir combien le chapitre de chimie analytique relatif aux matières alimentaires étaif encore en un étatrudimentaire. C’est qu’en effet, si l’on excepte quelques rares méthodes exactes et précises imaginées par divers éminents chimisté's (Pasteur, Berthelot, Armand Gautier, etc.), povM réaliser le dosage des principaux éléments du vin, la majorité desï ] procédés de l’analyse des matières alimentaires se présentaient à cette époque, à l’égal de recettes, sans aucun caractère scient® fique. 1
S’efforcer de soustraire le chapitre de la chimie analytique, rela-, j. lif aux matières alimentaires, à l’influence de l’empirisme, aux fantaisies duquel ses procédés étaient assujettis, et chercher à y intro-: * duire une méthode, une précision et une exactitude analogues îjR celles en usage dans l’analyse minérale, telle était la voie séduiv santé qui s’offrait aux analystes et vers laquelle je me dirigeai^
La méthode de travail qui devait permettre dè réaliser cés buJM consistait à rechercher des procédés nouveaux, rationnels et incontestables, susceptibles de remplacer ceux ordinairement en usai* parmi nombre de praticiens spécialisés dans les analyses alimentaires. Ces derniers, en effet, se contentaient, pour formule, leurst: conclusions, de la possession d’indices, de signification inconnue, qu’ils obtenaient le plus souvent par des voies totalement empiriques. Suivant que les valeurs trouvées par eux, à la suite de l’ess'ija d’un produit soumis à leur appréciation, se montraient comprises entre certaines limites généralement admises ou, qu au contraire, elles les dépassaient, ces praticiens considéraient que le produit en question était, ou non, loyal et marchand.
Au p.oint de vue commercial, un tel mode d’appréciation était déjà quelque peu critiquable mais, relativement à l'hygiène^ il l’était encore bien davantage. Pour l’hygiéniste, en effet, ce | qui importe c’est moins de savoir si un produit destiné à l’alime® tation se présente exactement tel qu’il a été récolté, que de recheff
cher si la composition qualitative et quantitative de ce produit dans son état actuel, en fait un aliment sain, propre à fournir à l’organisme la ration escomptée pour le poids sous lequel il est introduit dans un régime.
Aussi, aux déterminations d’indices numériques, sans valeur rationnelle, de signification purement abstraite, fallait-il s’efforcer de substituer des déterminations pondérales, exactes et précise* portant sur des facteurs concrets, parce que représentant des entités chimiques de valeur alimentaire pouvant être expérimentalement déterminées. En possession de méthodes permettant d’effectuer avec exactitude, le dosage de ces espèces chimiques constitutives des aliments, il devient possible à l’hygiéniste d’apprécier la valeur alimentaire d’un produit naturel et de calculer la part qui peut lui être attribuée dans la constitution de tel ou tel régime. De même u praticien attaché à la recherche des fraudes, il devient plus aisé de dépister celles-ci, en se-basant sur les comparaisons qu’il établira entre les valeurs trouvées par lui, au cours de l’analyse d’un produit sur lequel porte son examen, et celles appartenant aux produits normaux qui lui serviront de terme de comparaison et ce, avec d’autant plus de sécurité que les lois de variations physiologiques de l’espèce chimique sur laquelle porte la détermination seront mieux connues.
