Greffe animale
La patte d’un très-jeune animal (rat blanc), dépouillée de sa peau i
introduite sous la peau d’un animal de même espèce, contracte des relations vasculaires avec cet organisme nouveau, y vit-, y grandit.
k. De la greffe animale:
par la Faculté de Paris à M. le ministre de l’Instruction publique, en premier rang parmi celles
qui, dans l’année 1863, ont « offert.un mérite absolu trè^réel»-.)
Ce travail est divisé en quatre chapitres :
Chapitre I". — Définition de la greffe animale. Ses différences principales avec la greffe végétale. Son importance en physiologie générale.
Applications les plus importantes de la greffe animale à la physiologie et à la chirurgie.
Chap. II. — Expériences personnelles. Expériences du même ordre que celles qui ont été rappelées sous'les §§ 1" et 2. Communication de l’empoisonnement d’un des animaux greffés à l’autre animal. Greffe de rat sur chat : réunion par bourgeons charnus; dilatation des pupilles du rat par injection de belladone dans le rectum du chat. Greffe de deux rats avec cavité abdoîninale ouverte : formation d’une nouvelle membrane péritonéale, etc, . ,
Expériences du même ordre que celles qui ont été rappelées sous le § 8. Introduction sous la peau ou dans le péritoine d’un animal de pattes, de queues, de mâchoires, etc., d’un autre animal de même espèce. Tentatives infructueuses pour greffer des œufs de mammifère fécondés.
Chap. III. — Résumé de tous les faits de greffe connus jusqu’à Ce
Chap. IV. — Des conditions de réussite et des suites de la greffe : nutrition, innervation, etc., des parties greffées.
R. Expériences et considérations sur la greffe animale.
{Journal de Robin, 1863.)
Résumé de la thèse ci-dessus indiquée, avec expériences et déductions nouvelles. J’insiste particulièrement sur deux points :
1" Possibilité de la greffe en rapport avec la distance zoologiquede l’animal qui portera la greffe à celui qui la fournit, etc.;
2" Conséquences théoriques de ce fait qu’une partie séparée des centres nerveux et placée dans des conditions de nutrition favorables continue à se nourrir, et même, si elle n’a pas atteint encore son développement entier, poursuit régulièrement son évolution, s’ossifie, atteint, dans le temps ordinaire, sa forme et ses dimensions normales.
». Expériences de greffe an
7. Recherches expérimentales pour servir à Vhistoire de la vitalité propre des tissus animaux.
La physiologie générale est assez riche en expériences montrant l’influence des conditions de milieu sur la manifestation et l’existence de certaines propriétés des éléments anatomiques ; cesont les propriétés d’où résulte le mouvement (contractilité, neurilité), et celles d’où résulte la formation d’un être nouveau (aptitude à féconder, à être fécondé, à se développer). On sait, par exemple, qu’un muscle de mammifère perd sa contractilité à + 45°, que les cils vibratiles s’arrêtent temporairement par l’action de substances fortement endosmotiques
et exosmotiques, et définitivement par celle de substances acides, etc. Mais pour les propriétés de nutrition on ne savait presque rien ; l’existence de ces propriétés ne se manifeste que par des phénomènes dont l'observation doit durer longtemps, et les parties qu’il a fallu séparer du corps pour lés soumettre aux agents modificateurs ne tardent guère à périr. 11 fallait trouver un procédé expérimental qui, replaçant ces parties dans des conditions de milieu semblables à celles qu’elles avaient perdues, leur permit de manifester leurs propriétés de nutrition, si ces propriétés existaient encore en elles. La greffe animale a fourni ce procédé, dont l’application a fait le sujet des travaux énoncés sous les §§Get7.
La thèse en question contient une introduction et quatre chapitres.
Chapitre I". — De la méthode des transplantations animales, Développement des idées qui viennent d’ètre énoncées. — Application de lu méthode à diverses questions de physiologie générale : transfusion du sang, régénération des nerfs, ostéogénie, développement des cancers, etc.
