CORPUSCULE CENTRAL
Sur le corpuscule central
Bulletin des séances de la Société des Sciences de Nancy, 1893, 8 pages.
Sur le corpuscule central
Bulletin de la Société des Sciences de Nancy, 1894, 95 pages, 2 planches.
J’examine dans ce travail les points suivants : 1“ L’état des corpuscules centraux et des sphères attractives ; 2" La situation de ces corpuscules et de ces sphères dans des cellules au repos, spécialement leur situation par rapport au noyau ; 3° La migration finale des corpuscules et des sphères dans les phases ultimes de la caryocinèse (télokinèse et télophases de M. Heidenhain) ; 4° Le corpuscule intermédiaire. Mes observations sont fondées principalement sur l’étude des éléments séminaux des Myriapodes.
1° Etat des corpuscules centraux et des sphères attractives.
J’envisage successivement le nombre, le volume, la forme, la coloration, les connexions, l’origine des corpuscules centraux, l’état des sphères attrac-
Quant au nombre des corpuscules centraux, si la disposition habituelle du centre cellulaire est bieorpusculaire, on peut aussi trouver des centres à 3,
Sous le rapport du volume des corpuscules, le mierocentre bicorpusculaire est formé habituellement, comme Hermann,. Fi.emming et Heidenhain l’ont vu déjà, de deux grains inégaux; la différence de taille est encore plus marquée dans les microcentres pluricorpusculaires. J'examine ensuite la question de la variation de grosseur des corpuscules centraux selon les moments de la vie cellulaire, suivant les espèces cellulaires et aussi selonles espèces animales. Quant aux corpuscules tout à fait volumineux et pâles, je les attribue, avec Flemming, au gonflement dégénératif de corpuscules de dimensions normales. Les variations de coloration qu’ont observées plusieurs auteurs entre différents corpuscules ne m’ont pas paru avoir l’importance qu’on leur a attribuée.
Quant aux connexions des corpuscules centraux, je retrouve les ponts, fuseaux primaires, centrodesmoses primaires des auteurs.
Vient ensuite l’importante question de l’origine des corpuscules centraux, sur laquelle je n’ai pas d’observation probante, mais sur laquelle je me crois en droit d’émettre un certain nombre de considérations générales. On sait que van Beneden, Viai.leton et d’autres ont soutenu que le corps central est un organe permanent du cytoplasme et que celui de la cellule-fille dérive de la division de celui de la cellule-mère. D’après Hertwig et d’autres (Henneguy, Julin, Brauer, etc.), le corps central se forme dans le noyau et n’a dans le cytoplasme qu’une existence transitoire. Je fais la critique de ces deux opinions,
L’état dans lequel j’ai trouvé les sphères attractives était variable, et le plus habituellement sous l’aspect d’une simple irradiation stellaire partant du microcentre. Je discute longuement la question des formes variées de la sphère attractive, de l’archoplasme et du kinoplasme, de la signification des irradiations astériformes qui entourent le corpuscule central. Entre les deux théories qui expliquent le centrosome et les irradiations astériennes qui en partent, entre la théorie de Heidenhain, qui fait du centrosome un point central d’insertion pour les fibres astériennes comparables à des fibrilles musculaires, et celle de Boveri, qui en fait un corps matériellement prédominant, autour duquel tout
2° Situation des corpuscules et des sphères dans les cellules au repos, spécialement leur situation par rapport au noyau.
Sur cette question, Heidenhain a établi une loi que je cherche à vérifier par mes propres observations : mais celles-ci sont le plus souvent contraires à la loi de Heidenhain. Je groupe sous plusieurs chefs les positions que l’astrosphère et le microcehtre peuvent prendre dans la cellule, et surtout par rapport au noyau, et je dresse une statistique des cas observés.
S» Les télophases et la télokinese de M. Heidenhain.
On sait que Heidenhain a rassemblé sous le nom de télokinèse certains mouvements du noyau et du microcentre qui s’effectuent vers la fin de la mitose, et que Guignard, Meves avaient déjà décrits. J’ai constaté, comme
j’ai tracé la route qu’il suit dans sa migration, cheminant à travers la bande sombre périnucléaire (déjà vue par Henking) qui, dans chaque cellule-fille,
Le corpuscule, intermédiaire et le reste du fuseau.