Je me suis donc efforcé de trouver de nouvelles méthodes ana lytiques, ou d’en modifier d’autres, dans l’esprit indiqué ci-dessus en particulier en ce qui concerne l’analyse des laits, le dosage de acide tartnque dans les vins, cidres, poirés, vinaigres, tartres lies, ethers tartnques, etc... le dosage physico-chimique des sul
fates dans les vins, etc..: (16-18-22-54-55-56-58-60-63-64-69 à 90)
C’est précisément à l’orientation que j’avais donné à mes recher elles et a 1 esprit dans lequel je le savais conduites que je dus en 1911 d être désigné comme Directeur du Laboratoire Municipale Paris
Dans la conception ayant présidé à sa fondation ce laboratoire devait avoir pour rôle de dépister, en vue de la salubrité publique les falsifications dont les vins étaient l’objet. Mais, peu à peu le champ de ses attributions s’étendit et il devint l’organisme chargé d assurer la protection de l’hygiène alimentaire dans Paris et Je departement de la Seine, en même temps que le Conseil auquel les divers services techniques et administratifs de la ville et dû departement devaient s’adresser pour faire résoudre les questions
d’ordre chimique, soulevées par les affaires que ces services avaieiM à étudier. ;
Il s’ensuivit que, placé chaque jour en présence de problèmes ) analytiques pour la résolution desquels il n’existe pas de méthode | connue, le Laboratoire municipal s’est trouvé, et se trouve, consul tamment dans la nécessité de se forger les outils de travail qui lui, sont nécessaires, en l’espèce des méthodes d’analyse nouvelles^, appropriées à chaque cas particulier. 9
Et ce fut à cette intention que, dès mon entrée en fonctions, je créais, dans le laboratoire dont la direction m’était confiée, une section de contrôle et de recherches, directement rattachée à mon laboratoire personnel, et dans laquelle, sous ma direction immédiate, sont étudiées, à mesure des besoins, les méthodes» appliquer aux cas nouveaux qui se présentent.
Ce service est en outre chargé d’assurer la documentation de toutes les sections du laboratoire, complétant en cela le rôle de pourvoyeur d’outillage qu’il joue vis-à-vis de tous les travailleurs du service. J
De cette manière s’édifie progressivement un ensemble de do eus ; ments qui, rationnellement classés, constituent des archives) d’analyse chimique, particulièrement précieuses pour tous ceux , qu’intéressent les problèmes de l’hygiène et, en particulier, ceux ressortissant du domaine hygiène alimentaire.
Mais, en matière d’expertise chimique alimentaire, la pratique des dosages ne représente qu’une part de la difficulté et une autre, non moins importante, ressortit à l’interprétation. Je me suis donc attaché, également, dans un traité comportant six volumes, intitule Méthodes actuelles d'expertises employées au Laboratoire municipal è Paris, et publié avec le concours de plusieurs de mes collaborateurs (123), à montrer et à développer comment les principes rappelés plus haut doivent recevoir leurs applications aux cas en présence, desquels les experts-chimistes se trouvent le plus souvent placés,et aussi à exposer celles des méthodes nouvelles étudiées au Laboratoire municipal qui, présentant une suffisante généralité, soient les plus intéressants à faire connaître aux analystes de professio|
Ma spécialisation dans l’étude des matières alimentaires, ainsi que la fonction que j’occupais au Laboratoire municipal, me firent désigner, déjà dans le temps de paix, par la Direction générale*
approvisionnements de siège du camp retranché de Paris, pour exercer les fonctions de Chef de la division des conserves de cette Direction.
Au jour de la mobilisation je fus, sans délai, appelé à réaliser et à diriger une organisation qui comporta la mise en activité d’un certain nombre d’.usines du camp retranché de Paris. Cette adaptation de fortune, imposée durant une période particulièrement chaude, se montra inconciliable avec les procédés de fabrication de paix qui donnaient lieu à des pertes considérables, -du fait des contaminations impossibles à éviter au cours de la préparation. En collaboration avec M. H. Copaux, mon adjoint dans le service, nous instituâmes un nouveau procédé (23-108-113) qui remédia aux Inconvénients du procédé habituel, et nous pûmes ainsi assurer, durant deux années, non seulement le ravitaillement du camp retranché de Paris, mais aussi celui du front. Ce fut en outre à mon laboratoire qu’incomba le soin de la vérification des conserves de viande de l’armée, durant toute cette période de fabrication.