Chap. 11. — Résistance vitale des éléments anatomiques énumération des faits connus.
Chap. III. —• Expériences personnelles.
L’animal mis en expérience a été le rat; la partie greffée, l’extrémité de la queue préalablement écorchée ; le lieu de la greffe, le tissu cellulaire sous-cutané du dos.
La persistance des propriétés de nutrition a été reconnue par l’un des trois critériums suivants : accroissement de la partie greffée; injection poussée par les vaisseaux de l’animal sujet et pénétrant dans céux delà partie greffée ; altérations pathologiques des éléments et des tissus de celle-ci.
Ce dernier critérium a été surtout employé ; il a permis de reconnaître et de décrire des faits intéressants au point de vue pathologique
sur la transformation fibreuse de la moelle des os, sur les altérations des os, des cartilages, des muscles, etc.
§ 1. Transplantation immédiate. — Études des modifications morphologiques et histologiques quis’opèrent dans cette condition, soit qu’il y ait eu, soit qu’il n'v ait pas eu d'inflammation locale.
§ 2. Action prolongée de l’air confiné, influence de la température. — On a vu des parties séparées du corps continuer à vivre après sept heures et demie à la température de 30" ; après dix-sept heures, è celle dé 20* ; après sept jours; à celle- de 10’ à 12V
§ S. Action prolongée de certains milieux gazeux ou liquides. — Je; ne rappelle ici que les expériences faites avec les substances les plus intéressantes : l’oxygène se comporte comme l’air ; l’acide carbonique semble présenter une très-faible action toxique ; l’immersion dans i’eau devient mortelle au bout de quelques heures ; les solutions acides sont très-redoutables : par exemple, h 1' pour 100 les acides acétique ou phosphorique tuent, l’acide sulfurique rend malade, l’acide phénique ne fait rien; A 1 pour 1000, l’acide chromique rend malade, Pacide sulfurique ne fait rien, l’eau saturée d’acide carbonique agit à peu prèscomme l’eau pure. Les solutions alcalines sont bien moins dangereuses ; 2 pour 100 de potasse, 6 pour 100 de carbonates ou de chlorures alcalins ne tuent pas; 5 pour 100 d’urée, 10pour 100 d’alcool, un tiers de glycérine, sont à peu près inoffensifs,- mais 1 pour 100 de brome
§ 4. Action de températures élevées, humides'; action de froids' intenses. — La température de + 57”, la température dé —18”, sont i nsufiisantes pour détruire les propriétés dé nutrition.
§ 5. Dessiccation dans le vide, en présence de l’acide sulfurique, avec ou sans l’action consécutive d’une chaleur voisine de 100 degrés. — Dix expériences; conclusions": « Nous avons retrouvé les altérations pathologiques des parties greffées et leur communication vasculaire avec l’animal-sujet; il parait donc difficile de nier la puissance de la
vitalité dans les éléments du tissu conjonctif et de la moelle des os.
La contre-épreuve, faite avec des parties semblables desséchées, mais évidemment mortes, est favorable à l’opinion de la vitalité conservée; cependant, en présence d’un fait qui paraîtra extraordinaire, nous n’osons nous avancer jusqu’à une affirmation complète. » (P. 79-80.)
§ 6. Transplantation entre animaux appartenant à des espèces différentes. — De rat à surmulot, réussite presque constante. De mulot à surmulot, réussite avec maladie. De surmulot à écureuil, suppuration. Même résultat en augmentant l’intervalle zoologique. Concordance avec les transfusions sanguines.
Chap. V. — Résumé et conséquences des expériences précédentes. — Application à la question de l’existence d u principe vital organisateur et directeur : « S’il fallait rapporter à un principe, à une essence, l’évolution morphologique d’un être entier, convenons que ce principe n’est pas un mais multiple, qu’il existe dans chaque élément figuré et que, en ce sens, Kant a eu tort de dire que la raison de l’être vivant réside dans son ensemble; elle réside, comme celle du corps brut, dans chacune de ses parties. » (P. 93.)