CONFÉRENCES
La place actuelle et les tendances de l’histologie
Première leçon du cours d’histologie, année 1898-1899, publiée dans la Revue médicale de l’Est, 1899.
Cette leçon a été faite sous 1 impression produite par l’inauguration du nouveau régime d’examens de doctorat, séparant l’histologie de l’anatomie pour la réunir à la physiologie et aux sciences physico-chimiques. Au moment oii le système d’examens à présent en vigueur est l’objet de critiques et où l’on demande le retour à l’état de choses ancien, une leçon sur la place et les tendances actuelles de l’histologie peut paraître d’actualité. Je m’y prononce nettement en faveur de la réunion de l'histologie aux sciences physiologiques et physico-chimiques.
Je montre, que premièrement 1 histologie procède de l’embryologie et
J’expose d’abord comment l’histologie ne peut se comprendre qu’éclairée et précédée par l’embryologie et particulièrement par l’histogénèse ; ce qui explique pourquoi à l’étranger le programme de l’enseignement histologique comprend l’embryologie, et pourquoi en général l’enseignement de cette embryologie (si utile aussi d’ailleurs à la compréhension des dispositions anato-
Que la physiologie générale ait polir base là physiologie cellulaire, que les questions qu’elle soulève soient avant tout des questions cellulaires, c’est ce que personne ne se refuserait plus, depuis Cl. Bernard et Hermann, à admettre aujourd’hui. « Ces questions de physiologie, qu’on peut dire d’histophysiologie, a écrit Mathias Duvai., sont en effet inséparables de l'histologie proprement dite ». On peut dire que l’histologie, sans cesser d’agrandir le champ de ses investigations morphologiques, doit chercher à devenir histophy-
(1) J’ai cru devoir donner quelque développement à ce chapitre, pour faire connaître
logie zoologique et botanique, cytologie physiologique avec ses divers aspects, la physiologie cellulaire, l’histo-physiologie, la cytologie expérimentale ou cytomécanique. Tant est vaste le champ de la cytologie que, pour mettre seulement en place les théories fondamentales et les faits principaux, n’insistant que sur les faits ressortissant particulièrement à la cytologie proprement dite et demeurant général et incomplet sur les questions de physiologie cellulaire, un ouvrage de 6000'pages et de 6000 figures suffirait à peine à consigner et à illustrer nos connaissances sur la cellule aux divers points de vue qui viennent d’être signalés (1).
Les progrès de la cytologie iront selon ce que seront les hommes. Tant vaudront les hommes, tant vaudront les idées et les méthodes, et par conséquent les résultats. Je commence donc l’exposé des conditions du progrès de la cytologie par celui des qualités exigées du cytologiste. Sans passer en revue les diverses qualités morales et intellectuelles qu’une bonne fée dispenserait au cytologiste au berceau, j’affirme que la conscience del’observateur, vertu morale, est la plus précieuse de toutes ces qualités. Il se meut en effet dans un monde nouveau peuplé de chimères et d’hypothèses séduisantes pins encore que de sévères vérités, monde où la chair est prompte et faihle, où le péché attend longtemps sa punition, et où par suite il paraît agréable et sans danger de glisser, par improbité ou par légèreté, à l'erreur scientifique. Toutes les qualités morales et intellectuelles, dont le cytologiste doit être doué, se résument d’un mot. A toute science pure, et la cytologie en est une, il faut des hommes purs, capables de donner à la recherche leur temps sans compter, sans avoir a lutter contre les suggestions de la science appliquée, nées elles-mêmes des exigences de la vie pratique.
Il est certains principes directeurs de l’esprit scientifique dont le cytolologiste doit être fortement imbu. Le plus important peut-être est celui de la subordination des sciences les unes aux autres. Le cytologiste doit être convaincu que la cytologie n’est qu’une science d’attente, que la cellule n’est qu’une entité provisoire quoique nécessaire, dans les limites de laquelle il nous est commode de circonscrire la matière vivante, mais qu’en dernière analyse la
|(1> Ces pages je les ai en partie vécues. J’avais en eilet formé le projet de publier, avec le concours de M. P. Bouin et de plusieurs collaborateurs, une Encyclopédie cytologique, pour laquelle j’avais accumulé une quantité considérable de documents bibliographiques et de
de Cytologie générale ou spéciale est le diminutif de cette Encyclopédie demeurée dans mon
Histologie des organes et des personnes
Première leçon du cours d’Histologie, année 1899-1900, publiée dans Revue Médicale de lEst, 1900.
Je fixe d’abord dans cette leçon les notions des diverses catégories, la cellule, le tissu, l’organe, la personne, l'état, qu’avec Verworn on peut distinguer dans le monde vivant.
J’oppose la notion de tissu et celle d’organe. L’organe occupe une région circonscrite et déterminée de l’organisme, et à ce titre, il appartient à l’anato mie, qui peut l’isoler de ses connexions et le montrer dans son entier et ave*