Les obligations de mes fonctions m’imposèrent, dans le même temps, le devoir de m’intéresser à la question des explosifs, attendu que ma Direction, à la Préfecture de police, comporte un Service chargé d’intervenir, à la fois à titre de conseil et d’agent d’exécution, à l’occasion d’attentats, d’accidents, d’enlèvements d’engins, etc...
L’une de mes premières préoccupations, à mon arrivée à la Direction de ce Service, fut de chercher à améliorer les conditions de sécurité des opérateurs, au cours de la reconnaissance, du désamorçage, de l’enlèvement et du transport des engins et explosifs. A cet effet, avec le concours de mon collaborateur, M. Florentin, nous étudiâmes l’action de très basses températures sur les explosifs, et nous reconnûmes que le refroidissement des engins amorcés, à des températures pouvant être aisément réalisées à l’aide des gaz liquéfiés (air liquide par exemple), leur conférait une inertie complète, grâce à laquelle ils pouvaient être transportés et démontés sans danger.
Un peu plus tard, en 1913, à l’occasion de la capture d’une bande célèbre formée par l’association de criminels résolus, je reçus mission de constituer un ensemble de dispositifs de protection individuelle ou collective, et de moyens d’attaque, parmi lesquels •figuraient les « produits lacrymogènes suffocants » utilisés sous
diverses formes appropriées aux conditions d’attaque. Ces produits, -> j| dont l’innocuité avait été au préalable reconnue sur les animaux et | j sur des aides de bonne volonté, étaient destinés, grâce à leur action sur les appareils oculaire et. respiratoire, à provoquer des réfie chez les individus exposés à leur action, et ce dans le but de les I mettre dans l’impossibilité de résister, moyen qui devait permettre* d’effectuer leur arrestation avec un minimum de risques. L’emploi I de ces engins ayant abouti à la capture de forcenés, pourtant très résolus, sans pour cela entraîner aucun accident consécutif, rriême^ lorsque certaines victimes, en état d’ivresse, avaient séjourné assez I longtemps dans l’atmosphère agressive, l’adoption de ces produit* et de ces engins fut décidée par les services de la Préfecture.
Ce fut la raison pour laquelle, lorsqu’en avril 1915 nos troupesll furent soudainement attaquées par le moyen d’un engin nouveau, Il l’arme chimique de guerre, le général en chef Joffre voulut bien* se souvenir des recherches que j’avais poursuivies, touchant les 1 produits lacrymogènes et suffocants et me confier, sur le front | même, la conduite de l’enquête technique relative à l’attaque en j question. Ayant reconnu la nature du gaz employé, d me fut pos- I sible, aussitôt, de proposer un mode de protection approprié qui, j pour improvisé qu’il fut, mit néanmoins les troupes à même d’at-jvl tendre que des appareils plus perfectionnés pussent leur être fournis. : '
La mission provisoire qui m’avait été confiée par le général en chef, fut immédiatement transformée en mission définitive et, jusqu’à la fin de la guerre, je fus et demeurai le conseiller technique» du G. Q. G., en matière d’armes chimiques, et fus chargé de léij renseigner sur la nature de toutes celles successivement imaginées | ; par l’ennemi (109-116).
A cet effet, je reçus mission de créer et de diriger une organisation comportant, à la fois, des laboratoires sur le front, auxquels étaient affectés des officiérs chimistes ainsi que des médecins spé-| cialisés, et aussi un laboratoire central, à Paris, où se trouvaient rassemblés : chimistes, toxicologues, artilleurs, ingénieurs, etc..<^
Grâce à cette organisation, toute attaque par arme chimique m’était signalée sur-le-champ ; je pouvais me rendre sans délai sur les lieux où elle s’était développée, recueillir de la part des officiers chimistes et des médecins sous mes ordres tous rcnse i» gnements et documents utiles, poursuivre mon enquête dans les j unités combattantes ayant subi l’attaque, rapporter à mon laboratoire central toutes les pièces à conviction : projectiles non explo-j» sés, débris de projectiles, objets ayant été au contact des gaz,Il
•viscères des victimes, etc... et, grâce à cet ensemble de documents se complétant réciproquement, établir, pour chaque attaque, la nature de l’arme chimique utilisée, la constitution et l’aménagement précis des engins dans lesquels elle avait été employée, la tactique suivant laquelle elle avait été utilisée et par conséquent le mode d’action de l’arme nouvelle ainsi que les moyens propres à prémunir les troupes contre ses effets.