Dans ce paragraphe, je décris la bande sombre périnucléaire, je la compare à d’autres formations et je l’interprète. Le reste du fuseau comprend :
pas nouvelle ; mais nouvelle est la généralisation à toutes les cellules de cette notion, qui jusqu’ici n’était appliquée qu’à des catégories restreintes d’éléments cellulaires. Le kinoplasma ou l’ergastoplasma se distingue surtout du protoplasme ordinaire : parce qu'il est formé d’une substance chromatique, mais autrement chromatique que la chromatine nucléaire, bref d’une cytocliromatine ; parce qu’il est spécialement figuré et forme souvent de véritables
On pourra qualifier de substance archoplasmique, kinoplasmique ou ergastoplasmique toute substance du cytoplasme qui naîtra par différenciation de ce cytoplasme, conservant avec lui, au début de son existence du moins, des rapports de continuité ; qui s’en distinguera par une chromasie spéciale et par une figure particulière, par exemple filamenteuse ; qui jouera un rôle prépondérant dans les actes divers de la vie cellulaire, par exemple dans la division des cellules et dans l’élaboration de produits cellulaires variés ; dont la destinée
importance fonctionnelle. La notion de protoplasma supérieur englobe toutes les variétés connues de cytoplasme, qui remplissent ces diverses conditions.
cellules, de l’archoplasme, du kinoplasme et de l’ergastoplasme sous la figure différenciée de cytosomes, dont la forme la plus habituelle et la plus parfaite est celle de filaments. L’archoplasme, kinoplasme ou ergastoplasme est donc un organe constant de la cellule ; mais il n’en est pas un organe permanent, dans les cellules en cinèse comme dans les éléments en état de sécrétion.
3° Les fibres centrales et polaires de la cellule en mitose, dites fibres kinoplasmiques, et les filaments ergastoplasmiques des spermatocytes, des oocytes, des cellules glandulaires, s’équivalent. Par suite, il y a équivalence morphologique et fonctionnelle entre une cellule en division et une cellule en état de sécrétion. Les états mitotique et sécrétoire de la cellule, qui traduisent l’activité maxima de la substance kinoplasmique et ergastoplasmique, ne peuvent être que successifs, puisque dans chacun d’eux une différenciation analogue du cvtoplasma est réalisée ; ils sont complémentaires l’un de l’autre et représentent à eux deux le cycle vital d’une énergide. Il n’y a dans notre pensée qu’équivalence et non pas identité du kinoplasme et de l’ergastoplasme ; les deux substances ne coïncident pas ; car si elles étaient les mêmes, les résultats de leur activité, dans un cas la division cellulaire et dans l’autre la sécrétion, seraient semblables. Nous pensons qu’il y a même autant de protoplasmes supérieurs, voisins mais difiérents les uns des autres, qu’il a de manifestations analogues, mais diverses, de l’activité cellulaire.
la masse arclioplasmique, au centre de la figure kinoplasmique, au milieu de l’organe ergastoplasmique, correspond au maximum d'activité de. l’archoplasme, du kinoplasme, de l’ergastoplasme ; le corpuscule central peut être considéré comme l’organe quintessentiel de ces substances. Le corpuscule intermédiaire pourrait peut-être s’interpréter d’unè façon analogue
10" Le kinoplasme et l’ergastoplasme, celui-ci surtout, laissent, après avoir fonctionné, un résidu non utilisé et dégénéré. Ce résidu peut être désigné sous le nomdeNebenkern secondaire ou plasmosome, pour le distinguer du Nebenkern proprement dit qui est 1 ergastoplasme. Il n’y aurait donc qu’une seule et même formation : dans la phase d’activité, le Nebenkern primaire; dans la période de dégénérescence, le Nebenkern secondaire.
Pour permettre de se rendre compte de la nature des sujets examinés dans cet article, en voici d’ailleurs la table des matières :
I. — Notion d’un protoplasma supérieur, le kinoplasma, l’archoplasma, l’ergastoplasma.
II. — Les faits établissant l’existence générale et constante dans les cellules de l’archoplasnia, du kinoplasma et de l’ergastoplasma, sous la fornie différenciée de cytosomes.
III. — L’archoplasme, kinoplasme ou ergastoplasme, organe constant, mais non permanent de la cellule.
IV. — Equivalence du kinoplasme des cellules en division et de l’ergastoplàsme des cellules en sécrétion. Les deux états de la cellule : division et sécrétion.