Cette organisation permit d’agir vite, scientifiquement, et certainement de sauver un grand nombre d’existences.
C’est ainsi, qu’entre le jour où fut recueilli, sur le front, le premier obus chargé à ypérite et celui où je pus remettre au G. Q. G. mon rapport complet à son sujet, rapport comportant en particulier l’indication des moyens propres à détruire l’ypérite et à assainir les terrains ou objets qu’elle avait souillés, il s’écoula moins d’une semaine.
A l’occasion des difficultés que nous eûmes à surmonter pour réaliser des prélèvements gazeux sur le champ de bataille même, ainsi que pour caractériser et doser, dans l’atmosphère, les produits agressifs à des teneurs très faibles, nous eûmes, mes cpllaborateurs et moi, à résoudre de multiples problèmes. Parmi ceux dont la solution put être publiée, nous citerons la constitution d’appareils analyseurs automatiques, que j’imaginai, et fis placer dans les postes avancés du front, de kilomètre en kilomètre, ainsi que l’élaboration d’une méthode de dosage, poursuivie avec l’un de mes collaborateurs, M. Schmutz, méthode qui nous permit, en utilisant une réaction simple, de caractériser et de doser avec précision l’oxychlorure de carbone existant à l’état très dilué dans une atmosphère, même en présence des autres gaz de combat, avec lesquels il aurait pu être employé en mélange (25-26),
En même temps, dans les Commissions de l’arrière, je fus ajjpelé à mettre à profit les connaissances nouvelles qui, chaque jour, se dégageaient de mes enquêtes relativement à la manière dont l’ennemi conduisait ses attaques par gaz. J’eus, de ce fait, à orienter le choix des moyens de protection, en même temps qu’à définir leur mode d’utilisation, en fonction de la tactique suivant laquelle les gaz de guerre étaient employés.
La guerre par le moyen des gaz ne correspondit pas à la seule forme d’activité inventive de nos ennemis ; les bombardements effectués par son aviation constituèrent également un mode de destruction qui avait été étudié par les Allemands en temps de
paix et qui, brusquement, fit son apparition, dès le début de la guerre, aussi bien sur le champ de bataille que sur les villes de- jj l’arrière. Paris, l’une de celles particulièrement visées par les Aile- J mands, subit de nombreux raids de dirigeables et d’avions, qui la | bombardèrent avec de multiples modèles d’engins, explosifs ou | incendiaires, modèles dont le type évolua constamment du commen- | cernent à la fin des hostilités. Mes fonctions de Directeur du Ser- 9 vice des explosifs de la préfecture de police m’imposaient non f seulement le désamorçage et l’enlèvement des engins non éclatés, | mais encore me conféraient le rôle de Conseil relativement aux 9 moyens propres à éviter, ou tout au moins de limiter dans la mesure J du possible, les effets des bombardements et à assurer au public le. | maximum de sécurité.
Je fus, de ce fait, conduit à entreprendre, dès août 1914, l’étude | des engins utilisés, à cette époque, par les « Taube » survolant Paris,. 1 puis à étendre mon enquête dans les autres villes bombardées, 9 et enfin sur le front. Les divers projectiles d’aviation n’ayant pas J explosé, par suite de ratés de fonctionnement, me furent signalés, | au jour le jour, et je pus, avec le concours dévoué et avisé de mes ® collaborateurs du service, les désamorcer, les démonter et en recons- | tituer l’organisation.
Ce fut dans ces conditions que, le 23 mars 1918, j eus à inter- | venir à propos de l’éclatement d’un projectile nouveau tombé 9 sur Paris et, qu’en collaboration avec mon Sous-Directeur, M. Flo- 9 rentin, nous pûmes caractériser comme représentant un obus fl tiré par une pièce de portée encore inconnue jusque là et que, dans 9 la suite, le public désigna sous le titre de « la grosse Bertha ». %
Notre opinion fut à peu près unanimement combattue et consi- fl dérée comme insensée, jusqu’au moment où le communiqué * allemand vint en confirmer l’exactitude. I
L’ensemble de ces diverses études à caractère militaire ont fait S l’objet de trois publications officielles éditées par les soins du fl Ministère de la Guerre : Les Armes chimiques de guerre utilisées fl par les Allemands ; Les Bombes et Engins explosifs utilisés par Æ Variation allemande, et Les Gaz de combat allemands. Elles ont en ® outre été résumées dans deux conférences que j’ai faites, en 1920, fl au Collège de France (laboratoire de M. Moureu), et qui ont été fl ultérieurement publiées dans la Revue scientifique.
La guerre terminée, il s’imposait à chaque Français, chacun fl dans sa sphère d’action, si modeste fût-elle, et en s’inspirant des fl
leçons du passé, de travailler à tout ce qui était susceptible de contribuer à la restauration matérielle ou intellectuelle de notre pays. A ce dernier point de vue, il apparaissait urgent de libérer la France de l’emprise allemande qu’elle avait trop longtemps subie, en matière de documentation et de publications scientifiques.
Aussi, est-ce dans cet esprit que j’ai entrepris la publication des Progrès de la Chimie, traduction française des Annales Reports anglais (120 à 122), publication qui subsista quatre années et que j’abandonnai lorsque mon collaborateur M. Lassieur et moi fûmes à même de faire œuvre originale, c’est-à-dire jusqu’en 1920 (194 à 198), date depuis laquelle, chaque année, nous donnons, dans Chimie et Industrie, une revue annuelle de chimie analytique.
Cette revue comporte, non seulement une partie documentaire ^ relative aux travaux analytiques publiés, mais aussi une mise au point d’un certain nombre de méthodes insuffisamment connues des analystes ou des praticiens, et dont certaines, telles la mesure du Ph ont intéressé très spécialement les biologistes et les médecins.
Les divers travaux que je viens de rappeler m’ayant valu d’entrer au Conseil d’hygiène du département de la Seine, je fus amené, de ce fait, à aborder et à poursuivre l’étude de quelques importantes questions d’hygiène : suppression des poussières et choix des modes de nettoyage du Métropolitain — contrôle du fonctionnement des fosses septiques et conclusions relatives à leur efficacité. — Etude de fosses chimiques, etc., etc... (91 à 93).
Les enquêtes techniques dont j’ai été très fréquemment chargé à la suite d’accidents m’ont conduit, non seulement à en rechercher les causes, mais aussi à faire connaître les moyens d’en éviter le retour; à ce titre encore je suis intervenu pour la protection de l’hygiène de la santé et de la sécurité publiques.
C’est ainsi, pour ne citer que cet exemple, qu’à l’occasion de très nombreuses affaires d’intoxications oxycarbonées, j’ai été conduit à faire mettre définitivement au point, par deux de mes.collaborateurs, MM. Florentin et Vandenberghe, une méthode de dosage fidèle et exacte de l’oxyde de carbone et à étudier systématiquement, avec l’un d’eux, l’importance des causes de production de ce gaz toxique dans le fonctionnement des divers appareils de chauffage et d’éclairage domestiques (30-100).
Je souhaite que les travaux- dont je viens de tracer un rapide résumé soient considérés comme présentant, avec l’hygiène et la médecine, les liens effectifs pour la réalisation desquels je les ai poursuivis.